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MRC / IRC

Maladie rénale chronique chez le chat

La maladie rénale chronique (MRC) est l'une des maladies les plus fréquentes chez le chat âgé. Elle évolue lentement et en silence, mais une prise en charge adaptée peut offrir plusieurs années de bonne qualité de vie.

Définition

Qu'est-ce que la maladie rénale chronique ?

La MRC est une détérioration progressive et irréversible des reins. Lorsque plus des trois quarts (environ 75 %) des néphrons (unités filtrantes) sont atteints, l'organisme ne peut plus éliminer efficacement les déchets, qui s'accumulent alors dans le sang : c'est l'azotémie (taux élevés d'urée et de créatinine). La maladie touche surtout les chats d'âge moyen à avancé et progresse souvent de façon insidieuse, détectée tardivement si aucun bilan régulier n'est effectué.

50 %
des chats de plus de 15 ans sont touchés
Fréquente
l'une des maladies chroniques les plus courantes chez le chat âgé
+17 mois
d'avance en moyenne grâce au marqueur SDMA
Plusieurs années
de survie possible avec une bonne prise en charge

Les 4 grandes fonctions des reins

Filtration des déchets
Élimination de l'azote uréique (BUN), de la créatinine et des autres toxines issues du métabolisme cellulaire.
Régulation de la pression artérielle
Contrôle du volume sanguin et de la tension artérielle via le système rénine-angiotensine.
Production d'érythropoïétine
Sécrétion de l'hormone EPO qui stimule la formation des globules rouges dans la moelle osseuse.
Équilibre hydrique et électrolytique
Régulation de l'eau, du potassium, du sodium et des phosphates dans tout l'organisme.

La MRC se distingue de l'insuffisance rénale aiguë (IRA), qui survient brutalement à la suite d'un traumatisme, d'une intoxication ou d'une infection sévère. Les deux formes peuvent coexister chez le même animal.

Signes cliniques

Signes et symptômes

La MRC progresse souvent en silence. Les premiers signes sont subtils et fréquemment attribués au vieillissement normal. Apprendre à les reconnaître tôt peut changer le cours de la maladie.

Stade initial

Souvent confondu avec le vieillissement normal
  • Fatigue, sommeil prolongé
  • Perte musculaire progressive, démarche raide
  • Perte de poids légère à modérée
  • Perte d'appétit, légères nausées
  • Vomissements ou diarrhées occasionnels

Stade intermédiaire

Consultez votre vétérinaire
  • Soif et mictions plus fréquentes (polyurie/polydipsie), souvent le premier changement remarqué à la maison
  • Isolement, comportement plus calme
  • Haleine à odeur d'ammoniac (halitose urémique)
  • Pelage négligé, toilette réduite

Stade avancé

Consultation urgente recommandée
  • Yeux enfoncés, déshydratation sévère
  • Ulcérations buccales (gencives, langue)
  • Salivation excessive et inconfort buccal (ulcères urémiques)
  • Démarche instable (ataxie), faiblesse marquée
  • Vocalisations nocturnes, désorientation
  • Convulsions (en cas d'urémie très élevée : intoxication de l'organisme par l'accumulation de déchets)
Urgences

Quand consulter immédiatement ?

Ces signes indiquent une décompensation rénale aiguë ou une complication grave nécessitant une prise en charge vétérinaire sans délai.

  • Respiration bouche ouverte ou halètement, détresse respiratoire (le chat halète rarement : tout halètement est une urgence)
  • Incapacité à se déplacer, effondrement soudain
  • Convulsions ou tremblements
  • Cécité soudaine ou pupilles anormalement grandes et fixes, chat qui se cogne aux objets (urgence hypertensive : un traitement rapide de la tension peut préserver la vision)
  • Refus total de s'alimenter depuis plus de 24 à 48 heures (un chat qui ne mange plus se dégrade rapidement)
  • Chute brutale ou arrêt de la production d'urine, ou efforts répétés pour uriner sans résultat
  • Vomissements ou diarrhées incontrôlables
  • Prostration, absence de réaction aux stimuli
  • Vocalisations de douleur intense
En cas d'urgence, contactez immédiatement votre vétérinaire ou une clinique d'urgence.
Diagnostic

Comment établit-on le diagnostic ?

Beaucoup de chats atteints de MRC ne présentent aucun signe clinique en phase précoce. Un bilan régulier dès l'âge de 7 ans est la meilleure façon de détecter la maladie avant l'apparition des symptômes.

SDMALe SDMA (diméthylarginine symétrique) est un simple test sanguin qui peut révéler une atteinte rénale jusqu'à 17 mois avant l'ancien marqueur, la créatinine, lorsque seulement 25 à 40 % de la fonction rénale est perdue. C'est aujourd'hui le marqueur le plus sensible pour le dépistage précoce chez le chat, utilisé en complément de la créatinine, qui reste la base de la stadification.

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Analyses sanguines

Dosage du BUN (azote uréique) et de la créatinine pour évaluer l'azotémie. Le SDMA est un marqueur plus sensible qui détecte la perte de fonction rénale bien plus tôt. Bilan complet incluant électrolytes, phosphore, potassium et numération globulaire (anémie).

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Analyse d'urine

Mesure de la densité urinaire : des reins malades concentrent de moins en moins l'urine (isosthénurie), ce qui explique pourquoi le chat boit et urine davantage. C'est un signe précoce important. Recherche de protéines dans l'urine (protéinurie), quantifiée par le ratio protéines/créatinine urinaire (RPCU) : une fuite de protéines aggrave le pronostic. Recherche également de cellules anormales, de cristaux et de bactéries.

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Imagerie

Radiographies abdominales pour évaluer la taille et la forme des reins. Échographie pour examiner la structure rénale, détecter des kystes (polykystose), des calculs rénaux ou des lésions focales.

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Examens complémentaires

Culture d'urine pour exclure une infection sous-jacente. Mesure de la tension artérielle (hypertension fréquente). Recherche active de comorbidités : hyperthyroïdie, maladies dentaires, cardiopathie, dont la prise en charge peut ralentir la progression rénale.

Traitement

Traitement et gestion

La MRC n'est pas curable, mais elle est gérable. L'objectif est de ralentir la progression, de soutenir la fonction rénale restante et d'assurer la meilleure qualité de vie possible. Un plan personnalisé, régulièrement ajusté, est essentiel.

Régime rénal
  • Alimentation humide (boîtes) : favorise l'hydratation naturelle et réduit la charge de travail rénale.
  • Faible teneur en phosphore : limite l'hyperphosphatémie, qui accélère la dégradation rénale.
  • Protéines de haute qualité, en quantité contrôlée : réduit la production de déchets azotés sans causer de malnutrition.
  • Acides gras oméga-3 (EPA/DHA) : déjà intégrés à la plupart des aliments rénaux; effet anti-inflammatoire pouvant contribuer à ralentir la progression. Ne pas ajouter de supplément sans avis vétérinaire.
  • Transition très progressive : introduire le nouvel aliment rénal sur 2 à 4 semaines (environ 10 % de plus chaque jour). Le chat développe facilement une aversion durable si on change sa nourriture brusquement ou pendant une période de nausée : n'introduire le nouveau régime qu'une fois le chat stable et mangeant bien.
  • Sur prescription vétérinaire : les aliments rénaux (Hills k/d, Royal Canin Renal, etc.) répondent à des critères stricts; ne pas substituer sans avis.
Hydratation
  • Fontaines à eau : encouragent la consommation volontaire et réduisent la concentration urinaire.
  • Alimentation humide exclusive : apporte 70 à 80 % de l'eau nécessaire directement via la nourriture.
  • Fluides sous-cutanés à domicile : technique enseignée par le vétérinaire pour les stades avancés; prévient les crises de déshydratation.
  • Hospitalisations ponctuelles : fluidothérapie intraveineuse lors des décompensations aiguës.
Médicaments et suppléments
  • Contrôle de la pression artérielle : l'amlodipine (bloqueur calcique) est le traitement de première intention de l'hypertension chez le chat. On l'instaure lorsque la pression systolique reste élevée (généralement au-delà d'environ 160 mmHg), pour protéger les yeux, le cœur et le cerveau.
  • Protecteurs rénaux (bloqueurs du SRAA) : le télmisartan et le bénazépril réduisent surtout la protéinurie et contribuent au contrôle de la pression; ils sont introduits avec prudence, avec un suivi de la fonction rénale et du potassium.
  • Liants du phosphore : carbonate de lanthane, chitosan (Ipakitine), carbonate de calcium : réduisent l'absorption intestinale du phosphore. À donner pendant ou juste avant les repas pour lier le phosphore alimentaire; hors des repas, ils sont largement inefficaces. Les liants à base de calcium exigent une surveillance de la calcémie.
  • Supplément de potassium : certains chats atteints de MRC perdent trop de potassium dans leurs urines, ce qui cause faiblesse musculaire et parfois une tête basse (nuque fléchie); un supplément (gluconate ou citrate de potassium) est prescrit selon les résultats sanguins. Le citrate aide aussi à corriger l'acidose métabolique des stades avancés.
  • Anti-nauséeux / stimulants d'appétit : maropitant, mirtazapine, ondansétron pour maintenir une alimentation suffisante.
  • Traitement de l'anémie : érythropoïétine recombinante, darbépoétine, suppléments en fer selon la sévérité.
Comorbidités et suivi
  • Hyperthyroïdie : doit être traitée prudemment (risque de démasquer une MRC sous-jacente); suivi rénal étroit après traitement.
  • Infections urinaires : culture et antibiothérapie ciblée; les infections non traitées accélèrent la dégradation.
  • Maladies dentaires : source d'inflammation chronique pouvant aggraver la progression rénale.
  • Contrôles réguliers : bilans sanguins et urinaires tous les 3 à 6 mois pour adapter le traitement en continu.
Pronostic

Stades IRIS et pronostic

Le système IRIS (International Renal Interest Society) classe la MRC en 4 stades, principalement d'après la créatinine plasmatique. Le SDMA est un marqueur complémentaire, utile pour dépister la maladie plus tôt et pour réévaluer le stade lorsque la créatinine sous-estime l'atteinte rénale (par exemple chez un chat maigre ou peu musclé). Le stade oriente les décisions thérapeutiques et donne une indication du pronostic à long terme.

Stade 1

Asymptomatique

Créatinine: < 140 µmol/L (< 1,6 mg/dL)SDMA: < 18 µg/dL
Aucune azotémie mesurable. Détecté uniquement via SDMA ou analyse d'urine. Pronostic excellent avec prise en charge précoce : plusieurs années de bonne qualité de vie sont possibles.
Stade 2

Légèrement azotémique

Créatinine: 140 à 250 µmol/L (1,6 à 2,8 mg/dL)SDMA: 18 à 25 µg/dL
Signes cliniques souvent absents ou discrets. La grande majorité des chats répondent bien au traitement et maintiennent une bonne qualité de vie pendant 2 à 5 ans ou plus.
Stade 3

Modérément azotémique

Créatinine: 251 à 440 µmol/L (2,9 à 5,0 mg/dL)SDMA: 26 à 38 µg/dL
Signes cliniques présents et souvent significatifs. Traitement intensifié. Survie médiane de 1 à 3 ans avec une bonne gestion. Qualité de vie préservable avec un suivi rigoureux.
Stade 4

Sévèrement azotémique

Créatinine: > 440 µmol/L (> 5,0 mg/dL)SDMA: > 38 µg/dL
Urémie sévère, risque de crises urémiques. Survie souvent de quelques semaines à quelques mois, mais chaque chat est différent. La priorité est le confort : soins palliatifs à domicile pour soulager votre chat. Si la qualité de vie se dégrade malgré les soins, l'euthanasie peut être envisagée avec douceur. La décision vous appartient, et notre équipe vous accompagne à chaque étape.

Sous-classification IRIS : quel que soit le stade, chaque chat est aussi classé selon la protéinurie (ratio protéines/créatinine urinaire, RPCU : normal < 0,2; limite 0,2 à 0,4; protéinurique > 0,4) et selon la pression artérielle systolique. Protéinurie et hypertension aggravent le pronostic à stade égal et guident le traitement; leur interprétation revient au vétérinaire.

Bonne nouvelle : le stade n'est pas une fatalité. Le pronostic dépend aussi de facteurs qu'on peut traiter (tension artérielle, anémie, fuite de protéines), de la réponse au traitement et de la précocité de la prise en charge. Un chat bien suivi en stade 3 peut aller mieux qu'un chat en stade 2 dont l'hypertension n'est pas contrôlée.

À domicile

Soins à domicile

Améliorer le confort quotidien

Gamelles et bol d'eau surélevés, facilement accessibles
Eau filtrée ou fraîche, changée quotidiennement
Fontaine à eau pour stimuler la consommation
Alimentation humide adaptée aux reins (sur prescription vétérinaire)
Endroits calmes, chauds et sécurisés pour se reposer
Litières multiples, propres et facilement accessibles (sans escaliers si possible)

Fluides sous-cutanés à domicile

Pour les chats en stade 3 ou 4, l'administration de fluides sous-cutanés à domicile (par exemple 100 à 150 ml, 2 à 3 fois par semaine, selon la prescription de votre vétérinaire) peut considérablement améliorer leur confort et réduire les hospitalisations. Votre vétérinaire vous formera à la technique et fixera le volume adapté à votre chat. La plupart des chats la tolèrent bien et beaucoup de propriétaires s'y habituent après une démonstration. Chaque duo est différent : si vous ou votre chat trouvez cela trop difficile, dites-le-nous sans hésiter. Ce n'est pas un échec, et d'autres solutions existent (fluides à la clinique, ajustement du plan).

Gestion active de la maladie

Donner les médicaments prescrits comme convenu (anti-hypertenseurs, liants du phosphore, etc.); si votre chat les refuse, surtout à cause de nausées, communiquez avec nous plutôt que de le forcer : nous pouvons ajuster la forme, l'horaire ou ajouter un anti-nauséeux
Rendre les soins moins stressants : cacher les comprimés dans une gâterie ou une pâte appétente, réchauffer les fluides sous-cutanés à la température du corps (les fluides froids sont inconfortables), y aller doucement et s'arrêter si le chat est en détresse, puis le récompenser après chaque séance
Surveiller l'appétit, la quantité d'eau bue et le volume des urines chaque jour
Peser le chat chaque semaine (astuce : montez sur le pèse-personne avec puis sans le chat, la différence donne son poids) : toute perte de poids soudaine est un signal d'alarme
Vérifier l'hydratation : des gencives sèches ou collantes sont le signe le plus fiable à la maison; un pli de peau qui reste soulevé sur la nuque est un indice complémentaire, moins fiable chez un chat maigre ou âgé. En cas de doute, appelez-nous plutôt que d'ajuster vous-même les fluides
Contrôler le stress : éviter les changements brusques, les bruits forts, l'introduction non supervisée de nouveaux animaux
Visites vétérinaires régulières (tous les 3 à 6 mois minimum) pour ajuster le traitement
Enrichissement adapté : jouets doux, perchoirs, interaction calme; éviter les exercices intenses si le chat est faible
Maintenir une routine stable et des espaces calmes accessibles en permanence

À ne jamais faire

  • Donner un médicament destiné à l'humain ou un anti-inflammatoire (AINS : ibuprofène, aspirine, méloxicam) sans prescription : risque d'insuffisance rénale aiguë. L'acétaminophène (Tylenol) est mortel pour le chat.
  • Restreindre l'accès à l'eau : un chat atteint de MRC urine beaucoup et se déshydrate vite; l'eau doit rester disponible en tout temps.
  • Changer brusquement d'alimentation : introduire l'aliment rénal progressivement sur 2 à 4 semaines, surtout si le chat a des nausées ou sort d'une hospitalisation, pour éviter le dégoût alimentaire.
  • Interrompre un médicament prescrit parce que le chat semble aller mieux, sans nous en parler d'abord.
  • Attribuer une perte de poids ou une baisse d'appétit au simple vieillissement.

Suivre la qualité de vie au quotidien

Un outil simple : tenez un journal des bons et des mauvais jours. Chaque jour, notez si votre chat a mangé de lui-même, s'est déplacé avec aisance, a recherché votre présence et a encore pris plaisir à ses habitudes. Quand les mauvais jours deviennent plus nombreux que les bons, parlez-nous-en : nous évaluerons ensemble sa qualité de vie à l'aide d'une échelle validée.

À surveiller chaque jour

Appétit et quantité mangée
Volume et aspect des urines
Selles (fréquence et consistance)
Poids et niveau d'énergie
FAQ

Questions fréquentes

Comment détecter une MRC avant l'apparition des symptômes ?
Le marqueur SDMA peut détecter une perte de fonction rénale lorsque seulement 25 à 40 % de la capacité est perdue, soit environ 17 mois avant que la créatinine ne s'élève. Un bilan sanguin annuel incluant le SDMA dès l'âge de 7 ans est la meilleure stratégie de dépistage précoce. La densité urinaire est un autre indicateur précoce : une urine peu concentrée peut signaler une MRC avant même que les marqueurs sanguins ne s'élèvent.
Mon chat a une hyperthyroïdie et une MRC : laquelle traiter en premier ?
C'est une question délicate. L'hyperthyroïdie augmente le flux sanguin rénal et peut masquer une MRC : la créatinine peut paraître normale malgré une insuffisance rénale sous-jacente. Traiter l'hyperthyroïdie sans surveiller étroitement les reins peut révéler une MRC qui semblait absente. La recommandation actuelle : débuter le traitement de l'hyperthyroïdie progressivement et recontrôler la fonction rénale (créatinine, SDMA, phosphore) environ toutes les 2 à 4 semaines pendant l'ajustement, puis une fois l'euthyroïdie atteinte. C'est surtout après la normalisation des hormones thyroïdiennes, dans les premières semaines à quelques mois, qu'une MRC jusque-là masquée peut se révéler.
Faut-il vraiment faire des injections sous-cutanées à la maison ?
Pas obligatoirement, mais pour les chats en stade avancé, les fluides sous-cutanés à domicile améliorent souvent significativement le confort et réduisent les hospitalisations. La technique est enseignée par le vétérinaire et bien tolérée par la majorité des chats. Beaucoup de propriétaires, même sans expérience médicale, s'y habituent après une démonstration; si cela reste trop difficile pour vous ou votre chat, dites-le-nous, d'autres solutions existent. Si votre chat est en stade 3 ou 4, discutez-en avec votre vétérinaire.
Mon chat MRC mange peu; comment l'aider à maintenir son poids ?
La perte d'appétit est l'une des complications les plus difficiles à gérer. Quelques stratégies efficaces : réchauffer légèrement la nourriture (libère les arômes), proposer plusieurs petits repas au lieu de deux grands, tester différentes textures et saveurs de nourriture rénale. Des stimulants d'appétit comme la mirtazapine (comprimé ou gel cutané) ou le capromorelin peuvent être prescrits. L'anti-nauséeux maropitant aide si des nausées sont présentes. Si l'appétit demeure insuffisant malgré ces mesures, parlez-nous d'une sonde d'alimentation par œsophagostomie : souvent bien tolérée, elle facilite l'alimentation, l'hydratation et la prise des médicaments, tout en réduisant le stress des soins. Ne jamais revenir à une nourriture non-rénale sans avis vétérinaire.
La MRC est-elle héréditaire ? Mon autre chat risque-t-il de l'avoir ?
Certaines races présentent une prédisposition génétique : les Persans et les Himalayens sont prédisposés à la polykystose rénale (PKD), une forme héréditaire de MRC détectable par échographie ou test ADN. Les Siamois et les Abyssins présentent également une légère prédisposition. Cela dit, la grande majorité des cas de MRC chez le chat sont idiopathiques (cause inconnue) ou liés à l'âge. Un dépistage régulier de tous vos chats de plus de 7 ans reste recommandé, indépendamment de la race.
À quel moment l'euthanasie devient-elle la décision la plus humaine ?
La MRC en stade terminal se manifeste par une anorexie totale, une faiblesse extrême, des convulsions, une désorientation et une incapacité à profiter de quoi que ce soit. Il est normal d'appréhender ce moment et de ressentir du chagrin, parfois bien avant : ces émotions sont légitimes. Avant d'en arriver là, les soins de confort peuvent préserver de bons moments. Lorsque votre chat ne mange plus, ne se déplace plus confortablement et semble souffrir malgré les soins, l'euthanasie peut être le geste le plus bienveillant, celui qui met fin à la souffrance. C'est une décision profondément personnelle : un journal des bons et des mauvais jours (voir Soins à domicile) aide à l'objectiver, et nous évaluerons avec vous la qualité de vie à l'aide d'une échelle validée. Le jour venu, nous veillons à un processus doux et respectueux, et vous pouvez rester auprès de votre chat, avant, pendant et après.

À lire aussi

Cette fiche est fournie à titre informatif et éducatif uniquement. Elle ne constitue pas un avis médical vétérinaire et ne remplace pas une consultation avec un médecin vétérinaire qualifié. Chaque animal est unique; son état de santé doit être évalué individuellement. Si vous avez des inquiétudes concernant la santé de votre chat, contactez notre clinique ou consultez un vétérinaire sans délai.

Votre chat senior mérite un bilan rénal régulier.

Un dépistage précoce peut faire toute la différence. Notre équipe est là pour vous accompagner à chaque étape de la maladie rénale de votre chat.