Symptômes : quoi faire
Guide client · Symptômes et triage

Mon chat a la diarrhée

urgence ou pas ? Trions ensemble

Chez le chat, presque tout se passe hors de votre vue : la litière est votre seul instrument, et elle ne dit pas tout. Cette page trie honnêtement ce qui commande de partir maintenant, ce qui mérite un appel aujourd'hui, et le peu qui peut vraiment se surveiller à la maison. Elle commence par un piège qui coûte des vies : chez le chat, pousser au bac ne veut pas toujours dire ce qu'on croit.

Les signes graves Le chat qui force Questions fréquentes

Ce guide vous aide à trier; il ne remplace pas l'examen du vétérinaire. Au moindre doute, appelez-nous au 514 223-1197.

Urgence

Partez maintenant : les signes qui ne peuvent pas attendre

Un seul de ces tableaux suffit, et aucun ne se compte en heures : ce qui suit passe avant toute idée de surveiller. Le chat masque son mal, alors quand il en montre un, c'est déjà sérieux. Installez-le doucement dans sa cage de transport, gardez le trajet calme, et appelez en route.

  • Il va et vient au bac, il s'accroupit longtemps, il pousse, et il ne produit presque rien. Beaucoup de gens pensent à de la constipation. Chez le chat, cette même scène peut être une vessie bloquée, et c'est mortel. Il ne produit presque rien, mais quelques gouttes comptent quand même : le fait que quelque chose sorte ne veut pas dire que la voie est libre. Voyez la section suivante, puis partez.
  • Il a la diarrhée et il ne mange plus. Chez le chat, le refus de manger se compte en heures : ne laissez jamais passer plus de 24 à 48 heures sans manger, et moins encore s'il est rond, âgé ou déjà malade. Son foie se met à traiter le gras mobilisé plus vite qu'il ne le peut, et un chat qui avait une diarrhée se retrouve avec un problème de foie par-dessus.
  • Il est mou, il se cache, il répond mal quand vous lui parlez, ou il va se coller contre un radiateur, une plinthe, un ordinateur, et il n'en bouge plus. Chez le chat, aller chercher la chaleur n'est pas une question de confort.
  • Ses selles sont noires, collantes, luisantes comme du goudron : c'est du sang digéré, venu de plus haut dans le tube digestif. Ne classez jamais le noir comme moins grave que le rouge.
  • Du sang qui revient à chaque passage au bac, du sang que vous remarquez sans avoir à le chercher, ou du sang accompagné d'un seul autre signe de cette liste.
  • Il se fige, il refuse d'être touché sur le ventre, il ne veut plus s'installer, il reste tassé en boule ou il se cache : c'est un chat qui a mal, et un chat qui a mal avec la diarrhée ne se surveille pas.
  • Un fil, une ficelle, un ruban, de la soie dentaire ou un élastique dépasse de sa gueule ou de son anus : NE TIREZ JAMAIS, même doucement, tirer peut couper l'intestin de l'intérieur. Ne coupez rien non plus. Partez tel quel.
  • Il vomit en plus de la diarrhée. Il perd par les deux bouts et il ne peut plus se remplir tout seul : ce n'est plus une situation qui se surveille.
  • C'est un chaton. Chez lui, on ne surveille pas une diarrhée, et si vous lisez ceci le soir, cela veut dire ce soir.
  • Vous soupçonnez qu'il a avalé ou léché quelque chose. Chez le chat, le poison n'arrive pas par la poubelle comme chez le chien : il arrive par le toilettage, parce que tout ce qui se dépose sur son poil ou ses pattes finit dans sa bouche. Un lys mâchouillé ou l'eau de son vase, un antipuces pour chien qu'on lui a appliqué ou un chien fraîchement traité contre lequel il a dormi, un médicament humain : la diarrhée n'est plus le sujet, partez avec l'emballage ou une photo de l'étiquette.

Une chose qui s'arrête n'est pas une chose qui va mieux

C'est le raisonnement qui fait perdre le plus de nuits. Un chat qui retournait au bac dix fois et qui a cessé, un chat qui a cessé de vomir mais qui est maintenant tassé dans un coin, un chat qui ne se plaint plus, un chaton qui ne pleure plus, un chat qui a cessé de se toiletter : ce sont des signes qu'on prend au sérieux, pas des signes qui rassurent. La bonne question n'est pas « est-ce que ça s'est calmé », c'est « est-ce qu'il va mieux ».

Le chat qui force est si souvent pris pour un chat constipé que nous lui consacrons une fiche entière : les maladies urinaires du chat.

Et si vous voyez aussi du sang dans son urine, ou que vous n'arrivez pas à savoir d'où vient le sang, notre page dédiée trie ce cas-là : Du sang dans l'urine.

S'il a la diarrhée et qu'il ne mange plus, la deuxième moitié du problème a sa propre page : ce qui annule le compte des heures, ce que « 24 à 48 heures » veut vraiment dire, et pourquoi nourrir de force n'est pas un geste maison. Mon chat ne mange plus.

Pour les poisons, les premiers gestes selon le produit :

Le piège à connaître

Il pousse au bac : trois choses différentes, une seule scène

Vous l'avez vu s'accroupir, forcer, ressortir, y retourner. Vous cherchez maintenant à savoir si c'est la diarrhée qui le travaille ou s'il est constipé. Arrêtez-vous ici : la question elle-même est le piège, parce que la scène ne répond à personne.

Un gros intestin irrité

Quand la partie basse de l'intestin s'enflamme, le chat pousse souvent, produit peu, et ce peu contient parfois du mucus gélatineux ou des filets de sang rouge. Il n'est pas constipé du tout : il a la diarrhée, et il pousse quand même.

Un intestin qui ne se vide plus

Là, il pousse effectivement sur quelque chose de trop dur ou de trop sec. Ça fait mal, ça peut faire saigner, et un chat peut aussi laisser filer un peu de liquide autour de ce qui bloque : de loin, ça ressemble à une diarrhée.

Il n'arrive plus à uriner

C'est celui-là qui tue. Le passage de sortie se bouche, et le chat retourne au bac exactement de la même façon, dans la même position, avec la même tête. Sauf que ce qui ne sort plus, c'est l'urine, et que les reins et le cœur commencent à souffrir.

Vous n'avez pas à décider laquelle des trois

Et c'est une bonne nouvelle, parce que la scène ne le dit à personne : ni à vous, ni à nous par téléphone. C'est précisément pour ça qu'on veut le voir. Ce que vous avez à faire, ce n'est pas de trancher, c'est d'appeler, et si nous sommes fermés, de partir vers un centre ouvert 24 heures sur 24. Décrire ce que vous voyez ne coûte rien et ne vous engage à rien.

Deux indices qui ne trient rien du tout

  • Le miaulement. Un chat constipé se plaint en poussant; un chat qui n'arrive plus à uriner se plaint aussi, dans le même bac. Si on vous a déjà dit que le cri veut dire urinaire, ou qu'un chat silencieux n'a rien de grave, oubliez-le : le son ne classe pas votre chat.
  • Le sang. Il y a du sang rouge quand le gros intestin est irrité, il y en a quand un chat force fort sur une selle trop dure, et il y en a dans l'urine d'un chat bloqué. Ni la couleur ni la quantité ne classent votre chat. La présence de sang ne vous dit qu'une chose : appelez plus tôt, pas plus tard.

Pendant que vous hésitez, ne faites surtout pas ça

  • Ne donnez pas de laxatif, d'huile ni de lavement. Si c'est urinaire, vous perdez les heures qui comptent; et un lavement de pharmacie peut être franchement toxique pour un chat. Même un lavement dit doux se donne à la clinique, par sonde, au besoin sous sédation.
  • N'appuyez pas sur son ventre pour sentir ce qui bloque, et n'essayez pas de retirer quoi que ce soit. Vous n'avez pas à faire la différence entre un intestin plein et une vessie pleine : c'est notre travail, et une vessie très pleine peut se rompre.
  • Ne lui donnez aucun reste de calmant ni d'antidouleur, même s'il lui a déjà été prescrit. Un chat calmé cesse de forcer, et cette fausse tranquillité vous fera perdre la nuit.
  • Ne retardez pas votre départ pour recueillir un échantillon. On en prélèvera un sur place.

Si quelque chose sort de son anus

Un chat qui force très fort peut extérioriser un bourrelet de tissu rouge et humide par l'anus. C'est impressionnant, et c'est visible sans rien avoir à mesurer : appelez tout de suite, ou partez vers un centre 24/7 si nous sommes fermés. En attendant, ne cherchez pas à le remettre en place et gardez la zone humide avec une compresse propre et de l'eau tiède.

Votre seul instrument

Ce que la litière vous dit, et ce qu'elle ne vous dit pas

Chez un chat d'intérieur, le bac est à peu près la seule chose que vous puissiez observer. Il vaut la peine d'être bien lu, mais il faut savoir dans quel sens il parle.

À lire avant tout le reste

Rien de ce que vous verrez dans le bac ne vous autorise à attendre. Le bac sert à décrire, pas à décider. C'est l'appel qui décide, et ce que vous aurez noté le rendra simplement plus court et plus précis.

Ne comptez pas les selles

On ne vous demandera pas combien de fois il y est allé, et ce n'est pas par politesse : d'un chat à l'autre et d'une journée à l'autre, ça varie beaucoup trop pour qu'un nombre veuille dire quelque chose. Ne vous en faites donc pas si vous ne savez pas répondre. Dites-nous ce que vous avez vu, pas ce que vous avez compté.

Tout ce qui casse la mesure, et personne n'y peut rien

  • Votre chat y va quand personne ne regarde, et personne ne peut surveiller un bac toute une soirée. Quand on filme des chats chez eux, on découvre que leurs propriétaires n'aperçoivent qu'une petite partie de leurs passages. Ne concluez donc rien de « je ne l'ai pas vu y aller ».
  • Un bac couvert vous cache le résultat. Ne le démontez pas ce soir : un chat malade peut bouder un bac qu'on vient de modifier, et vous perdriez votre seule fenêtre. Soulevez simplement le couvercle pour regarder à l'intérieur.
  • Si vous avez plusieurs chats, ou plusieurs bacs, partez du principe que vous ne savez pas qui a fait quoi ni où. Dites-le en appelant : ça change les questions qu'on vous posera.
  • Si votre chat sort dehors, gardez-le à l'intérieur ce soir avec un bac propre. Tant qu'il sort, vous ne mesurez rien du tout.
  • Une litière autonettoyante fait disparaître la preuve avant que vous l'ayez vue : désactivez la fonction automatique le temps de l'épisode.
  • Et si vous ne trouvez rien dans le bac, ne concluez pas qu'il n'a rien fait : regardez ailleurs. Une diarrhée presse, et un chat qui n'arrive pas à temps, un chat affaibli, un chat âgé qui ne grimpe plus dans un bac à rebords hauts, tout ça finit à côté, derrière un meuble, dans un coin.

Ce qui, lui, se voit vraiment

  • Il salit à côté du bac alors qu'il est propre depuis toujours. C'est le signe le plus fiablement observé d'une maison, parce qu'on marche dedans.
  • Il y retourne sans arrêt, ou il pousse : voyez la section précédente, ça change tout.
  • L'aspect. Pas besoin d'échelle ni de score : décrivez avec vos mots. Moulée, molle, comme de la purée, liquide, avec du mucus, avec du sang.
  • Des grains de riz collés au poil sous la queue, ou des vers visibles. Dites-le, ça oriente la suite. Ne pas en voir ne veut rien dire : la plupart des parasites sont invisibles à l'œil nu.
  • Et si quelque chose vous a frappé, l'odeur, la couleur, la quantité, mentionnez-le en appelant.

Pendant que vous nous appelez

  • Videz le bac complètement, puis regardez ce qui s'y trouve à chaque passage. Deux lignes sur un bout de papier, l'heure et ce que vous voyez.
  • Prenez une photo de la selle dans le bac avant de la ramasser. Vous n'avez rien à évaluer : la photo sert à ce que ce soit l'équipe qui regarde, au lieu de vous demander de traduire en mots.
  • Si vous avez plusieurs chats, isolez le vôtre dans une pièce avec son propre bac : ça règle d'un seul geste la question de savoir qui a produit quoi, et celle de la contagion entre eux.
  • Ne changez pas de litière ce soir. Un chat malade peut refuser un bac qui vient de changer, et vous perdriez votre seule fenêtre.
  • Attention au sens de lecture : trouver quelque chose ne met pas votre chat hors de cause. Un bac resté vide, lui, est un renseignement que vous pouvez nous donner.
  • Et si vous partez, partez. N'attendez pas l'heure pour observer.

L'échantillon : pendant l'appel, jamais à sa place

Si vous avez une selle fraîche sous la main, gardez-la : gros comme un raisin, dans un contenant propre et fermé, au réfrigérateur, jamais au congélateur. Une selle liquide s'analyse très bien, et souvent elle en dit plus. Notre guide de collecte explique le reste, y compris ce qui fausse un résultat. Mais votre chat passe avant l'échantillon : lui ne se conserve pas jusqu'à demain matin.

Tant qu'on ne sait pas, chaque selle se traite comme contagieuse

Ramassez le bac plus souvent que d'habitude, avec des gants ou un sac retourné sur la main, lavez-vous les mains à l'eau et au savon pendant au moins 20 secondes après chaque contact avec lui, son bac ou son arrière-train, et mettez les bisous sur le museau en pause. Le bac n'est d'ailleurs pas la seule source : un chat qui a la diarrhée en porte sur le poil, sous la queue et sur les pattes. Nettoyez le poil souillé avec un linge humide et tiède, et tenez-le hors des comptoirs et des lits ce soir. Pas de bain : un chat malade se refroidit vite.

Une précision qui compte ce soir : Vous avez peut-être lu, chez nous ou ailleurs, qu'une selle de chat ne devient contaminante qu'après un certain temps dans le bac. C'est vrai, et ça concerne le parasite de la toxoplasmose. Pendant une diarrhée, d'autres microbes sont transmissibles dès que la selle sort du chat. Traitez donc chaque selle comme contaminante tout de suite, et jetez le sac fermé aux ordures, jamais dans la toilette. À l'inverse, les chats qui excrètent le parasite de la toxoplasmose n'ont en général aucun signe : une diarrhée n'annonce pas une toxoplasmose, et l'absence de diarrhée n'écarte rien non plus.

S'il y a une personne enceinte ou immunosupprimée à la maison

Deux choses changent ce soir. Quelqu'un d'autre s'occupe du bac tant que ça dure. Et on n'attend pas pour faire analyser les selles : appelez dès aujourd'hui, ou un centre ouvert 24/7 si nous sommes fermés et que l'état de votre chat ne peut pas attendre. Pour ses propres précautions, cette personne suit l'avis de son médecin, pas le nôtre.

S'il y a d'autres chats à la maison

La diarrhée de celui-ci les concerne : plusieurs causes se transmettent d'un chat à l'autre par le bac. Nettoyez les bacs chaque jour, n'utilisez pas la même pelle pour deux bacs, et dites-nous combien de chats vivent avec lui.

Ce qui se lit mal

Du sang dans les selles : deux lectures, aucune anodine

C'est probablement ce que vous êtes en train de regarder. Le sang se lit de deux façons selon l'endroit d'où il vient, et chez le chat l'une des deux se rate beaucoup plus facilement.

Rouge vif

Quelques filets rouges, ou un peu de mucus gélatineux, dans une selle molle, chez un chat qui reste par ailleurs parfaitement lui-même : appelez-nous aujourd'hui. Ce n'est pas rien, et ça ne se surveille pas en silence, mais ça ne demande pas de traverser la ville ce soir. Du sang qui revient à chaque passage, du sang que vous remarquez sans avoir à le chercher, ou du sang accompagné d'un seul autre signe : partez maintenant.

Noir et goudronneux : le méléna

Des selles noires, collantes, luisantes, parfois comme du café moulu : le sang a été digéré, donc il vient de plus haut dans le tube digestif. C'est ce qu'on rate le plus à la maison, et chez le chat c'est pire : la litière agglomérante colle et fonce tout, et une selle noire se lit d'abord comme une selle sale. Avec des gants ou un sac retourné sur la main, sortez-la à la lumière du jour et prenez-la en photo, puis appelez tout de suite; si nous sommes fermés, appelez un centre ouvert 24/7. Et retenez le sens de lecture : ne pas en voir n'écarte rien, c'est justement ce qui se voit mal.

Une chose qui efface cette information pour de bon

Le Pepto-Bismol et les produits du même genre colorent les selles en noir pendant plusieurs jours. Une fois la dose donnée, plus personne ne peut lire cette couleur-là, ni vous ni nous : ils effacent exactement le signe qu'on vient de vous demander de guetter, et cette information ne revient pas. Si vous en avez déjà donné, dites-le-nous simplement : on trie avec vous, on ne vous juge pas.

À la maison

Des selles molles chez un adulte en forme : surveiller est raisonnable

Le scénario le plus fréquent : un chat adulte en bonne santé dont les selles se ramollissent et qui reste par ailleurs parfaitement lui-même. Là, et seulement là, surveiller est un choix raisonnable. Précisons tout de suite ce que ça veut dire : notre page Urgence classe déjà la diarrhée chez un animal alerte parmi les motifs d'appel. Ce palier ne remplace donc pas l'appel, il dit seulement que, pour ce chat-là, l'appel peut attendre notre ouverture.

Toutes ces conditions à la fois

  • Adulte en bonne santé, sans maladie connue et sans médicament en cours.
  • Il MANGE, et il boit. C'est la condition non négociable chez le chat : s'il perd du liquide à chaque selle et qu'il cesse en plus de se remplir, ce n'est plus une diarrhée qu'on surveille.
  • Il est vif, il sort de sa cachette, il fait sa vie : il vient vous voir, il monte où il monte d'habitude, il se toilette.
  • Il ne pousse pas au bac, et il n'y retourne pas sans arrêt.
  • Des selles molles sans être liquides, sans sang, sans mucus, et jamais noires.
  • Aucun signe de la liste « partez maintenant », et aucun doute sur un fil, un élastique, une plante ou un produit.

Comment surveiller (et pendant combien de temps)

  • Réévaluez sur 24 heures : c'est un plafond, pas un délai à écouler.
  • Chez le chat, ce plafond a souvent commencé avant vous. On voit rarement la première selle molle, on voit la troisième. Si vous n'êtes pas certain de quand ça a commencé, considérez que le compte est déjà bien avancé.
  • Notez l'heure et l'aspect, et photographiez. Deux lignes suffisent.
  • Continuez de lui offrir sa nourriture habituelle, en petites portions plus rapprochées, et laissez l'eau accessible en tout temps.
  • Et parce que vous lisez probablement ceci le soir : si ce n'est pas rentré dans l'ordre demain matin, appelez à notre ouverture. Ne laissez pas vos 24 heures se terminer sur une deuxième nuit.

Un seul signal annule le compteur

S'il se met à vomir, s'il boude un repas, si les selles deviennent liquides, noires ou goudronneuses, si du sang apparaît, s'il se cache, s'il pousse au bac, s'il n'arrive plus à se retenir jusqu'au bac, ou si quelque chose vous inquiète sans que vous arriviez à le nommer : appelez. Un seul signal suffit, et vous n'avez pas à justifier lequel. Le compteur ne repart pas à zéro parce qu'une selle a été meilleure, ni parce que les allers-retours se sont espacés : c'est la journée entière qui compte, pas le dernier passage. Et si le compteur s'annule pendant que nous sommes fermés, ne remettez pas au matin.

Ce palier ne s'applique pas à tous

Le chaton

On ne surveille pas, on appelle, et si vous lisez ceci le soir, ça veut dire ce soir. Il n'a presque aucune réserve : la diarrhée le vide, le vide le refroidit, et un chaton qui saute un repas peut manquer de sucre en très peu de temps. Un chaton mou, froid au toucher, qui tremble ou qui ne réagit plus, c'est un centre d'urgence maintenant. N'essayez pas de le faire boire ni de lui faire avaler quoi que ce soit s'il titube.

Le chat âgé

D'abord parce que les maladies qui donnent de la diarrhée en vieillissant sont nombreuses et qu'elles ne s'annoncent pas autrement. Ensuite parce que c'est chez lui que vos repères mentent le plus : sa peau garde souvent un pli même quand il est bien hydraté.

Le chat suivi pour une maladie

Reins, thyroïde, cœur, diabète, intestin. S'il est suivi pour ses reins en particulier, il perd déjà de l'eau tous les jours, et une seule journée de selles liquides lui coûte plus cher qu'à un autre chat.

Le chat sous médication

La diarrhée n'est plus un événement isolé, c'est peut-être le médicament qui parle : ça arrive avec les traitements de la thyroïde, souvent dans les premières semaines. N'arrêtez rien de votre propre initiative, appelez-nous d'abord. Et s'il reçoit un anti-inflammatoire, voyez la dernière section : c'est la seule exception.

La chatte gestante ou qui allaite

Ne lui donnez rien de votre propre initiative, même acheté en animalerie, même un vermifuge : plusieurs produits qu'on utiliserait sans hésiter chez une autre chatte ne se donnent pas n'importe lesquels ni n'importe comment chez elle.

Le chat rond

L'intuition dit exactement l'inverse, alors disons-le clairement : le chat en surpoids n'a pas de coussin de sécurité. Ce n'est pas la diarrhée qui inquiète chez lui, c'est ce qui arrive s'il cesse de manger par-dessus, parce que ce sont justement ses réserves qui engorgent le foie.

Le chat déjà maigre, ou qui a fondu

Une diarrhée qui s'ajoute à une perte de poids ne raconte plus une mauvaise journée : c'est le motif type d'un intestin malade depuis un moment, et c'est un examen qu'on ne repousse pas.

Pour eux, on n'observe pas une nuit. Appelez-nous le jour même, même pour « juste des selles molles », et si nous sommes fermés, appelez un centre d'urgence plutôt que d'attendre l'ouverture.

« C'est sûrement le stress »

C'est vrai, et c'est justement ce qui le rend piégeant. Un déménagement, des travaux, un nouvel arrivant, une pension : chez le chat, bousculer la routine se traduit vraiment par des signes digestifs, et des chats parfaitement sains se mettent à bouder leur gamelle ou à faire leurs besoins hors du bac. Mais retenez-le dans le bon sens. Le stress est une explication qu'on retient à la fin, quand on a écarté le reste, jamais une raison de ne pas appeler ce soir. Il en va de même pour les autres phrases qu'on se dit pour se rassurer : « c'est ses boules de poils », « il a l'estomac sensible », « il fait ça tous les mois ». Un antécédent n'est pas un diagnostic : ça veut souvent dire que ça dure depuis longtemps.

Manger et boire

Ce qu'on fait, et ce qu'on ne fait surtout pas

C'est ici que les vieux réflexes font le plus de dégâts, parce qu'ils viennent presque tous du chien.

Ne mettez jamais votre chat à la diète

C'est le conseil qu'on donnait pour les chiens, et chez le chat il est dangereux. Quand un chat cesse de manger, son corps envoie ses réserves de gras vers le foie plus vite que le foie ne peut les traiter, et un chat qui avait une diarrhée se retrouve avec un problème de foie par-dessus. Continuez de lui offrir ses repas, en plus petites portions et plus souvent. Et s'il cesse de manger de lui-même, ce n'est pas une étape à laisser passer : c'est un signal.

Ne changez pas sa nourriture ce soir

Un changement brusque peut lui-même donner la diarrhée, et il brouille le portrait au moment précis où on essaie de le lire. Pire, chez le chat : un chat qui a mal au cœur peut associer durablement son malaise à l'aliment qu'on lui présente à ce moment-là et le refuser ensuite, même une fois guéri. On lui fermerait ainsi la porte de la nourriture dont il aura justement besoin. Offrez, n'insistez jamais, et s'il bave ou se détourne du bol, laissez-le tranquille.

Le poulet-riz, c'est un réflexe de chien

Le chat est un carnivore strict, et ces préparations maison lui manquent toujours quelque chose, pas seulement ce à quoi on pense. Le vrai problème n'est d'ailleurs pas la recette : c'est qu'un chat qui ne se sent pas bien et à qui on présente une nourriture inconnue peut tout simplement refuser de manger, ce qui est exactement ce qu'on cherche à éviter chez lui. Restez sur ce qu'il mange déjà.

Le meilleur geste pour l'eau n'est pas de le faire boire

C'est de le faire manger humide. Une nourriture en conserve apporte beaucoup plus d'eau qu'une croquette, même quand le bol est plein. Si votre chat a déjà une version humide de son alimentation habituelle, c'est le moment de la lui offrir. Ce n'est pas un changement d'alimentation, c'est la même chose sous une autre forme.

Ne coupez jamais l'eau

Une diarrhée fait perdre du liquide vite, et un chat qu'on prive d'eau se déshydrate encore plus vite : le bol reste accessible en tout temps.

Pas de Pedialyte, pas de Gatorade, pas de bouillon du commerce

Ces boissons sont dosées en sucre et en sel pour un corps humain, et le sucre attire encore plus d'eau dans l'intestin. Les bouillons du commerce contiennent souvent de l'oignon ou de l'ail, toxiques pour lui. Et il y a pire que l'inutile : n'essayez pas de lui faire avaler du liquide à la seringue. Un chat qui se débat avale de travers, et on se retrouve avec un problème de poumons par-dessus un problème d'intestin.

Probiotiques, fibres, citrouille en conserve

La question nous revient tous les jours, alors voici la réponse honnête : chez le chat, les études sont peu nombreuses et leurs conclusions restent faibles, en particulier chez les chats malades, c'est-à-dire exactement la situation de ce soir. Personne ne peut vous promettre qu'un sachet réglera la nuit. Ce ne sont pas des produits dangereux, mais ce n'est pas une raison d'attendre. Si vous en avez déjà donné, dites-le-nous simplement.

La déshydratation : elle se repère, elle ne s'exclut pas

Le truc du pli de peau, celui qu'on vous a peut-être montré pour un chien, fonctionne mal chez le chat : il peut revenir en place normalement chez un chat déjà déshydraté, et un chat maigre ou âgé garde un pli même bien hydraté. Ses gencives, elles, doivent rester humides et glissantes; sèches ou collantes, c'est un signe d'alerte qui mérite un appel tout de suite. Lisez ces repères dans un seul sens : ils servent à repérer une déshydratation, jamais à prouver qu'elle est absente. Ce que vous pouvez vraiment observer, c'est ce qu'il fait : s'il continue de se vider, s'il ne va plus boire, s'il reste couché sans changer de place, s'il ne vient plus vous voir. Et une vraie déshydratation ne se rattrape pas au bol : elle se corrige avec des fluides donnés à la clinique.

« Il boit encore, donc il n'est pas déshydraté »

Ce raisonnement fait perdre des heures, et chez le chat il est particulièrement traître : beaucoup de chats boivent très peu au bol en temps normal, surtout s'ils mangent humide, et ils boivent ailleurs, au robinet, dans les plantes, dans la douche. Vous n'avez donc aucun repère fiable pour dire s'il boit plus ou moins que d'habitude. À l'inverse, une soif qui augmente franchement n'est pas rassurante non plus : elle peut être le signe d'une maladie de fond. Et si votre chat reçoit déjà des fluides sous la peau à la maison, par exemple pour ses reins, n'augmentez rien de votre propre initiative : appelez-nous d'abord.

Les causes de fond

Chercher la cause : ce qui change selon son âge

Ce qui suit sert à préparer votre appel, jamais à le remplacer. Aucune de ces causes ne se tranche à la maison, et c'est normal : elles se ressemblent beaucoup de l'extérieur.

Le chaton et le jeune chat

La panleucopénie

C'est le parvovirus du chat, et elle ne se lit pas comme celle du chien. La diarrhée n'est pas toujours là, elle peut arriver en dernier, et contrairement au chien, elle ne contient habituellement pas de sang. Ne cherchez donc pas de sang pour vous décider, et n'attendez pas la diarrhée non plus : ce qui compte, c'est qu'il est mou, qu'il boude sa gamelle, qu'il fait de la fièvre. Elle circule encore, surtout là où beaucoup de chats se croisent : portées, refuges, colonies, chats trouvés dehors. Et elle peut voyager sur des objets, des vêtements et des chaussures, sans qu'aucun chat malade soit entré chez vous. Si un test de selles est déjà revenu négatif, ça ne l'écarte pas : chez un chaton, on décide sur son état, pas sur un résultat. Appelez-nous avant de venir avec un chaton qui a la diarrhée : on vous fera entrer autrement, pour protéger les autres chats.

Les parasites

Les jeunes animaux naissent très souvent déjà porteurs, sans le moindre signe visible. C'est pour ça qu'on vermifuge tôt, même un chaton en pleine forme. Et si votre chaton arrive d'un élevage, d'un refuge, d'une exposition ou d'une colonie, et qu'il fait une diarrhée qui s'étire, dites-le-nous : il existe des parasites qu'on ne cherche que dans ce contexte-là et qui ne se voient pas sur une analyse ordinaire.

Le manque de sucre

Un chaton qui a la diarrhée et qui saute des repas peut manquer de sucre en quelques heures : faiblesse, tremblements, démarche molle, regard absent. C'est une urgence en soi, même si la diarrhée vous paraît légère.

Le chat adulte

Ce qui a changé dans son assiette

Une nouvelle nourriture donnée d'un coup, une autre boîte, des gâteries, du lait, des restes : c'est une cause fréquente de selles molles. Dites-nous tout ce qui a changé, même minime.

Ce qu'il a pu avaler

Chez le chat, ne pensez pas d'abord à la poubelle : pensez au fil, à la ficelle, à la guirlande, à l'élastique à cheveux, à la plante. Ce ne sont pas des histoires de diarrhée, ce sont des urgences, et un fil peut commencer par ressembler exactement à ce que vous voyez ce soir. Et le piège de l'objet coincé ne se règle pas par l'âge : un segment d'intestin peut glisser dans le suivant chez le très jeune comme chez le chat d'âge mûr.

Les parasites, et le piège du test négatif

La giardia s'excrète par intermittence : elle n'est pas dans chaque selle, et une seule analyse peut donc revenir négative chez un chat qui en a. C'est pour ça qu'on demande parfois plus d'une collecte, sur des jours différents. L'inverse est vrai aussi, et on le dit rarement : en trouver ne prouve pas que c'est la cause, beaucoup de chats en parfaite santé en portent.

Un médicament ou un vermifuge récent

Une diarrhée qui suit un antibiotique, un vermifuge, un antiparasitaire ou un changement de dose est banale, et c'est l'une des rares choses que vous savez avec certitude. Dites-le en appelant, et n'arrêtez rien de votre propre initiative.

Le chat qui vieillit

L'intestin lui-même

Chez le chat qui vieillit, une diarrhée qui dure appartient le plus souvent à une même famille : une inflammation chronique de l'intestin, une forme qui répond à un changement d'alimentation encadré, ou un lymphome digestif. Il faut le dire franchement, parce que ça explique toute la démarche : ces maladies donnent les mêmes signes, le même amaigrissement lent, les mêmes selles molles. C'est pour ça qu'on ne devine pas et qu'on regarde.

La thyroïde

L'hyperthyroïdie donne bel et bien des selles molles et abondantes, mais c'est un signe de minorité, et ce n'est presque jamais ce qui amène le chat chez nous. Le tableau à reconnaître est ailleurs, et il est déroutant : un chat qui maigrit alors qu'il mange plus qu'avant, qui boit davantage, qui devient nerveux ou bruyant la nuit, avec un poil piqué.

Le pancréas

Deux choses différentes, et les deux se lisent à l'envers du chien. La pancréatite du chat ne se présente pas par la diarrhée : ce qu'on voit d'abord, c'est un chat éteint qui cesse de manger, et qui ne crie pas. Ça ne veut pas dire qu'il n'a pas mal. Et il existe une insuffisance du pancréas qui empêche simplement de digérer : là, le signe qui domine est la fonte du poids, avec des selles molles, volumineuses, pâles, et un poil qui devient gras. L'appétit ne dit rien de fiable dans un cas comme dans l'autre.

Le mot « triadite »

Vous l'entendrez peut-être. Chez le chat, le pancréas, le foie et l'intestin sont voisins de plomberie et ils s'enflamment souvent ensemble. Ce n'est pas un diagnostic qu'on pose au téléphone. C'est une façon d'expliquer pourquoi on regarde les trois quand un seul semble en cause.

Rien de tout ça ne se tranche à la maison. Ce que vous venez de lire sert à préparer l'appel, pas à le remplacer. Si nous sommes fermés et que votre chat est abattu, qu'il ne mange plus ou qu'il vomit en plus de la diarrhée, n'attendez pas notre ouverture : un centre d'urgence 24/7 vous prend ce soir.

Au-delà de trois semaines, ce n'est plus un épisode

On ne parle plus d'une diarrhée passagère mais d'une diarrhée chronique, et elle mérite un bilan. Trois semaines, ce n'est pas un délai à laisser filer : c'est la borne à partir de laquelle on cesse de chercher une explication passagère. Et le compte ne repart pas à zéro parce qu'il a fait deux belles selles cette semaine : ce qui compte, c'est depuis quand ça va et vient.

« Est-ce que je change sa nourriture pour voir ? » Deux choses. La première : un essai alimentaire, ce n'est pas essayer une autre croquette. C'est une démarche précise, une seule à la fois, sur des semaines, et menée à moitié elle ne veut rien dire. La seconde : ne la commencez pas avant qu'on ait regardé. Acheter un sac « digestion sensible » un soir de semaine, c'est ajouter une variable au portrait au pire moment.

Préparez votre appel (2 minutes)

  • Depuis quand, ce que vous avez vu dans le bac, et si ça s'accélère.
  • Tout ce qu'il mange, vraiment tout : la marque et le format, les gâteries, le lait, les restes, ce qu'il vole dans l'assiette des autres, et ce qui a changé dans le dernier mois. Ça paraît anodin, c'est pourtant l'information qui manque le plus souvent.
  • Ses médicaments, ses vermifuges, la date du dernier, et tout ce que vous lui avez donné vous-même, y compris un produit acheté en pharmacie.
  • S'il sort dehors, combien de chats vivent avec lui, s'il vient d'être adopté, trouvé, ou de rentrer de pension.
  • S'il a déjà été testé pour la leucémie féline ou le virus d'immunodéficience, ayez le résultat et la date sous la main. Ces virus ne causent pas la diarrhée d'un soir, mais chez un chat porteur, une diarrhée qui s'installe se pousse plus loin et plus tôt.
  • Et s'il mange, s'il boit, s'il vomit, et s'il urine normalement.
La carte signature

Ne donnez aucun médicament maison

Le chat n'est pas un petit chien. Il lui manque, à la naissance et pour toute sa vie, un outil du foie que l'humain et le chien utilisent pour neutraliser certains médicaments. Ce n'est pas une fragilité individuelle ni une question de race, de taille ou d'âge : tous les chats sont concernés, sans exception, et aucun test ne changera ça. Et la règle qui découle de tout le reste : ne donnez jamais à votre chat un médicament prescrit au chien de la maison, même à plus petite dose, même pour le même problème.

Acétaminophène (Tylenol)

Mortel pour le chat, même un seul comprimé. Il n'existe aucune dose sécuritaire, aucun format pour enfant assez petit, aucune façon de couper un comprimé pour le rendre acceptable. Chez lui, ce produit s'attaque au sang avant le foie : le sang perd sa capacité à transporter l'oxygène. La couleur des gencives peut changer, mais elle change tard et de plusieurs façons : n'attendez pas de voir quoi que ce soit sur ses gencives, et ne vous laissez pas rassurer par des gencives qui vous paraissent normales. Si votre chat en a avalé, partez maintenant, ce n'est pas un appel du matin. Et ce n'est pas seulement le flacon marqué Tylenol : l'acétaminophène se cache dans la plupart des produits contre le rhume, la grippe et les maux de tête, y compris sous d'autres noms. Lisez la liste des ingrédients actifs, pas le nom sur le devant.

Imodium et les autres lopéramides

C'est le geste le plus souvent conseillé en ligne, et celui qui nous inquiète le plus. Une diarrhée, c'est souvent le corps qui expulse quelque chose : fermer la porte ne fait pas disparaître ce qu'il y a derrière, ça le garde à l'intérieur plus longtemps, et ce qu'une bactérie fabrique passe alors davantage dans le sang. Le chat a l'air d'aller mieux parce qu'il ne salit plus, et c'est exactement l'illusion qui coûte des heures. Ce médicament est en plus un cousin de la morphine, et chez le chat les opiacés ne calment pas toujours : ils peuvent au contraire l'agiter et le désorienter. Enfin, il masque un objet coincé : un fil avalé peut commencer par ressembler à ce que vous voyez ce soir, et un médicament qui ralentit l'intestin brouille le portrait pendant que la situation s'aggrave.

Pepto-Bismol, Kaopectate et compagnie

Ils contiennent un salicylate, de la famille de l'aspirine, que le chat sort de son corps beaucoup plus lentement que le chien : le produit s'accumule au lieu de partir. Et ils colorent les selles en noir pendant plusieurs jours, effaçant exactement le signe qu'on vous demande de guetter. Sachez aussi que ces produits changent de formule d'un pays à l'autre et d'une année à l'autre sous le même nom : ne vous fiez pas au nom sur la boîte. Si vous en avez déjà donné, apportez-nous la boîte ou photographiez la liste des ingrédients actifs.

Ibuprofène (Advil), naproxène (Aleve), aspirine

Le chat y est nettement plus sensible que le chien. Ces produits attaquent la paroi du tube digestif et le rein, et ils peuvent le faire en même temps plutôt que l'un après l'autre. En donner à un chat qui a déjà la diarrhée, c'est ajouter un saignement et une atteinte du rein à une déshydratation qui est déjà en cours. L'aspirine, elle, reste dans le corps d'un chat bien plus longtemps que chez un chien : une quantité qui vous paraîtrait dérisoire s'additionne d'une prise à l'autre. Il n'existe pas de version douce, et rien sur les tablettes de la pharmacie n'est fait pour un animal de cette taille : couper un comprimé d'humain ne fabrique pas une dose de chat, ça fabrique une devinette.

Les vermifuges achetés en pharmacie ou en animalerie

« Diarrhée, donc des vers » est l'équation la plus répandue, et c'est le produit qu'on donne le plus souvent sans nous en parler. Vermifuger à l'aveugle ne traite pas ce qui cause la diarrhée la plupart du temps, ça retarde l'appel, et surtout un vermifuge donné juste avant une analyse peut masquer les parasites et rendre le résultat faussement rassurant. Si vous en avez déjà donné, dites-nous lequel et quand : on en tient compte.

Les antipuces pour chien

Plusieurs contiennent de la perméthrine, un poison violent pour le chat : tremblements, convulsions. Jamais un produit « pour chien » sur un chat, même une petite quantité, et attention aussi au chat qui dort contre un chien fraîchement traité. Si c'est arrivé, c'est une urgence, pas un appel du matin.

Les restes d'ordonnance

Un antibiotique qui restait d'un autre épisode, ou d'un autre animal de la maison, n'est jamais un dépannage. Le métronidazole en particulier n'est plus un réflexe : il peut atteindre l'équilibre et la vue, avec une démarche titubante et un chat qui ne sait plus où il est, et le risque grimpe quand la dose n'est pas ajustée au poids d'aujourd'hui et quand le traitement se prolonge. C'est exactement ce qui arrive quand on ressort un flacon et qu'on le donne « jusqu'à ce que ça aille mieux ». Un point qui vaut pour tous les restes d'ordonnance : un chat qui a la diarrhée ne pèse déjà plus ce qu'il pesait à sa dernière visite, donc une dose calculée sur l'ancien poids est mécaniquement trop forte. Et la cortisone qui restait d'une crise d'allergie ou d'asthme peut aggraver un saignement digestif, surtout si un anti-inflammatoire a déjà été donné le matin même.

Huile, beurre, vaseline, lait, yogourt

N'essayez pas de faire passer les choses avec un corps gras. Ces produits sont fades et glissants : un chat qui se débat pendant qu'on lui pousse ça dans la bouche peut les inhaler sans même tousser, et l'huile qui descend dans les poumons y reste. Quant au lait, à la crème et au yogourt, c'est le geste le plus tendre et le plus contre-productif : la plupart des chats adultes ne digèrent plus le sucre du lait, qui attire alors l'eau dans l'intestin et fait exactement ce qu'on essayait d'arrêter. Le yogourt n'est pas un probiotique pour chat, c'est du lait avec une réputation.

Le charbon activé

Ce n'est pas un antidiarrhéique. C'est un outil qu'on utilise à la clinique, dans des cas précis, quand on sait quel produit a été avalé et depuis combien de temps. Donné à la maison à un chat qui vomit, qui est abattu ou qui se débat, il peut passer dans les poumons, et une pneumonie s'ajoute alors à la diarrhée.

Et ne le faites pas vomir

Chez le chat, il n'existe aucun moyen sûr de faire vomir à la maison : le peroxyde peut lui être fatal. C'est un geste de clinique, sous sédation au besoin. Si vous réalisez que vous lui avez donné le mauvais produit, ne tentez rien : appelez, ou partez.

La seule fois où l'on vous demande d'arrêter un médicament vous-même

Si votre chat prend un anti-inflammatoire prescrit et qu'il perd l'appétit, vomit, ou fait des selles noires et goudronneuses : cessez le médicament et appelez-nous. Ce sont des signes possibles d'ulcère digestif, et c'est la seule situation où l'on préfère que vous suspendiez une dose avant même de nous avoir parlé.

Vous lui en avez déjà donné ?

Ce n'est pas un reproche, et ce n'est pas une confession : c'est une information clinique dont on a besoin. Dites-nous quoi, combien, à quelle heure, et apportez la boîte ou photographiez la liste des ingrédients actifs. Personne ici ne vous fera la morale.

FAQ

Questions fréquentes

Les questions qui reviennent le plus au téléphone, et une qu'on n'ose pas toujours poser.

Il a la diarrhée mais il joue et il mange. Est-ce que je dérange pour rien ?
Vous ne dérangez jamais : trier au téléphone fait partie de notre travail, et notre page Urgence classe déjà la diarrhée chez un animal alerte parmi les motifs d'appel. Si votre chat est un adulte en bonne santé, sans médicament, qui mange et qui boit, avec des selles molles sans sang et aucun autre signe, le palier « surveiller à la maison » de ce guide s'applique : 24 heures de plafond, un seul signal qui annule le compteur, et un appel à l'ouverture si ce n'est pas rentré dans l'ordre. Dans tous les autres cas, appelez.
Il force dans la litière. Est-ce que je peux lui donner quelque chose pour la constipation ?
Non, et c'est la question la plus importante de cette page. Trois situations très différentes donnent exactement la même scène, et l'une des trois est un chat qui n'arrive plus à uriner : c'est mortel, et ça ne se règle pas tout seul. Un laxatif, de l'huile ou un lavement ne feraient rien contre ça, et vous perdriez les heures qui comptent. Vous n'avez pas à savoir laquelle des trois c'est. Appelez, ou partez vers un centre 24/7 si nous sommes fermés.
Est-ce que je le mets à la diète quelques heures pour reposer son intestin ?
Non. C'est un conseil qui circule beaucoup et qui vient du monde du chien. Chez le chat, priver de nourriture est exactement le mauvais geste : son foie supporte mal le jeûne, et un chat qui cesse de manger peut se retrouver avec un problème de foie par-dessus sa diarrhée. Continuez de lui offrir ses repas habituels, en plus petites portions, plus souvent. Et s'il refuse de manger de lui-même, ce n'est plus une diarrhée qu'on surveille : appelez.
Je ne sais pas combien de fois il est allé au bac. Est-ce grave pour vous ?
Pas du tout, et on ne vous le demandera pas. Les chats font ça à l'abri, et entre un bac couvert, une maison à plusieurs chats, une litière autonettoyante ou un chat qui sort, personne ne compte juste. Quand on filme des chats chez eux, on découvre que leurs propriétaires n'aperçoivent qu'une petite partie de leurs passages : ce n'est pas un défaut d'attention, c'est la vie normale d'une maison. Dites-nous ce que vous avez vu, pas ce que vous avez compté.
C'est le soir. Est-ce que ça peut attendre demain matin ?
Ça dépend du tableau, pas de l'heure. Le moindre signe de la section « partez maintenant », en particulier un chat qui pousse au bac sans presque rien produire, un chat qui ne mange plus, des selles noires ou un chaton : centre d'urgence 24/7 maintenant, pas demain. À l'inverse, un adulte en forme qui mange, avec des selles molles et rien d'autre, peut se réévaluer au matin. Le piège à connaître : si vous démarrez votre plafond de 24 heures ce soir, il se termine demain soir, quand nous sommes fermés. Ne comptez pas jusque-là, appelez à l'ouverture.
Son analyse de selles était négative. Ce n'est donc pas des parasites ?
Pas si vite. Certains parasites, comme la giardia, sont excrétés de façon intermittente : ils ne sont pas dans chaque selle, et un seul échantillon peut donner un faux négatif. C'est pour ça qu'on demande parfois plus d'une collecte, sur des jours différents. Un vermifuge reçu peu avant la collecte peut aussi masquer les parasites. Un résultat négatif est une information, jamais une preuve d'absence. Et l'inverse mérite d'être dit aussi : en trouver ne prouve pas que c'est la cause, beaucoup de chats en parfaite santé en portent.
Il fait des selles molles depuis des mois et je n'en ai jamais parlé. Est-ce que j'ai nui à mon chat ?
C'est la question que beaucoup de gens n'osent pas poser, alors répondons-la franchement. Non, vous n'avez pas mal agi. « Il a toujours eu l'estomac sensible », « c'est ses boules de poils », « il fait ça tous les mois » : ces phrases-là sont partout, y compris dans la bouche de gens de bonne foi, et elles sont faites pour rassurer. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'un antécédent n'est pas un diagnostic : « il a toujours été comme ça » veut souvent dire « ça dure depuis longtemps ». La bonne nouvelle, c'est que les causes en jeu se cherchent et se gèrent à tout moment. Le meilleur moment pour s'y mettre, c'est maintenant, et on le fait ensemble, sans jugement.

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Le tri honnête, en une phrase

Il pousse au bac sans presque rien produire, il ne mange plus, il est mou ou froid, ses selles sont noires, c'est un chaton : partez maintenant. Du sang, du mucus, une diarrhée qui dure, un chat âgé ou suivi pour une maladie : appelez-nous aujourd'hui, et un centre 24/7 ce soir si nous sommes fermés. Des selles molles chez un adulte en forme qui mange : surveillez, sans dépasser 24 heures et sans laisser le compteur se terminer sur une deuxième nuit. Et souvenez-vous que le bac sert à décrire, pas à décider.

Votre chat a la diarrhée et vous hésitez ?

N'hésitez plus : appelez-nous et on trie ensemble. Si un rendez-vous suffit, on vous le dit; si c'est plus pressant, on vous oriente tout de suite.