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Guide client · Hygiène et confort

Les glandes anales

chez le chien (et le chat)

Votre chien se traîne les fesses sur le tapis, se lèche l'arrière-train, ou dégage une odeur forte de « poisson » ? Souvent, ce sont les glandes anales. Voici comment les comprendre, reconnaître un vrai problème et savoir quand consulter, sans tomber dans le piège d'y toucher trop souvent.

Comprendre Quand consulter Questions fréquentes

Ce guide vous aide à comprendre et à repérer un problème de glandes anales à la maison : il ne remplace pas l'examen de votre vétérinaire. Si vous voyez un gonflement rouge et douloureux, du sang ou du pus près de l'anus, ou si votre animal force et souffre pour aller à la selle, appelez-nous au 514 223-1197.

Comprendre

Comprendre les glandes anales

Les « glandes anales » sont en réalité deux petites poches, les sacs anaux, situées de chaque côté de l'anus, vers 4 h et 8 h si on imagine un cadran. Leur paroi produit un liquide huileux à l'odeur très forte. Normalement, elles se vident toutes seules quand votre chien va à la selle : des selles bien formées appuient sur les sacs et chassent le liquide. Les chats ont les mêmes sacs, vidés de la même façon.

On pense que ce liquide sert de « carte d'identité » odorante, une façon pour les chiens de se reconnaître et de marquer leur passage : c'est probablement pourquoi ils se flairent l'arrière-train.

Elles se vident seules

Chez la plupart des chiens, les sacs se vident naturellement à chaque selle bien formée. Beaucoup de chiens n'ont jamais besoin qu'on les vide de toute leur vie.

Une odeur très forte

Le liquide sent le poisson, parfois la moufette. C'est souvent cette odeur que les propriétaires remarquent en premier.

Une décharge sous le stress est normale

Un chien, ou un chat, effrayé ou très excité peut relâcher d'un coup le contenu de ses sacs : c'est un réflexe involontaire, pas une maladie.

Des glandes en santé, on n'y touche pas

C'est le point le plus important de ce guide. Chez un chien sans symptôme, les glandes se vident seules et beaucoup de chiens n'en ont jamais besoin. Vider « par précaution » des glandes qui vont bien n'aide pas : à force de manipulations inutiles ou répétées, on risque au contraire d'irriter les sacs et de créer un cercle où elles semblent avoir toujours plus besoin d'être vidées. On agit seulement quand il y a des signes.

Fréquent, et rarement grave

Les problèmes de glandes anales sont fréquents : environ un chien sur vingt-trois est vu chaque année pour cette raison. Dans la très grande majorité des cas, une simple vidange par l'équipe vétérinaire règle la situation, et la chirurgie concerne moins de un pour cent des chiens. « Fréquent » ne veut pas dire « anodin » pour autant : c'est souvent inconfortable, parfois infecté, et ça mérite une consultation.

Reconnaître

Reconnaître un problème

Quand les sacs ne se vident pas bien, ils deviennent inconfortables. Voici les signes qui doivent attirer votre attention.

  • Le « traîneau » : votre chien s'assoit et se traîne l'arrière-train sur le sol pour se soulager.
  • Un léchage ou un mordillement répété de la région anale ou de la base de la queue.
  • Une odeur forte, de poisson, qui persiste.
  • De la gêne ou de la douleur à la défécation, ou un chien qui tourne la tête vers son arrière-train.
  • Un écoulement, ou des taches malodorantes là où il se couche.

Se traîner les fesses ne veut pas toujours dire « glandes »

Le traîneau est le signe le plus courant d'un souci de glandes, mais pas le seul. Il peut aussi venir de vers plats (le ténia, dont les segments ressemblent à des grains de riz autour de l'anus), d'une allergie de peau, de poils souillés ou emmêlés, ou plus rarement d'une autre affection. C'est justement pour ça qu'on ne se contente pas de « vider les glandes » soi-même : si le vrai problème est ailleurs, on passe à côté. Un chien qui se traîne mérite un examen.

Quand consulter

Quand consulter, et à quelle vitesse

La plupart des problèmes de glandes se règlent avec un rendez-vous ordinaire. Certains signes, eux, demandent une consultation le jour même.

Prendre rendez-vous

Prenez rendez-vous si votre chien se traîne ou se lèche l'arrière-train de façon répétée, dégage une odeur anormale, ou si le problème revient après avoir été réglé. Traiter tôt évite qu'un simple inconfort ne tourne à l'infection.

Consulter le jour même

Ces signes évoquent une infection ou un abcès :

  • un gonflement rouge, chaud et douloureux d'un côté de l'anus ;
  • du sang ou du pus, surtout s'ils s'écoulent d'un petit trou dans la peau (un abcès qui a percé) ;
  • un chien qui crie, grogne ou refuse qu'on touche sa queue ou son arrière-train ;
  • de la douleur ou des efforts marqués pour aller à la selle ;
  • un chien abattu, sans appétit, ou qui semble fiévreux.

Un abcès qui a percé soulage sur le moment, mais la plaie doit quand même être nettoyée et soignée sans tarder. Et ne pressez jamais une zone gonflée ou douloureuse pour tenter de vider vous-même : un sac infecté est fragile et peut se rompre.

Votre chat force dans la litière ? N'attendez pas

Un point vital, propre au chat : un chat qui force dans sa litière sans rien produire ressemble à un chat constipé, mais c'est souvent le signe que son urètre est bloqué. C'est une urgence vitale, surtout chez le mâle : sans soins, la vie est en jeu en moins de 24 à 48 heures. Devant un chat qui force, gémit, ou lèche sans arrêt son arrière-train, ne comptez pas les heures : faites-le voir tout de suite.

Une bosse ferme près de l'anus : à faire examiner

Toute masse ou bosse ferme près de l'anus doit être montrée rapidement au vétérinaire, surtout chez un chien âgé : certaines tumeurs des glandes anales imitent un simple problème de glandes, et on ne peut pas les distinguer à l'œil ou au toucher. Un signe indirect à connaître : une soif et des urines nettement plus abondantes que d'habitude. C'est rare, bien plus rare qu'une simple impaction, mais un examen précoce change tout. Chez un chien castré ou une femelle, une bosse dans cette région mérite encore plus d'attention.

Chez le vétérinaire

Ce que le vétérinaire peut faire

Selon la situation, votre vétérinaire dispose de plusieurs options, du geste le plus simple au dernier recours.

  • Vider les sacs de l'intérieurLe vétérinaire vide les glandes par voie rectale, avec un doigt ganté et lubrifié. Cette méthode interne vide plus complètement et, surtout, permet de palper chaque sac pour repérer un épaississement, une douleur ou une masse. Un sac dur et impossible à vider est un signal.
  • Soulager une infection ou un abcèsSi le sac est infecté ou abcédé, le soin (nettoyage, drainage, médicaments) se fait à la clinique, parfois sous sédation, car c'est très douloureux. Des compresses tièdes à la maison peuvent faire partie des soins, mais seulement si le vétérinaire a examiné la zone et vous les a recommandées : de l'eau tiède, jamais brûlante, testée sur l'intérieur de votre poignet.
  • Chercher la cause des récidivesSi le problème revient, le vétérinaire cherche pourquoi, une allergie de peau par exemple, plutôt que de simplement revider. Il peut aussi fixer, au cas par cas, un rythme de vidange adapté à votre chien : ce rythme lui appartient, il n'y a pas de calendrier universel.
  • En dernier recours, la chirurgieQuand la maladie récidive malgré un bon traitement, ou en cas de tumeur, on peut retirer les sacs (la sacculectomie). C'est vraiment un dernier recours : dans les semaines qui suivent, des selles molles ou un contrôle réduit sont fréquents et rentrent presque toujours dans l'ordre ; une incontinence permanente est rare, mais reste possible. Votre vétérinaire en pèsera le pour et le contre avec vous.
À la maison

Faut-il vider les glandes soi-même ?

C'est la question qu'on nous pose le plus. La réponse courte : rarement, et jamais de sa propre initiative.

Le geste appartient au vétérinaire

Chez un chien qui va bien, il n'y a rien à faire : les glandes se vident seules, et presser des glandes en santé « au cas où » peut les irriter et aggraver les choses avec le temps. Devant des signes, presser à l'aveugle est risqué : on peut se tromper de problème (le traîneau a d'autres causes), traumatiser un tissu enflammé, ou faire éclater un sac infecté sans le savoir.

Si votre vétérinaire vous a montré comment faire

Certains chiens ont des problèmes vraiment récurrents. Dans ce cas, et seulement dans ce cas, votre vétérinaire peut confirmer le besoin, vous montrer le geste en personne pour votre chien, et vous demander de le refaire à la maison. Suivez alors sa méthode à la lettre, et arrêtez tout de suite si rien ne sort facilement, si vous voyez du sang, ou si votre chien a mal. La pression externe qu'on fait à la maison reste moins complète que la vidange interne du vétérinaire.

Et le toiletteur ?

Demandez à votre toiletteur de ne pas vider les glandes « par défaut » à chaque visite. Chez un chien sans symptôme, c'est inutile, et une vidange répétée sans raison peut irriter les sacs. Un toilettage ne remplace pas non plus un examen : si votre chien a des signes, c'est l'équipe vétérinaire qui évalue.

Prévention

Peut-on prévenir les problèmes de glandes ?

Il n'existe aucune recette garantie, et la science sur le sujet reste limitée. Mais quelques habitudes, présentées honnêtement, peuvent aider certains chiens.

  • Des selles bien formées. Une alimentation un peu plus riche en fibres peut donner des selles plus fermes, qui appuient sur les sacs et les aident à se vider seuls. C'est souvent recommandé et ça peut aider, sans être une garantie : parlez-en à votre vétérinaire avant de changer la nourriture, et ne laissez pas un changement d'alimentation retarder une consultation.
  • Un poids de forme. Garder votre chien à son poids santé est bon pour tout, et fait partie des conseils habituels. Sachez toutefois que le lien entre surpoids et glandes anales n'est pas prouvé : à voir comme une bonne habitude générale, pas comme un remède.
  • Traiter une allergie de peau sous-jacente. C'est le levier le plus utile, et le plus souvent oublié : les chiens dont les problèmes de glandes reviennent ont fréquemment une allergie de peau. Traiter les glandes seules ne suffit alors pas. Si ça récidive, demandez à votre vétérinaire de chercher une allergie.
  • Des parasites et des puces sous contrôle. Des parasites intestinaux peuvent causer les selles molles qui empêchent les sacs de se vider, et le contrôle des puces protège la peau autour de l'arrière-train.
  • Un coup d'œil au toilettage. Chez les chiens à poils longs, garder la région propre et démêlée limite l'accumulation de saletés, sans « vider » les glandes pour autant.

Méfiez-vous des produits « spécial glandes »

Les gâteries et suppléments vendus pour la « santé des glandes » ou contre le traîneau sont très marketés, mais peu prouvés. Leur ingrédient actif se résume souvent à des fibres, la même chose qu'un ajustement d'alimentation guidé par votre vétérinaire, sans avoir à acheter un produit de marque.

Questions fréquentes

Vos questions, nos réponses

Ce que les propriétaires nous demandent le plus souvent au sujet des glandes anales.

Mon chien se traîne les fesses. Dois-je juste faire vider ses glandes ?
Pas forcément. Les glandes pleines sont la cause la plus fréquente du traîneau, mais pas la seule : vers plats, allergie de peau ou poils souillés peuvent donner le même signe. Se contenter de « vider » risque de passer à côté du vrai problème. Un chien qui se traîne de façon répétée mérite un examen, pas seulement une vidange.
Dois-je faire vider les glandes régulièrement, ou à chaque toilettage ?
Non, pas si votre chien va bien. Des glandes en santé se vident seules, et beaucoup de chiens n'ont jamais besoin qu'on les vide. Vider par précaution, ou à chaque visite chez le toiletteur, est inutile et peut même irriter les sacs. On vide seulement quand il y a un vrai besoin, établi par le vétérinaire.
Puis-je vider les glandes moi-même à la maison ?
Seulement si votre vétérinaire a confirmé un besoin récurrent et vous a montré le geste en personne pour votre chien. Jamais de votre propre initiative, jamais sur une zone gonflée ou douloureuse, et jamais pour un premier épisode : on peut aggraver une infection ou se tromper de problème. Dans le doute, laissez-nous faire.
Pourquoi mon chien sent-il soudainement le poisson ?
C'est souvent une petite décharge involontaire des glandes anales, déclenchée par la peur, l'excitation ou le stress. C'est un réflexe normal, pas une maladie. Mais si l'odeur devient persistante, ou s'accompagne de traîneau, de léchage ou de taches là où il se couche, c'est le moment de consulter.
Les petites races sont-elles plus touchées ?
Oui, les petites races ont tendance à avoir plus souvent des soucis de glandes que les grandes races, tout comme les chiens à face plate. Mais ce ne sont que des tendances : un chien de n'importe quelle taille ou race peut être concerné, et l'inverse aussi. La taille n'est pas un diagnostic.
Est-ce que ça pourrait être un cancer ?
C'est une crainte légitime, et la réponse honnête est : c'est rare, mais ça existe. La grande majorité des problèmes de glandes sont bénins (impaction, infection, abcès). Les tumeurs des glandes anales sont beaucoup plus rares et touchent surtout les chiens âgés. C'est justement pour ça qu'on ne devine pas : toute bosse ferme près de l'anus, ou un problème qui ne rentre pas dans l'ordre avec les soins habituels, se fait examiner rapidement. Détectée tôt, on a plus d'options.

Comprendre, surveiller, consulter

Chez la plupart des chiens, les glandes anales se vident seules : quand tout va bien, le meilleur réflexe est de ne pas y toucher. Surveillez plutôt les signes (traîneau, léchage, odeur forte, gêne à la selle) et consultez sans tarder devant un gonflement douloureux, du sang ou du pus. Et rappelez-vous : chez le chat, forcer dans la litière n'est pas un problème de glandes, mais peut-être une urgence urinaire. Dans le doute, un appel vaut mieux qu'une inquiétude.

Un doute sur les glandes de votre animal ?

Traîneau qui persiste, odeur, gonflement ou inconfort : notre équipe évalue votre animal et vous montre, au besoin, la bonne conduite à tenir.