Ce guide vous aide à trier; il ne remplace pas l'examen du vétérinaire. Au moindre doute, appelez-nous au 514 223-1197.
Partez maintenant : les tableaux qui ne peuvent pas attendre
Un seul de ces tableaux suffit. Aucun ne dépend de l'espèce ni du sexe : c'est ce que fait votre animal qui compte. Installez-le dans sa cage ou sur une surface stable, gardez le trajet calme, et appelez en route.
- Il force pour uriner et ne produit presque rien : quelques gouttes, une petite flaque, parfois teintées de rose ou de rouge. Ces gouttes comptent quand même. Un passage qui se rétrécit donne d'abord des gouttes, avant de se fermer : le fait que quelque chose sorte ne veut pas dire que la voie est libre.
- Il forçait, et il a arrêté, sans qu'un vrai jet ne soit sorti. Ce n'est pas une amélioration. Un animal qui se calme après avoir poussé longtemps est souvent un animal qui se dégrade.
- Il est couché, mou, froid au toucher, il vomit, il se cache, il ne mange plus. Chez un animal bloqué, ces signes-là arrivent tard : n'attendez pas de les voir, et s'ils sont là, partez maintenant.
- Son urine est brun foncé, couleur thé ou cola, et il est faible, essoufflé, ou ses gencives sont pâles ou jaunâtres. Ce n'est probablement pas du sang venu de la vessie, et c'est au moins aussi sérieux.
- Il saigne ailleurs en même temps : gencives, nez, selles noires, bleus sur la peau. Ou il a pu avaler du poison à rats, même il y a plusieurs jours : le saignement arrive longtemps après.
- Il a subi un choc récent : frappé par une auto, tombé d'un balcon, coincé dans une porte. Un animal traumatisé qui urine du sang part maintenant, même s'il a l'air correct.
- C'est une femelle non stérilisée, chatte ou chienne, et vous voyez un écoulement, ou du sang que vous croyez venir de l'urine, avec de la soif, moins d'appétit ou de l'abattement. Peu importe quand remontent ses dernières chaleurs. Une infection de l'utérus ne donne pas toujours d'écoulement visible.
- Il force et vous pensez « constipation ». Ne cherchez pas à faire la différence : vu de dos, un animal qui pousse pour uriner et un animal qui pousse pour déféquer se ressemblent énormément. S'il force et qu'il y a du sang, appelez.
Vous lisez ceci le soir ou la fin de semaine ?
Ne réglez pas un réveil pour l'ouverture. Si nous sommes fermés, un centre d'urgence 24/7 prend le relais et vous pouvez l'appeler tout de suite : décrire la situation au téléphone ne coûte rien et ne vous engage à rien.
Cette page commence par le chat
Le scénario qui tue en quelques heures est félin : un chat qui force et ne produit presque rien. C'est pour ça qu'il passe en premier. Le volet chien est plus bas, et il est complet : si vous êtes ici pour un chien, allez-y directement. Les signes ci-dessus, eux, valent pour les deux.
Ce qui trie vraiment, et ce n'est pas la couleur
Vous êtes arrivé ici à cause d'une couleur. C'est pourtant le renseignement le moins utile de la soirée, et il peut vous tromper dans les deux sens : rassurer quand il ne faut pas, alarmer quand ce n'est pas nécessaire.
La quantité ne dit pas la gravité
Une toute petite quantité de sang colore beaucoup d'urine. Et le tableau le plus urgent, celui de l'animal qui n'arrive plus à uriner, se présente justement avec très peu d'urine, donc très peu de sang visible. Ne jugez jamais la gravité à l'intensité de la teinte.
Chez le chat : regardez si ça sort
Les problèmes urinaires du chat se ressemblent tous : du sang, des allers-retours au bac, de petites quantités, parfois des miaulements. Ils ne se distinguent pas à la maison. Ce qui trie chez lui, ce n'est pas le sang, c'est de savoir si l'urine sort normalement.
Chez le chien : le débit ne suffit pas
Attention à ne pas transposer. Un chien peut uriner un beau jet, franc et abondant, et être en train de saigner d'ailleurs : de l'utérus, de la prostate, ou d'un peu partout si son sang ne coagule plus. Chez lui, un débit normal ne rassure pas.
On ne vous demandera pas de nommer la teinte
Rose, rouge, brun, orangé : ces nuances ne se lisent pas de façon fiable à l'œil, pas même par nous. Une urine rouge peut ne contenir aucun sang, et venir de globules rouges détruits ailleurs dans le corps ou d'un muscle abîmé. C'est pour ça que la conduite ne dépend jamais de la couleur, mais de ce que fait votre animal et de l'allure de ses gencives.
Le chat qui force : cystite ou blocage ?
C'est le scénario qui commande cette page. Deux problèmes très différents commencent par exactement les mêmes signes, et un seul des deux tue. La bonne nouvelle, si on peut dire : vous n'avez pas à les distinguer. Personne ne le peut à la maison, et nous non plus par téléphone. C'est justement pour ça qu'on veut le voir.
La cystite
Une inflammation de la vessie, franchement douloureuse, souvent liée au stress. Le chat retourne sans arrêt au bac, urine de petites quantités parfois teintées, se met à uriner à côté, et il peut miauler. Ça se traite, et ça se prévient.
Le blocage
Le passage de sortie se bouche. Le chat fait exactement les mêmes allers-retours, les mêmes miaulements, les mêmes petites quantités teintées. Sauf que l'urine ne sort plus, et que les reins et le cœur commencent à souffrir. On parle d'heures, pas de jours, et personne ne peut dire d'avance combien il en reste au vôtre.
« C'est peut-être juste le stress »
Cette phrase est vraie, et c'est exactement ce qui la rend dangereuse. Le stress cause réellement la cystite : ce n'est pas « dans sa tête », la paroi de la vessie s'enflamme pour de bon. Un déménagement, un nouvel animal, des travaux, un bac déplacé peuvent suffire. Mais le blocage commence par les mêmes signes que la cystite. Alors on trie d'abord, et on parlera du stress ensuite : c'est une conversation qui se tient très bien une fois qu'on sait que la voie est libre.
Le piège : le chat qui arrête d'aller au bac
Vous l'avez vu forcer tout l'après-midi. Maintenant il est tranquille, couché, il ne retourne plus au bac. C'est le moment précis où beaucoup de gens décident d'attendre au matin. Or un chat bloqué depuis plusieurs heures cesse d'essayer : il devient mou, il vomit, il se cache, il refuse de manger. Il ne va pas mieux, il va moins bien. S'il a poussé sans qu'un vrai jet ne sorte, l'accalmie ne change rien.
« Je ne l'ai pas vu uriner de la journée »
À elle seule, cette phrase ne veut pas dire grand-chose. Quand on filme des chats en parfaite santé, on découvre que leurs propriétaires n'aperçoivent qu'une petite partie de leurs passages au bac : ne pas l'avoir vu uriner est le quotidien normal de bien des gens. Ne partez donc pas d'un compte d'heures, que vous n'avez aucun moyen de tenir correctement. Partez de ce que vous voyez : est-ce qu'il pousse ? Est-ce que quelque chose sort ? Un bac fraîchement vidé vous en apprendra plus en une heure que votre souvenir de la journée.
Ce qu'on ne fait pas, même avec les meilleures intentions
Chacun de ces réflexes part d'une bonne intention, et chacun coûte du temps ou aggrave la situation.
- N'appuyez pas sur son ventre et n'essayez pas de le faire uriner. Une vessie très pleine peut se rompre.
- Ne donnez pas de laxatif, d'huile ni de lavement. Ce n'est pas de la constipation, et vous perdriez les heures qui comptent.
- Ne lui retirez pas son eau. Le réflexe est fréquent quand un animal urine partout ou qu'il force : il est exactement à l'envers de ce qu'il faut faire.
- Ne donnez aucun reste de calmant ni d'antidouleur, même s'il lui a déjà été prescrit. Un animal calmé cesse de forcer, et cette fausse tranquillité vous fera perdre la nuit.
- Ne retardez pas votre départ pour recueillir un échantillon. Ne changez pas la litière, n'attendez pas la prochaine miction, ne cherchez pas le bon contenant : l'échantillon se prend à la clinique, et c'est là qu'il sera le plus utile.
- Ne le faites pas vomir, même si vous soupçonnez un produit avalé.
- Pour le transport : la cage pour le chat, une surface stable pour un chien qui a mal. Ne soulevez pas un chat par la peau du cou. Et prévenez-nous que vous arrivez.
- Lavez-vous les mains après avoir nettoyé une flaque ou une tache, et gardez les enfants à l'écart. Sans frotter partout non plus : une tache récente nous renseigne parfois.
Appelez aujourd'hui, et ce soir si nous sommes fermés
Entre « partez maintenant » et « ça peut se planifier », il n'y a pas de zone d'observation quand il y a du sang. Ce qui change d'un cas à l'autre, c'est la vitesse, jamais le fait d'appeler. Et la date se fixe pendant l'appel, pas en refermant la page.
- Votre chat urine des quantités normales, mais son urine est teintée, et il est par ailleurs parfaitement lui-même.
- Votre chien urine normalement, il est en forme, mais vous voyez du sang.
- Vous aviez remarqué du sang il y a quelques jours, et il a disparu depuis. Un saignement qui s'arrête n'est pas un problème réglé : beaucoup de causes vont et viennent, et reviennent.
- Il urine plus souvent, en plus petites quantités, ou il se lèche beaucoup, sans que vous voyiez du sang à chaque fois.
- Il urine à côté du bac ou dans la maison alors qu'il était propre. Ce n'est pas un caprice : on écarte d'abord une cause médicale.
Ces situations montent d'un cran : appelez maintenant
- C'est un chaton ou un chiot.
- C'est un animal âgé, ou suivi pour une maladie chronique : reins, diabète, foie, cœur.
- Il prend des médicaments, en particulier un anti-inflammatoire ou de la cortisone. Chez un animal sous cortisone ou diabétique, les signes habituels d'infection manquent souvent : leur absence ne rassure pas.
- C'est une femelle non stérilisée, chatte ou chienne, ou une femelle qui pourrait être gestante.
- C'est un chien mâle non castré.
- Il a déjà été bloqué, ou il vient d'être débloqué et de rentrer à la maison. La surveillance repart à zéro : s'il recommence à forcer, revenez, même si c'était hier.
- Il a pu avoir accès à quelque chose : antigel, poison à rats, plante, médicament tombé au sol.
Et s'il est 21 h ?
« Aujourd'hui » ne veut plus dire grand-chose le soir venu. Si nous sommes fermés, appelez un centre d'urgence 24/7 : ils trient au téléphone eux aussi, et ils vous diront honnêtement si ça se rend au matin. Ne laissez pas l'heure décider à votre place.
Préparez votre appel (2 minutes)
- Depuis quand voyez-vous du sang, et est-ce à chaque fois qu'il urine ?
- Est-ce qu'il pousse ? Est-ce que quelque chose sort, et à peu près combien ?
- Mange-t-il ? Boit-il ? Vomit-il ? Est-il aussi vif que d'habitude ?
- Est-il stérilisé ou castré ? Et s'il s'agit d'une femelle entière, quand remontent ses dernières chaleurs ?
- Ses médicaments en cours, ses maladies connues, et tout ce qu'il aurait pu avaler.
- Une photo, si et seulement si elle ne vous retarde pas.
Et si le coût vous inquiète
L'appel, lui, ne coûte rien et ne vous engage à rien. Si votre hésitation est aussi financière, dites-le-nous au téléphone : c'est une conversation qu'on a souvent, elle ne nous choque pas, et elle est bien plus utile avant qu'après. Ce qu'on veut éviter, c'est que le silence devienne une façon d'attendre.
Chez le chien
Tout ce qui précède vaut aussi pour lui, à commencer par le premier drapeau : un chien qui force sans produire est une urgence, exactement comme un chat. Ce qui suit est ce qui lui est propre.
Le chien qui force sans produire
Chez le mâle, le canal de sortie chemine dans une gouttière d'os et s'y rétrécit : c'est souvent là que ça bloque. Mais ne cherchez pas le mécanisme, il y en a plusieurs, et votre chien ne correspondra peut-être à aucune histoire que vous connaissez. Retenez seulement ce qu'il fait : il s'arrête à dix poteaux, il pousse, et rien ou presque ne vient. Comme chez le chat, quelques gouttes ne veulent pas dire que la voie est libre.
L'infection urinaire : fréquente, jamais « on attend »
C'est la cause la plus banale de sang chez le chien, et elle se traite très bien. Elle ne se diagnostique pas de loin, par contre : il faut une analyse d'urine, parce que des calculs, une inflammation et une tumeur donnent exactement les mêmes signes. Chez la femelle et chez le mâle castré, c'est une infection ordinaire. Chez le mâle non castré, c'est plus rare, et c'est justement ce qui en fait un signal : on regarde alors du côté de la prostate.
Les calculs
Chez le chien, une bonne partie des calculs se forme dans le sillage d'une infection, ce qui explique qu'ils reviennent souvent ensemble. Certains se dissolvent avec une alimentation adaptée, d'autres non. Ce sont l'analyse d'urine et l'imagerie qui tranchent, jamais la couleur de ce que vous voyez.
Le mâle non castré : du sang qui n'est pas dans l'urine
Voici le tableau que beaucoup de propriétaires ne reconnaissent pas comme « du sang dans l'urine », et qui les fait attendre : des gouttes de sang qui tombent en dehors des mictions, des taches sur le plancher, sur le lit ou sur le coussin, du sang au bout du fourreau. Ça vient souvent de la prostate. Et il faut le dire comme il faut : la prostate, ici, est un endroit qui saigne, pas un diagnostic. Plusieurs choses très différentes s'y passent, certaines bénignes, d'autres non, et aucune ne se règle toute seule.
À distinguer : un peu de liquide jaunâtre ou blanchâtre au fourreau est normal chez le mâle. Du sang, non.
Profitez-en pour regarder ses testicules. S'il y en a un qui a changé, qui est plus gros ou plus mou que l'autre, ou s'il n'en a jamais eu deux, mentionnez-le au téléphone. Ce n'est pas une question de reproduction : c'est une piste, et elle compte quand un chien saigne.
Et pour couper court à une hésitation très fréquente : le faire examiner ne vous engage à rien. On cherche d'où vient le sang, c'est tout.
Chez lui, partez tout de suite si
- Il fait de la fièvre, il a mal au ventre, il marche le dos rond.
- Il a de la difficulté à déféquer, ou il pousse sans y arriver.
- Il s'effondre, ses gencives sont pâles ou grises, il respire vite.
- Il force pour uriner et ne produit presque rien.
Des infections urinaires à répétition qui ne guérissent jamais vraiment
Un chien qu'on traite trois fois pour la même « infection » mérite qu'on cherche plus loin. Le plus souvent, on finit par trouver une particularité anatomique qui entretient le problème et qui se corrige. Parfois autre chose. Dans les deux cas, l'important est de ne pas repartir pour un quatrième traitement à l'aveugle.
Ne donnez aucun médicament maison
Cette section-ci a une raison d'être bien précise : il existe, en vente libre, dans à peu près toutes les pharmacies, un produit conçu pour exactement ce que vous êtes en train de voir. Il est fait pour les humains.
Les analgésiques urinaires humains (AZO, Uristat, Azo-Standard)
Ces comprimés qui teignent l'urine en orange se vendent sans ordonnance pour soulager une infection urinaire humaine. Ils ne sont pas faits pour votre animal : chez le chat en particulier, ils s'attaquent à ses globules rouges. Et comme ils colorent l'urine, ils effacent en prime le seul renseignement qu'on cherchait.
Acétaminophène (Tylenol)
Mortel pour le chat, même un seul comprimé. Il n'existe aucune dose sécuritaire. Détail cruel : l'intoxication elle-même fonce l'urine, si bien que le geste censé le soulager finit par ressembler au problème.
Ibuprofène (Advil), naproxène (Aleve), aspirine
Jamais, et encore moins ici : un animal qui n'arrive pas à uriner a peut-être déjà les reins en difficulté, et ces produits s'en prennent justement aux reins.
Les restes d'ordonnance
L'antibiotique de l'autre animal, ou celui d'un épisode d'il y a six mois. Certains produits parfaitement banals chez le chien abîment la vue du chat. Et un traitement donné à l'aveugle rend l'analyse d'urine ininterprétable au moment précis où on en a le plus besoin.
Canneberge, D-mannose, produits « urinaires » en vente libre
On aimerait pouvoir dire qu'ils aident. Chez le chien, ça n'a pas été démontré; chez le chat, ce n'est pratiquement pas étudié. Et chez un animal qui fabrique certains types de calculs, ce peut être précisément le mauvais choix.
Rien par la bouche, et voici pourquoi au juste
Ce n'est pas que tout soit du poison. C'est que le moment et le lieu sont mauvais. Soulager la douleur d'un animal qui urine du sang est une vraie priorité, et c'est un geste de clinique : il se décide une fois qu'on sait ce qu'on traite et dans quel état sont ses reins. Ce soir, votre rôle n'est pas de le traiter, c'est de nous l'amener.
Questions fréquentes
Les questions qui reviennent le plus au téléphone, et deux qu'on n'ose pas toujours poser.
Le sang a disparu tout seul depuis hier. Est-ce que c'est réglé ?
Comment savoir si c'est vraiment du sang, ou juste une urine foncée ?
Mon chat a déjà eu ça et ça s'est replacé tout seul. Est-ce que je peux attendre pareil ?
C'est la nuit. Est-ce que ça peut attendre demain matin ?
Ma chienne n'est pas stérilisée et elle a eu ses chaleurs il y a quelques semaines. Est-ce que le sang peut venir de là ?
Combien ça va coûter, et qu'est-ce que je fais si je ne peux pas payer ce soir ?
J'ai attendu deux jours avant d'appeler. Est-ce que j'ai nui à mon animal ?
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Le tri honnête, en une phrase
Il force et ne produit presque rien, il a cessé de forcer sans qu'un vrai jet sorte, il est mou ou froid, son urine est brun foncé avec des gencives pâles, il a subi un choc, c'est une femelle entière avec un écoulement : partez maintenant. Il urine normalement mais vous voyez du sang : appelez aujourd'hui, ce soir si nous sommes fermés. Et dans tous les cas, il n'existe pas de version de cette page où l'on vous dit d'observer quelques jours pour voir.
Vous voyez du sang et vous hésitez ?
N'hésitez plus : appelez, et on trie ensemble. Si un rendez-vous suffit, on vous le dira; si c'est plus pressant, on vous oriente tout de suite, chez nous ou vers un centre ouvert.