Symptômes : quoi faire
Guide client · Symptômes et triage

Mon chien est abattu ou n'a plus d'énergie

le tri se fait sur le deuxième signe

Votre chien est mou, éteint, il ne s'est pas levé pour vous accueillir. « Abattu » est l'un des motifs d'appel les plus fréquents en pratique, et c'est aussi le moins parlant : à peu près tout peut le causer, du muscle courbaturé au saignement interne. Alors cette page ne vous demandera pas d'évaluer à quel point il a l'air abattu. Elle vous demande ce qu'il y a en plus, et c'est ce deuxième signe qui décide de l'heure. Ce qu'elle ne dira jamais : attendez de voir.

Partez maintenant Abattu plus quoi ? Questions fréquentes

Ce guide vous aide à trier; il ne remplace pas l'examen du vétérinaire. Au moindre doute, appelez-nous au 514 223-1197.

Cette page parle du chien

Un chat amorphe, ou qui se cache dans un endroit où il ne va jamais, est plus urgent qu'un chien abattu, pas moins : il ne fait pas la grasse matinée, il se retire. N'appliquez rien de ce qui suit à un chat. Si votre chat est éteint, appelez-nous, ou un centre d'urgence 24/7 si nous sommes fermés.

Urgence

Partez maintenant : les signes qui ne peuvent pas attendre

Un seul de ces tableaux suffit. Vous n'avez pas à en cocher plusieurs, ni à décider lequel est le plus grave. N'attendez pas de voir si ça passe, n'attendez pas le matin : rendez-vous à la clinique pendant nos heures d'ouverture, ou au centre d'urgence le plus proche si nous sommes fermés, et appelez en route pour qu'on vous attende.

La liste se lit en deux temps. D'abord ce que vous voyez ce soir. Ensuite ce que vous savez déjà de votre chien, et qui compte tout autant : sur une page d'abattement, la moitié des raisons de partir ne se voient pas, elles se savent.

Ce que vous voyez

  • Ses gencives sont pâles, blanches, grises, bleutées, ou au contraire rouge brique sur toute leur surface chez un chien qui a l'air fiévreux. Soulevez doucement sa babine et regardez la gencive juste au-dessus d'une canine : chez un chien qui va bien, c'est rose et humide. Pâle ou blanc veut dire qu'il manque de globules rouges, souvent parce qu'il saigne quelque part, et le plus souvent à l'intérieur, là où vous ne verrez jamais une goutte de sang. Gris ou bleuté veut dire qu'il manque d'oxygène. Des gencives pâles, grises ou bleutées confirment l'urgence, mais c'est un signe tardif : n'attendez pas de le voir pour partir.
  • Il ne tient plus debout, il titube, ou il s'est effondré. Il est très abattu : il ne tient plus debout, il est faible, il ne réagit presque plus. Et si votre chien s'est effondré une seule fois et qu'il s'est relevé tout seul, ça compte quand même, même s'il a l'air correct maintenant : un chien qui tombe et qui repart n'est pas un chien qui va bien, c'est un chien qui a fait un épisode. S'il est encore mou pendant que vous lisez, c'est maintenant. S'il est complètement redevenu lui-même, c'est le jour même, sans discussion.
  • Son ventre est gonflé, dur ou très douloureux au toucher. Il fait les cent pas, il ne trouve aucune position, il regarde son flanc. Chez un grand chien, un abdomen gonflé et dur avec des efforts de vomissement improductifs : chaque minute compte.
  • Il essaie de vomir encore et encore et ne produit presque rien. Un peu de mousse ou de bave peut sortir : ça compte quand même comme un effort à vide, surtout si son ventre gonfle ou se tend et qu'il n'arrive pas à se poser. C'est le tableau de la torsion d'estomac, et c'est une course contre la montre.
  • Il respire vite au repos, avec effort, le ventre qui pousse à chaque souffle, ou le cou étiré vers l'avant. Un chien qui halète après l'effort ou par temps chaud, c'est autre chose; celui-ci est couché tranquille et respire mal quand même. Un chien qui refuse de s'allonger, qui garde les coudes écartés et la tête basse, respire mal lui aussi.
  • Du jaune apparaît sur ses gencives, sur le blanc de ses yeux ou à l'intérieur de ses oreilles. Une urine devenue foncée, couleur thé, compte pareil.
  • Du sang : il vomit du sang, rouge vif en quantité, ou des grains bruns-noirs qui ressemblent à du marc de café, c'est-à-dire du sang digéré. Des selles noires et goudronneuses comptent pareil, et d'autant plus s'il prend un anti-inflammatoire prescrit.
  • Il tremble, il convulse, il est désorienté, ou il pousse sa tête contre un mur ou un meuble et il reste là. Ce dernier geste a l'air anodin et ne l'est pas du tout : un chien qui appuie son front contre une surface et ne bouge plus se voit dans les atteintes du cerveau et du foie.
  • Il est froid au toucher, oreilles et pattes, alors qu'il ne fait pas froid chez vous. Chez un chien abattu, être froid n'est pas un détail de confort, c'est un signe de circulation.

Ce que vous savez déjà de lui

  • Il a reçu un coup dans les dernières 48 heures : une voiture, une chute, une bagarre, une porte, un coup d'épaule d'un gros chien au parc. Un traumatisme majeur, frappé par une voiture ou tombé de haut, se voit maintenant, même si l'animal semble aller bien. Un chien qui allait bien hier et qui est éteint aujourd'hui après un choc est l'un des tableaux de saignement interne les plus régulièrement manqués.
  • Il fait chaud, ou il vient de faire un effort, ou il est resté dans une auto, une véranda, un garage, une remise ou une cour sans ombre. Un chien qui s'éteint par temps chaud ou après une grosse marche, c'est un coup de chaleur jusqu'à preuve du contraire. Et dans ce cas seulement, on ne part pas tout de suite : on refroidit d'abord à l'eau froide, tout le corps, avec de l'air, puis on conduit en continuant de refroidir. La marche à suivre est sur notre page dédiée.
  • Il a pu avaler un toxique : chocolat, raisins ou raisins secs, beurre d'arachide ou gomme sans sucre contenant du xylitol, cannabis, un médicament humain, de l'antigel, un champignon de la cour, du compost. Ne le faites pas vomir, et apportez l'emballage ou un morceau de la plante.
  • C'est une chienne non stérilisée et ses chaleurs remontent à quelques semaines : le pyomètre, une infection de l'utérus, commence souvent par une chienne abattue qui cesse de manger et qui boit beaucoup. Il n'y a pas toujours de pertes visibles, et c'est justement la forme sans pertes qui est la plus dangereuse.
  • Il est suivi pour une maladie d'Addison, ou il a déjà eu des épisodes de faiblesse qui passaient tout seuls : un chien addisonien qui s'éteint, surtout après un stress comme une pension, un voyage, un orage ou une chirurgie, peut basculer en crise. Ça ne se surveille pas à la maison.
  • Il est traité pour un syndrome de Cushing au trilostane ou au mitotane. Sa fiche publie déjà la consigne, dans sa liste « À ne jamais faire », et on ne la reformule pas : « Donner la dose habituelle si votre chien est déjà malade (perte d'appétit, vomissements, faiblesse, abattement) : ces signes peuvent indiquer un cortisol trop bas. Cessez le médicament et joignez-nous immédiatement. » Autrement dit : ne donnez pas la prochaine dose, et appelez.
  • Il est diabétique et reçoit de l'insuline : appelez-nous avant la prochaine injection, même le soir, même si c'est dans une heure. Ne décidez pas seul de donner la dose ni de la sauter. S'il est en plus faible, désorienté, s'il vomit, s'il respire vite ou si son haleine sent bizarrement sucré : partez tout de suite.
  • C'est un chiot, et surtout un chiot dont la série de vaccins n'est pas terminée. Chez lui tout va plus vite, et un chiot abattu, c'est maintenant, pas demain.

Un seul suffit

Vous n'avez pas à décider lequel de ces signes compte le plus. Si un seul vous parle, partez. Deux lignes font exception et vous demandent d'appeler avant de partir, et elles le disent dans leur propre texte : le chien traité pour un Cushing et le chien diabétique. Si vous hésitez, appelez quand même : trier, c'est notre travail, pas le vôtre. En dehors de nos heures, un centre d'urgence 24/7 répond, et décrire la situation au téléphone ne vous engage à rien.

Le ventre qui gonfle et les efforts de vomissement à vide ont leur propre page, parce que c'est le tableau où chaque heure compte : la torsion d'estomac.

Par temps chaud ou après un effort, l'exception au trajet immédiat : refroidissez d'abord, roulez ensuite.

Pour les poisons, les premiers gestes selon le produit : aliments et plantes toxiques, calculateur chocolat, la page urgence.

Le tri

Abattu tout seul ne se trie pas. Abattu plus quelque chose, oui.

C'est la chose la plus utile qu'on puisse vous dire ce soir, et personne ne vous l'a jamais dite franchement : « abattu » ne veut presque rien dire tout seul. Ce n'est pas un défaut de votre observation, c'est la nature du signe. Un chien s'éteint quand il a mal, quand il a de la fièvre, quand il a la nausée, quand il manque de globules rouges, quand son coeur travaille trop, quand une hormone lui manque, et aussi quand il a simplement trop couru hier. De l'extérieur, ces chiens-là se ressemblent tous.

Alors on vous demande autre chose, et c'est beaucoup plus facile à répondre : qu'est-ce qu'il y a en plus ? Cherchez dans le tableau ci-dessous. Le deuxième signe, lui, est spécifique, et c'est lui qui donne l'heure.

Trois règles de lecture, avant le tableau

  • Il n'y a aucune ligne dans ce tableau qui dit « surveillez ». C'est voulu, et ce n'est pas un oubli. Un tableau de tri qui contient une case « surveillez » finit toujours par être lu comme la case par défaut, et c'est exactement la case dans laquelle un chien abattu se perd. Le niveau le plus bas de cette page, c'est un rendez-vous.
  • Deux lignes différentes ne s'additionnent pas, elles se remontent. Un chien qui boite et qui boit plus que d'habitude n'est pas « deux petits problèmes » : c'est un chien qu'on veut voir aujourd'hui, pas cette semaine. Quand deux lignes vous parlent, prenez toujours la plus urgente des deux, jamais la moyenne.
  • Le niveau 1 est déjà réglé. Si vous avez reconnu votre chien dans le mur du haut, ce tableau ne vous concerne plus : vous partez. Il commence à partir de là.

Aujourd'hui, sans laisser passer la journée

Ces situations ne demandent pas forcément l'urgence de nuit, mais elles ne passent pas par la case surveillance. Appelez-nous, ou prenez le premier rendez-vous disponible sans laisser passer la journée. Si nous sommes fermés et que vous hésitez, un centre 24/7 vous dira si ça tient jusqu'au matin.

Ce que vous voyez en plusCe que ça peut vouloir dire
Il ne mange plus du tout.Abattement plus refus complet, c'est le duo le plus fréquent et le plus parlant. Un chien qui ne mange plus du tout ne se surveille pas sur plusieurs jours.Mon chien ne mange plus
Il vomit.Digestif, mais pas seulement : un corps étranger, une pancréatite, une crise addisonienne et un pyomètre commencent tous comme ça.Mon chien vomit
Il a la diarrhée.Même lecture : le tube digestif parle, mais la cause peut être ailleurs.Mon chien a la diarrhée
Il boite, il est raide partout, ou la boiterie change de patte d'un jour à l'autre.Une boiterie plus de la fièvre, c'est un chien malade, pas un chien blessé. La boiterie qui change de patte fait aussi penser aux maladies transmises par les tiques, bien installées dans le sud du Québec.Mon chien boite
Il a l'air fiévreux : il frissonne, il cherche le frais, il tremble.Une infection quelque part. Les oreilles chaudes ne veulent rien dire; ce qu'on regarde, c'est l'ensemble.
Il force pour uriner, il urine peu, ou il y a du sang dans son urine.Voies urinaires, prostate, reins. Un chien qui force sans produire ne se surveille jamais.Du sang dans l'urine
Il boit beaucoup plus et il urine beaucoup plus qu'avant.Diabète, reins, Cushing, pyomètre chez la chienne non stérilisée. C'est un changement, pas une habitude : ça compte.
Il tousse, ou il s'essouffle beaucoup plus vite qu'avant en promenade.Coeur ou poumons. Comptez sa respiration au repos avant d'appeler, on vous le demandera.Compter les respirations au repos
Une oreille qui sent mauvais, qui coule, ou il secoue la tête et se gratte l'oreille.Une otite fait très mal et suffit à éteindre un chien complètement. C'est fréquent, ça se traite, et ça ne s'endure pas une fin de semaine.
Il a la tête penchée, il tourne en rond, il perd l'équilibre, ses yeux bougent tout seuls.Syndrome vestibulaire, oreille interne, ou atteinte du cerveau. Impressionnant et pas toujours grave, mais jamais à trier de chez soi.Mon animal perd l'équilibre
Un oeil rouge, un oeil fermé, un oeil qui coule.Un oeil douloureux ne se remet pas au lendemain : appelez-nous pendant nos heures d'ouverture, et hors de nos heures il va à un centre ouvert 24/7. Ne mettez aucune goutte.Mon animal a un oeil rouge
Une bosse nouvelle, une plaie qui ne guérit pas, une masse qui a changé.À faire examiner, sans jamais la manipuler ni la presser.Une bosse sous la peau
Il a eu une anesthésie, une chirurgie ou un détartrage dans les derniers jours.Un appétit réduit et un peu de mollesse dans les 12 à 24 heures qui suivent sont attendus. Au-delà, ou avec de l'abattement franc, suivez votre feuille de congé et appelez-nous.Soins post-opératoires
Il a commencé un médicament cette semaine, ou sa dose a changé.Appelez avant la dose suivante, et n'arrêtez rien de vous-même, sauf les deux exceptions écrites à la section 5.
Vous avez plusieurs chiens et un autre est malade aussi.Une infection contagieuse ou une exposition commune (poubelle, compost, eau stagnante, produit répandu) change complètement le raisonnement. Dites-le-nous d'emblée.

Un rendez-vous, et on le prend cette semaine

Ce sont les tableaux qui s'installent sur des semaines ou des mois. Ils ne demandent pas la salle d'urgence, et ils ne demandent pas non plus d'attendre le prochain vaccin.

Ce que vous voyez en plusCe que ça peut vouloir dire
Il a maigri sans que vous ayez changé sa ration.Un poids qui baisse tout seul est toujours une information, jamais un succès. Reins, foie, intestin, cancer.
Il a grossi sans manger davantage, il cherche la chaleur, son poil se dégarnit des deux côtés du corps.Le tableau classique de l'hypothyroïdie, et c'est celui qu'on met le plus souvent sur le dos de l'âge.Hypothyroïdie chez le chien
Il boit plus, son ventre s'arrondit, il halète beaucoup, il perd du poil de façon symétrique.Le tableau du syndrome de Cushing.Le syndrome de Cushing
Il fait ça de temps en temps depuis des mois, et ça finit toujours par passer tout seul.Dites-le-nous exactement comme ça. C'est la description d'une maladie d'Addison, et c'est une information précieuse.Maladie d'Addison chez le chien
Il se lève lentement, il hésite devant l'escalier ou l'auto, il ne saute plus dans le coffre.De la douleur, presque toujours articulaire. Un chien qui a mal se retire et s'éteint : il ne crie pas.Arthrose du chien
Il dort le jour et s'agite la nuit, il semble perdu dans une pièce qu'il connaît, il oublie sa propreté.Dysfonction cognitive possible, mais ce n'est jamais « juste l'âge » tant qu'un examen n'a pas écarté une cause traitable.Dysfonction cognitive du chien
Ses pattes arrière traînent, ses ongles s'usent sur le dessus, il se cogne l'arrière-train.Une atteinte de la moelle ou des nerfs. Un chien qui veut avancer et n'y arrive pas n'est pas un chien fatigué.
Son haleine a changé, il mâche d'un seul côté, il laisse tomber ses croquettes.Une bouche douloureuse. Beaucoup de chiens continuent de manger malgré des dents en très mauvais état, donc l'appétit ne prouve rien ici.La mauvaise haleine

Et si aucune ligne ne vous parle ?

Alors vous êtes le lecteur de la section suivante, et c'est la section la plus importante de la page. Ne sautez pas par-dessus : « rien d'autre » n'est pas une bonne nouvelle en soi, c'est simplement la version la moins informative du problème.

Bien observer

Ce que vous pouvez vérifier ce soir, et ce que ça vous dit vraiment

Vous cherchez peut-être un deuxième signe et vous n'en trouvez pas. Voici cinq choses que vous pouvez regarder vous-même, tout de suite, sans matériel. Mais lisez d'abord la règle qui les gouverne toutes, parce qu'elle est plus importante que les cinq réunies.

La règle de sens unique

Tout ce que vous pouvez regarder à la maison marche dans un seul sens. Ces observations peuvent vous faire partir. Aucune d'elles ne peut vous faire rester.

Des gencives roses ne prouvent pas qu'il n'y a pas de saignement. Une respiration calme ne prouve pas que le coeur va bien. Une température normale ne prouve pas qu'il n'y a pas d'infection. Un chien qui se lève pour vous ne prouve pas qu'il n'a pas mal. Chacun de ces gestes peut faire monter le niveau d'urgence; aucun ne le fait descendre.

C'est pour ça qu'on vous les donne quand même : le pire scénario de cette page, c'est un chien qui reste à la maison. Ces gestes n'existent que pour attraper celui qui aurait dû partir.

1. Ses gencives

Soulevez doucement sa babine du haut et regardez la gencive juste au-dessus d'une canine. Chez un chien qui va bien, c'est rose, humide et brillant.

  • Pâle, blanc, gris ou bleuté : partez. Pas d'appel d'abord, pas de deuxième vérification.
  • Rouge vif ou rouge brique sur toute la gencive, loin du bord des dents, chez un chien qui a l'air fiévreux ou qui a eu chaud : partez aussi. Une gencive rouge seulement le long des dents, en mince liseré contre les dents, c'est autre chose : c'est de la maladie des gencives, et c'est un rendez-vous.
  • Rose : c'est une bonne information, gardez-la pour nous. Elle ne clôt rien.
  • Sec ou collant sous le doigt plutôt que glissant : notez-le et dites-le-nous, ça oriente sur l'hydratation.

Trois précautions. Beaucoup de chiens ont les gencives naturellement pigmentées, tachetées ou complètement noires : chez eux, ce test ne marche pas sur la gencive. Regardez plutôt l'intérieur de la paupière du bas, en abaissant délicatement la peau sous l'oeil, ou le dessous de la langue. Si vous n'arrivez pas à voir, ce n'est pas un échec : c'est une raison de plus d'appeler plutôt que de décider. Et n'ouvrez jamais de force la gueule d'un chien qui a mal ou qui est confus : vous risquez une morsure, et ne rien voir ne prouverait rien.

Un conseil pour plus tard, et c'est le meilleur de la page : photographiez ses gencives ce soir, et refaites-le un jour où il va parfaitement bien. Le rose normal varie beaucoup d'un chien à l'autre, et la seule comparaison qui vaut vraiment est avec lui-même.

2. Sa respiration au repos

Regardez-le respirer pendant qu'il est couché tranquille, sans qu'il ait chaud et sans qu'il vienne de bouger. Une respiration normale au repos est presque invisible et silencieuse : un léger mouvement de la poitrine, sans bruit, sans que le ventre pousse.

Ce qui n'est pas normal, et qui compte quel que soit le chiffre : le ventre qui pompe fort à chaque respiration, le cou tendu et la tête basse, les coudes écartés, les narines qui s'ouvrent largement, une respiration bruyante, et un chien qui refuse de s'allonger.

Vous pouvez aussi compter : une respiration égale une inspiration plus une expiration, comptez sur 30 secondes et multipliez par deux. Au repos, la plupart des chiens respirent moins d'environ 30 fois par minute. Notre guide dédié explique le geste et ce qu'on en fait, et il porte une consigne à retenir : si votre chien respire avec effort, ne recomptez pas, partez.

3. Faible, ou abattu ? Ce n'est pas la même chose

C'est la distinction la plus utile de la section, et elle se fait en une observation. Appelez-le depuis une autre pièce, ou faites craquer le sac de gâteries. Une fois, pas toute la soirée, et pas du tout si un signe du mur est présent : dans ce cas on ne teste rien, on part.

  • Il ne se lève pas et il n'essaie pas. Il vous regarde, il remue peut-être la queue, mais il reste là. C'est de l'abattement : quelque chose lui coupe l'envie, ou le rend nauséeux, fiévreux ou douloureux.
  • Il essaie de se lever et il n'y arrive pas, ou il se lève et il retombe, ou il avance en titubant, ou il traîne l'arrière-train. Ce n'est pas de l'abattement, c'est de la faiblesse, et elle change complètement le raisonnement : muscles, nerfs, moelle, circulation, sucre sanguin.
  • Il ne réagit pas du tout à ce qui le fait toujours réagir : arrêtez là et appelez-nous.

Un chien qui veut avancer et n'y arrive pas ne se surveille jamais à la maison, même s'il a l'air calme et confortable par ailleurs. Et surtout : ne le sortez pas marcher pour le réveiller. Un chien qui a mal au ventre, qui saigne à l'intérieur ou qui fait un coup de chaleur va sembler suivre, et il va empirer en marchant. Si votre chien vit déjà avec une perte de mobilité connue et diagnostiquée, notre guide sur l'aide au lever décrit les gestes du quotidien; il ne remplace pas l'appel pour une faiblesse nouvelle.

4. La température : ce qu'on peut vous en dire honnêtement

Les oreilles chaudes, le nez sec, le nez chaud : ça ne veut rien dire. Aucun des trois n'est un indicateur de fièvre chez le chien, et beaucoup de gens décident de rester à la maison sur la foi d'un nez humide.

Prendre la température d'un chien se fait par voie rectale, avec un thermomètre, et sur un chien abattu, douloureux ou confus, ce n'est ni facile ni sans risque de morsure. Nous ne publions donc pas de protocole ni de seuil ici : au moindre doute, la clinique peut prendre la température. C'est un geste de quelques secondes chez nous.

Et surtout, l'essentiel : une température normale n'enlève rien. Un chien qui saigne à l'intérieur, un chien en crise addisonienne et un chien avec une torsion peuvent tous avoir une température parfaitement normale, ou basse. La fièvre fait monter l'urgence; son absence ne la fait pas descendre.

5. Filmez-le. Vingt secondes.

C'est le geste le plus utile de toute cette section, et presque personne n'y pense. L'abattement est le seul symptôme qui disparaît dans la salle d'examen. Un chien qui n'a pas bougé du salon depuis huit heures arrive chez nous, sent trente odeurs, entend un autre chien, reçoit une décharge d'adrénaline, et se tient debout la queue haute pendant toute la consultation. Vous repartez avec le sentiment de ne pas avoir été cru. Ça arrive tous les jours, et ce n'est la faute de personne.

Alors filmez-le maintenant, tel qu'il est : couché, appelé par son nom, en train de se lever s'il se lève, en train de marcher trois pas. Vingt secondes suffisent. C'est une vraie donnée clinique, et c'est souvent celle qui change ce qu'on cherche en premier.

Et si vous en avez une d'il y a un an, apportez-la aussi. Vous allez voir la différence sur l'écran de votre téléphone avant qu'on la voie sur la table d'examen.

La vraie question

Et s'il n'y a vraiment rien d'autre ?

Vous avez lu le mur, vous avez cherché dans le tableau, vous avez regardé ses gencives et sa respiration, et il n'y a rien. Juste un chien mou. C'est la situation la plus fréquente sur cette page, et c'est aussi celle où on vous doit le plus de franchise.

Alors disons-le d'abord clairement : « rien d'autre » n'est pas rassurant en soi. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien. Ça veut dire que ce que vous voyez ne suffit pas à trier, et c'est précisément pour ça que le tri passe alors à autre chose : le temps. Deux situations complètement différentes se cachent derrière la même phrase, et elles ne se gouvernent pas pareil.

Ça a commencé aujourd'hui

Si votre chien est un adulte en bonne santé et que toutes les conditions ci-dessous sont vraies en même temps, vous pouvez le garder au calme jusqu'à l'ouverture, en le revérifiant activement, et nous appeler à l'ouverture.

Toutes ces conditions à la fois

  • Adulte en bonne santé, sans maladie connue et sans médicament en cours.
  • Aucun signe du mur d'urgence, dans aucun des deux blocs. Relisez le bloc « ce que vous savez déjà de lui » en particulier : c'est celui qu'on parcourt trop vite.
  • Aucune ligne du tableau de la section 2, à aucun des deux niveaux.
  • Il se lève quand vous l'appelez, il se déplace normalement, il ne titube pas.
  • Il a mangé son repas et il boit comme d'habitude.
  • Ses gencives sont roses et humides : ni pâles, ni rouge brique loin des dents.
  • Il respire tranquillement au repos, sans effort, sans que le ventre pousse.
  • Rien n'a disparu de la maison : pas de jouet, pas de chaussette, pas d'emballage éventré, pas de médicament tombé au sol, pas de compost renversé.
  • Ce n'est ni un chiot, ni un chien âgé, ni un très petit gabarit, ni un grand chien à poitrine profonde, ni un chien à face aplatie, ni une chienne non stérilisée, et il n'a jamais fait de coup de chaleur. La liste complète est à la section 7, et c'est elle qui fait foi.
  • Il n'a rien encaissé : pas de voiture, pas de chute, pas de bagarre, pas de gros choc au parc.
  • Il n'a pas eu chaud et il n'a pas fait d'effort inhabituel dans les trois derniers jours. Un chien qui s'éteint un ou deux jours après une grosse journée de chaleur ou une longue marche n'entre pas dans ce palier : il se fait voir.
  • Il n'a reçu ni vaccin ni nouveau médicament dans les dernières 24 heures. Un chien un peu mou le lendemain d'un vaccin, c'est attendu; un chien franchement abattu, dont le visage enfle, qui a des plaques ou qui faiblit, c'est un appel tout de suite.
  • Et ça se compte en heures, pas en jours.

Ce que « le garder au calme » veut dire

Pas de promenade longue, pas de course, pas de balle, pas de parc à chiens, pas de jeu avec l'autre chien de la maison. Dehors pour ses besoins, en laisse, puis on rentre. De l'eau fraîche toujours disponible. Une pièce calme, à température normale, où vous pouvez le voir.

Vous ne le surveillez pas : vous le revérifiez

C'est la différence entre un plan et un délai, et elle tient en une phrase. « Surveiller » veut dire regarder de temps en temps depuis le divan, et c'est comme ça qu'on passe une nuit entière à ne rien voir changer alors que tout change. Revérifier, c'est autre chose.

Deux heures après avoir lu cette page, refaites exactement les mêmes gestes qu'à la section 3 : gencives, respiration au repos, est-ce qu'il se lève quand vous l'appelez. Puis avant de vous coucher. Notez l'heure et ce que vous avez vu. Si quelque chose a bougé dans le mauvais sens, vous n'attendez pas le matin.

Demain matin, vous appelez, même s'il semble mieux

Cette phrase n'est pas négociable et ce n'est pas un excès de prudence : c'est la consigne que nous publions déjà pour une boiterie surveillée à la maison. Un chien qui a été franchement éteint pendant une soirée et qui va mieux au réveil est un chien qui a eu quelque chose. Le plus souvent, un court appel suffit à vous rassurer. Parfois, c'est le premier épisode d'un tableau qui reviendra, et le fait qu'il soit passé tout seul est justement l'information la plus importante que vous puissiez nous donner.

Ce n'est pas un délai à écouler

Ce palier n'est pas une réserve de temps que vous auriez le droit de dépenser. C'est la limite au-delà de laquelle on arrête de regarder et on décroche le téléphone. Un seul signal l'annule, à n'importe quelle heure de la nuit. Et si vous avez le moindre doute sur une seule des conditions de la liste, la liste ne s'applique pas à votre chien : appelez.

Un vendredi soir n'est pas une salle d'attente

Entre vendredi soir et lundi matin, il s'écoule plus de soixante heures. Un pyomètre, une crise addisonienne, une masse qui saigne dans l'abdomen ou une infection ne mettent pas la fin de semaine en pause, et le chien qui arrive le lundi arrive presque toujours plus malade que celui qu'on aurait vu le vendredi. Si nous sommes fermés, appelez un centre d'urgence 24/7 : ils vous diront si c'est maintenant, aujourd'hui, ou un rendez-vous. Vous n'avez pas à trancher seul.

Ça dure depuis des semaines

La phrase la plus dangereuse de cette page

« Il ralentit. »

Elle est dangereuse parce qu'elle est douce, parce qu'elle a l'air d'une observation et qu'elle fonctionne en réalité comme une conclusion. Une fois qu'on l'a dite, on arrête de chercher. Alors mettons les choses au clair : vieillir n'est pas une maladie, et ce n'est pas non plus un diagnostic. Un chien qui ralentit n'a rien reçu comme réponse. Il a reçu une description de ce que vous voyez, avec le mot « âge » collé dessus.

Et l'abattement lent est exactement le terrain des maladies auxquelles cette page sert de porte d'entrée. Le Cushing, l'hypothyroïdie, la maladie d'Addison, l'anémie à médiation immune, la maladie cardiaque : aucune des cinq n'arrive un mardi soir. Elles s'installent, elles se confondent avec l'âge, et elles se traitent d'autant mieux qu'on les nomme tôt.

Le test de la vidéo d'il y a un an

Vous n'avez pas besoin de nous croire sur parole. Ouvrez la galerie de votre téléphone, remontez à l'été dernier ou à Noël, et trouvez une vidéo où votre chien marche, joue ou vous accueille. Regardez-la.

Ce que vous allez voir, personne dans la maison ne pouvait le voir en direct : le changement s'est étalé sur assez de mois pour que vous vous y adaptiez chaque jour, une petite adaptation à la fois. Vous avez raccourci la marche, vous avez arrêté de lancer la balle, vous l'aidez à monter dans l'auto. Chacun de ces gestes était raisonnable. Ensemble, ils ont effacé la courbe. Si la vidéo vous fait mal, apportez-la. C'est une vraie donnée, et c'est souvent celle qui déclenche le bilan.

Ce que les gens décrivent comme « l'âge », et qui ne l'est pas

Aucun de ces changements n'est un effet normal du vieillissement. Chacun est une raison de prendre rendez-vous, et chacun a des causes qui se traitent.

  • Il dort nettement plus, et il dort plus profondément.
  • Il ne vient plus vous accueillir à la porte.
  • Il ne monte plus l'escalier, il ne saute plus dans l'auto, il ne monte plus sur le divan.
  • Il ne joue plus avec l'autre chien de la maison, ou il s'en détourne.
  • Il se couche en promenade, ou il fait demi-tour tout seul.
  • Il a grossi sans manger davantage, ou il a fondu sans que vous changiez sa ration.
  • Il cherche la chaleur, il frissonne dans une pièce où il ne frissonnait pas.
  • Son poil est terne, ou il se dégarnit des deux côtés du corps.
  • Il halète au repos, sans avoir eu chaud ni couru.
  • Il s'agite la nuit, il tourne en rond, il semble perdu dans une pièce qu'il connaît.
  • Il boit plus, et il demande à sortir la nuit.

Le repère de cette section

Un chien abattu depuis trois semaines n'est pas un chien à surveiller. C'est un chien qui a quelque chose qu'on n'a pas encore nommé.

Ça ne veut pas dire que c'est grave, et ça ne veut pas dire l'urgence. Ça veut dire qu'un abattement qui dure a dépassé le stade où l'observation apporte encore quelque chose. La question n'est plus « est-ce que ça va passer », elle est « qu'est-ce que c'est ». Et cette question-là se répond avec un examen et une prise de sang, pas avec du temps.

Et si vous vous sentez coupable de ne pas l'avoir vu plus tôt

Vous ne l'avez pas manqué par négligence. Vous l'avez manqué parce que le changement était plus lent que votre mémoire, et parce que vous avez fait exactement ce que fait quelqu'un qui aime son chien : vous vous êtes adapté à lui. Personne ne va vous le reprocher ici, et surtout pas nous. La seule chose qui compte maintenant, c'est la date d'aujourd'hui.

La carte signature

Ne lui donnez aucun médicament, et ce qui aide vraiment en attendant

Face à un chien éteint, la tentation est de lui donner quelque chose pour le soulager en attendant. C'est le geste bien intentionné qui nous amène le plus de chiens empoisonnés, et sur cette page il est plus tentant qu'ailleurs, parce que l'abattement ressemble à de la douleur et qu'on a tous un tube d'antidouleur dans l'armoire.

Ce qu'on ne donne jamais

Ibuprofène (Advil), naproxène (Aleve)

Toxiques pour le chien, et plus encore pour le chat. Ulcères de l'estomac, hémorragie digestive, atteinte des reins. « Mon chien avait l'air d'avoir mal, je lui ai donné un Advil » est la phrase la plus fréquente derrière ces cas. Les anti-inflammatoires vétérinaires existent justement parce que les nôtres ne conviennent pas.

Acétaminophène (Tylenol)

Toxique pour le foie et pour le sang du chien. Aucune dose sécuritaire à la maison. Chez le chat, c'est encore pire : mortel, même un seul comprimé, et il n'existe aucune dose sécuritaire.

Aspirine

Pas d'aspirine humaine, ni en dépannage, ni juste une fois.

Pepto-Bismol

Il contient un salicylate, de la même famille que l'aspirine. Jamais sans directive, et il colore les selles en noir, ce qui masque exactement le signe d'hémorragie digestive qu'on cherchait.

Gravol, Imodium, antiacides, antihistaminiques, restes d'ordonnance

Jamais sans directive. Et l'Imodium est particulièrement risqué chez les chiens de lignées de bergers, qui portent souvent une particularité génétique qui les rend très sensibles à ce genre de molécule.

Un antidouleur que votre chien a déjà reçu par le passé

C'est le piège propre à cette page. La boîte porte son nom, la dose était la bonne il y a huit mois, et pourtant : un anti-inflammatoire donné à un chien qui est en train de saigner, qui se déshydrate ou dont les reins fatiguent aggrave exactement ce qu'on essaie de traiter. Et il masque la douleur qui nous aurait dit où chercher.

Un reste d'antibiotique

Une demi-boîte de la dernière fois ne traite pas une infection, elle fausse les analyses et elle complique la suite.

Un médicament prescrit à un autre animal

Même diagnostic apparent, même poids, même famille, ça ne suffit jamais.

Les deux seules exceptions, et elles vont dans l'autre sens

Ce sont les deux seules situations où l'on préfère que vous suspendiez une dose avant même de nous avoir parlé.

  • Il prend un anti-inflammatoire prescrit et il perd l'appétit, vomit, ou fait des selles noires et goudronneuses : cessez le médicament et appelez-nous. Ce sont des signes possibles d'ulcère digestif. Les selles noires sont aussi au mur d'urgence, et c'est le mur qui commande.
  • Il est traité pour un syndrome de Cushing au trilostane ou au mitotane et il est abattu, faible, sans appétit ou il vomit : ne donnez pas la dose suivante, cessez le médicament et joignez-nous immédiatement. La consigne complète est au mur d'urgence.

Dans les deux cas : on suspend, on appelle, on ne reprend pas de soi-même.

Ce qui aide vraiment, en attendant

La liste est courte, et c'est normal : l'abattement n'a pas de geste maison qui le soigne. Ce qui suit sert à ne pas aggraver et à nous donner de bonnes informations.

  • Une pièce calme, à température normale, où vous pouvez le voir. Pas de sous-sol froid, pas de véranda.
  • De l'eau fraîche toujours disponible, sans jamais forcer. Notez s'il boit plus que d'habitude ou s'il ne boit plus du tout : les deux nous intéressent.
  • Son repas habituel, en petite portion, une fois. On n'insiste pas, et on ne sort pas la nourriture humaine pour le tenter : un repas gras est un déclencheur classique de pancréatite, et un chien nauséeux associe très vite un aliment au malaise.
  • Sortez-le en laisse pour ses besoins seulement, et regardez ses urines et ses selles. « Il n'a pas fait de selles depuis hier » et « son urine est très foncée » sont de vraies informations.
  • Notez l'heure où vous avez remarqué le changement, et l'heure de chaque revérification.
  • Faites le tour de la maison : un jouet, une chaussette, un emballage, un contenant de médicament, un sac de poubelle éventré.
  • Filmez-le, comme expliqué à la section 3.

Ce qui nuit

  • Ne le faites pas marcher pour le réveiller. C'est le geste le plus courant et l'un des plus risqués : un chien qui saigne, qui a une torsion ou qui fait un coup de chaleur va sembler suivre.
  • Ne le forcez pas à manger et ne lui donnez pas de nourriture à la seringue. Si son intestin est bloqué ou son pancréas enflammé, il ne doit rien recevoir par la bouche avant d'être examiné.
  • Ne le mettez pas à jeun de votre propre initiative non plus. Si un repos digestif est utile, le vétérinaire vous le dira, et il vous dira combien de temps.
  • Ne le faites pas vomir de votre propre initiative. Faire vomir au mauvais moment, et en particulier chez un chien abattu, peut aggraver les choses; le peroxyde d'hydrogène, souvent recommandé sur internet, cause des ulcères de l'estomac et peut être inhalé. Chez le chien, seuls le vétérinaire ou une ligne antipoison animale peuvent vous guider, dans certains cas précis. Les coordonnées sont sur notre page des poisons.
  • Ne le baignez pas à l'eau glacée s'il a eu chaud, et ne le couvrez pas d'une serviette mouillée qui va se réchauffer. La bonne méthode est sur notre page dédiée.
  • N'arrêtez et ne modifiez aucun traitement en cours en dehors des deux exceptions ci-dessus.

Vous lui avez déjà donné quelque chose ce soir ?

Aucun reproche : c'est le réflexe de quelqu'un qui veut bien faire, et beaucoup de gens le font. Mais ne recommencez pas, et appelez-nous maintenant plutôt que demain, en gardant l'emballage sous la main. Dites-nous quoi, combien, et à quelle heure. Ça ne nous choque pas du tout, et c'est une information dont on a besoin pour interpréter ce qu'on voit et pour choisir ce qu'on peut lui donner ensuite en toute sécurité.

Préparez votre appel (2 minutes)

  1. Depuis quand exactement ? Quelques heures, ou vous vous rendez compte que ça fait des semaines ?
  2. Est-ce qu'il se lève quand vous l'appelez, ou est-ce qu'il essaie sans y arriver ?
  3. Ses gencives : roses, pâles, jaunes ? Sa respiration au repos : tranquille ou avec effort ?
  4. A-t-il mangé, bu, uriné, fait ses selles depuis 24 heures, et à quoi ça ressemblait ?
  5. Qu'est-ce qui a changé cette semaine : nourriture, déménagement, pension, nouveau médicament, anesthésie récente, grosse marche, grosse chaleur, restes de table, poubelle ?
  6. Un objet, un jouet ou un contenant de médicament a-t-il disparu ?
  7. A-t-il reçu un coup, une chute, une bagarre, même il y a deux jours ?
  8. S'agit-il d'une chienne non stérilisée, et à quand remontent ses dernières chaleurs ?
  9. Ses maladies connues, ses médicaments en cours, et l'heure de la dernière dose.
  10. Avez-vous une vidéo de lui aujourd'hui, et une d'il y a un an ?

Et pour lui donner ses vrais médicaments ?

Un chien abattu est aussi un chien à qui on n'arrive plus à faire avaler ses comprimés dans une bouchée.

Chercher la cause

Pourquoi un chien s'éteint

Un chien ne décide pas de s'éteindre. Quand il le fait, quelque chose l'y pousse, et c'est ce quelque chose qu'on cherche. Voici les pistes, rangées selon ce que vous, vous pouvez observer chez vous. Elles ne sont pas là pour que vous choisissiez : elles sont là pour que vous reconnaissiez la vôtre et que vous nous la nommiez au téléphone.

Une piste explique peut-être pourquoi. Elle ne change pas quand appeler.
La douleur qu'on ne voit pas

C'est l'une des causes les plus fréquentes d'abattement chez le chien. Elle est aussi la plus manquée, pour une raison simple et qu'il faut dire une fois pour toutes : un chien qui a mal ne crie presque jamais. Il se retire, il devient silencieux, il dort plus, il ne vient plus vous accueillir. C'est souvent tout ce qu'on voit. Attendre un gémissement pour croire à la douleur, c'est attendre un signe que la plupart des chiens ne donneront jamais.

Le dos et le cou

Un chien qui a mal au dos est souvent pris pour un chien fatigué. Ce qu'on regarde : il garde la tête basse, il hésite à se secouer, il ne veut plus lever la tête pour prendre sa gâterie, il marche à petits pas raides, il crie quand on le prend sous le ventre pour le soulever, il tremble. Chez les races à dos long, cette douleur peut évoluer vers une atteinte de la moelle, et là, chaque heure compte.

Le ventre

Une douleur abdominale éteint un chien complètement, souvent avant tout autre signe. Il se tient le dos rond, il refuse qu'on touche son ventre, il fait des étirements répétés comme pour prier, il ne trouve pas de position. Cette posture existe aussi dans la torsion d'estomac, et c'est exactement pour ça qu'elle est dans le mur du haut plutôt que dans un tiroir.

Les articulations

L'arthrose est la douleur silencieuse par excellence. Elle ne se voit pas comme une boiterie franche : elle se voit comme un chien qui hésite devant l'escalier, qui se lève en deux temps, qui ne saute plus dans le coffre, qui se couche en promenade. Un chien arthrosique déjà diagnostiqué peut aussi faire une poussée : le fait qu'on connaisse déjà sa maladie ne fait pas baisser l'urgence d'un cran, ça la déplace seulement.

Les oreilles

Une otite fait très mal. Un chien qui secoue la tête, qui se gratte l'oreille, dont l'oreille sent mauvais ou coule, peut être complètement éteint par ça seul, et redevenir lui-même en quelques jours une fois traité. C'est l'une des causes les plus fréquentes et les plus réparables d'abattement chez le chien.

La bouche

Une dent fracturée, un abcès de racine, une gencive très enflammée. Ce qu'on regarde : il mâche d'un seul côté, il laisse tomber ses croquettes, il bave, son haleine a changé, il tourne la tête d'un coup en mangeant. Et le raisonnement inverse compte autant : beaucoup de chiens avec une bouche en très mauvais état continuent de manger sans rien montrer. L'appétit ne prouve donc rien ici.

Une piste explique peut-être pourquoi. Elle ne change pas quand appeler.
Le sang, le coeur et le souffle

Ce tiroir regroupe les causes qui privent le corps d'oxygène. Elles produisent un chien spectaculairement mou, et ce sont celles où les gencives parlent le plus fort.

L'anémie : il manque de globules rouges

Un chien anémique est faible, il s'essouffle pour rien, son coeur bat vite, et ses gencives pâlissent. Chez le chien, l'une des causes les plus importantes est une maladie où le système immunitaire détruit lui-même les globules rouges : l'anémie hémolytique à médiation immune. Elle peut s'installer sur quelques jours ou basculer d'un coup, elle donne parfois du jaune sur les gencives et une urine foncée, et c'est une urgence médicale.

Le saignement qu'on ne voit pas

C'est le paragraphe le plus important de la page pour un propriétaire de grand chien d'âge mûr, alors on l'écrit franchement. Une masse peut se former sur la rate sans aucun signe pendant des mois, puis saigner dans l'abdomen. Le tableau typique : un chien qui s'effondre ou devient brusquement très faible, parfois avec un ventre qui grossit, souvent avec des gencives pâles, et qui se remet partiellement tout seul en une heure ou deux. C'est ce rétablissement apparent qui coûte des vies, parce qu'il donne exactement la permission d'attendre à demain. Un chien qui s'est effondré une fois se voit le jour même, sans discussion, et tout de suite s'il est encore faible ou abattu.

Le coeur

Un chien en insuffisance cardiaque se fatigue plus vite, tousse parfois, respire plus vite au repos, mange moins, et devient beaucoup plus calme. La toux nocturne et l'essoufflement en promenade arrivent souvent avant tout le reste. Un chien qui a déjà un souffle connu et qui devient mou n'est pas un chien qui vieillit : c'est un chien à faire réévaluer.

Les voies respiratoires

Chez le chien âgé de grande race, une voix qui change, une respiration bruyante à l'effort et une intolérance marquée à la chaleur font penser à une paralysie du larynx. Ces chiens supportent très mal l'été.

Une piste explique peut-être pourquoi. Elle ne change pas quand appeler.
Les hormones, les grands imitateurs

Ce sont les maladies qui imitent le vieillissement à la perfection. Elles s'installent lentement, elles n'ont presque jamais de premier jour identifiable, et elles se traitent souvent très bien une fois nommées. Si vous êtes le lecteur de la section sur les semaines, c'est ici que vous risquez de vous reconnaître.

La maladie d'Addison

On l'appelle le grand imitateur, et c'est la maladie que cette page tient le plus à vous faire connaître. Le tableau typique : un chien qui ne file pas, qui s'éteint pendant quelques jours, parfois avec des vomissements ou de la diarrhée, puis qui redevient normal tout seul. Puis ça recommence quelques semaines plus tard, souvent après un stress : une pension, un voyage, un orage, une chirurgie. Elle touche le plus souvent le jeune chien adulte ou d'âge moyen. Si vous vous reconnaissez dans « il fait ça de temps en temps et ça finit toujours par passer », dites-le-nous exactement comme ça : c'est une information précieuse, et c'est une maladie qui se traite très bien une fois nommée. Entre les épisodes, un chien addisonien peut paraître tout à fait normal, et c'est justement ce qui retarde le diagnostic.

L'hypothyroïdie

Quand la thyroïde ne produit plus assez d'hormones, tout le corps tourne au ralenti. Le tableau : de la léthargie, moins d'entrain, l'impression que le chien a vieilli d'un coup, une prise de poids sans qu'il mange davantage, une recherche de chaleur, un poil terne qui tombe des deux côtés du corps, et des otites ou des infections de peau à répétition. C'est le signe le plus trompeur de tous, parce qu'on l'attribue au vieillissement. À noter, et c'est écrit franchement sur sa fiche : il n'y a pas d'urgence à l'installation, ces signes relèvent d'un rendez-vous, pas de la salle d'urgence. Ce qui ne veut pas dire d'attendre l'an prochain.

Le syndrome de Cushing

Un excès de cortisol, l'hormone du stress, qui finit par toucher presque tous les organes. Le tableau : une soif intense, des mictions plus fréquentes, un ventre qui s'arrondit, un halètement excessif, une perte de poils symétrique, une faiblesse musculaire, une mauvaise tolérance à la chaleur. Et une remarque importante pour cette page : le Cushing donne habituellement un chien qui mange plus, pas moins. Un chien cushingoïde qui perd l'appétit et s'éteint, surtout s'il est déjà traité, est un chien qu'on veut entendre tout de suite.

Le diabète

Il boit beaucoup, il urine beaucoup, il maigrit malgré un bel appétit. Un chien diabétique qui devient mou, faible ou désorienté, ou dont l'haleine sent bizarrement sucré, ne s'observe pas : on appelle avant la prochaine injection.

Une piste explique peut-être pourquoi. Elle ne change pas quand appeler.
L'infection, la fièvre et ce qui court au Québec

Les maladies transmises par les tiques

Les tiques sont bien installées dans le sud du Québec, y compris dans la région de Montréal, et leur territoire s'étend. Un chien qui sort ici est un chien exposé, même s'il ne va jamais en forêt, et elles ne sont pas qu'un problème d'été : elles peuvent être actives dès que la température dépasse environ 4 degrés. Les signes possibles de la maladie de Lyme sont exactement ceux qui amènent un lecteur sur cette page : raideur, boiterie, fièvre, manque d'appétit, abattement, gonflement des ganglions. L'anaplasmose et l'ehrlichiose donnent des tableaux voisins. Deux choses importantes : ces signes peuvent apparaître dans les semaines, voire les mois, qui suivent une morsure, et la plupart des gens n'ont jamais vu une tique sur leur chien. Ne cherchez donc pas une tique avant d'appeler, et ne concluez rien de ne pas en trouver.

La leptospirose

Une bactérie qui se transmet par l'urine d'animaux sauvages, notamment les ratons laveurs, et qui survit dans l'eau stagnante, les flaques et la boue. Un chien de ville n'est pas à l'abri, et Montréal a une belle population de ratons. Elle donne un chien abattu, fiévreux, qui vomit, qui boit et urine autrement, parfois avec du jaune sur les gencives, et elle attaque les reins et le foie. Il existe un vaccin, et la place qu'il occupe dans le protocole de votre chien se discute en rendez-vous, pas sur une page de triage.

Le pyomètre

Une infection de l'utérus chez une chienne non stérilisée, le plus souvent dans les quatre à huit semaines qui suivent ses chaleurs. Elle est abattue, elle cesse de manger, elle boit beaucoup plus et urine davantage. Il peut y avoir des pertes vulvaires purulentes et nauséabondes, mais pas toujours : quand le col est fermé, il n'y a rien à voir de l'extérieur et le pus s'accumule à l'intérieur. C'est la forme la plus dangereuse, et c'est celle qu'on rate quand on attend de voir des pertes. C'est une urgence chirurgicale.

Un abcès, une infection dentaire, une infection urinaire, une prostate

Toutes suffisent à éteindre un chien, toutes se traitent, et aucune ne se trouve depuis le salon. Un abcès de morsure peut aussi n'apparaître que quelques jours après une bagarre, alors que la plaie de départ avait l'air de rien.

Une piste explique peut-être pourquoi. Elle ne change pas quand appeler.
Les organes qui s'usent

Les reins

Chez le chien qui vieillit, cherchez ce qui a changé avant l'abattement : boit-il beaucoup plus, demande-t-il à sortir la nuit, a-t-il maigri sans que vous vous en aperceviez, son haleine a-t-elle changé ? Un chien nauséeux vient à sa gamelle, salive, puis se détourne.

Le foie

Perte d'appétit, vomissements, léthargie, et parfois du jaune sur les gencives ou le blanc des yeux. Un chien qui appuie son front contre un mur et reste là appartient à ce tiroir autant qu'au mur d'urgence.

L'intestin

Un appétit qui devient capricieux sur des semaines, un poids qui baisse, des selles molles ou des vomissements de temps en temps, et un chien qui devient plus calme. Cette histoire-là explique le passé, elle n'excuse pas la soirée.

Un cancer

Chez le chien âgé, un abattement qui s'installe avec un amaigrissement, des ganglions gonflés ou une intolérance nouvelle à l'effort fait partie des tableaux qu'on doit écarter. Ce n'est pas l'explication la plus fréquente, et la nommer ici sert à une chose : vous éviter d'attendre trois semaines de plus.

La tête

Chez le chien âgé, dormir le jour, s'agiter la nuit, tourner en rond, sembler perdu dans une pièce connue et oublier sa propreté font penser au syndrome de dysfonction cognitive. Le point crucial, et c'est déjà écrit sur notre guide senior : ce n'est jamais juste l'âge tant qu'un examen n'a pas écarté une cause traitable.

Une piste explique peut-être pourquoi. Elle ne change pas quand appeler.
L'été, les toxiques, et ce qu'on lui a donné

La chaleur

C'est la branche saisonnière de cette page, et elle a sa propre urgence. Chez le chien, la première cause de coup de chaleur n'est pas la voiture, c'est l'effort par temps chaud : une longue marche ou une séance de jeu en pleine chaleur est aussi dangereuse qu'une voiture surchauffée. Et l'humidité compte autant que le thermomètre, donc une journée moite est plus dangereuse qu'elle n'en a l'air. Un chien qui s'éteint après une sortie estivale, qui halète fort, qui titube ou dont les gencives sont rouge vif, se refroidit avant de prendre la route. Et le piège d'après, qui est le vrai sujet de cette page : un chien peut sembler récupérer d'un coup de chaleur, puis se détériorer dans les heures ou les jours qui suivent. Un abattement qui apparaît un ou deux jours après une grosse journée de chaleur n'est pas de la fatigue.

Un toxique

Chocolat, raisins et raisins secs, xylitol, cannabis, un médicament tombé au sol, de l'antigel, un champignon de la cour, le bac de compost. L'abattement est très souvent le premier signe visible, avant le vomissement.

Un médicament commencé ces derniers jours, ou dont la dose a changé

Notez la date, appelez-nous avant la dose suivante, et n'arrêtez rien de vous-même. Les deux seules exceptions sont écrites à la section 5, et elles concernent l'anti-inflammatoire prescrit et le traitement du Cushing.

Une anesthésie, une chirurgie ou un détartrage récents

Un peu de mollesse dans les 12 à 24 heures qui suivent est attendue. Au-delà, ou avec un abattement franc, de la fièvre ou une plaie qui change, suivez la feuille de congé qu'on vous a remise et appelez-nous plutôt que de vous fier à cette page.

Une vaccination d'hier

Oui, un chien peut être un peu mou, avoir une bosse au site d'injection et moins d'appétit dans les 24 à 48 heures suivant un vaccin. C'est connu et c'est attendu. Ce qui ne l'est pas : un chien franchement abattu, qui vomit, qui a le visage enflé, de l'urticaire, ou qui faiblit. Ça, c'est un appel tout de suite, pas une réaction ordinaire.

Le stress

Un déménagement, des travaux, un nouveau bébé, un départ dans la famille, un séjour en pension, un orage, des feux d'artifice, la mort d'un autre animal de la maison. Le stress et le deuil changent vraiment le comportement d'un chien, et un chien peut être authentiquement abattu par un changement dans sa vie. Mais deux choses. Un : un chien malade se retire exactement comme un chien triste, et de l'extérieur c'est le même chien. Deux : trouver une explication ne remplace pas l'appel. « Il est déprimé » est un diagnostic d'exclusion, et il se pose après l'examen, pas avant.

Une piste explique peut-être pourquoi. Elle ne change pas quand appeler.
Attention particulière

Les chiens qui n'ont pas cette marge

Le palier de la section 4 est déjà un maximum. Pour les chiens de cette liste, il ne s'applique pas : on appelle le jour même, dès la première vraie journée d'abattement, même si tout le reste a l'air normal. Et si nous sommes fermés, on appelle un centre d'urgence plutôt que d'attendre l'ouverture.

  • Le chiotEt particulièrement celui dont la série de vaccins n'est pas terminée. Ses réserves sont minuscules et les maladies infectieuses du jeune chien vont vite.
  • Le très petit gabaritChihuahua, yorkshire, poméranien, bichon de poche. Chez eux, un abattement avec des tremblements peut être une chute du sucre sanguin, et ça va vite.
  • Le chien âgéSon abattement n'est presque jamais son âge, et il a moins de réserve pour encaisser ce qui le cause.
  • Le chien de grande race à poitrine profondeDogue allemand, berger allemand, caniche royal, labrador, boxer. Chez eux, un abattement accompagné d'un ventre qui change d'allure se traite comme une torsion possible jusqu'à preuve du contraire.
  • Le grand chien d'âge mûrEn particulier s'il s'est effondré une fois, même brièvement : c'est le jour même, et tout de suite s'il est encore faible ou abattu. Voir le paragraphe sur le saignement qu'on ne voit pas, au deuxième tiroir.
  • Le chien à face aplatieBouledogue, carlin, boxer, shih tzu. Ils tolèrent mal la chaleur et respirent mal plus vite que les autres.
  • Le chien diabétique sous insulineAppelez avant la prochaine dose. Ne décidez pas seul de la donner ni de la sauter.
  • Le chien traité pour un CushingAu trilostane ou au mitotane. Voir la consigne du mur d'urgence : on ne donne pas la dose suivante, et on appelle.
  • Le chien addisonienOu celui qui a déjà fait des épisodes qui passaient tout seuls.
  • Le chien suivi pour une maladie chroniqueReins, foie, coeur, intestin, thyroïde, ou sous médication, surtout un anti-inflammatoire.
  • La chienne non stériliséeEt la chienne gestante ou qui allaite.
  • Le chien qui a eu une anesthésie, une chirurgie ou un détartrage récentsSuivez la feuille de congé et appelez-nous plutôt que de vous fier à cette page.
  • Le chien qui a déjà fait un coup de chaleurLe risque reste élevé toute la saison chaude, et un épisode passé ne protège pas.

Et si son abattement ressemble à un effet connu de son traitement

Dites-le-nous quand même. C'est exactement le genre d'information qui change une dose, et ce n'est jamais à vous de trancher seul.

Ce qui se passe ensuite

Ce qu'on va chercher, et comment

« Abattu » n'est pas un diagnostic, c'est une porte d'entrée, et c'est même la plus large de toute la médecine du chien. Voici ce qui se passe concrètement quand vous arrivez, pour que vous sachiez à quoi vous attendre et pourquoi on vous pose autant de questions.

L'histoire, et pourquoi elle compte plus ici qu'ailleurs

Sur cette page-ci, ce que vous racontez pèse aussi lourd que ce qu'on palpe. « Ça arrive de temps en temps depuis six mois et ça passe tout seul » oriente vers une maladie complètement différente de « il était normal ce matin ». C'est pour ça que la liste de préparation d'appel existe, et c'est pour ça que la vidéo compte.

L'examen

On prend sa température, on regarde ses gencives et on évalue sa circulation, on palpe son ventre centimètre par centimètre, on écoute son coeur et ses poumons, on vérifie ses ganglions, on regarde sa bouche et ses oreilles, on mobilise son cou et son dos, on observe sa démarche. Souvent, ça suffit déjà à orienter : un ventre douloureux ou distendu, une masse palpable, des ganglions gonflés, un souffle nouveau, une oreille infectée, une dent fracturée, une douleur cervicale.

La tension artérielle

La tension artérielle se mesure ici, chez le chien comme chez le chat, sur un animal éveillé, sans piqûre et sans anesthésie : un brassard, une pièce calme, plusieurs mesures dont on garde la moyenne. Ce n'est pas un geste automatique à chaque visite; on la prend quand le tableau le demande, et elle fait partie du bilan de l'animal qui vieillit, dans les deux espèces. La mesure demande quelques minutes au calme avant la première lecture. Si elle est trop élevée, on vous explique ce que ça veut dire pour lui, on établit avec vous un plan de traitement, et on prévoit une mesure de contrôle pour suivre l'évolution.

Le laboratoire

C'est l'examen central sur cette page. Une prise de sang répond à beaucoup de questions : formule sanguine, c'est-à-dire le nombre de globules rouges, exactement ce qu'une anémie fait chuter; biochimie pour les reins et le foie; et les électrolytes, parce que le sodium et le potassium sont souvent ce qui trahit une maladie d'Addison. Souvent, pas toujours : une partie de ces chiens ont des électrolytes parfaitement normaux, et c'est l'une des raisons pour lesquelles on redemande parfois un bilan quelques semaines plus tard. On y ajoute selon le cas une analyse d'urine, un dosage thyroïdien, un test spécifique du pancréas, un test pour les maladies transmises par les tiques, ou les tests hormonaux du Cushing.

Quand arrivent les résultats

Certaines analyses se font ici, dans notre laboratoire, et le résultat revient parfois pendant la visite même. D'autres échantillons partent dans un laboratoire externe. Le délai dépend de l'analyse et de sa destination : demandez à votre vétérinaire laquelle des deux s'applique et le temps à prévoir, c'est la bonne question à poser au moment du prélèvement.

L'imagerie

Une radiographie du thorax et de l'abdomen tranche sur beaucoup de choses : le volume du coeur, du liquide dans les poumons, un intestin qui n'a pas l'allure qu'il devrait, un utérus augmenté de volume. Chez nous, l'échographie sert à deux choses bien différentes. Pendant nos heures d'ouverture, notre équipe peut faire sur place un coup d'oeil ciblé qui répond à une seule question, par exemple s'il y a du liquide libre dans le ventre, et ce liquide peut être ponctionné ou drainé ici même si c'est indiqué. L'examen complet, organe par organe, est autre chose : c'est un rendez-vous distinct qui se planifie, et il se fait ici, soit par notre équipe, soit par une équipe spécialisée en imagerie qui se déplace jusqu'à nous.

Ce qui suit

Le plus souvent, un soutien contre la douleur et la nausée, des liquides, un plan clair et une date de recontrôle. Parfois une chirurgie, pendant nos heures d'ouverture, quand un utérus infecté doit sortir ou qu'un saignement doit être arrêté.

Et si on parle d'hospitalisation

Chez nous, l'hospitalisation est une hospitalisation de jour : votre animal est admis, traité et réévalué sur place pendant nos heures d'ouverture, et un séjour peut se prolonger sur plusieurs jours, avec une réévaluation chaque jour. Nous n'assurons pas de surveillance médicale continue la nuit. Quand un animal doit être veillé sans interruption, nous le stabilisons d'abord, puis nous organisons son transfert vers un centre 24/7, avec le dossier complet. Dans tous les cas, nous vous disons à l'admission ce qui est prévu pour la nuit.

Et si on ne trouve rien ?

C'est un bon résultat, et il arrive souvent. Un examen normal et un bilan normal chez un chien abattu ne sont pas un examen inutile : ils retirent de la table les urgences, ils vous permettent de passer la nuit tranquille au lieu de surveiller votre chien jusqu'à trois heures du matin, et ils créent une valeur de référence à laquelle on comparera tout ce qui viendra ensuite. Personne ne vous reprochera d'être venu.

Une seule précision, et elle est honnête : « on ne trouve rien aujourd'hui » ne veut pas dire « il n'y a rien ». Certaines de ces maladies se révèlent au deuxième bilan, deux ou trois semaines plus tard, quand le sang a eu le temps de changer. Si votre chien reste abattu, revenez. Ce n'est pas recommencer pour rien, c'est exactement comme ça qu'on attrape un grand imitateur.

FAQ

Questions fréquentes

Les questions qui reviennent le plus au téléphone, et deux qu'on n'ose pas toujours poser.

Il dort plus que d'habitude mais il se lève quand je l'appelle. Est-ce que je peux attendre à demain ?
Peut-être, et seulement si tout le reste tient. Ça veut dire : c'est un adulte en bonne santé, sans maladie connue et sans médicament; aucun signe du mur du haut, ni dans ce que vous voyez ni dans ce que vous savez de lui; aucune ligne du tableau de la section 2; il mange, il boit, il se déplace normalement; ses gencives sont roses; il respire tranquillement au repos; il n'a pas eu chaud ni fait d'effort inhabituel dans les trois derniers jours; et ça se compte en heures, pas en jours. Cette liste-ci est un résumé : la liste qui fait foi en compte treize et elle est à la section 4. Si une seule de ces conditions ne tient pas, la réponse est non. Et même quand elles tiennent toutes, ce n'est pas « attendez de voir » : c'est le garder au calme, le revérifier activement dans les deux prochaines heures et avant de vous coucher, et nous appeler demain à l'ouverture même s'il semble mieux. La liste complète est à la section 4.
Il n'a rien d'autre : pas de vomissement, pas de boiterie, il mange. Comment je sais si c'est grave ?
C'est la question de la page, et la réponse honnête est que vous ne pouvez pas le savoir de chez vous, parce que l'abattement seul ne contient pas assez d'information pour trier. Ce n'est pas un défaut de votre observation : c'est la nature du signe. Ce que vous pouvez faire, par contre, c'est regarder ce que vous n'aviez pas pensé à regarder, et c'est souvent là qu'un deuxième signe apparaît : la couleur de ses gencives, sa respiration au repos, et la différence entre un chien qui ne veut pas se lever et un chien qui essaie sans y arriver. Ces trois vérifications sont à la section 3, elles prennent deux minutes, et elles ne marchent que dans un sens : elles peuvent vous faire partir, jamais vous faire rester.
Comment je regarde ses gencives, et qu'est-ce que ça me dit vraiment ?
Soulevez doucement sa babine du haut et regardez la gencive juste au-dessus d'une canine. Chez un chien qui va bien, c'est rose, humide et brillant. Pâle, blanc, gris ou bleuté : vous partez, sans appeler d'abord. Rouge vif ou rouge brique sur toute la gencive, loin du bord des dents, chez un chien qui a l'air fiévreux ou qui a eu chaud : vous partez aussi. Une gencive rouge seulement en mince liseré contre les dents, c'est de la maladie des gencives, et c'est un rendez-vous. Rose : c'est une bonne information, gardez-la pour nous, mais elle ne prouve rien. Un chien peut avoir des gencives roses et saigner à l'intérieur, surtout au début. Si votre chien a les gencives naturellement pigmentées ou noires, ce test ne marche pas sur la gencive : regardez l'intérieur de la paupière du bas ou le dessous de la langue. Et n'ouvrez jamais de force la gueule d'un chien qui a mal ou qui est confus.
Il a fait une grosse marche hier, ou il a fait chaud. C'est sûrement juste ça ?
Les deux fatiguent vraiment un chien, alors oui, c'est peut-être ça. Mais posez-vous la question autrement : est-ce que seul son niveau d'énergie a changé ? Un chien courbaturé continue de manger, de boire, de vous suivre, de se lever quand on ouvre la porte. S'il ne fait plus rien de tout ça, l'explication ne tient plus. Et surtout, la chaleur n'est pas une explication rassurante : chez le chien, la première cause de coup de chaleur n'est pas la voiture, c'est justement l'effort par temps chaud, et un chien peut sembler récupérer puis se détériorer dans les heures ou les jours qui suivent. C'est pour ça que le palier de la section 4 exclut tout effort inhabituel ou toute grosse chaleur des trois derniers jours, et pas seulement de la journée. Un chien qui s'éteint après une sortie estivale se refroidit d'abord et se fait voir ensuite; il ne se couche pas pour la nuit.
C'est le soir et vous êtes fermés. J'attends demain matin ?
Ça dépend du tableau, pas de l'heure. Gencives pâles, gencives rouge brique chez un chien fiévreux, effondrement même bref, ventre gonflé ou dur, respiration difficile, efforts de vomissement à vide, du jaune sur les gencives, selles noires, un coup encaissé, un toxique avalé, une chienne non stérilisée en chaleurs récentes, un chien addisonien, un chien sous trilostane, un chien diabétique, un chiot : centre d'urgence 24/7 maintenant. Dans les autres cas, appelez quand même un centre 24/7 et décrivez la situation : ça ne vous engage à rien, et vous n'aurez pas à décider seul. Ce qu'il ne faut pas faire, c'est laisser passer la nuit en se disant qu'on verra au matin, surtout un vendredi.
Il a 11 ans et il ralentit depuis des mois. C'est l'âge, non ?
Non, et c'est la phrase qui fait le plus de dégâts sur cette page. Vieillir n'est pas une maladie, et ce n'est pas non plus un diagnostic : un chien qui ralentit n'a pas reçu de réponse, il a reçu une description avec le mot « âge » collé dessus. Presque tout ce qu'on attribue à l'âge chez un chien de 11 ans a une cause qu'on peut chercher, et souvent traiter : de la douleur, une thyroïde au ralenti, un Cushing, un coeur, une anémie, des reins, une dysfonction cognitive. Faites un test avant de nous appeler : trouvez une vidéo de lui d'il y a un an et regardez-la. Vous allez voir la différence sur l'écran de votre téléphone, parce que le changement a été assez lent pour que vous vous y adaptiez chaque jour sans le voir. Apportez la vidéo.
Il est mou depuis deux ou trois semaines mais il mange encore. Ça peut attendre son prochain vaccin ?
Non. Un abattement qui dure depuis des semaines a dépassé le stade où l'observation apporte encore quelque chose : ce n'est plus « est-ce que ça va passer », c'est « qu'est-ce que c'est ». Et le fait qu'il mange encore ne l'exclut pas, ça le rend seulement plus discret. Ce n'est pas une urgence de nuit, ce n'est pas non plus quelque chose qu'on greffe à un rendez-vous dans six mois : c'est un examen et une prise de sang, cette semaine. C'est exactement le profil des maladies qu'on appelle les grands imitateurs, et elles se traitent d'autant mieux qu'on les nomme tôt.
Est-ce que je peux lui donner quelque chose en attendant, pour la douleur ou la fièvre ?
Non, et c'est la consigne la plus importante de la page après le mur d'urgence. Aucun anti-inflammatoire humain (Advil, Aleve), aucun acétaminophène (Tylenol), aucune aspirine : ils sont toxiques pour le chien, ils causent des ulcères et des atteintes des reins et du foie. Aucun reste d'ordonnance, aucun médicament d'un autre animal, et pas non plus l'antidouleur que votre chien lui-même a déjà reçu il y a huit mois : donné à un chien qui saigne, qui se déshydrate ou dont les reins fatiguent, il aggrave exactement ce qu'on veut traiter, et il efface la douleur qui nous aurait dit où chercher. Il existe deux exceptions, et elles vont dans l'autre sens : s'il prend un anti-inflammatoire prescrit et qu'il perd l'appétit, vomit ou fait des selles noires, on suspend et on appelle; s'il est traité pour un Cushing au trilostane ou au mitotane et qu'il est abattu ou sans appétit, on ne donne pas la dose suivante et on nous joint immédiatement.
Mon chat est amorphe, ou il se cache. Est-ce que cette page s'applique à lui ?
Non, et il faut le dire dans le bon sens : un chat éteint est plus urgent qu'un chien abattu, pas moins. Un chien qui a une journée molle existe; un chat qui se cache dans un endroit où il ne va jamais est presque toujours un chat qui se retire parce qu'il ne va pas bien, et le chat masque son état beaucoup plus longtemps que le chien. Ajoutez qu'un chat qui cesse de manger développe en plus un problème de foie qui lui est propre, et le compte des heures devient beaucoup plus serré que tout ce qui est écrit ici. N'appliquez donc aucun palier de cette page à un chat. Appelez-nous, ou un centre d'urgence 24/7 si nous sommes fermés. Et s'il ne mange plus, notre page féline sur le chat qui ne mange plus donne le repère et ce qui l'annule.
Est-ce qu'il est en train de mourir ?
C'est la question que vous n'avez pas tapée, alors on y répond franchement. Un chien qui est abattu n'est pas, dans la grande majorité des cas, un chien en train de mourir : la plupart de ce qui éteint un chien se traite, et une bonne partie se traite très bien. Mais on ne va pas vous rassurer d'un coup, parce que ce serait mentir : certaines des causes de cette page sont graves, et la seule chose qui change vraiment leur issue, c'est le délai. C'est pour ça que la page est écrite comme elle l'est. Ce qui ressemble le plus à une fin de vie, ce sont les signes du mur du haut : des gencives pâles ou blanches, un effondrement, une respiration difficile, un chien qui ne réagit presque plus. Si vous voyez ça, ne finissez pas de lire, partez. Et si votre chien vit déjà avec une maladie avancée et que la question porte vraiment sur sa fin de vie, ce n'est pas une question à porter seul un soir devant un écran : appelez-nous, on en parle avec vous, et nos pages sur la qualité de vie et la fin de vie sont écrites pour ce moment-là.

Le tri, en trois phrases

Gencives pâles, effondrement, ventre gonflé chez un grand chien, respiration difficile, efforts de vomissement à vide, toxique avalé, coup encaissé, chienne non stérilisée, chien addisonien, chien sous trilostane, chien diabétique, chiot : partez maintenant. S'il y a un deuxième signe, c'est lui qui donne l'heure, et le niveau le plus bas de cette page est un rendez-vous, jamais une surveillance. Et s'il n'y a vraiment rien d'autre, c'est le temps qui décide : quelques heures se revérifient et s'appellent au matin, quelques semaines se font examiner.

Votre chien n'est plus lui-même et vous hésitez à déranger ?

N'hésitez plus : hésiter à appeler est déjà une raison d'appeler. On trie ensemble, et si un rendez-vous suffit, on vous le dit tout de suite.