Guide client · Symptômes et triage
Mon animal a mauvaise haleine
ce que l'odeur essaie de vous dire
« Il a une haleine de chien. » On l'entend tellement souvent qu'on a fini par y croire. Pourtant, un chien en santé et un chat en santé n'ont pas une haleine qui fait reculer : quand ça sent vraiment fort, il y a une raison, et le plus souvent cette raison fait mal. Cette page vous aide à savoir ce que l'odeur indique, ce que vous pouvez regarder ce soir, et à quelle vitesse ça se regarde. Ce qu'elle ne vous proposera jamais : un produit pour masquer l'odeur.
Ce guide vous aide à trier; il ne remplace pas l'examen du vétérinaire. La plus grande partie de chaque dent est cachée sous la gencive, et une odeur ne se diagnostique pas à distance. Au moindre doute, appelez-nous au 514 223-1197.
Partez maintenant : les signes qui ne peuvent pas attendre
La mauvaise haleine à elle seule n'est pas une urgence : elle demande un rendez-vous, pas une course. Ce qui suit, oui. Un seul de ces tableaux suffit. Vous n'avez pas à en cocher plusieurs, ni à décider lequel est le plus grave. N'attendez pas « de voir si ça passe », n'attendez pas le matin : rendez-vous à la clinique ou au centre d'urgence le plus proche, et appelez en route pour qu'on vous attende.
- Son visage a enflé, et son oeil semble poussé vers l'avant, ou l'enflure grossit d'heure en heure, ou il fait de la fièvre, ou il est abattu, ou il n'arrive plus à ouvrir la gueule.
- Sa gueule saigne et ça ne s'arrête pas, ou il avale du sang, ou il y a du sang frais en quantité dans sa salive, dans sa gamelle d'eau ou sur son couchage.
- Il n'arrive plus à fermer sa gueule, ou plus à l'ouvrir, ou sa mâchoire pend. Il crie quand on approche sa tête. Ne forcez rien, ne cherchez pas à vérifier : partez.
- Il a cessé de manger ou de boire. Chez le chat, ne laissez jamais l'anorexie s'installer : appelez avant 24 à 48 heures sans manger, et plus tôt encore s'il est en surpoids ou déjà malade. Vous n'avez pas à attendre d'y arriver. Chez le chiot et le chaton, on appelle aujourd'hui, sans compter les heures.
- Un fil, une ficelle, un ruban, de la soie dentaire ou un élastique dépasse de sa gueule ou de son anus : NE TIREZ JAMAIS, même doucement, même si ça vient tout seul, et ne coupez rien. Partez tel quel.
- Quelque chose est coincé dans sa gueule : un bâton ou un os en travers du palais, un morceau pris entre deux dents. Il se frappe la gueule avec la patte, il a des haut-le-coeur, il bave en filet. On regarde, on ne fouille pas : si l'objet n'est pas parfaitement visible et saisissable du premier coup, n'y touchez pas et partez avec lui.
- Il a mâché une pile bouton, une capsule de détergent, un produit ménager, un débouche-drain ou un autre produit corrosif. Ne le faites pas vomir, ne lui faites rien avaler de votre propre chef, et apportez l'emballage.
- Son haleine sent bizarrement sucré, fruité, ou le dissolvant à vernis, et il est en plus abattu, il vomit, il boit beaucoup ou il respire vite. S'il est diabétique et reçoit de l'insuline : n'injectez pas la dose s'il n'a pas mangé ou s'il a mangé moins de la moitié de sa portion habituelle, parce qu'une injection à jeun peut provoquer une hypoglycémie grave. Appelez-nous avant la prochaine injection, même si c'est dans une heure, et ne décidez pas seul de donner la dose ni de la sauter : si nous sommes fermés, appelez un centre d'urgence 24/7 le soir même.
- Il respire mal : vite alors qu'il est couché tranquille, avec le ventre qui pousse à chaque souffle, ou bruyamment. Un chat qui respire la gueule ouverte est une urgence à lui seul, il ne halète pas comme un chien. Des gencives pâles, grises ou bleutées confirment l'urgence, mais c'est un signe tardif : n'attendez pas de le voir pour partir.
- Il est très abattu, froid au toucher, il titube, il s'affaisse ou il convulse. Ou du jaune apparaît sur ses gencives, sur le blanc de ses yeux ou à l'intérieur de ses oreilles.
Une seule précision, et elle ne retire rien à la liste ci-dessus : une bosse sous un oeil, sur une joue, sur une lèvre ou sous la mâchoire, apparue en un jour ou deux chez un animal par ailleurs tout à fait lui-même, ne fait pas partie de cette liste. Ce n'est pas un départ immédiat, c'est un rendez-vous du jour : appelez-nous et on vous donne l'heure. Si le moindre des signes ci-dessus s'y ajoute, la liste reprend le dessus.
Un seul suffit
Vous n'avez pas à décider lequel de ces signes compte le plus. Si un seul vous parle, partez. Si vous hésitez, appelez quand même : trier, c'est notre travail, pas le vôtre. En dehors de nos heures, un centre d'urgence 24/7 répond, et il n'y a jamais de mauvaise raison d'appeler.
Si quelque chose bloque sa gorge ou son palais
Les premiers gestes, et la règle « on regarde, on ne fouille pas », sont dans notre guide : Mon animal s'étouffe.
S'il a avalé un produit
Ne le faites pas vomir, et appelez avant tout autre geste. Nos deux pages d'urgence : Aliments et plantes toxiques et La page urgence.
Rien de tout ça ne vous parle ? Tant mieux, et c'est le cas le plus fréquent. La suite de cette page est écrite pour vous, et elle commence par la phrase que personne ne dit assez fort.
« Une haleine de chien », ça n'existe pas
Commençons par là, parce que c'est la croyance qui empêche à peu près tout le monde d'appeler. Un chien en santé et un chat en santé n'ont pas l'haleine fraîche, personne ne prétend le contraire : ils ont une haleine neutre. Une haleine qu'on ne remarque pas. Si vous détournez la tête quand il vient vous voir, ce n'est pas une caractéristique de son espèce, c'est une information.
Ce n'est pas un problème de propreté
C'est la deuxième idée reçue, et elle est plus tenace que la première. Une haleine forte ne veut pas dire que la bouche est sale : elle veut dire que des bactéries vivent quelque part sur un tissu enflammé, blessé ou infecté, et qu'elles produisent des composés soufrés. Ce que vous sentez, c'est l'odeur d'une infection. C'est pour ça qu'aucun produit versé dans l'eau ne règle la question : il n'y a rien à laver, il y a quelque chose à traiter.
Silencieuse. Pas indolore.
C'est la phrase que porte notre page de dentisterie, et elle mérite d'être répétée ici : la maladie dentaire est silencieuse, elle n'est pas indolore. Les animaux masquent l'inconfort par instinct, les chats plus encore que les chiens. Ils continuent de manger, de jouer et de vous accueillir à la porte avec une bouche qui, chez un humain, justifierait un arrêt de travail. Alors ne cherchez pas la preuve qu'il a mal avant d'appeler : cette preuve arrive tard, et souvent elle n'arrive jamais.
Manger n'est pas une preuve de confort
C'est l'argument qu'on nous donne le plus au téléphone : « il mange très bien, donc ce n'est pas grave ». Un animal doit manger. Il mangera avec une bouche douloureuse, il apprendra à mâcher d'un seul côté, il avalera ses croquettes sans les casser, il passera aux aliments mous, et personne ne verra rien. L'appétit conservé ne dit rien du confort de sa bouche. Il dit seulement qu'il a faim.
Personne ne vous avait dit que c'était un symptôme
Et c'est vrai. « Une haleine de chien », tout le monde l'a entendu, souvent d'un professionnel bien intentionné, et ça circule depuis des décennies. Vous venez de vous poser la question, vous êtes en train de chercher, et c'est exactement ce qu'il fallait faire. On ne va reprocher à personne d'avoir cru ce que tout le monde répète.
La liste complète des signes qu'on vous demande de surveiller est sur notre page de dentisterie; l'haleine n'en est qu'un.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire en premier
Ne commencez pas par un produit qui enlève l'odeur. Un vaporisateur pour l'haleine, un additif pour l'eau, une gâterie parfumée : ces produits peuvent réellement atténuer l'odeur. C'est précisément le problème. L'odeur est le seul signal que vous avez reçu, et c'est un très bon signal, arrivé bien avant que votre animal ne montre quoi que ce soit. Le supprimer sans savoir ce qui le produisait, c'est éteindre l'avertisseur de fumée parce qu'il fait du bruit. Certains de ces produits ont une vraie utilité, une fois la bouche examinée, et en prévention. Nous en parlons plus bas. Mais leur place est après le rendez-vous, jamais à sa place.
La vitesse change, l'appel ne change pas
Le portique rouge en haut de page dit ce qui commande de partir maintenant. Pour tout le reste, entre « partez maintenant » et « ça peut se planifier », il n'y a pas de zone d'observation quand une haleine a changé. Ce qui change d'un cas à l'autre, c'est la vitesse, jamais le fait d'appeler.
Ce qui ne se laisse pas traîner
L'odeur a changé rapidement; elle vient nettement d'un seul côté; il y a du sang quelque part; il mâche d'un seul côté, laisse tomber sa nourriture ou bave; vous voyez une bosse, une dent cassée, une dent qui bouge; c'est un chat dont l'haleine est franchement mauvaise; ou son eau, sa litière ou son poids ont changé en même temps.
Ce qui se planifie, et qui se prend quand même maintenant
L'odeur augmente lentement depuis des mois, rien d'autre n'a changé, il mange normalement. Ce n'est pas une urgence, et ce n'est pas non plus un dossier qu'on referme. Ce qui se passe dans sa bouche n'attend pas que vous soyez disponible.
Dans les deux cas, la date se fixe pendant l'appel, pas en refermant la page.
Vous ne savez pas à quelle vitesse vous êtes ? Décrivez-nous l'odeur au téléphone, on tranche avec vous.
514 223-1197Ne donnez aucun médicament maison
Vous venez d'apprendre qu'il a probablement mal, et depuis longtemps. Le premier réflexe, à cette minute précise, est d'aller chercher quelque chose « pour le soulager en attendant le rendez-vous ». C'est pour ça que cette section est ici, et pas tout en bas de la page : ce qui se trouve dans votre armoire à pharmacie est fait pour des humains, et deux des produits les plus courants tuent.
Acétaminophène (Tylenol)
Mortel pour le chat, même un seul comprimé. Il n'existe aucune dose sécuritaire. Si votre chat en a avalé, c'est une urgence immédiate. Chez le chien, il abîme le foie.
Ibuprofène (Advil), naproxène (Aleve), aspirine
Toxiques : ulcères digestifs, atteinte des reins. Jamais d'anti-inflammatoire humain, quelle que soit la raison, chez le chien comme chez le chat. Le chat y est encore plus sensible que le chien, et ce n'est pas une question de dose plus petite.
Les restes d'ordonnance, et l'antidouleur de l'autre animal
Même diagnostic apparent, même poids, même famille : ça ne suffit jamais. Ce qui soulage un chien peut tuer un chat, et une dose calculée pour un autre patient n'est pas une dose. Un anti-inflammatoire vétérinaire donné à l'aveugle complique en prime l'anesthésie du rendez-vous.
Les gels et onguents « pour les gencives »
Ceux qui sont faits pour les humains sont conçus pour être recrachés, et un animal les avale. Certains contiennent des anesthésiques locaux qui, avalés en quantité, sont dangereux. Il n'existe pas de version maison de ce qui se passe sous la gencive.
Un antibiotique qui vous reste d'un autre épisode
Il ne réglera pas une dent malade, parce que le problème est mécanique avant d'être infectieux : tant que le tartre sous la gencive et la dent atteinte sont là, l'infection revient. Et un traitement commencé à l'aveugle brouille l'examen au moment précis où on en a le plus besoin.
Rien par la bouche, et voici pourquoi au juste
Ce n'est pas que tout soit du poison. C'est que le moment et le lieu sont mauvais. Soulager la douleur d'une bouche est une vraie priorité, et c'est un geste de clinique : il se décide une fois qu'on sait ce qu'on traite, et une fois qu'on sait dans quel état sont ses reins et son foie. Un animal qu'on « soulage » à l'aveugle, c'est une cause qui continue d'avancer pendant qu'on se rassure.
Ce que l'odeur vous dit, et où elle vous envoie
Vous n'avez qu'une information pour l'instant, et c'est l'odeur elle-même. Elle vaut plus que vous ne le pensez : elle ne donne pas un diagnostic, mais elle indique dans quelle direction regarder, et surtout elle dit parfois que ce n'est pas la bouche du tout.
D'abord : est-ce que ça vient vraiment de la gueule ?
C'est la première question, et presque personne ne se la pose. Faites le test à deux endroits, une fois, calmement.
- Approchez-vous pendant qu'il bâille ou qu'il halète, et sentez près de sa gueule.
- Puis sentez ailleurs : ses oreilles, les plis autour de ses babines, la peau de son cou, ses pattes, son arrière-train.
Si l'odeur est aussi forte loin de la gueule, elle ne vient probablement pas de la gueule. Notez laquelle des deux vous a répondu, et dites-le-nous : ça change complètement ce qu'on regarde en premier.
Approchez votre visage seulement s'il est détendu et qu'il vient de lui-même. Un animal qui a mal à la gueule peut mordre sans prévenir, et vous n'avez pas besoin de sentir de près pour nous être utile : savoir de quel bout de lui l'odeur est la plus forte suffit.
Les quatre odeurs, et où chacune envoie
Ça sent la pourriture, la charogne, quelque chose de gâté, et souvent plus d'un côté que de l'autre
C'est de loin la plus fréquente, et elle pointe vers la bouche : une gencive infectée, une dent malade, une plaie, une masse. Direction : un rendez-vous, et la vitesse dépend de ce que dit la section précédente.
Ça sent sucré, fruité, ou le dissolvant à vernis
Cette odeur-là ne vient pas de la bouche : c'est le corps qui, faute de pouvoir utiliser son sucre, brûle ses graisses et fabrique des déchets acides, les corps cétoniques. Elle accompagne un diabète qui se complique. Elle compte surtout par ce qui l'entoure : boire beaucoup, uriner beaucoup, maigrir en mangeant bien, être abattu, vomir. Direction : si l'un de ces signes est là, ou si votre animal est déjà diabétique, c'est le portique rouge en haut de page. Sinon, appelez aujourd'hui : une prise de sang et une analyse d'urine répondent à la question.
Ça sent l'ammoniac, l'urine, ou le fond d'un vieux bac à litière
Cette odeur pointe vers les reins : quand ils ne filtrent plus assez, les déchets s'accumulent et une partie ressort par la bouche, souvent avec des ulcères sur les gencives et la langue. Les compagnons habituels : il boit plus, il urine plus, il a maigri, son poil est terne, il a des nausées. Direction : une prise de sang et une analyse d'urine, sans laisser traîner, et plus tôt encore s'il vomit, s'il ne mange plus ou s'il faiblit. Une précision honnête : cette odeur apparaît rarement au début d'une maladie rénale. C'est une raison de faire le bilan tout de suite, pas d'attendre d'en voir davantage.
Ça sent le poisson, la moufette, ou une odeur forte qui semble venir de partout
Chez le chien, la réponse est souvent ailleurs qu'en avant : une petite décharge des glandes anales qu'il a ensuite léchée, une oreille infectée, un pli de babine humide et macéré. Direction : lisez la section chien plus bas, et notez ce que le test des deux endroits vous a répondu.
Sentir d'où ça vient chez un chien à babines
Les chiens à lèvres lourdes et à plis, cockers, bouledogues, boxers, saint-bernards, épagneuls, peuvent développer une infection dans le pli humide sous la babine. L'odeur est forte, elle est juste à côté de la bouche, et on conclut presque toujours « il a mauvaise haleine ». Écartez doucement la babine et regardez la peau du pli : rouge, humide, collante, c'est une piste complètement différente, et elle se traite autrement.
Lentement ou d'un coup ?
Cette question vaut presque autant que l'odeur elle-même.
D'un coup, en quelques jours
Il s'est passé quelque chose de neuf : une dent cassée sur un os ou un jouet dur, un objet coincé, un ulcère, une masse qui a commencé à s'abîmer. Rendez-vous sans tarder, et plus vite encore s'il y a du sang ou s'il mange autrement.
Lentement, sur des mois
C'est le tableau habituel de la maladie des gencives. Il n'y a pas d'urgence à l'heure près; il y a en revanche des mois d'inconfort derrière, et ils ne se rattrapent pas.
Vous avez identifié votre odeur ? Dites-la-nous au téléphone, en vos mots. C'est une vraie information clinique.
514 223-1197Chien ou chat ?
Tout ce qui précède vaut pour les deux. Ce qui suit ne se ressemble pas du tout : chez le chat, la quantité de tartre visible ne dit presque rien de ce qui se passe. Prenez la vôtre, et lisez l'autre si le coeur vous en dit.
Chez le chat, ce n'est presque jamais « juste du tartre »
Voici la partie de cette page qu'il ne faut pas sauter, même si votre chat a l'air parfaitement bien. Chez le chien, le tartre visible donne au moins un indice de ce qui se passe. Chez le chat, même pas. Un chat peut avoir une haleine insoutenable avec des dents qui ont l'air propres, et un chat couvert de tartre peut avoir mal ailleurs. C'est pour ça qu'on ne conclut pas en soulevant une lèvre, chez lui moins que chez tout autre.
Une bouche enflammée en profondeur
Chez certains chats, ce n'est pas la dent qui est en cause : c'est toute la muqueuse qui s'enflamme, de façon sévère et très douloureuse. Le fond de la gueule, là où les mâchoires se rejoignent, devient rouge vif, gonflé, presque bourgeonnant. On appelle ça une gingivostomatite.
Ce que vous, vous pouvez remarquer : il crie ou recule quand il bâille; il s'approche de sa gamelle, renifle, et repart; il avale ses croquettes sans les mâcher, ou il ne veut plus que du mou; il bave, parfois avec un filet rosé; il se toilette moins et son poil s'emmêle sur le dos et l'arrière-train; il se dérobe quand on lui touche la tête. Et l'indice qui compte le plus : l'inflammation est hors de proportion avec le peu qu'on voit sur ses dents.
Deux choses à savoir, et elles évitent des mois perdus. La première : le brossage ne corrige pas ça, et un chat dans cet état ne se laissera de toute façon pas brosser. Ce n'est pas de la mauvaise volonté, c'est de la douleur. La seconde : chez beaucoup de ces chats, ce qui donne les meilleurs résultats, c'est de retirer les dents autour desquelles l'inflammation s'accroche. Ces extractions se font ici, sous anesthésie, avec les radiographies dentaires et les blocs nerveux qui vont avec.
L'idée est difficile à entendre, on le sait. Ce qu'on observe ensuite l'est beaucoup moins : la plupart de ces chats se remettent à manger, se toilettent à nouveau et redeviennent sociables, souvent mieux qu'avant. Une partie d'entre eux garde une inflammation qui demande un traitement médical par la suite, et on vous le dit avant, pas après.
Chez ces chats, le statut viral se vérifie au besoin, parce que la leucémie féline et l'immunodéficience féline changent la lecture du dossier. Le test rapide se fait ici, dans notre laboratoire, à partir d'une simple prise de sang. Ce n'est pas automatique : c'est une décision qui se prend avec vous, selon la vie du chat et ce qu'on cherche à comprendre. Le dépistage FeLV et FIV.
Des lésions qui creusent la dent
C'est un des problèmes dentaires les plus fréquents du chat adulte, et le plus discret. La dent se met à se faire manger de l'intérieur, souvent juste à la limite de la gencive. On appelle ça une résorption dentaire.
Ce que ça donne à l'oeil, quand ça se voit : un petit point rouge vif à la base d'une dent, un bourrelet de gencive qui semble grimper sur la dent, ou une dent qui a l'air de disparaître sous la gencive. Le signe le plus caractéristique n'est pas visuel : quand on touche la lésion, la mâchoire du chat se met à trembloter, comme un claquement de dents rapide.
Le point important pour vous : une bonne partie de ces lésions ne se voit pas du tout de l'extérieur. Elles sont sous la gencive, et seule une radiographie dentaire les trouve. Un chat qui a une haleine forte avec des dents d'apparence correcte est exactement le chat chez qui on cherche ça. Et il continuera de manger tout du long.
Les reins
Chez un chat qui vieillit, une haleine qui se met à sentir l'ammoniac ou l'urine est un signal qui mérite une prise de sang et une analyse d'urine sans traîner. Souvent, des ulcères se forment dans la bouche, ce qui rend l'haleine encore pire et rend le fait de manger douloureux.
Ce que vous pouvez vérifier ce soir, et qui nous aide beaucoup : remplissez-vous le bol d'eau plus souvent qu'avant ? Les mottes de litière sont-elles plus grosses ou plus nombreuses ? A-t-il fondu sans que vous l'ayez remarqué ? Son poil est-il devenu terne ou piqué ? Ces quatre réponses valent un paragraphe de description.
Une masse dans la bouche
Il faut la nommer, parce que c'est celle où les semaines comptent. Chez le chat, la tumeur buccale la plus fréquente est un carcinome épidermoïde, et il se développe surtout sur la gencive et sous la langue, l'endroit le plus facile à manquer. Au début, ça ressemble à une simple maladie dentaire : c'est écrit ainsi sur notre fiche, et c'est pour ça que le diagnostic arrive souvent tard.
Ce n'est pas la cause la plus fréquente d'une mauvaise haleine chez le chat, loin de là. Si on la nomme quand même, c'est parce que le signal d'alarme est banal : une haleine qui empire vite, du sang qui apparaît, une dent qui se met à bouger sans tartre autour, une bosse sur la gencive, un chat qui perd du poids en gardant l'appétit. Devant ce tableau, on regarde tout de suite plutôt que dans quelques mois.
Et aussi
Un chat enrhumé
Certains virus respiratoires du chat provoquent des ulcères sur la langue et les gencives, qui font très mal et sentent mauvais. Un chat qui a le nez qui coule, qui éternue, qui bave et qui cesse de manger n'a pas « seulement un rhume ».
Un fil sous la langue
Un fil, une ficelle ou un élastique peut s'enrouler autour de la base de la langue et y rester coincé. C'est une urgence, c'est dans le portique rouge, et la règle est absolue : on ne tire jamais.
Un chat diabétique
L'haleine sucrée, et tout ce qui l'accompagne, est traitée dans la section précédente et dans le portique rouge.
Un chat jaune
Si du jaune apparaît sur ses gencives, sur le blanc de ses yeux ou à l'intérieur de ses oreilles, la question n'est plus l'haleine : c'est le portique rouge en haut de page, et ça pointe vers le foie.
Les deux observations qui valent le plus
Regardez-le manger : est-ce qu'il mâche, ou est-ce qu'il avale tout rond ? Et regardez son pelage : un chat qui cesse de se laver a très souvent mal quelque part. Ces deux réponses valent davantage que tout ce que vous pourriez essayer de voir dans sa gueule.
Une haleine forte chez un chat, c'est un rendez-vous, même si sa bouche a l'air correcte.
Prendre rendez-vous (ouvre un nouvel onglet)Chez le chien, ce qui se cache derrière la même odeur
Chez le chien, la maladie des gencives explique la grande majorité des haleines fortes, et c'est plutôt une bonne nouvelle : c'est celle qu'on sait traiter. Mais trois autres choses se cachent derrière exactement la même odeur, et deux d'entre elles n'attendent pas.
La maladie des gencives, la réponse la plus fréquente
La majorité des chiens et des chats montrent déjà des signes de maladie dentaire vers l'âge de trois ans. Ça commence par un film mou sur la dent, la plaque, qui durcit ensuite en tartre; l'inflammation gagne la gencive, puis ce qui tient la dent en place. Notre page de dentisterie montre à quoi ressemblent les différents stades, avec des photos de vraies gencives, et explique ce que comprend une procédure dentaire. Nous ne le refaisons pas ici : cette page-ci sert à décider si vous appelez.
Un mot sur les petites races. Chez elles, les dents sont grosses par rapport à une mâchoire étroite : elles se chevauchent, elles retiennent la nourriture, et la maladie s'installe plus tôt et plus vite. Un yorkshire, un chihuahua, un caniche nain ou un shih tzu de six ans avec une haleine forte n'est pas un cas tardif : c'est un cas classique.
Une masse dans la bouche
C'est la chose qu'il ne faut pas manquer, et elle se déguise en problème dentaire. Chez le chien, la plus fréquente des tumeurs buccales malignes est le mélanome, souvent pigmenté mais pas toujours. Quand une masse commence à s'abîmer en surface, elle sent très mauvais, et l'odeur peut arriver avant que vous ne voyiez quoi que ce soit.
Ce qui doit vous faire regarder de plus près : une bosse ou un bourgeon sur la gencive; un endroit précis qui saigne, toujours le même; une dent devenue mobile alors qu'il n'y a presque pas de tartre autour; des taches de sang sur les jouets, dans la gamelle d'eau ou sur le couchage; un chien qui s'est mis à mâcher d'un seul côté; une haleine qui empire vite. Notre fiche sur les tumeurs buccales du chien le dit sans détour : les premiers signes ressemblent à une simple maladie dentaire, et c'est pour ça que le diagnostic est souvent posé tard.
Une chose à savoir avant le rendez-vous : une masse dans la bouche ne se nomme pas à l'oeil, et une simple ponction à l'aiguille n'y suffit généralement pas non plus. C'est une biopsie qui donne la réponse. Ce n'est pas une formalité qu'on ajoute, c'est ce qui décide de la suite.
Une dent cassée, et personne ne l'a vue se casser
Très fréquent, très peu reconnu. Un chien casse une pointe de dent sur un os, un bois de cerf, un sabot séché, un nylon très dur, un caillou ou un cube de glace, et personne n'entend rien. La grosse dent du haut, au fond de la joue, est la championne de cette blessure.
Regardez le centre de la surface cassée. Si vous voyez un point rose, rouge ou brun foncé, l'intérieur de la dent est ouvert. À partir de là, les bactéries descendent vers la racine, un abcès se forme au bout, et la mauvaise haleine s'installe. Le signe classique arrive plus tard : une petite enflure ou un trou qui suinte sous l'oeil, du côté atteint. Chez un chien par ailleurs lui-même, c'est un rendez-vous du jour. Ça devient un départ immédiat si son oeil semble poussé vers l'avant, si l'enflure grossit d'heure en heure, s'il fait de la fièvre, s'il est abattu ou s'il n'arrive plus à ouvrir la gueule.
Une dent ouverte ne se referme pas toute seule et elle fait mal en permanence, y compris chez le chien qui continue de croquer sans broncher. Ce qu'on en fait dépend de la dent et de ce que montre la radiographie : ça se décide à l'examen, pas sur internet. Et en attendant, retirez les os secs, les bois de cerf, les sabots et les nylons très durs; notre guide du brossage explique pourquoi.
Quand ce n'est pas la bouche
Quatre pistes, toutes vérifiables ce soir.
Ce qu'il a mangé
Un chien qui mange des selles, qui fouille les poubelles ou qui trouve des choses dehors aura une haleine épouvantable, par épisodes. C'est réel, ce n'est pas de la gourmandise, et ça se règle autrement. Le repère : cette odeur-là va et vient. Une odeur constante n'est pas expliquée par le repas d'hier.
Les glandes anales
Une odeur de poisson après qu'il se soit léché l'arrière-train. Si l'odeur devient persistante, ou s'il se traîne les fesses et se lèche beaucoup, c'est de ce côté qu'il faut regarder.
Les oreilles
Une otite dégage une odeur forte et sucrée qui semble venir de toute la tête. Il se gratte, il secoue la tête, il penche la tête d'un côté.
Le nez
Un écoulement d'une seule narine, avec des éternuements et une odeur forte, n'est pas un problème d'haleine. Chez un petit chien âgé, une maladie dentaire avancée sur un croc du haut peut finir par ouvrir un passage vers le nez. Signalez-nous toujours un écoulement d'un seul côté.
Les glandes anales · Nettoyer les oreilles
Et le reste du corps
Trois causes générales, déjà décrites plus haut par leur odeur : les reins, le diabète, et le foie. Pour le foie, le signal qui compte n'est pas l'odeur : c'est le jaune qui apparaît sur les gencives, le blanc des yeux ou l'intérieur des oreilles, et c'est une urgence.
Le chiot
Pendant la poussée dentaire, un chiot peut avoir une haleine un peu forte : les gencives travaillent, les dents de lait bougent, ça passe tout seul. Deux nuances. Une : quand une dent de lait ne tombe pas et que la dent d'adulte pousse à côté, deux dents partagent une place prévue pour une, la nourriture reste coincée entre les deux, et ça sent. C'est fréquent chez les petites races et ça se règle bien, souvent au moment de la stérilisation. Deux : un chiot dont l'haleine est franchement putride, qui bave, qui saigne ou dont le visage est enflé ne fait pas ses dents. Appelez.
Une odeur qui a changé vite, un côté plus que l'autre, ou du sang : c'est le rendez-vous qu'on ne laisse pas traîner. Appelez, la date se fixe avec vous.
Prendre rendez-vous (ouvre un nouvel onglet)Ce que vous pouvez regarder ce soir
Rien de ce qui suit ne remplace l'examen, et il n'y a aucun test à réussir. Ce sont les informations qu'on va vous demander au téléphone, et les avoir déjà en tête fait gagner du temps à tout le monde. Cinq minutes suffisent.
1. Le test des deux endroits
Sentez près de la gueule pendant qu'il bâille, puis sentez ses oreilles, ses plis de babines, sa peau et son arrière-train. Notez lequel des deux vous a répondu. C'est l'observation la plus utile de toute cette page, et personne ne la fait. Approchez votre visage seulement s'il est détendu et qu'il vient de lui-même : un animal qui a mal à la gueule peut mordre sans prévenir, et savoir de quel bout de lui l'odeur est la plus forte suffit à nous être utile.
2. Soulevez la lèvre, des deux côtés
Calmement, quand il est détendu, sans lui ouvrir la gueule. Soulevez la lèvre supérieure d'un côté et regardez la ligne où la dent rencontre la gencive : c'est là que tout commence. Puis faites l'autre côté, et comparez. Les dents à regarder sont les grosses du fond, en haut, celles que la joue recouvre. Ce que vous cherchez : un liseré rouge le long de la gencive, une gencive qui a reculé et laisse voir la racine, une dent qui bouge, une dent cassée, une bosse, un endroit qui saigne, ou une différence nette entre les deux côtés.
3. Regardez-le manger
Un repas suffit. Est-ce qu'il laisse tomber des morceaux ? Est-ce qu'il mâche d'un seul côté ou penche la tête en mangeant ? Est-ce qu'il avale ses croquettes tout rond ? Est-ce qu'il vient au bol, renifle, puis repart ? Est-ce qu'il préfère maintenant les aliments mous ? Est-ce qu'il prend une bouchée et va la manger ailleurs, sur le tapis ? Chacune de ces observations vaut une phrase dans son dossier.
4. Cherchez du sang
Il est presque toujours quelque part, et presque personne ne le cherche. Regardez la salive quand il dort, les jouets à mâcher, la corde, l'eau de la gamelle, le couchage, et chez le chat la litière et les endroits où il se couche. Une trace rosée compte.
5. Notez le rythme
Depuis quand ? Est-ce que ça a changé en quelques jours, ou est-ce que ça monte depuis des mois ? Vous êtes la seule personne qui peut répondre à ça, et la réponse change la vitesse.
6. Notez l'eau, la litière et le poids
Remplissez-vous le bol plus souvent ? Les mottes sont-elles plus grosses ou plus nombreuses ? Sortez-vous le chien la nuit alors qu'il n'en avait pas besoin avant ? A-t-il maigri ? Ces quatre questions font basculer le dossier de la bouche vers le reste du corps, et c'est un aiguillage important.
On regarde, on ne fouille pas
S'il se raidit, détourne la tête, recule, grogne ou feule : arrêtez tout de suite. N'essayez jamais d'ouvrir vous-même la gueule d'un animal qui a mal : vous risquez une morsure, et ne rien voir ne prouverait rien du tout. Un animal qui refuse qu'on soulève sa lèvre vient de vous donner une réponse, et c'est une réponse qui vaut un rendez-vous.
Une photo, la lèvre soulevée, avec la date
Deux photos, une de chaque côté, prises à la lumière du jour. Elles ne servent pas à ce qu'on pose un diagnostic à distance, et personne ne vous le proposera. Elles servent à comparer dans six mois, et elles servent à ce que vous puissiez montrer ce que vous avez vu si ça ne se reproduit pas devant nous.
Ce qu'il ne faut pas faire ce soir
- Ne grattez pas le tartre. Ni avec un ongle, ni avec un des petits grattoirs vendus en ligne. Vous retirez le morceau visible et vous laissez intact ce qui compte, sous la gencive; vous rayez l'émail, ce qui fait revenir la plaque plus vite; et vous risquez de blesser une gencive déjà enflammée.
- Ne commencez pas le brossage sur une bouche qui fait mal. Une bouche douloureuse se traite en premier. Brosser par-dessus apprend à votre animal à fuir la brosse, et ne règle rien.
- Pas de dentifrice humain, jamais : il peut contenir du xylitol, toxique pour le chien, et il est fait pour être recraché. Pas de bicarbonate de soude, pas d'eau oxygénée non plus. Notre guide du brossage explique pourquoi, produit par produit.
- Ne masquez pas l'odeur avant d'avoir la réponse. C'est le seul signal que vous ayez.
- N'attendez pas son prochain vaccin pour en parler. Si son rendez-vous est dans sept mois, sept mois, c'est long pour une bouche qui fait mal.
- Et aucun médicament humain contre la douleur : c'est la section 3 de cette page, et elle est là pour ça. Aucun médicament maison.
Vous avez vos réponses ? Appelez-nous et donnez-les-nous dans l'ordre : d'où vient l'odeur, depuis quand, et ce que vous avez vu en soulevant la lèvre.
514 223-1197Ce que seul l'examen peut trancher
Voici la partie qu'on aimerait pouvoir vous éviter, et qu'on ne peut pas. Ce que vous voyez de l'extérieur est la plus petite partie de l'histoire, et ce n'est pas une façon de parler.
La plus grande partie de chaque dent est cachée
La plus grande partie de chaque dent se trouve sous la gencive. C'est là que se joue l'essentiel : l'attache qui tient la dent, l'os autour, le bout de la racine. Aucun regard, aucun éclairage, aucune photo ne donne accès à cette zone. C'est la raison pour laquelle la médecine dentaire vétérinaire existe, et la raison pour laquelle elle demande une anesthésie.
Ce qu'un examen éveillé règle déjà
Beaucoup, et c'est souvent la seule étape dont vous ayez besoin pour savoir où vous allez. Éveillé, on peut : trouver d'où vient l'odeur, la gueule, le nez, les oreilles, la peau ou l'arrière-train; regarder les couronnes visibles et la ligne des gencives des deux côtés; repérer une masse visible, une dent cassée, une dent mobile; palper le visage, les mâchoires et les ganglions sous la gorge; évaluer combien ça fait mal, à sa réaction; et examiner tout le reste de l'animal, ce qui est souvent là que se trouve la réponse. Cette visite-là débrouille la majorité des situations.
Ce qu'un examen éveillé ne peut pas régler
Trois choses, et elles ne sont pas négociables : sonder chaque dent pour mesurer les poches cachées sous la gencive; examiner correctement le fond de la gueule et le dessous de la langue chez un animal qui a mal; et voir sous la gencive. Cette dernière demande des radiographies dentaires de la bouche complète. Elles font partie de notre procédure dentaire, pas d'une option qu'on ajoute. Rien de tout cela ne se fait sur un animal éveillé, et pas parce qu'il manquerait de bonne volonté : ça fait mal et ça ne tient pas en place.
C'est exactement pour ça qu'il n'existe pas de version maison, ni de version « rapide », de ce travail. Notre page de dentisterie détaille ce que comprend une procédure dentaire, étape par étape, et pourquoi chaque étape est là.
Quand le sang et l'urine passent avant la bouche
Si l'odeur sent l'ammoniac ou le sucré, si votre animal est âgé, s'il a maigri, s'il boit plus qu'avant ou s'il vomit, on commence par là. Certaines analyses se font ici, dans notre laboratoire, et le résultat revient parfois pendant la visite même. D'autres échantillons partent dans un laboratoire externe. Le délai dépend de l'analyse et de sa destination : demandez à votre vétérinaire laquelle des deux s'applique et le temps à prévoir, c'est la bonne question à poser au moment du prélèvement. Ce n'est pas une étape de plus avant de s'occuper des dents, c'est souvent l'étape qui change le plan.
Une masse, on ne la nomme pas à l'oeil
Si on trouve une masse, l'examen dit où elle est, quelle taille elle fait et ce qu'elle touche. Il ne dit pas ce qu'elle est. Pour ça, il faut une biopsie, sous sédation ou sous anesthésie selon le cas. Le prélèvement se fait ici; l'analyse au microscope part vers un laboratoire de référence, et c'est elle qui donne le nom.
La chirurgie des tissus mous fait partie de ce que nous faisons ici, pendant nos heures d'ouverture : plaies, morsures, abcès, drains, sutures, et le retrait d'une masse dans la peau ou sous la peau.
On vous expliquera à ce moment-là ce qui se fait ici et ce qui se fait ailleurs : l'examen, les prélèvements de sang, d'urine et de biopsie, la chirurgie et le suivi se font chez nous, et une partie des analyses part dans un laboratoire externe, comme dit plus haut. Le retrait d'une partie de la mâchoire, la radiothérapie et le scanner ne se font pas ici : ils demandent un centre spécialisé, et on vous y dirige. On ne vous décrira jamais comme fait ici quelque chose qui ne l'est pas.
L'âge n'est pas une maladie. Le coeur, lui, change le plan.
C'est la vraie raison pour laquelle beaucoup de gens repoussent, alors répondons-y franchement. L'âge, à lui seul, n'écarte personne : les animaux âgés sont souvent ceux qui en bénéficient le plus, parce qu'ils vivent avec une douleur chronique depuis longtemps. Ce qui décide, ce n'est pas sa date de naissance, c'est son examen et son bilan sanguin, faits environ une semaine avant, jamais le matin même.
En revanche, une chose change vraiment le plan : un souffle au coeur ou une maladie cardiaque connue. Dans ce cas, nous ne réalisons habituellement pas d'intervention dentaire, et il faut le dire dès la prise de rendez-vous pour qu'on évalue la situation et qu'on discute des options avec vous. Notre FAQ dentaire détaille ce point, celui de l'anesthésie et celui du réveil.
Un examen de la bouche, c'est une visite, et c'est ce qui décide de tout le reste.
Prendre rendez-vous (ouvre un nouvel onglet) 514 223-1197Ensuite, et ce que le brossage peut ou ne peut pas faire
C'est la question qui vient toujours après : « et je fais quoi pour que ça ne revienne pas ? » La réponse est bonne, mais elle dépend d'un ordre qu'il ne faut pas inverser.
Ce que le brossage fait vraiment
Le brossage retire la plaque, ce film mou de bactéries, avant qu'elle ne se minéralise. C'est le geste le plus utile que vous puissiez poser à la maison, et il fonctionne. L'inflammation de la gencive, la gingivite, recule nettement avec une bonne hygiène.
Ce que le brossage ne fait pas
Trois limites, et il faut les dire clairement, parce que le contraire circule beaucoup.
Le tartre déjà formé ne part plus au brossage
Une fois minéralisé, il est dur comme de la pierre et il adhère à la dent. Seul un détartrage professionnel, sous anesthésie, l'enlève, et c'est le seul moment où on peut aussi nettoyer sous la gencive et surfacer les racines.
Ce qui est déjà perdu autour de la dent ne revient pas
Quand l'attache et l'os qui tiennent la dent ont été détruits, une brosse ne les reconstruit pas. Le brossage ralentit la suite; il ne rembobine pas ce qui est fait. C'est précisément pour ça qu'on n'attend pas.
Le brossage ne nettoie pas sous la gencive
C'est le rôle du détartrage, sous anesthésie, là où la brosse ne peut pas aller.
Le bon ordre
Une bouche douloureuse se traite en premier. On règle ce qui fait mal, on retire la plaque, le tartre et les dents malades, et ensuite le brossage devient facile et efficace. Dans cet ordre, tout fonctionne. Dans l'autre, vous apprenez à votre animal à fuir la brosse et vous n'obtenez rien.
Et s'il n'accepte jamais la brosse ?
Ce n'est pas un échec, et il y a des solutions de rechange qui ont fait leurs preuves : certaines gâteries à mâcher, diètes dentaires et additifs pour l'eau portant le sceau du VOHC, l'organisme qui n'accorde son sceau qu'aux produits dont l'effet sur la plaque ou le tartre a été démontré. Demandez-nous lesquels. Ce sont de vraies aides en prévention, après le rendez-vous, jamais à sa place. Et évitez les os secs ou cuits, les sabots de vache, les bois de cerf et les nylons très durs : ils cassent des dents.
L'odeur reviendra un peu, et c'est normal
La plaque recommence à se former en moins d'une journée, chez lui comme chez vous. Certains animaux en fabriquent plus vite que d'autres et ont besoin d'un suivi plus serré : les petites races, les museaux courts, et les chats qui ont déjà eu une bouche enflammée. Une bouche remise à neuf puis laissée tranquille revient là où elle était. C'est pour ça qu'on regarde la bouche à chaque examen de santé, et que la mauvaise haleine fait partie des motifs pour lesquels on vous demande de venir avant la date prévue.
Ce qui n'est pas une solution
Le détartrage sans anesthésie, offert parfois par un toiletteur ou un service « d'esthétique dentaire », ne remplace rien. On ne peut pas nettoyer sous la gencive, on ne peut pas prendre de radiographies, la maladie continue de progresser sous la surface, et au Québec le détartrage d'un animal est un acte réservé aux médecins vétérinaires. Ce qui repart, c'est le tartre visible, c'est-à-dire l'odeur et le motif de votre visite, pas la maladie.
Une fois la bouche remise en état, demandez-nous de vous montrer le brossage sur votre animal. Brosser les dents de votre animal.
Prendre rendez-vous (ouvre un nouvel onglet)Ce que les gens nous demandent
Dix questions, rangées par ce dont vous avez besoin en premier et non par thème. La huitième est celle que personne ne pose au téléphone.
C'est juste une haleine de chien, non ? Tous les chiens sentent de la gueule.
C'est urgent, ou ça peut attendre ?
Est-ce que je peux régler ça en lui brossant les dents ?
Et les gâteries dentaires, les additifs pour l'eau, les vaporisateurs à l'haleine ?
Mon chat a une haleine épouvantable, mais ses dents ont l'air propres. Alors quoi ?
Son haleine sent l'ammoniac, ou l'urine. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Son haleine sent sucré, ou le dissolvant à vernis : qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça sent depuis des années. Est-ce qu'il a mal depuis tout ce temps ?
Mon animal est vieux. Est-ce qu'il peut quand même être anesthésié ?
Est-ce qu'on peut lui faire enlever le tartre sans anesthésie ?
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Le tri honnête, en une phrase
Une haleine forte n'est pas un trait de caractère, c'est un symptôme, et c'est presque toujours un symptôme de quelque chose qui fait mal en silence. Vous n'avez pas à savoir de quoi il s'agit : vous avez seulement à nous dire d'où vient l'odeur, depuis quand, et ce que vous avez vu en soulevant sa lèvre. On s'occupe du reste.
L'haleine de votre animal a changé ?
Décrivez-nous ce que vous sentez, en vos mots. On vous dira si c'est aujourd'hui, ou si ça peut se planifier, et la date se fixe pendant l'appel. Vous n'avez pas à trancher seul.