Ce guide vous aide à trier; il ne remplace pas l'examen du vétérinaire. Un animal qui perd l'équilibre s'examine le jour même. Au moindre doute, appelez-nous au 514 223-1197.
Partez maintenant : les signes qui ne peuvent pas attendre
Un seul de ces tableaux suffit. Vous n'avez pas à en cocher plusieurs, ni à décider lequel est le plus grave. N'attendez pas de voir si ça passe, n'attendez pas le matin : rendez-vous à la clinique ou au centre d'urgence le plus proche, et appelez en route pour qu'on vous attende. Ici, ce qui commande de partir tout de suite, ce n'est presque jamais la tête penchée elle-même : c'est ce qui l'accompagne.
- Il ne se relève plus du tout, ou il roule sur lui-même sans arriver à s'arrêter, ou il est couché sur le côté depuis plusieurs heures sans pouvoir se redresser.
- Sa conscience a changé. Il est moins réveillé qu'à l'habitude, il ne répond plus à son nom, il regarde dans le vide, ou il pousse le dessus de sa tête contre un mur, un coin ou un meuble et il y reste. Ce dernier geste n'est pas un animal qui boude : c'est un signe à part entière.
- Il convulse, il tremble de tout son corps, ou il s'effondre en perdant connaissance, même brièvement. Notre guide sur la crise convulsive explique quoi faire pendant, et dit aussi que plusieurs malaises ressemblent à une crise sans en être : filmez et laissez-nous décider.
- Ses pattes ne le portent plus, il en traîne une, il ne peut plus se tenir sur l'arrière, ou la faiblesse touche visiblement un seul côté du corps.
- Il respire vite au repos, avec effort, le ventre qui pousse à chaque souffle, ou le cou étiré vers l'avant. Des gencives pâles, grises ou bleutées confirment l'urgence, mais c'est un signe tardif : n'attendez pas de le voir pour partir.
- Il vomit sans arrêt et ne garde rien, au point de ne plus pouvoir s'alimenter du tout, ou il n'arrive plus à avaler.
- Il est diabétique et reçoit de l'insuline. Appelez-nous avant la prochaine injection, même le soir, même si c'est dans une heure. Ne décidez pas seul de donner la dose ni de la sauter. Une démarche instable et une perte d'équilibre font partie des signes d'un manque de sucre, et notre guide sur l'insuline les nomme déjà : chez lui, ce tableau se traite en minutes, pas en heures.
- Il a pu avaler, lécher ou recevoir quelque chose : cannabis, antigel, un médicament humain, un reste d'ordonnance, un champignon de la cour, une plante, un produit ménager. Et pour un chat : un antipuce pour chien, même en petite quantité, même par frottement contre un chien fraîchement traité. Ne le faites pas vomir, et apportez l'emballage ou un morceau de la plante.
- C'est arrivé après un choc : une chute, une auto, une bagarre, un coup sur la tête, une prise brusque par le collier.
- Il saigne du nez, ou une de ses oreilles saigne, ou vous voyez du sang dans le conduit.
- Il ne voit plus en même temps : il se cogne, il hésite dans le noir, il ne suit plus votre main, ou ses deux pupilles restent grandes dans une pièce éclairée. Chez le chat qui vieillit, une perte de vision brutale avec une perte d'équilibre est le tableau d'une tension artérielle devenue dangereuse, et c'est une urgence absolue : chaque minute compte pour préserver la vision.
- Ça empire d'heure en heure au lieu de se stabiliser, ou ça repart à la hausse après une période d'amélioration.
- C'est un chiot ou un chaton. Chez lui tout va plus vite, et le délai de cette page ne s'applique pas : on appelle maintenant.
Un seul suffit
Vous n'avez pas à décider lequel de ces signes compte le plus. Si un seul vous parle, partez. Si vous hésitez, appelez quand même : trier, c'est notre travail, pas le vôtre. En dehors de nos heures, un centre d'urgence 24/7 répond, et décrire la situation au téléphone ne vous engage à rien.
Ces signes disent quand partir, pas ce que c'est
Ne cherchez pas à déduire un diagnostic de cette liste, et ne concluez rien de ce que vous n'y trouvez pas. Elle ne sert qu'à une chose : décider si on part maintenant ou si on part aujourd'hui. Ce qui distingue ces tableaux les uns des autres se voit à l'examen, pas dans un salon.
Et si rien de tout ça ne vous parle ?
C'est le cas le plus fréquent, et c'est une bonne nouvelle. Ça ne veut pas dire demain matin. Une tête penchée, des yeux qui bougent tout seuls, une démarche d'ivrogne : ça s'examine le jour même. Appelez-nous en disant qu'il s'agit d'un problème d'équilibre. La suite de cette page est écrite pour vous, et elle commence par la question que vous venez de taper.
Si vous pensez à un poison, les premiers gestes sont ailleurs
Les premiers gestes selon le produit sont dans notre guide des aliments et plantes toxiques, et le calculateur chocolat répond à la question la plus fréquente. Si nous sommes fermés, la page urgence et la liste des centres 24/7 vous disent où aller.
« Est-ce qu'il a fait un AVC ? »
On commence par là, parce que c'est la phrase que vous avez écrite dans la barre de recherche, ou celle que quelqu'un a dite à voix haute dans la pièce il y a dix minutes. La réponse honnête tient en trois temps, et il faut les trois.
Oui, ça ressemble vraiment à ça
La ressemblance n'est pas une illusion. Une tête qui penche d'un côté, des yeux qui partent tout seuls, un côté du visage qui tombe, une démarche qui part en biais, une chute soudaine chez quelqu'un d'âgé : c'est presque exactement la description d'un AVC humain. Le mot vous vient parce que c'est le seul mot que vous avez pour cette scène. C'est normal, et ce n'est pas de l'ignorance.
Mais chez le chien et chez le chat, ce n'est le plus souvent pas ça
Chez nos deux espèces, ce tableau est très majoritairement produit par un dérèglement du système qui gère l'équilibre, et non par un vaisseau bouché dans le cerveau. C'est ce qu'on appelle un syndrome vestibulaire. Nos fiches sur le sujet le disent déjà dans ces mots : un accident vasculaire cérébral est possible, mais il est moins courant, et seul un examen vétérinaire permet de distinguer les deux.
Et « ce n'est probablement pas un AVC » ne veut pas dire « ce n'est rien »
- Un. « Probablement » n'est pas « certainement ». Ce mot décrit ce qui arrive le plus souvent à beaucoup d'animaux. Il ne décrit pas le vôtre, qui est couché sur le plancher de votre cuisine.
- Deux. Plusieurs des autres explications possibles sont plus pressées qu'un AVC, et plusieurs se traitent. C'est exactement l'inverse du réflexe qu'on rapporte de la médecine humaine.
Le réflexe humain qui fait perdre une nuit
En médecine humaine, tout le monde a retenu deux choses de l'AVC : que c'est grave, et qu'il y a une fenêtre très courte. Ces deux idées produisent, chez le propriétaire d'un animal, deux réactions opposées et toutes les deux mauvaises. Certains paniquent au point de ne plus rien décider. D'autres concluent que la fenêtre est déjà passée, qu'il n'y a plus rien à faire, et qu'on verra demain matin. Chez votre animal, ce que vous avez devant vous est beaucoup plus souvent quelque chose qui se traite ou qui passe tout seul, et l'examen qui le dira est court, se fait sur un animal éveillé, et est disponible aujourd'hui.
Ce que le mot AVC cache
Dans le langage courant, on appelle « AVC » à peu près tout ce qui arrive d'un coup et qui touche le cerveau. Les vrais accidents vasculaires existent chez le chien et chez le chat, et ils sont souvent la partie visible d'autre chose dans le corps : une tension artérielle trop élevée, des reins fatigués, une thyroïde emballée chez le chat, un trouble de la coagulation, un problème de coeur. Chez d'autres, on cherche et on ne trouve rien en dessous, et c'est une réponse aussi. C'est pour cette raison que, quand l'examen pointe vers cette piste, la recherche continue ailleurs que dans la tête. Nommer ce qu'il y a en dessous est ce qui change la suite, et c'est aussi ce que la fiche sur l'hyperthyroïdie du chat écrit déjà.
Vous venez de voir cette scène ?
Appelez-nous, décrivez-la, et on vous dira pendant l'appel si vous partez maintenant ou si on vous voit aujourd'hui. En dehors de nos heures, un centre d'urgence 24/7 répond.
Pour la maladie elle-même
La chronologie, le traitement et le pronostic appartiennent à nos deux fiches complètes. Lisez-les après avoir appelé, pas avant.
Les deux phrases sont vraies en même temps
Voici les deux phrases. Elles ont l'air de se contredire, et elles sont toutes les deux exactes. Tenir les deux ensemble, c'est tout ce que cette page a d'utile à vous apprendre.
Les deux phrases
- Un. Chez le chien âgé, la cause la plus fréquente de ce tableau est bénigne : elle apparaît d'un coup, elle est spectaculaire, elle n'est pas douloureuse, et elle se résout d'elle-même. Chez le chat, la même chose existe, et à tout âge.
- Deux. Une infection au fond de l'oreille, une tension artérielle devenue dangereuse, une intoxication et une atteinte du cerveau lui-même donnent, vues de votre salon, exactement la même scène.
Pourquoi ce n'est pas une contradiction
La première phrase parle de beaucoup d'animaux. La deuxième parle du vôtre. Une fréquence décrit une population, elle n'identifie pas un patient. Entre les deux, il y a exactement une chose, et c'est un examen. Ce n'est pas une formule de prudence : c'est la seule opération qui transforme une statistique en information sur votre chien.
La bonne nouvelle est un diagnostic d'exclusion
Voici le point qui règle la question, et il est plus simple qu'il n'en a l'air. La forme bénigne n'a aucun test qui la confirme. Il n'y a rien à voir dans le sang, rien sur une radiographie, rien au fond de l'oreille. On la confirme de deux façons, et aucune des deux n'est disponible sur votre divan : par l'absence de toute autre cause après les avoir cherchées, et par le fait que l'animal se rétablisse ensuite de lui-même. C'est ce que veut dire « diagnostic d'exclusion », et c'est écrit noir sur blanc sur nos deux fiches.
Autrement dit : pour conclure que c'est la forme bénigne, il faut d'abord avoir écarté les autres. Chez vous, ce soir, vous n'avez rien écarté du tout. Pas par manque de compétence : parce que ce qui écarte les autres ne se voit pas de l'extérieur.
Ce qui ne se voit pas de l'extérieur
Ce qui distingue les causes les unes des autres, ce sont des choses qui se mesurent, pas des choses qui se remarquent : la direction que prend le mouvement des yeux quand on change la position de la tête, la façon dont une patte se replace quand on la retourne doucement, chaque nerf de la face pris un par un, l'état d'éveil évalué par quelqu'un qui en voit toutes les semaines, l'aspect du conduit au bout d'un otoscope, la tension artérielle, une analyse de sang. Aucun de ces éléments n'est visible depuis un divan, et aucun ne demande de faire souffrir votre animal.
Il n'existe pas de test maison, et cette page ne vous en donnera pas
Sur Internet, vous trouverez des tableaux intitulés « périphérique contre central ». Ils existent, nous en publions un nous-mêmes sur nos fiches, et ils servent vraiment à quelque chose : ce sont des grilles de lecture d'examen, pas des questionnaires pour propriétaire. Chaque ligne s'obtient par une manoeuvre faite par quelqu'un dont c'est le métier. Et même entre ces mains-là, les lignes se chevauchent : le mouvement des yeux horizontal, celui qu'on associe à la forme rassurante, s'observe aussi dans la forme centrale, et ne rien trouver dans la colonne « central » ne suffit pas à l'écarter. C'est pour ça que la grille se lit avec le reste de l'examen, jamais toute seule.
Appliquée depuis un salon, elle produit une conclusion fausse, et une conclusion fausse produit une nuit d'attente. Alors disons-le simplement : cette page ne vous donnera aucun moyen de trancher vous-même, parce qu'il n'en existe pas, et que faire semblant du contraire serait la chose la plus nuisible qu'on puisse écrire ici.
Ce que la bonne nouvelle veut dire quand même
Elle veut dire que les probabilités sont de votre côté, et ce n'est pas rien quand on a peur. Elle veut dire que le rendez-vous que vous allez prendre est souvent un rendez-vous rassurant. Et elle veut dire que si c'est bien la forme bénigne, votre animal aura besoin de quelques jours de soins attentifs et de patience, pas d'un traitement lourd. Cette bonne nouvelle est réelle. Elle devient la vôtre le jour où quelqu'un a regardé.
Filmez-le maintenant, avant de partir
C'est la seule chose sur cette page qui ne peut pas attendre le rendez-vous, et c'est aussi la plus utile que vous puissiez faire dans les cinq prochaines minutes. Ce que vous filmez maintenant ne sera peut-être plus là quand on vous verra.
Pourquoi ça change quelque chose
- Le mouvement des yeux s'en va le premier. Le nystagmus, ces mouvements d'yeux rapides et involontaires, s'estompe en général avant le reste, et c'est souvent le signe qui a déjà disparu quand on vous voit. C'est aussi celui qui porte le plus d'information. Filmé ce soir, il peut encore être regardé plus tard dans la semaine.
- Votre animal ne rejoue pas la scène en clinique. Le trajet en auto, le stress, la table : beaucoup d'animaux arrivent différents de ce qu'ils étaient à la maison, parfois plus figés, parfois franchement mieux. Ce que vous avez vu dans la cuisine ne se répétera pas forcément dans trois heures.
- Une vidéo vaut mieux qu'une description, et ce n'est pas une opinion. Notre guide sur la crise convulsive l'écrit déjà : plusieurs malaises se ressemblent, le meilleur outil pour faire la différence est une vidéo, filmez et laissez-nous décider. La phrase vaut ici mot pour mot.
- Elle sert deux fois. Une première fois pour le rendez-vous. Une deuxième fois plus tard, comme point de comparaison, si le tableau change ou s'il s'améliore.
Ce qu'on veut voir, dans l'ordre
- Son visage de prèsbien éclairé, pendant quinze à trente secondes, le téléphone posé ou stable. Les yeux surtout. Pas de flash : la lumière du plafond ou une lampe de côté suffit.
- Sa tête et son corps entierde face puis de côté, en le laissant tranquille. On veut la posture qu'il prend tout seul, pas celle que vous lui donnez.
- Quelques pas, s'il en fait de lui-mêmeOn ne le pousse pas, on ne le tire pas, on ne lui fait pas descendre une marche pour la vidéo. Si votre vidéo est celle d'un animal couché qui ne bouge pas, c'est une bonne vidéo aussi : c'est une information.
- Un plan de la pièce, avec le solLe tapis, le plancher glissant, la marche, l'escalier. Ça nous permet de vous dire quoi sécuriser en premier.
À noter aussi, ça vaut de l'or au téléphone
- L'heure exacte à laquelle vous l'avez remarqué.
- Ce qu'il faisait juste avant : il dormait, il mangeait, il jouait, il rentrait de promenade, il sortait du bain, il revenait d'un rendez-vous ou d'une anesthésie.
- Si ça a changé depuis, et dans quel sens.
- De quel côté penche la tête, et de quel côté il tourne s'il tourne.
- Tout ce qui est entré dans son corps ces derniers jours : médicaments, gouttes dans l'oreille, antipuce, produit ménager, plante, cannabis, un médicament humain, une nourriture nouvelle. Dites-le franchement, cannabis compris : ça ne change rien à votre accueil, vous n'êtes pas dénoncé, et ça permet de le traiter plus vite. C'est déjà ce qu'écrit notre guide sur les poisons.
- Ses maladies connues, ses médicaments en cours, et l'heure de la dernière dose.
Ce qu'on ne filme pas
La sécurité passe avant l'image. Ne filmez jamais en haut d'un escalier, au bord d'une piscine, sur un balcon ou sur un comptoir. Et ne provoquez rien pour les besoins de la vidéo : ne le faites pas tourner, ne bougez pas sa tête, ne passez pas la main devant ses yeux, n'essayez aucun test lu ailleurs. Aucun de ces gestes ne vous apprendra quoi que ce soit, tous augmentent la nausée et la peur, et un animal désorienté qui se sent forcé peut mordre ou griffer, y compris un animal qui ne l'a jamais fait. Il ne le fera pas contre vous : il ne comprendra simplement pas ce qui l'approche.
Dites-le en prenant rendez-vous
« J'ai une vidéo. » Cette phrase change souvent l'ordre des choses avant même que vous soyez assis dans la salle d'attente. Gardez l'original sur le téléphone et apportez le téléphone.
Filmez, puis appelez
Dites qu'il s'agit d'un problème d'équilibre et que vous avez une vidéo. Si nous sommes fermés, un centre d'urgence 24/7 répond.
Ce qui donne exactement cette scène, et pourquoi ça ne se démêle pas de l'extérieur
Voici ce que le vétérinaire va chercher. Ce n'est pas une liste à cocher, c'est le programme du rendez-vous. Elle est là pour que vous compreniez ce qui va se passer, pas pour vous permettre de le sauter. Lisez-la comme on lit un plan de match, pas comme un quiz.
Un trouble de l'équilibre dont on ne trouve pas la cause
La maladie vestibulaire idiopathique. C'est la plus fréquente. Chez le chien, elle touche surtout les aînés, au point qu'on l'appelle couramment la maladie vestibulaire du vieux chien. Chez le chat, elle survient à tout âge. Elle apparaît d'un coup, elle est impressionnante, elle guérit d'elle-même, et c'est celle qu'on ne peut nommer qu'après avoir cherché toutes les autres.
Une infection au fond de l'oreille
Une otite moyenne ou interne. L'organe de l'équilibre est logé là, derrière le tympan. C'est la branche de la section suivante, et c'est celle où un propriétaire peut aggraver les choses sans le vouloir.
Une tension artérielle devenue trop haute
L'hypertension. Silencieuse, fréquente chez le chat qui vieillit et dont les reins ou la thyroïde fatiguent, elle abîme les petits vaisseaux des yeux, du cerveau et des reins. Elle se mesure à la clinique, chez le chien comme chez le chat, sur un animal éveillé et sans piqûre, et elle se traite. Notre guide senior le dit déjà.
Quelque chose qu'il a avalé, léché ou reçu sur la peau
Une intoxication. Le cannabis, l'antigel, un médicament humain, un reste d'ordonnance, un antipuce pour chien posé sur un chat : plusieurs produisent exactement un animal qui titube et qui semble perdu. C'est aussi la cause qui se règle le plus vite quand elle est nommée tôt.
Une atteinte du cerveau lui-même
La forme centrale. Une inflammation, une tumeur, un accident vasculaire. Plus rare que les précédentes, plus sérieuse, et c'est celle qui demande une imagerie avancée du cerveau, qui se fait en référence.
Autre chose, qui ressemble à un problème d'équilibre sans en être un
Une faiblesse des pattes arrière, une douleur de dos ou une hernie discale, un malaise cardiaque (une syncope), une crise focale, un manque de sucre chez un animal diabétique, une perte de vision brutale. De l'extérieur, tout ça peut donner « il ne tient plus debout ». C'est une des raisons pour lesquelles l'examen commence par localiser avant de nommer.
Une crise, ou une chute d'équilibre ?
C'est la confusion la plus fréquente, et elle est normale : vus d'un salon, les deux se ressemblent. Notre guide sur la crise convulsive publie déjà le repère : pendant un trouble de l'équilibre, l'animal reste conscient tout du long, il vous entend, il vous suit des yeux, il essaie de se relever. Pendant une crise, il n'est pas là.
Ce repère ne sert que dans un sens : s'il a perdu connaissance, même quelques secondes, c'est le premier bloc rouge de cette page et vous partez maintenant. Il ne sert PAS dans l'autre : « il est resté conscient » ne vous autorise pas à attendre demain matin, parce qu'une crise peut aussi ressembler à un simple trouble de l'équilibre. Et si vous ne savez pas dire lequel des deux vous venez de voir, c'est exactement pour ça qu'on vous demande la vidéo.
Ce qui est particulier au chien
- La forme du vieux chien est le scénario classique : un chien qui allait parfaitement bien il y a une heure, et qui se retrouve couché sur le côté, la tête penchée, incapable de se relever. La brutalité de l'apparition fait partie du tableau et n'est pas en soi un mauvais signe.
- Une thyroïde paresseuse, l'hypothyroïdie, figure parmi les causes à chercher chez le chien. On la trouve avec une prise de sang, et elle se traite.
- Certains produits mis dans l'oreille peuvent atteindre l'audition ou l'équilibre lorsqu'ils passent derrière un tympan abîmé, parfois de façon définitive. C'est écrit sur notre guide des médicaments auriculaires, et c'est le pont vers la section suivante.
- Le chien qui fait des otites à répétition part avec une longueur d'avance sur cette liste : chez lui, l'oreille est la première hypothèse, pas la dernière.
- Un chien qui revient d'un voyage, ou qui vit dans une région où les tiques sont abondantes, fait ouvrir une piste supplémentaire et rare : une cause infectieuse ou inflammatoire du cerveau. Nos fiches la citent avec ce même qualificatif de contexte, et pas autrement.
Ce qui est particulier au chat
- La forme idiopathique n'est pas réservée au chat âgé. Contrairement au chien, elle survient à tout âge, et une recrudescence est souvent observée en été et en fin d'été. C'est écrit sur notre fiche féline. Un chat de quatre ans qui tombe sur le côté n'est donc pas automatiquement un cas plus inquiétant qu'un chat de quatorze ans.
- L'hypertension est la cause à ne jamais oublier chez le chat qui vieillit, parce qu'elle est silencieuse jusqu'au jour où elle ne l'est plus. Un chat qui perd l'équilibre ET qui se cogne, avec les deux pupilles restées grandes en pleine lumière, est une urgence : notre fiche sur l'hyperthyroïdie l'écrit déjà en ces termes.
- Un polype dans l'oreille ou l'arrière-gorge est une cause classique chez le chat jeune. On le cherche à l'examen de l'oreille, parfois sous sédation parce qu'il se cache derrière le tympan ou derrière le voile du palais, et il se retire.
- Un chaton qui titube depuis toujours, qui tremble en visant sa gamelle et qui écarte les pattes pour tenir debout, ce n'est pas la même histoire : c'est une atteinte du cervelet, souvent présente depuis la naissance, qui ne s'aggrave pas et avec laquelle beaucoup de chats vivent très bien toute leur vie. Ça se distingue à l'examen, pas à l'oeil, et c'est une distinction que le vétérinaire fait de routine.
- Un chat qui ne mange plus en plus de tout ça a un deuxième compteur qui tourne. Chez lui, le refus de s'alimenter devient rapidement un problème à part entière, et notre page dédiée explique pourquoi. Signalez-le au téléphone, ça change le délai.
Et pourquoi tout ça se ressemble autant à la maison
Parce que de l'extérieur, vous ne voyez qu'une seule chose : le rapport que le système de l'équilibre transmet au reste du corps sur l'endroit où se trouve le bas. Tout ce qui perturbe ce circuit, de l'oreille interne jusqu'au tronc cérébral, produit le même rapport faux. Votre animal ne vous dit pas où est le problème : il vous dit que le rapport est faux. Trouver l'endroit où le circuit est perturbé, c'est tout le travail de l'examen, et c'est précisément la partie qui ne se fait pas à distance.
Si c'est l'oreille : ne mettez rien dedans
C'est la seule branche de cette page où un propriétaire peut, sans le vouloir et en dix secondes, aggraver durablement les choses. C'est pour ça qu'elle a sa propre section, et c'est pour ça qu'elle tient en une seule consigne.
Pourquoi l'oreille et l'équilibre sont le même sujet
L'organe de l'équilibre n'est pas à côté de l'oreille : il est dedans, tout au fond, derrière le tympan et derrière l'oreille moyenne. Le nerf qui commande les muscles de la face passe au même endroit. C'est pour cette raison qu'une infection qui atteint cet étage peut donner une tête penchée, une démarche en zigzag, une babine qui tombe d'un seul côté, une oreille qui pend, un oeil qui ne se ferme plus complètement.
Et si un oeil n'a pas l'air pareil
Regardez ses deux yeux côte à côte, sans rien toucher. Si, du côté vers lequel la tête penche, la pupille est plus petite que l'autre, si la paupière du haut retombe un peu, si l'oeil paraît enfoncé et si la troisième paupière remonte dans le coin : ce n'est pas la même chose qu'une face qui s'affaisse, et ce n'est pas non plus la perte de vision du premier bloc rouge, où les DEUX pupilles restent grandes. Cet ensemble porte un nom, le syndrome de Horner. Il n'est pas douloureux et il n'est pas une urgence en lui-même. Il compte pour une autre raison : c'est un des signes qui font pencher l'examen du côté de l'oreille moyenne ou interne, et il fait partie de ceux que la forme bénigne ne donne pas. Dites-le au téléphone, prenez-le en photo, et n'en concluez rien vous-même : ce signe change ce qu'on cherche, il ne change pas le fait qu'on vous voit aujourd'hui.
Rien n'entre dans cette oreille
Pas les gouttes qui restent d'une otite passée. Pas celles de l'autre animal de la maison. Pas un nettoyant acheté en animalerie. Pas de peroxyde, pas d'alcool, pas de vinaigre, pas d'huile, pas d'eau, pas de coton-tige.
Un animal qui penche déjà la tête est exactement celui chez qui le tympan a le plus de chances d'être abîmé. Or certains produits sans danger dans un conduit fermé ne le sont pas du tout de l'autre côté : ils peuvent atteindre l'audition ou l'équilibre, parfois de façon définitive.
C'est mot pour mot ce que publient déjà nos deux guides de gestes, et on ne l'adoucit pas d'une virgule ici.
Et ne nettoyez pas non plus
Notre guide sur le nettoyage des oreilles est catégorique : on ne nettoie jamais une oreille douloureuse ou qui coule, et une tête penchée figure justement parmi les signes qui commandent d'appeler au lieu de nettoyer. Vous n'avez rien à préparer avant de venir. Une oreille sale nous donne autant d'information qu'une oreille propre, souvent plus.
Si un traitement d'oreille est déjà en cours
Arrêtez-le et appelez-nous. Notre guide sur les médicaments auriculaires publie déjà cette consigne sans détour : une tête qui reste penchée, une perte d'équilibre, des yeux qui bougent tout seuls, une face qui s'affaisse d'un côté ou une audition qui baisse d'un coup, ce sont des signes qui imposent de cesser le traitement et d'appeler sans attendre. Ne finissez pas la boîte pour bien faire.
Ce qu'on regarde, et pourquoi ça demande parfois une sédation
Voir le fond du conduit demande un otoscope et un conduit propre. Chez un animal qui a mal, ou dont le conduit est trop plein, ce n'est pas toujours possible du premier coup sur la table : on nettoie alors à la clinique, puis on réévalue. Une image peut aussi être nécessaire pour voir ce qui se passe à l'étage du dessous, et votre vétérinaire vous dira si elle se fait ici ou ailleurs. C'est une étape de plus, et elle vaut la peine.
Les gestes et les avertissements sont ailleurs
Pour le chien, notre fiche complète sur l'otite externe explique pourquoi une otite est presque toujours le symptôme visible d'autre chose, et ce que change un troisième épisode dans l'année. Pour les deux espèces, les deux guides de gestes portent la technique, les produits et les signes qui commandent d'arrêter. Cette page ne répète aucun des trois : elle leur défère.
Ce que l'examen décide, et pourquoi il est souvent rassurant
Beaucoup de gens repoussent le rendez-vous parce qu'ils imaginent une machine, une anesthésie, une grosse affaire. Le premier rendez-vous n'est rien de tout ça. C'est d'abord un examen fait avec les mains et les yeux, sur un animal éveillé, sur la table, pendant que vous êtes là. Voici exactement ce qui se passe.
- On vous écoute, et on regarde votre vidéoL'histoire fait la moitié du travail : soudain ou progressif, ce qui a changé dans la maison, les traitements en cours, les oreilles, un voyage, un accès au garage ou au jardin.
- L'examen qui localiseIl n'a l'air de rien vu de l'extérieur, et c'est pourtant lui qui décide. On regarde comment l'animal se tient et comment il se déplace, on retourne délicatement une patte pour voir s'il la remet en place tout seul, on suit ses yeux, on teste les nerfs de la face un par un, on juge son niveau d'éveil. Ce sont ces manoeuvres, et non la scène de la cuisine, qui disent à quel étage du circuit se trouve le problème. Rien de tout cela n'est douloureux, et rien de tout cela ne demande de sédation.
- L'oreilleOn regarde dans le conduit avec un otoscope, et on prélève si c'est nécessaire. C'est l'étape qui écarte ou qui confirme la branche de la section précédente. C'est aussi la seule étape du rendez-vous qui demande parfois une sédation, quand l'oreille fait trop mal ou que le conduit est trop plein pour voir le fond : on vous le dit avant, jamais après.
- La tension artérielleLa tension artérielle se mesure ici, chez le chien comme chez le chat, sur un animal éveillé, sans piqûre et sans anesthésie : un brassard, une pièce calme, plusieurs mesures dont on garde la moyenne. Ce n'est pas un geste automatique à chaque visite; on la prend quand le tableau le demande, et elle fait partie du bilan de l'animal qui vieillit, dans les deux espèces. La mesure demande quelques minutes au calme avant la première lecture. Si elle est trop élevée, on vous explique ce que ça veut dire pour lui, on établit avec vous un plan de traitement, et on prévoit une mesure de contrôle pour suivre l'évolution.
- Le sang et l'urine, selon le tableauOn cherche les causes générales qui se traitent : les reins, la thyroïde, le sucre, un dérèglement du foie, une infection.
- Et si le tableau l'exige, l'imagerieLes radiographies se font ici. Une image du cerveau, un scanner ou une résonance magnétique, ne se fait pas ici : c'est une référence chez un confrère équipé, et on vous le dit franchement le jour même plutôt que de vous faire attendre.
Ce qui se décide dans ce rendez-vous
Pas nécessairement le nom de la maladie, et il faut le dire honnêtement. Ce qui se décide, c'est autre chose, et c'est déjà beaucoup : est-ce que ça peut attendre, est-ce qu'il y a quelque chose de traitable à traiter aujourd'hui, est-ce que le tableau justifie d'aller regarder à l'intérieur de la tête, et quoi faire à la maison ce soir. Ce sont exactement les quatre choses que vous ne pouvez pas décider seul.
Souvent, on vous rassure, et ce n'est pas une formule
Chez un bon nombre de chiens et de chats âgés amenés pour ce tableau, l'examen ne trouve pas d'autre cause. On traite alors l'inconfort, on vous explique quoi faire à la maison, et l'animal va mieux au fil des jours qui suivent. On l'écrit ici parce que c'est vrai, et parce que c'est précisément le résultat que personne ne peut se donner à soi-même à la maison. Le rendez-vous ne sert pas seulement à trouver un problème : très souvent, il sert à vous rendre votre soirée.
Ce qu'on fait ici, et ce qu'on réfère
On fait ici l'examen complet, l'examen de l'oreille, les analyses de sang et d'urine, la mesure de la tension, les radiographies, le traitement de soutien et le suivi. C'est une pratique générale, et la majorité de ces situations se gèrent chez nous du début à la fin. Ce qui part en référence, on vous le dit sans détour : l'imagerie avancée du cerveau et l'avis d'un vétérinaire spécialisé en neurologie. Ce n'est pas un échec, c'est le bon plateau technique pour ce cas-là. Et une chose à savoir avant d'en avoir besoin : nous n'avons pas de service d'urgence en dehors de nos heures d'ouverture. Le soir, la nuit et les jours fériés, c'est un centre d'urgence 24/7.
Dites-le en prenant rendez-vous
Une seule phrase suffit : « c'est pour un problème d'équilibre ». Ajoutez si vous avez une vidéo. C'est ce qui nous permet de comprendre tout de suite de quoi il s'agit.
Votre animal titube ou penche la tête ?
Prenez rendez-vous en précisant qu'il s'agit d'un problème d'équilibre, et mentionnez si vous avez une vidéo. Si c'est arrivé aujourd'hui, appelez plutôt que d'écrire.
Ne donnez aucun médicament maison
Sur cette page, la tentation n'est pas la douleur : un trouble de l'équilibre ne fait pas mal. La tentation, c'est la nausée. Votre animal a le coeur au bord des lèvres, il est désorienté, il a peur, et vous avez quelque chose dans l'armoire. Il y a deux raisons de ne rien lui donner, et la deuxième est propre à cette situation.
Acétaminophène (Tylenol)
Mortel pour le chat, même un seul comprimé. Il n'existe aucune dose sécuritaire. Si votre chat en a avalé, c'est une urgence immédiate. Chez le chien, il abîme le foie.
Ibuprofène (Advil, Motrin), naproxène (Aleve), aspirine
Ulcères digestifs et atteinte des reins, chez le chien comme chez le chat, parfois avec une seule dose. Le chat y est encore plus sensible que le chien. Jamais d'anti-inflammatoire humain, quelle que soit la raison.
Gravol, antinauséeux humain, Benadryl
Jamais sans directive, et ici il y a une raison de plus : un produit qui endort ou qui embrouille modifie précisément ce que le vétérinaire va évaluer, l'état d'éveil et les mouvements des yeux. Vous ne le calmeriez pas, vous effaceriez l'examen.
Les restes d'ordonnance et le médicament de l'autre animal
Même diagnostic apparent, même poids, même maison : ça ne suffit jamais. Ce qui soulage un chien peut tuer un chat, et une dose calculée pour un autre patient n'est pas une dose.
Tout ce qui entre dans une oreille
C'est la section 6, et c'est la seule règle de cette page qui n'a aucune exception. Un animal qui penche déjà la tête est exactement celui chez qui le tympan a le plus de chances d'être abîmé.
Un animal qu'on calme à l'aveugle
Ce n'est pas que tout soit du poison. C'est que le moment et le lieu sont mauvais. La nausée se traite, et vite, mais c'est un geste de clinique : il se décide une fois qu'on sait ce qu'on traite. Un animal qu'on calme à l'aveugle, c'est une cause qui continue d'avancer pendant qu'on se rassure. Ce soir, votre rôle n'est pas de le traiter, c'est de nous l'amener.
Les prochaines heures : ce qui aide, ce qui nuit
Ces gestes servent à traverser les prochaines heures sans que votre animal se blesse, et sans que la peur monte, chez lui comme chez vous. Aucun n'est un traitement, et surtout aucun n'est un test : s'ils l'apaisent, tant mieux; s'ils ne changent rien, le rendez-vous tient exactement pareil.
Ce qui aide
- Le sol, tout de suite. Un animal qui perd l'équilibre ne se blesse pas en penchant la tête, il se blesse en tombant. Bloquez les escaliers, éloignez-le des paliers, des balcons, de la baignoire et des meubles à coins durs. Pour un chat : fermez l'accès aux hauteurs, et descendez sa litière, sa nourriture et son eau au même étage que lui.
- Un espace petit, calme et rembourré. Pas la maison entière. Une pièce ou un parc, des couvertures roulées le long des murs, des tapis antidérapants sur le plancher glissant. Un animal qui ne peut plus se cogner cesse d'avoir peur de bouger, et c'est déjà énorme.
- Ne déplacez pas les meubles. Il se repère en ce moment à sa mémoire de l'espace, et c'est son meilleur outil. Nos fiches le disent déjà : on garde la disposition habituelle.
- Baissez la lumière et le bruit, et laissez une veilleuse la nuit pour l'aider à s'orienter.
- Laissez l'eau et la nourriture à sa portée, au sol. Des bols stables, au ras du plancher, près d'un mur pour qu'il puisse s'appuyer. De la nourriture humide, légèrement réchauffée : elle sent plus fort, donc elle se trouve plus facilement quand on ne sait plus où est le bas.
- Aidez-le à se relever, avec la bonne prise. Une serviette ou une sangle passée sous le ventre pour un grand chien, les deux mains pour un petit chien ou un chat. Notre guide sur l'animal qui ne peut plus se lever montre la technique et comment protéger votre dos.
- Sortez-le en harnais, sur une longe courte, sur du gazon. Pas le trottoir, pas la glace, pas les marches, pas la promenade habituelle.
- Notez ce que vous voyez, matin et soir. Deux lignes datées, ou dix secondes de vidéo : est-ce qu'il est plus stable, est-ce qu'il mange, est-ce qu'il boit, est-ce qu'il urine. L'évolution sur quelques jours est en elle-même une information que le vétérinaire utilisera.
- Restez avec lui plus qu'à l'habitude. Il est désorienté et il a peur, et cette peur-là fait partie de ce que vous pouvez soulager ce soir.
Ce qui nuit
- Ne le mettez pas à jeun. Pas de « je vais lui laisser l'estomac tranquille jusqu'à demain ». Le réflexe vient des pages sur les vomissements, et il n'a rien à faire ici. Un animal qui perd l'équilibre a déjà du mal à trouver sa gamelle : lui retirer l'eau et la nourriture est exactement le contraire de ce qu'il faut faire. Chez le chat, ne pas manger devient rapidement un problème à part entière.
- Ne le gavez pas et ne lui donnez rien à la seringue. Un animal nauséeux, désorienté et qui se débat peut inhaler la nourriture. On offre, on n'impose pas. S'il ne mange pas, ce n'est pas à vous de forcer : dites-le nous, c'est une information et parfois une ordonnance.
- Aucun médicament de la maison, et c'est la section juste au-dessus. Pas de Gravol, pas d'anti-inflammatoire humain, pas d'antidouleur humain, pas de reste d'ordonnance, pas le médicament de l'autre animal.
- Rien dans l'oreille. C'est la section 6, et c'est la seule règle de cette page qui n'a aucune exception.
- Ne le forcez pas à marcher pour voir s'il y arrive. Ce n'est pas un test, et chaque essai raté est une chute de plus.
- Ne le faites pas tourner, ne bougez pas sa tête, ne passez pas la main devant ses yeux. Aucun de ces gestes ne vous apprendra quoi que ce soit, et tous augmentent la nausée.
- Ne le laissez pas seul en hauteur, ni dehors sans surveillance, ni seul avec les autres animaux de la maison tant qu'il titube. Un animal désorienté se fait bousculer, et il peut aussi mordre parce qu'il ne comprend plus ce qui l'approche.
- N'attendez pas de voir si ça passe pendant la nuit. Cette page n'a pas de délai de surveillance à vous proposer, parce qu'il n'y en a pas : c'est aujourd'hui.
Ne prenez aucune décision définitive pendant la phase aiguë
Nos deux fiches le publient déjà, et c'est peut-être la phrase la plus importante de cette page après celle des drapeaux rouges. Le premier jour est le pire. Un animal qui roule sur le plancher, qui vomit, qui ne se relève pas et qui ne vous reconnaît plus tout à fait, ça ressemble à une fin, et beaucoup de gens y pensent dès les premières heures.
Si cette pensée vous traverse, dites-le nous au téléphone. Ce n'est pas une phrase qui nous choque et ce n'est pas une phrase qu'on juge : c'est une phrase qu'on entend souvent le premier jour, et le premier jour est précisément le pire moment pour la trancher. Beaucoup de ces animaux vont nettement mieux au bout de quelques jours, y compris ceux qui gardent une légère inclinaison de tête et qui s'en accommodent très bien.
Préparez votre appel (2 minutes)
- Quand exactement, et est-ce que ça a changé depuis ?
- De quel côté penche la tête, et de quel côté tourne-t-il ?
- Est-ce qu'il arrive à se relever seul ? Est-ce qu'il roule sur lui-même ?
- Est-ce que ses yeux bougent tout seuls ? Avez-vous une vidéo ?
- Est-ce qu'un de ses deux yeux n'a pas l'air pareil : pupille plus petite, paupière qui retombe, troisième paupière qui remonte ?
- Est-ce qu'il mange, est-ce qu'il boit, est-ce qu'il vomit ?
- Est-ce qu'il vous répond quand vous l'appelez ?
- A-t-il eu une otite, un traitement d'oreille, un antipuce, un nouveau médicament, une anesthésie récente ? A-t-il pu avaler quelque chose ?
- Ses maladies connues, ses médicaments en cours, et l'heure de la dernière dose.
Questions fréquentes
Les questions qui reviennent le plus au téléphone, et celle qu'on n'ose pas toujours poser.
Est-ce que mon chien a fait un AVC ?
C'est le soir et vous êtes fermés. J'attends demain matin ?
On m'a dit que c'est la maladie vestibulaire du vieux chien. Ça veut dire que ce n'est rien ?
Il a le coeur au bord des lèvres et il ne mange plus. Je le mets à jeun ? Je le nourris à la seringue ?
Est-ce que je peux lui donner du Gravol pour le mal de coeur ?
Il garde la tête penchée depuis des semaines. Est-ce que ça va rester ? Et est-ce que ça peut revenir ?
Un côté de sa face est tombé et son oeil ne se ferme plus. C'est lié ?
Est-ce qu'il souffre ?
Il tourne en rond et il semble perdu depuis des semaines, surtout la nuit. C'est la même chose ?
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Le tri honnête, en une phrase
Il ne se relève plus, sa conscience change, il convulse, ses pattes ne le portent plus, il respire mal, il est diabétique, il a pu avaler quelque chose, c'est arrivé après un choc : partez maintenant. Une tête penchée, des yeux qui bougent tout seuls, une démarche d'ivrogne et rien d'autre : c'est aujourd'hui, pas demain matin. Et d'ici là, filmez-le, laissez-lui l'eau et la nourriture à portée, et ne mettez rien dans son oreille. La bonne nouvelle existe vraiment; elle deviendra la vôtre le jour où quelqu'un aura regardé.
Il titube, et vous hésitez à déranger ?
N'hésitez plus : hésiter à appeler est déjà une raison d'appeler. On trie ensemble, et si un rendez-vous suffit, on vous le dit tout de suite. Précisez qu'il s'agit d'un problème d'équilibre, et dites-nous si vous avez une vidéo.