Symptômes : quoi faire
Guide client · Symptômes et triage

Mon chien ne mange plus

difficile, ou malade ?

Un chien qui boude sa gamelle, ça peut être un caprice de trois jours ou le premier signe d’un problème sérieux, et de l’extérieur ces deux chiens-là se ressemblent beaucoup. Cette page vous donne le tri : ce qui commande de partir maintenant, ce qui sépare vraiment un chien difficile d’un chien malade, et ce qui aide en attendant le rendez-vous. Ce qu’elle ne dira jamais : attendez de voir.

Partez maintenant Difficile ou malade Questions fréquentes

Ce guide vous aide à trier; il ne remplace pas l’examen du vétérinaire. Au moindre doute, appelez-nous au 514 223-1197.

Urgence

Partez maintenant : les signes qui ne peuvent pas attendre

Un seul de ces tableaux suffit. Vous n’avez pas à en cocher plusieurs, ni à décider lequel est le plus grave. N’attendez pas « de voir si ça passe », n’attendez pas le matin : rendez-vous à la clinique ou au centre d’urgence le plus proche, et appelez en route pour qu’on vous attende.

  • Il essaie de vomir encore et encore et ne produit presque rien. Un peu de mousse ou de bave peut sortir : ça compte quand même comme un effort à vide, surtout si son ventre gonfle ou se tend et qu’il n’arrive pas à se poser. C’est le tableau de la torsion d’estomac, et c’est une course contre la montre.
  • Son ventre est gonflé, dur ou très douloureux au toucher. Il fait les cent pas, il ne trouve aucune position, il regarde son flanc.
  • Il est très abattu : il ne tient plus debout, il est faible, il ne réagit presque plus. Des gencives pâles, grises ou bleutées confirment l’urgence, mais c’est un signe tardif : n’attendez pas de le voir pour partir.
  • Il respire vite au repos, avec effort, le ventre qui pousse à chaque souffle, ou le cou étiré vers l’avant. Un chien qui halète après l’effort ou par temps chaud, c’est autre chose; celui-ci est couché tranquille et respire mal quand même.
  • Il vomit du sang : rouge vif en quantité, ou des grains bruns-noirs qui ressemblent à du marc de café (du sang digéré). Des selles noires et goudronneuses comptent pareil.
  • Du jaune apparaît sur ses gencives, sur le blanc de ses yeux ou à l’intérieur de ses oreilles.
  • Il a pu avaler un objet : une balle, une chaussette, un jouet déchiqueté, un os, un épi de maïs, un noyau, une ficelle, un aimant. Ne le faites pas vomir et n’attendez pas « que ça passe tout seul ». Partez avec l’emballage, l’objet jumeau ou une photo.
  • Il a pu avaler un toxique : chocolat, raisins ou raisins secs, beurre d’arachide ou gomme sans sucre (xylitol), cannabis, un médicament humain, de l’antigel, un champignon de la cour, du compost. Ne le faites pas vomir, et apportez l’emballage ou un morceau de la plante.
  • Il tremble, titube, s’effondre ou convulse.
  • C’est une chienne non stérilisée et ses chaleurs remontent à quelques semaines : le pyomètre, une infection de l’utérus, commence souvent par une chienne abattue qui cesse de manger et qui boit beaucoup. Il n’y a pas toujours de pertes visibles, et c’est justement la forme sans pertes qui est la plus dangereuse.
  • Il est diabétique et reçoit de l’insuline : appelez-nous avant la prochaine injection, même le soir, même si c’est dans une heure. Ne décidez pas seul de donner la dose ni de la sauter. S’il est en plus faible, désorienté, s’il vomit, s’il respire vite ou si son haleine sent bizarrement sucré : partez tout de suite.
  • Il est suivi pour une maladie d’Addison, ou il a déjà eu des épisodes de faiblesse qui passaient tout seuls : un chien addisonien qui cesse de manger, surtout après un stress (pension, voyage, orage, chirurgie), peut basculer en crise. Ça ne se surveille pas à la maison.
  • C’est un chiot, et surtout un chiot dont la série de vaccins n’est pas terminée. Chez lui tout va plus vite, et un chiot abattu qui ne mange plus, c’est maintenant, pas demain.

Un seul suffit.

Vous n’avez pas à décider lequel de ces signes compte le plus. Si un seul vous parle, partez. Si vous hésitez, appelez quand même : trier, c’est notre travail, pas le vôtre. En dehors de nos heures, un centre d’urgence 24/7 répond, et décrire la situation au téléphone ne vous engage à rien.

Le ventre qui gonfle et les efforts de vomissement à vide ont leur propre page, parce que c’est le tableau où chaque heure compte : La torsion d’estomac.

Pour les poisons, les premiers gestes selon le produit :

Le tri

Difficile ou malade : ce qui sépare vraiment les deux

C’est la question de la page, et personne ne vous l’a jamais expliquée franchement. Un chien difficile et un chien malade font la même chose devant la même gamelle pleine. Ce qui les sépare, ce n’est pas ce qu’ils refusent : c’est tout le reste.

La distinction qui tranche le plus souvent

Un chien difficile l’est devenu progressivement, sur des semaines ou des mois, presque toujours parce qu’il a appris qu’attendre paie : quand il boude, quelque chose de meilleur finit par arriver dans la gamelle. Un chien malade, lui, a une date de début. Hier il mangeait, aujourd’hui non.

Si vous pouvez nommer le jour où ça a changé, ce n’est pas un caprice.

Et l’inverse compte autant : un chien capricieux depuis deux ans qui aujourd’hui ne touche plus à rien du tout n’est pas en train de faire son difficile aujourd’hui. Son historique explique les autres jours. Il n’explique pas celui-ci.

Les observations qui séparent vraiment, ce soir

Ce que vous voyezPlutôt un chien difficilePlutôt un chien malade
Est-ce qu’il s’intéresse à la nourriture ?Il vient à la gamelle, il renifle, il attend, il vous regarde. Il est déçu, pas absent.Il ne se lève même pas. Le sac de gâteries qui craque ne le fait plus bouger.
Est-ce qu’il refuse tout, ou seulement ça ?Il refuse ses croquettes et réclame à table. C’est un tri, pas une perte d’appétit.Il refuse ce qu’il n’a jamais refusé de sa vie.
Est-ce que le reste de sa vie est normal ?Il quête, il joue, il demande sa marche, il dort comme d’habitude.Il dort plus, il ne vient plus vous accueillir, il se met à l’écart, il halète au repos.
Est-ce qu’il veut manger sans y arriver ?Non. S’il décide de manger, il mange bien.Il vient, il prend une bouchée et la laisse tomber, il mâche d’un seul côté, il bave, il tourne la tête d’un coup comme si ça faisait mal.
Et le reste : eau, urine, selles ?Rien de changé.Il boit beaucoup plus, ou plus du tout. Il n’a pas fait de selles. Il vomit. Ses selles ont changé.

Le test de la gâterie, et ses limites

Il existe une observation simple et franchement utile : offrez-lui, une seule fois, la chose qu’il n’a jamais refusée de sa vie. Un morceau de fromage, sa gâterie préférée, ce que vous savez qui marche à tout coup.

S’il la prend tout de suite : gardez cette information, elle est bonne. Elle ne clôt pas le dossier, mais elle rend un blocage digestif complet ou une douleur intense moins probables.

S’il la renifle et se détourne : arrêtez le test. Un chien qui refuse ce qu’il n’a jamais refusé ne fait pas son difficile. Appelez-nous.

Quatre précautions. Ce test se fait une fois, pas toute la soirée : à force d’offrir mieux, on fabrique le chien difficile qu’on essayait d’écarter. Il ne s’applique pas si un signe du mur d’urgence est présent, ni s’il a vomi aujourd’hui : dans ces cas-là on ne teste rien, on appelle. Et on ne le fait pas avec de la nourriture riche ou grasse, ni avec du beurre d’arachide sans sucre, pour les raisons expliquées plus bas.

Ce qui ne prouve rien, dans un sens comme dans l’autre

  • Il boit encore. Ce n’est pas une bonne nouvelle en soi. Un chien peut boire normalement avec un corps étranger dans l’intestin. Et un chien qui s’est mis à boire beaucoup plus depuis quelques jours nous intéresse énormément : c’est un signal à part entière.
  • Il n’a pas l’air d’avoir mal. Un chien ne crie presque jamais. Il se retire, il devient silencieux, il refuse la gamelle. C’est souvent tout ce qu’on voit.
  • Il remue la queue. Un chien qui remue la queue en vous voyant remue la queue en vous voyant. Ça ne dit rien de son ventre.
  • Il mange de l’herbe. Ça se voit chez le chien nauséeux comme chez le chien parfaitement bien. Ne construisez rien dessus.

« Il mangera bien quand il aura faim. »

C’est vrai d’un chien difficile, et c’est faux de tous les autres. La faim n’est pas ce qui manque à un chien qui a mal au ventre, mal à la bouche ou mal au cœur : elle est là, et quelque chose l’empêche d’aboutir. Attendre qu’il craque ne teste donc rien du tout, sinon combien de temps la cause peut avancer sans qu’on la voie. Un chien difficile finit effectivement par manger; un chien malade, lui, ne fait qu’empirer pendant qu’on attend. Et comme les deux se ressemblent devant la même gamelle, cette phrase ne vous dit jamais dans quel camp vous êtes.

Le mot qu’on veut vous enlever de la tête

Non, vous ne l’avez pas « gâté jusqu’à la maladie ». Un chien qui devient sélectif parce qu’on lui a donné du bon, ça arrive dans toutes les maisons, ça se corrige, et ce n’est pas ce qui l’a rendu malade. Si votre chien est malade ce soir, ce n’est pas parce que vous avez été trop gentil.

Le bon réflexe

Depuis quand, et ce que ça change vraiment

Vous cherchez un nombre d’heures. On n’en publie pas pour le chien, et ce n’est pas une dérobade : la vraie règle est plus courte, et elle est plus utile.

Un chien qui refuse complètement de s’alimenter se voit le jour même.

Pas dans un certain nombre d’heures, pas demain matin si c’est ce soir. Dès le premier vrai repas refusé chez un chien qui n’est pas dans son assiette, on trie ensemble au téléphone, et bien souvent la réponse est rassurante. Et parce que vous lisez probablement ceci le soir : si nous sommes fermés, un centre d’urgence 24/7 répond, et vous n’avez pas à attendre l’ouverture pour poser la question.

Refus complet, ou il mange moins ?

Refus complet

Il ne prend rien, pas même ce qu’il adore. C’est le jour même. Et si un seul signe du mur d’urgence s’y ajoute, ce n’est plus un appel : on part.

Il mange moins, ou plus lentement, ou il laisse la moitié

C’est un signal plus discret, pas un signal moins vrai. S’il s’installe, s’il s’accompagne d’une perte de poids, ou s’il arrive chez un chien âgé ou suivi pour une maladie, on veut le voir.

Il mange ses gâteries mais pas ses croquettes

Voyez la section précédente. Ce n’est pas la même chose selon qu’il refuse par choix ou qu’il n’arrive plus à manger.

On vous demandera quand même l’heure de son dernier vrai repas, pas le moment où vous avez commencé à vous inquiéter. Les deux sont rarement le même moment, et c’est la première question qu’on vous posera.

« J’ai lu 24 à 48 heures. » Cette règle-là est féline.

Vous êtes peut-être tombé sur un chiffre de 24 à 48 heures et sur une histoire de foie qui s’engorge quand l’animal cesse de manger. C’est vrai, c’est important, et ça concerne le chat. Chez le chat, le jeûne devient lui-même une maladie, une lipidose hépatique, et c’est pour ça que notre page féline compte les heures aussi serré. Le foie du chien, lui, encaisse le jeûne beaucoup mieux.

Ce n’est pas une bonne nouvelle et ça ne veut surtout pas dire d’attendre. Ça veut dire que chez le chien, le danger ne vient pas du jeûne : il vient de ce qui l’a causé. Un chien avec un corps étranger dans l’intestin, une pancréatite ou un pyomètre peut avoir l’air presque normal pendant que la situation s’aggrave à l’intérieur. On ne surveille pas une horloge : on cherche une cause.

Et c’est exactement pour ça qu’on ne publie aucun chiffre pour le chien. Ceux qui circulent viennent du monde du chat, ou de nulle part. Un plafond publié finit toujours par se lire comme un délai à écouler, et un chien qui attend la fin d’un compte est un chien qui attend pour rien.

Vous avez aussi un chat à la maison ? La règle est différente et beaucoup plus serrée pour lui :

Un vendredi soir n’est pas une salle d’attente

Entre vendredi soir et lundi matin, il s’écoule plus de soixante heures. Un corps étranger, une pancréatite, un pyomètre ou une crise addisonienne ne mettent pas la fin de semaine en pause, et le chien qui arrive le lundi arrive presque toujours plus malade, avec un traitement plus lourd, que celui qu’on aurait vu le vendredi.

Si nous sommes fermés, appelez un centre d’urgence 24/7 : ils vous diront si c’est maintenant, aujourd’hui, ou un rendez-vous. Vous n’avez pas à trancher seul.

Chercher la cause

Pourquoi un chien cesse de manger

Un chien en santé qui refuse sa gamelle a presque toujours une raison, et c’est cette raison qu’on cherche. Voici les pistes, rangées selon ce que vous, vous pouvez observer chez vous ce soir.

Une piste explique peut-être pourquoi. Elle ne change pas quand appeler.

Ce qui bloque ou fait très mal, tout de suite

Un corps étranger dans le tube digestif.

Balle, chaussette, jouet déchiqueté, morceau d’os, épi de maïs, noyau de fruit, ficelle de rôti. C’est la cause qu’on redoute le plus chez un chien qui cesse de manger d’un coup, et voici pourquoi elle est piégeante : beaucoup de ces chiens arrêtent de manger avant de vomir beaucoup, et entre deux épisodes ils peuvent avoir l’air presque normaux. Un blocage partiel peut même laisser passer un peu de selles. Ne comptez donc jamais sur « il finira bien par le sortir », et ne le faites jamais vomir : un objet pointu ou un os remonte aussi mal qu’il descend. Beaucoup de propriétaires n’ont jamais vu leur chien avaler quoi que ce soit : dites-le-nous quand même si un jouet a disparu ou si une chaussette manque.

Une torsion d’estomac.

L’estomac se dilate puis se tourne sur lui-même. Le chien fait des efforts pour vomir sans rien produire, son ventre gonfle, il ne trouve aucune position. C’est une des rares vraies courses contre la montre en médecine vétérinaire, et elle a sa propre page. Si ce tableau vous parle, arrêtez de lire et partez.

Une pancréatite.

Le pancréas s’enflamme, souvent après un repas gras : les restes de table du souper de famille, un plat de sauce, une razzia dans la poubelle, le gras de la dinde des Fêtes. Le chien est nauséeux, il refuse tout, il a mal au ventre, il peut vomir et avoir la diarrhée. Il se tient souvent le dos rond ou refuse qu’on touche son ventre. Attention : cette posture de douleur abdominale existe aussi dans la torsion, et c’est exactement pourquoi elle est dans la liste « partez maintenant » plutôt que dans un diagnostic maison. Certaines races y sont prédisposées, le schnauzer nain en particulier, et un chien qui en a déjà fait une peut en refaire.

Une bouche qui fait très mal.

Une dent fracturée sur une carnassière, souvent à cause d’un os, d’un bois de cerf, d’un jouet à mâcher trop dur ou d’un cube de glace. Un abcès de racine, qui se voit parfois comme un gonflement sous l’œil. Une tumeur buccale chez le chien âgé. Ce qu’on regarde : il mâche d’un seul côté, il laisse tomber ses croquettes, il préfère soudainement le mou, il bave, il tourne la tête d’un coup en mangeant, son haleine a changé.

Et le raisonnement inverse, qui compte autant : beaucoup de chiens avec une bouche en très mauvais état continuent de manger sans rien montrer. Donc un chien qui a de mauvaises dents et qui a tout arrêté n’a pas forcément arrêté à cause de ses dents. On regarde, mais on ne s’arrête pas là.

Une piste explique peut-être pourquoi. Elle ne change pas quand appeler.

Ce qui couvait depuis des semaines

La maladie d’Addison.

On l’appelle le grand imitateur, et c’est la cause que cette page tient le plus à vous faire connaître. Le tableau typique : un chien qui ne file pas, qui ne mange plus pendant quelques jours, parfois avec des vomissements ou de la diarrhée, puis qui redevient normal tout seul. Puis ça recommence quelques semaines plus tard, souvent après un stress : une pension, un voyage, un orage, une chirurgie. Elle touche le plus souvent le jeune chien adulte ou d’âge moyen. Si vous vous reconnaissez dans « il fait ça de temps en temps et ça finit toujours par passer », dites-le-nous exactement comme ça : c’est une information précieuse, et c’est une maladie qui se traite très bien une fois nommée.

Les reins.

Chez le chien qui vieillit, cherchez ce qui a changé avant l’arrêt : boit-il beaucoup plus, demande-t-il à sortir la nuit, a-t-il maigri sans que vous vous en aperceviez, son haleine a-t-elle changé ? Un chien nauséeux vient à sa gamelle, salive, puis se détourne.

Le foie.

Perte d’appétit, vomissements, léthargie, et parfois du jaune sur les gencives ou le blanc des yeux.

L’intestin.

Un appétit qui devient capricieux sur des semaines, un poids qui baisse, des selles molles ou des vomissements de temps en temps. Cette histoire-là explique le passé, elle n’excuse pas la soirée : un chien qui décline depuis des semaines et qui aujourd’hui ne mange plus du tout est justement celui qu’on veut voir vite.

Le cœur.

Un chien en insuffisance cardiaque mange moins, se fatigue plus vite, tousse parfois, et respire plus vite au repos.

Une douleur ailleurs.

Une arthrose, un dos, une patte. Regardez ce qui a changé depuis des mois : hésite-t-il avant de monter dans l’auto, dort-il plus bas, se lève-t-il plus lentement, mange-t-il debout d’une drôle de façon parce que baisser la tête lui fait mal ? Ça explique un déclin lent. Ça n’explique pas un chien qui n’a rien mangé depuis hier, et une arthrose déjà connue ne fait pas baisser l’urgence d’un cran.

Un cancer.

Chez le chien âgé, une perte d’appétit qui s’installe avec un amaigrissement fait partie des tableaux qu’on doit écarter. Ce n’est pas l’explication la plus fréquente, et la nommer ici sert à une chose : vous éviter d’attendre trois semaines de plus.

Une piste explique peut-être pourquoi. Elle ne change pas quand appeler.

La chienne non stérilisée

Le pyomètre.

Une infection de l’utérus, chez une chienne entière, le plus souvent dans les quatre à huit semaines qui suivent ses chaleurs. Elle est abattue, elle cesse de manger, elle boit beaucoup plus et urine davantage. Il peut y avoir des pertes vulvaires purulentes et nauséabondes, mais pas toujours : quand le col est fermé, il n’y a rien à voir de l’extérieur et le pus s’accumule à l’intérieur. C’est la forme la plus dangereuse, et c’est celle qu’on rate quand on attend de voir des pertes.

C’est une urgence chirurgicale. Une chienne non stérilisée qui a eu des chaleurs récemment et qui ne mange plus ne s’observe pas : appelez tout de suite, nous pendant nos heures d’ouverture, un centre d’urgence 24/7 si nous sommes fermés.

Une chienne gestante ou qui allaite

Elle n’a aucune marge non plus : elle nourrit pour plusieurs. On ne compte pas les heures avec elle.

Une piste explique peut-être pourquoi. Elle ne change pas quand appeler.

Ce qu’il a reçu, avalé, ou ce qui a changé autour de lui

Un médicament commencé ces derniers jours.

Notez la date, appelez-nous avant la dose suivante, et n’arrêtez rien de vous-même. Une exception, et elle est importante : s’il prend un anti-inflammatoire prescrit et qu’il perd l’appétit, vomit, ou fait des selles noires et goudronneuses, cessez le médicament et appelez-nous. Ce sont des signes possibles d’ulcère digestif, et devant eux on préfère que la dose saute avant même qu’on se soit parlé.

Une anesthésie, une chirurgie ou un détartrage récents.

Un appétit réduit le soir même et dans les 24 heures qui suivent est attendu. Au-delà, ou avec de l’abattement, suivez la feuille de congé qu’on vous a remise et appelez-nous plutôt que de vous fier à cette page.

Un toxique.

Chocolat, raisins et raisins secs, xylitol, cannabis, un médicament tombé au sol, de l’antigel, un champignon de la cour, le bac de compost. La perte d’appétit est parfois le premier signe visible.

Un changement de nourriture, ou un nouveau sac de la même nourriture.

Ça arrive : une recette reformulée, un sac mal conservé, un sac ouvert depuis trop longtemps. C’est une hypothèse honnête, et elle se vérifie facilement, mais elle ne tient que si tout le reste de son comportement est normal.

La chaleur.

Oui, un chien mange moins par temps chaud, et l’été à Montréal ça se voit. Mais un chien qui a chaud continue de s’intéresser à la nourriture, de boire et de demander sa marche. Un chien qui ne fait plus rien de tout ça n’a pas simplement chaud.

Le stress.

Un déménagement, des travaux, un nouveau bébé, un départ dans la famille, un séjour en pension, un orage, des feux d’artifice. Le stress coupe vraiment l’appétit d’un chien. Mais deux choses. Un : un chien malade se retire et boude sa gamelle exactement comme un chien stressé, et de l’extérieur c’est le même chien. Deux : trouver une explication ne remplace pas l’appel.

Il mange peut-être ailleurs.

Quelqu’un lui donne à table, un voisin le nourrit, il vide la gamelle de l’autre animal, il fouille le compost ou les poubelles du quartier. Un chien qui refuse son repas du soir parce qu’il a déjà mangé n’est pas un chien qui ne mange plus. Faites le tour de la maisonnée avant d’appeler, et dites-nous ce que vous trouvez.

Une piste explique peut-être pourquoi. Elle ne change pas quand appeler.

Attention particulière

Les chiens qui n’ont pas cette marge

La règle du jour même vaut pour tous les chiens. Pour ceux de cette liste, elle se resserre encore : on appelle dès le premier vrai repas refusé, même si tout le reste a l’air normal. Et si nous sommes fermés, on appelle un centre d’urgence plutôt que d’attendre l’ouverture.

  • Le chiot et particulièrement celui dont la série de vaccins n’est pas terminée. Ses réserves sont minuscules et les maladies infectieuses du jeune chien vont vite.
  • Le très petit gabarit chihuahua, yorkshire, poméranien, bichon de poche. Quelques repas manqués suffisent à les rendre faibles et tremblants.
  • Le chien âgé. Le suivi qui débusque ces causes tôt existe pour lui.
  • Le chien de grande race au thorax profond et étroit et plus encore celui dont un parent proche a déjà fait une torsion : dogue allemand, saint-bernard, berger allemand, weimaraner, setter irlandais ou gordon, caniche royal, et tout grand chien bâti de la même façon, labrador et boxer compris. Chez eux, un refus de manger accompagné d’un ventre qui change d’allure se traite comme une torsion possible jusqu’à preuve du contraire.
  • Le chien à face aplatie bouledogue, carlin, boxer, shih tzu.
  • Le chien diabétique sous insuline. Appelez avant la prochaine dose. Ne décidez pas seul de la donner ni de la sauter.
  • Le chien suivi pour une maladie chronique reins, foie, cœur, intestin, Cushing, Addison, ou sous médication, surtout un anti-inflammatoire.
  • La chienne non stérilisée, et la chienne gestante ou qui allaite.
  • Le chien qui a déjà fait une pancréatite, ou qui a déjà avalé un objet une fois. Les deux se répètent.

Et s’il suit une diète d’amaigrissement ?

Si votre chien suit une diète d’amaigrissement et qu’il cesse de manger, ce n’est pas la diète qui fonctionne : c’est un signal d’alarme, et on veut le savoir.

En attendant

Pendant que vous attendez le rendez-vous

Ces gestes servent à passer les prochaines heures, pas à remplacer l’examen. Aucun d’eux n’est un test : s’ils fonctionnent, tant mieux, on le saura demain; s’ils ne fonctionnent pas, ça ne change rien, le rendez-vous tient.

Ce qui peut aider

  • Offrez-lui sa nourriture habituelle, en petite portion, à heure fixe, puis retirez la gamelle après quelques minutes. On n’insiste pas, et on ne laisse pas une gamelle plantée devant un chien qui a mal au cœur.
  • Réchauffez sa nourriture humide à peine tiède, à la température du corps : ça libère l’odeur. Testez toujours sur votre poignet avant de servir, le micro-ondes crée des points brûlants.
  • Servez dans un endroit calme, à l’écart des autres animaux et du passage. Si plusieurs animaux mangent ensemble, séparez-les : vous saurez enfin ce que lui a mangé.
  • De l’eau fraîche toujours disponible, sans jamais forcer. Notez s’il boit plus que d’habitude ou s’il ne boit plus du tout : les deux nous intéressent.
  • Sortez-le pour observer ses urines et ses selles, et notez ce que vous voyez. C’est une des premières questions qu’on vous posera, et « il n’a pas fait de selles depuis hier » est une vraie information.
  • Notez l’heure de son dernier vrai repas, et ce qu’il a refusé exactement.
  • Regardez si un jouet, une chaussette ou un objet a disparu de la maison.

Ce qui nuit

  • Ne sortez pas la nourriture humaine pour le tenter. Deux raisons, et la deuxième est la plus importante. D’abord, un chien qui se sent mal associe très vite un aliment au malaise, et on brûle justement ce dont on aura besoin pour le remettre sur pied. Ensuite, un repas gras (bacon, sauce, restes de table, gras de viande) est un déclencheur classique de pancréatite : on peut transformer un petit problème en gros problème en essayant de bien faire.
  • Ne le mettez pas à jeun de votre propre initiative. Si un repos digestif est utile dans son cas, c’est le vétérinaire qui vous le dira, et il vous dira aussi combien de temps.
  • Ne lui donnez pas d’os, d’os à mâcher ni de bois de cerf pour « lui redonner envie ». C’est une des façons les plus courantes de fracturer une dent, et si le problème est déjà digestif, ça l’aggrave.
  • N’arrêtez et ne modifiez aucun traitement en cours sans nous en parler, sauf l’anti-inflammatoire décrit plus haut.
  • Ne le faites pas vomir. La section suivante explique pourquoi, et ce qu’on fait à la place.

Nourrir de force : une décision vétérinaire, jamais un geste maison

Ne gavez pas votre chien et ne lui donnez pas de nourriture à la seringue. Trois raisons, et chacune suffirait.

Un chien qu’on force peut inhaler la nourriture et faire une pneumonie, et ce sont justement les chiens qu’on est le plus tenté de gaver, ceux qui ont mal au cœur ou du mal à avaler, qui risquent le plus d’inhaler.

Surtout, un chien qui ne mange pas parce que quelque chose bloque son tube digestif, ou parce que son pancréas est enflammé, ne doit rien recevoir de force par la bouche tant qu’il n’a pas été examiné. Le forcer le fait vomir et aggrave sa situation. Ce qu’il prend de lui-même, on le laisse; ce qu’on lui met dans la bouche, jamais. Vous ne pouvez pas savoir, de chez vous, dans quel cas vous êtes.

Et il y a une raison de plus, à laquelle on ne pense jamais : ce que votre chien mange de lui-même, c’est l’information qu’on utilise pour juger s’il va mieux ou moins bien. Si on le gave, on efface ce signe. S’il lèche de lui-même un peu de nourriture sur votre doigt, laissez-le faire et notez-le, mais lécher n’est pas manger. S’il faut le tenir pour lui en mettre dans la bouche, arrêtez.

Si un jour on vous demande de nourrir votre chien vous-même, ce sera après l’avoir examiné, avec des consignes écrites pour lui en particulier.

Vous l’avez déjà fait ce soir ? Lisez ceci.

Aucun reproche : c’est le réflexe de quelqu’un qui veut bien faire, et beaucoup de gens le font. Mais ne recommencez pas, et surveillez-le de près dans les heures qui suivent. S’il tousse, si sa respiration devient bruyante ou rapide, s’il bave, s’il a des haut-le-cœur ou s’il s’affaisse après une tentative : ce n’est plus un rendez-vous, on part maintenant. Et dites-nous que vous avez essayé : ça ne nous choque pas du tout, ça nous aide à interpréter ce qu’on voit.

Et les stimulants d’appétit ?

Oui, il existe des médicaments qui soutiennent l’appétit et qui coupent la nausée, et on les utilise souvent. Mais ils se prescrivent après l’examen, jamais avant, et pour trois raisons. Ils rendent l’animal assez confortable pour qu’on trouve la cause, ils ne traitent pas la cause. Ils fonctionnent mal tant que la douleur, la nausée ou la déshydratation ne sont pas prises en charge. Et surtout, chez un chien dont l’intestin est bloqué, faire revenir l’appétit ne règle rien et efface le seul signe qui nous alertait.

Un chien qui ne mange plus ne se règle pas avec un truc pour lui ouvrir l’appétit.

Préparez votre appel (2 minutes)

  1. Quand a-t-il pris son dernier VRAI repas ? Pas la dernière gâterie.
  2. Refuse-t-il tout, ou seulement ses croquettes ? A-t-il pris la gâterie qu’il ne refuse jamais ?
  3. Veut-il manger sans y arriver, ou la nourriture ne l’intéresse plus du tout ?
  4. Qu’est-ce qui a changé : nourriture, déménagement, pension, nouveau médicament, anesthésie récente, restes de table, poubelle ?
  5. A-t-il vomi ? Y a-t-il eu des selles depuis hier, et à quoi ressemblaient-elles ? Boit-il plus, moins, ou pareil ?
  6. Un objet ou un jouet a-t-il disparu ?
  7. S’agit-il d’une chienne non stérilisée, et à quand remontent ses dernières chaleurs ?
  8. Ses maladies connues, ses médicaments en cours, et l’heure de la dernière dose.
La carte signature

Ne donnez aucun médicament maison

Face à un chien qui ne mange pas, la tentation est de lui donner quelque chose « pour le soulager en attendant ». C’est le geste bien intentionné qui nous amène le plus de chiens empoisonnés.

Ibuprofène (Advil), naproxène (Aleve)

Toxiques pour le chien. Ulcères de l’estomac, hémorragie digestive, atteinte des reins. « Mon chien avait l’air d’avoir mal, je lui ai donné un Advil » est une phrase qu’on entend souvent derrière ces cas. Les anti-inflammatoires vétérinaires existent justement parce que les nôtres ne conviennent pas. Le chat y est encore plus sensible que le chien, alors la même règle vaut pour lui.

Acétaminophène (Tylenol)

Toxique pour le foie et pour le sang du chien. Il n’existe aucune dose sécuritaire à la maison. Et ce n’est pas un anti-inflammatoire : si vous avez retenu « pas d’anti-inflammatoire humain », cette molécule-là passe quand même à travers la consigne. Chez le chat, c’est mortel, même un seul comprimé.

Aspirine

Pas d’aspirine humaine, ni en dépannage, ni « juste une fois ».

Pepto-Bismol

Il contient un salicylate, de la même famille que l’aspirine. Jamais sans directive, et il colore les selles en noir, ce qui masque exactement le signe d’hémorragie digestive qu’on cherchait.

Gravol, Imodium, antiacides, restes d’ordonnance

Jamais sans directive. Un antidiarrhéique ou un antinauséeux donné à l’aveugle chez un chien dont l’intestin est bloqué efface le signal pendant que le problème avance. Et l’Imodium est particulièrement risqué chez les chiens de lignées de bergers, qui portent souvent une particularité génétique qui les rend très sensibles à ce genre de molécule.

Un médicament prescrit à un autre animal

Même diagnostic apparent, même poids, même famille, ça ne suffit jamais. Une dose calculée pour un autre patient n’est pas une dose.

Le piège du beurre d’arachide sans sucre

C’est le réflexe classique pour faire manger un chien ou lui cacher un comprimé. Beaucoup de beurres d’arachide « sans sucre », de gommes, de bonbons, de yogourts et de pâtes dentifrices contiennent du xylitol, qui est toxique pour le chien et peut faire chuter sa glycémie très vite puis attaquer son foie. Lisez la liste d’ingrédients avant, chaque fois, même si vous l’avez déjà fait avec un autre pot. Si votre chien en a avalé, c’est une urgence immédiate.

Et le faire vomir ?

Ne le faites jamais vomir de votre propre initiative : selon ce qui a été avalé, le faire remonter abîme parfois plus que de le laisser descendre. Le peroxyde d’hydrogène, celui dont parlent tous les résultats de recherche, n’a rien d’anodin : il provoque des lésions de la paroi de l’estomac, y compris chez des chiens en bonne santé, et le liquide peut être inhalé.

Vous ne trouverez ici ni méthode ni quantité, et c’est délibéré : seuls votre vétérinaire ou une ligne antipoison animale peuvent dire si faire vomir a du sens dans votre cas. Appelez d’abord, nous pendant nos heures d’ouverture ou un centre d’urgence 24/7 si nous sommes fermés, et le plus tôt possible : dans ces cas, le délai compte.

Faire vomir est un geste de clinique, et c’est un geste que nous posons ici quand le cas s’y prête, une fois qu’on a évalué ce qui a été avalé et depuis quand. Et dans plusieurs situations, faire vomir est carrément dangereux : un objet pointu, un os, un produit corrosif, un chien déjà abattu.

Et pour lui donner ses vrais médicaments ?

Un chien qui ne mange plus est aussi un chien à qui on n’arrive plus à donner ses comprimés dans une bouchée.

Ce qui se passe ensuite

Ce qu’on va chercher, et comment

« Ne plus manger » n’est pas un diagnostic, c’est une porte d’entrée. Voici ce qui se passe concrètement quand vous arrivez, pour que vous sachiez à quoi vous attendre.

L’examen

On prend sa température, on regarde ses gencives, on palpe son ventre centimètre par centimètre, on écoute son cœur et ses poumons, on vérifie ses ganglions, on regarde sa bouche. Souvent, ça suffit déjà à orienter : un ventre douloureux, une masse palpable, une dent fracturée, une chienne dont l’utérus est augmenté de volume. Une bouche vraiment douloureuse ne s’examine parfois pas en totalité sur un chien réveillé, et on vous le dira franchement plutôt que de forcer.

Le laboratoire

Une prise de sang répond à beaucoup de questions : formule sanguine, biochimie, et surtout les électrolytes, parce que le sodium et le potassium sont exactement ce qui trahit une maladie d’Addison. Ces analyses-là se font ici, dans notre laboratoire, et le résultat revient parfois pendant la visite même. On y ajoute selon le cas une analyse d’urine, qui se fait ici aussi.

Le test spécifique du pancréas, lui, part dans un laboratoire externe. Le délai dépend de l’analyse et de sa destination : demandez laquelle des deux s’applique et le temps à prévoir, c’est la bonne question à poser au moment du prélèvement.

L’imagerie

Une radiographie de l’abdomen tranche sur beaucoup de choses : un corps étranger, une torsion d’estomac, un intestin qui n’a pas l’allure qu’il devrait, un utérus augmenté de volume.

Chez nous, l’échographie sert à deux choses bien différentes. Pendant nos heures d’ouverture, notre équipe peut faire sur place un coup d’œil ciblé qui répond à une seule question, par exemple s’il y a du liquide libre dans le ventre, et ce liquide peut être ponctionné ou drainé ici même si c’est indiqué. L’examen complet, organe par organe, celui qui regarde le pancréas et la paroi de l’intestin, est autre chose : c’est un rendez-vous distinct qui se planifie, et il se fait ici, soit par notre équipe, soit par une équipe spécialisée en imagerie qui se déplace jusqu’à nous.

Ce qui suit

Le plus souvent, un soutien contre la nausée et la douleur, des liquides, et un plan clair.

Parfois une hospitalisation, et il faut dire ce que ça veut dire chez nous : c’est une hospitalisation de jour. Votre chien est admis, traité et réévalué sur place pendant nos heures d’ouverture, et un séjour peut se prolonger sur plusieurs jours, avec une réévaluation chaque jour. Nous n’assurons pas de surveillance médicale continue la nuit. Quand un chien doit être veillé sans interruption, nous le stabilisons d’abord, puis nous organisons son transfert vers un centre 24/7, avec le dossier complet. Dans tous les cas, nous vous disons à l’admission ce qui est prévu pour la nuit.

Parfois une chirurgie, quand un objet bloque ou qu’un utérus infecté doit sortir. La chirurgie des tissus mous se fait ici, pendant nos heures d’ouverture, et selon le cas sous sédation ou sous anesthésie générale. Le moment dépend de l’urgence et de l’horaire de la journée : appelez-nous, on vous dira quoi faire et quand venir.

Et si on ne trouve rien ?

C’est le meilleur résultat possible, et il arrive souvent. Un examen normal chez un chien qui ne mange plus n’est pas un examen inutile : c’est une information qui retire de la table les urgences, et qui vous permet de passer la nuit tranquille au lieu de surveiller votre chien jusqu’à trois heures du matin. Personne ne vous reprochera d’être venu.

FAQ

Questions fréquentes

Les questions qui reviennent le plus au téléphone, et deux qu’on n’ose pas toujours poser.

Il a sauté un repas mais il court partout. Est-ce que je peux attendre à demain ?
Si c’est un chien adulte en bonne santé, sans maladie connue et sans médicament, qui a sauté un seul repas, qui est vif, qui boit, qui demande sa marche, qui a fait ses selles normalement et qui n’a aucun signe de la liste « partez maintenant » : oui, vous pouvez réévaluer au prochain repas. Ce n’est pas une permission d’attendre deux jours, c’est une permission d’attendre le prochain repas. S’il le refuse aussi, ou si quoi que ce soit d’autre change entre-temps, on appelle. Et si votre chien est dans la liste des chiens sans marge, ce paragraphe ne s’applique pas à lui.
Il refuse ses croquettes mais il mange du poulet. Est-ce qu’il fait juste son difficile ?
C’est un des appels les plus fréquents, et la réponse honnête est : peut-être, mais ce n’est pas ça qu’on regarde. Un chien vraiment difficile l’est devenu progressivement et le reste de sa vie est normal : il quête, il joue, il demande sa marche. Un chien malade a une date de début et quelque chose d’autre a changé en même temps : il dort plus, il ne vient plus vous accueillir, il boit autrement, il n’a pas fait de selles. Le fait qu’il mange encore du poulet est une bonne information, gardez-la pour nous, mais elle n’exclut rien à elle seule : un chien avec une pancréatite débutante ou une dent cassée peut très bien accepter du mou et refuser des croquettes dures. Ce qui tranche, c’est le reste de son comportement.
C’est le soir et vous êtes fermés. J’attends demain matin ?
Ça dépend du tableau, pas de l’heure. Efforts de vomissement à vide, ventre gonflé ou dur, abattement profond, gencives pâles, sang dans le vomi ou selles noires, du jaune sur les gencives, objet ou toxique avalé, chienne non stérilisée en chaleurs récentes, chien addisonien, chien diabétique, chiot : centre d’urgence 24/7 maintenant. Dans les autres cas, appelez quand même un centre 24/7 et décrivez la situation : ça ne vous engage à rien, et vous n’aurez pas à décider seul. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est laisser passer la nuit en se disant qu’on verra au matin, surtout un vendredi.
J’ai lu qu’un animal qui ne mange plus a 24 à 48 heures. C’est vrai pour mon chien ?
Ce chiffre-là vient du monde du chat, et il y est parfaitement justifié : chez le chat, le jeûne lui-même abîme le foie, et c’est une urgence en soi. Le foie du chien encaisse beaucoup mieux. Mais ne lisez surtout pas ça comme « j’ai plus de temps ». Chez le chien, ce qui est dangereux, ce n’est pas de ne pas manger : c’est la raison pour laquelle il ne mange pas. Un corps étranger, une pancréatite, un pyomètre ou une crise addisonienne peuvent avancer pendant qu’il a encore l’air à peu près normal. C’est pour ça qu’on ne publie aucun chiffre pour le chien : le repère qu’on publie n’est pas un compte d’heures, c’est une conduite. Un refus complet se voit le jour même, et le moindre signe qui s’y ajoute fait passer de l’appel au départ.
Est-ce que je peux le forcer à manger, ou lui donner quelque chose pour lui ouvrir l’appétit ?
Non aux deux, et pour la même raison de fond : les deux gestes traitent le symptôme et effacent l’information. Le gavage ou la seringue risquent en plus de faire passer la nourriture vers les poumons, et surtout, si son intestin est bloqué ou si son pancréas est enflammé, il ne doit rien recevoir de force par la bouche avant d’être examiné. Ce qu’il prend de lui-même, on le laisse; ce qu’on lui met dans la bouche, jamais. Quant aux stimulants d’appétit, ils existent, on les prescrit souvent, mais après l’examen : faire remanger un chien dont l’intestin est bloqué ne règle rien et retire le seul signal qui nous alertait. Si vous l’avez déjà gavé ce soir, aucun reproche, mais surveillez sa respiration de près et dites-le-nous.
Il fait chaud, ou on vient de déménager. C’est sûrement juste ça ?
Les deux coupent vraiment l’appétit d’un chien, alors oui, c’est peut-être ça. Mais posez-vous la question autrement : est-ce que seul son appétit a changé ? Un chien qui a chaud ou qui est déstabilisé continue de s’intéresser à la nourriture, de boire, de vous suivre, de demander sa marche. S’il ne fait plus rien de tout ça, l’explication ne tient plus. Et un chien malade se retire et boude sa gamelle exactement comme un chien stressé : de l’extérieur, c’est le même chien. Trouver une explication ne remplace pas l’appel; ça change seulement ce qu’on cherchera en premier.
Mon chien est vieux. À son âge, ce n’est pas normal de manger moins ?
Non. « Il est vieux, il mange moins » est une raison de le faire examiner, jamais une raison d’attendre. Chez le chien âgé, une baisse d’appétit pointe très souvent vers quelque chose de précis et de gérable : une dent cassée ou un abcès de racine, une arthrose qui rend douloureux le fait de baisser la tête vers la gamelle, des reins fatigués, un cœur qui force, et parfois une masse. Ce sont des choses qu’on cherche simplement, et qui se prennent bien mieux en charge quand on les nomme tôt. Ce qui est normal en vieillissant, c’est de bouger moins, pas de perdre l’appétit.
Il a recommencé à manger. J’annule le rendez-vous ?
Non, et sur cette page c’est la question la plus importante de la liste. Un chien qui arrête de manger pendant quelques jours puis qui redevient normal tout seul, et qui recommence quelques semaines plus tard, c’est exactement le tableau de la maladie d’Addison, ce qu’on appelle le grand imitateur : le diagnostic est souvent retardé de plusieurs mois, précisément parce que le chien va mieux entre les épisodes. Un blocage digestif partiel peut donner le même va-et-vient. Gardez le rendez-vous, et dites-nous « il fait ça de temps en temps et ça finit toujours par passer » : c’est une des phrases les plus utiles qu’un propriétaire puisse nous dire.
Est-ce qu’il a arrêté de manger parce qu’il est en train de mourir ?
C’est la question que beaucoup de gens n’osent pas poser au téléphone, alors répondons-la franchement. Oui, chez un animal en fin de vie, l’appétit qui s’éteint fait partie du tableau, et si c’est là que vous en êtes, on en parlera avec vous sans détour et sans jugement : notre outil sur la qualité de vie et notre guide sur la fin de vie existent exactement pour ces moments-là. Mais ce n’est pas l’explication la plus fréquente, loin de là. Le plus souvent, un chien qui cesse de manger a quelque chose qu’on peut nommer et traiter : une dent cassée, une nausée, un pancréas enflammé, une glande surrénale qui ne suit plus, un objet avalé. La seule façon de savoir laquelle des deux histoires est la vôtre, c’est de le faire examiner. Et si c’est la première, vous ne serez pas seul pour la traverser.

Pour ces moments-là :

Le tri honnête, en une phrase

Efforts de vomissement à vide, ventre gonflé, abattement profond, sang, jaune, objet ou toxique avalé, chienne non stérilisée en chaleurs récentes, chien addisonien, chien diabétique, chiot : partez maintenant. Pour tous les autres, un refus complet se voit le jour même, et vous n’avez aucune raison d’attendre plus longtemps que ça. Et retenez la phrase qui résume la page : chez le chien, ce n’est pas le jeûne qui est dangereux, c’est ce qui l’a causé.

Votre chien ne mange plus et vous hésitez à déranger ?

N’hésitez plus : hésiter à appeler est déjà une raison d’appeler. On trie ensemble, et si un rendez-vous suffit, on vous le dit tout de suite.