Ce guide est un outil d'accompagnement à domicile. Il ne remplace pas les conseils personnalisés de votre vétérinaire. Pour toute question, contactez-nous au 514 223-1197.
Contenu du guide
Un mouvement doux, une meilleure récupération
La guérison d'un problème musculaire, osseux ou articulaire passe souvent par un retour progressif au mouvement. Des flexions et des extensions très douces des membres, répétées quelques fois par jour, sont une forme de rééducation par le mouvement que vous pouvez faire à la maison : elles gardent les muscles détendus et les articulations souples pendant que tout se répare. Ces exercices d'amplitude conviennent autant au chien qu'au chat.
Qu'est-ce qu'un exercice d'amplitude ?
Ce sont des « mobilisations passives » : c'est vous qui bougez doucement le membre pendant que votre animal reste détendu. Aucun effort de sa part, juste un accompagnement en douceur du mouvement naturel de chaque articulation.
Avant de commencer
Deux choses d'abord : obtenir le feu vert de votre vétérinaire, puis préparer un espace confortable.
À faire uniquement sur recommandation vétérinaire
Ne mobilisez que les articulations, et seulement au moment, que votre vétérinaire vous indique. Bouger une articulation qui doit rester immobile, par exemple après la réparation d'une fracture ou certaines chirurgies, peut compromettre la guérison. Demandez à votre équipe de vous montrer les gestes la première fois. Et si votre animal a très mal, ne commencez pas : appelez-nous d'abord. Après une chirurgie, votre animal reçoit souvent des médicaments contre la douleur : il peut ne rien montrer même si un mouvement va trop loin. Fiez-vous à la légère résistance que vous sentez dans vos mains pour vous arrêter, pas à ses réactions, et restez dans l'amplitude exacte que votre vétérinaire vous a montrée.
Préparer l'espace
- Un endroit calme : où votre animal peut s'allonger confortablement sur le côté.
- Une bonne adhérence : pour les exercices debout, un tapis propre offre une surface antidérapante.
- Une surface matelassée : un tapis ou un matelas au moins deux fois plus long et plus large que votre animal.
- Un rembourrage au besoin : pour une peau fine ou fragile, ajoutez un coussin ou une mousse épaisse.
Quand commencer
On débute souvent 1 à 3 jours après la blessure ou la chirurgie, une fois l'enflure stabilisée et la guérison amorcée. Mais c'est votre vétérinaire qui fixe le bon moment pour votre animal, selon ce qui a été soigné.
Les règles de base
Quelques principes valent pour tous les exercices, peu importe la patte que vous mobilisez.
Allez lentement
Les premières fois, comptez de 10 à 30 secondes pour amener lentement le membre jusqu'au bout du mouvement ; avec la pratique, 5 à 10 secondes suffisent. Tenez 1 à 2 secondes au bout, puis relâchez, en ralentissant toujours en fin de course.
Jusqu'à une légère résistance
Allez jusqu'au point où vous sentez une douce résistance, jamais plus loin. Ne forcez pas, ne faites pas d'à-coups.
Répétitions et fréquence
Environ 15 à 20 répétitions par articulation. Des séances de 5 à 10 minutes, idéalement 3 fois par jour (toutes les 6 à 10 heures).
Surveillez l'inconfort
Tête qui se relève, patte qu'on retire d'un coup, vocalises : arrêtez, laissez reposer quelques secondes, puis reprenez plus doucement.
Faites-en un bon moment
Ces exercices marchent mieux quand l'animal les apprécie. Offrez une gâterie après chaque séance, ou un moment de caresses et d'attention : la séance devient un plaisir partagé. Utilisez de très petites gâteries et tenez-en compte dans la ration du jour, surtout si votre animal bouge peu ; les caresses et les félicitations font aussi très bien l'affaire.
Lire son langage corporel
Apprenez à repérer les premiers signes d'inconfort, avant qu'ils s'aggravent : léchage des babines, bâillement, tête qui se détourne, oreilles en arrière, corps qui se fige. Chez le chat, surveillez aussi la queue qui fouette, la peau du dos qui frémit et les pupilles dilatées. À ces signaux, ralentissez ou faites une pause. Si votre animal résiste, ne forcez pas la séance : raccourcissez-la, faites une articulation à la fois, récompensez souvent, et terminez toujours sur une réussite, avant qu'il en ait assez. Une courte séance agréable vaut mieux qu'une longue séance imposée.
Le chat et les mobilisations
Le chat tolère souvent moins bien la manipulation prolongée que le chien. Faites des séances plus courtes, quelques répétitions à la fois, au besoin une seule articulation par séance. Choisissez un moment où il est calme ou somnolent, et arrêtez avant qu'il s'impatiente. Voyez les 15 à 20 répétitions et les 3 séances par jour comme un objectif à atteindre progressivement, pas une obligation : pour un chat, mieux vaut court et agréable que long et forcé.
Un truc qui aide : la chaleur
Quelques minutes de compresse tiède sur les muscles avant les exercices peuvent les aider à se détendre. Demandez d'abord à votre vétérinaire si c'est indiqué pour votre animal, et évitez la chaleur sur une enflure récente. Pour une enflure récente ou un point sensible après la séance, une compresse froide enveloppée dans un linge mince, quelques minutes seulement, peut aider, mais uniquement si votre vétérinaire le recommande : jamais directement sur la peau, ni sur une plaie fraîche. Une enflure, une rougeur ou un écoulement à la plaie chirurgicale, eux, se signalent plutôt par un appel (voir Quand nous appeler).
Les pattes avant : épaule et coude
Bien menés, ces gestes ne font pas mal : allez lentement et suivez le confort de votre animal. Couchez-le doucement sur le côté, sur la surface matelassée, et travaillez d'abord les pattes du dessus, jamais celles contre le sol. Quand un côté est terminé, laissez-le se replacer sur le ventre, puis tournez-le délicatement sur l'autre flanc pour répéter. Ne faites que les articulations que votre vétérinaire a nommées ; laissez de côté les autres, même si elles sont décrites ici.
Repérer l'épaule et le coude
L'épaule est la bosse à l'avant du corps, vers l'extérieur de la poitrine, à la base du cou. Le coude se trouve un peu plus bas et c'est la partie de la patte qui pointe le plus vers l'arrière.
Installez-vous
Agenouillez-vous ou asseyez-vous le long du ventre, entre les pattes avant et arrière, tourné dans la même direction que votre animal. Vous allez mobiliser la patte avant du dessus.
Épaule : vers l'avant, puis vers l'arrière
Posez une main sur l'épaule pour la maintenir en place et logez le coude au creux de votre autre main. Pour étendre : avancez doucement la patte vers l'avant, comme en pleine foulée, jusqu'à une légère résistance ; tenez 1 à 2 secondes, puis relâchez. Pour fléchir : gardez votre main d'épaule en place et, de votre autre main (celle du coude), entourez le haut de la patte et ramenez-la doucement vers l'arrière et vers le dos, le coude pointant vers la queue. Alternez flexion et extension, 15 à 20 fois.
Coude : plier, puis tendre
Tenez la patte juste au-dessus du coude d'une main, et juste en dessous de l'autre. Pour plier : rapprochez vos mains jusqu'à une légère résistance ; à pleine flexion, vos jointures se touchent presque, sans inconfort. Pour tendre : ouvrez l'angle du coude jusqu'à une légère résistance ; à pleine extension, la patte forme une ligne droite, sans inconfort. Répétez 15 à 20 fois.
Les pattes arrière : hanche et genou
Même position, votre animal couché sur le côté. Cette fois, tournez-vous vers l'arrière de l'animal. Travaillez la patte du dessus, puis tournez-le sur l'autre flanc pour répéter. Ici aussi, ne faites que les articulations que votre vétérinaire a nommées ; laissez de côté les autres, même si elles sont décrites ici.
Repérer la hanche et le genou
La hanche est cachée sous les muscles ; sentez-la comme une bosse en haut et à l'extérieur de la cuisse. Le genou est plus bas et pointe vers l'avant ; le jarret, lui, pointe vers l'arrière. Les mêmes mouvements doux de flexion et d'extension peuvent s'appliquer aux articulations plus basses (le poignet ou carpe, le jarret ou tarse, et les orteils) si votre vétérinaire vous demande de les inclure.
Installez-vous et saisissez la patte
Agenouillez-vous le long du ventre, tourné vers l'arrière de l'animal. Saisissez la patte arrière du dessus juste sous le genou, à l'endroit mince et osseux (le tibia), comme si vous teniez une lampe de poche.
Hanche : avancer, puis reculer
Pour fléchir : poussez doucement la patte vers l'avant, vers vous et vers le dos, jusqu'à une légère résistance ; à pleine flexion, la cuisse est parallèle à la colonne. Relâchez sur 1 à 2 secondes. Pour étendre : ramenez la patte vers l'arrière jusqu'à une légère résistance, sans inconfort ; à pleine extension, elle pointe droit derrière, parallèle à une queue tendue. N'appuyez pas pour aller plus loin. Alternez 15 à 20 fois.
Genou : plier, puis tendre
D'une main, tenez la cuisse ; de l'autre, le bas de la patte. Pour plier : rapprochez doucement le bas de la patte de la cuisse jusqu'à une légère résistance ; à pleine flexion, les deux segments se touchent presque, sans inconfort, sans jamais forcer le contact. Pour tendre : éloignez le bas de la patte de la cuisse jusqu'à une légère résistance, sans forcer au-delà ; à pleine extension, ils forment une ligne droite. Répétez 15 à 20 fois.
Les signes qui demandent un appel
Bien menés, ces exercices ne devraient jamais faire mal. Arrêtez et contactez-nous devant l'un de ces signes.
La douleur ou la boiterie empire
Une nouvelle douleur, des cris, une patte que l'animal refuse de poser, ou une boiterie qui s'aggrave au lieu de s'améliorer : arrêtez les exercices et appelez-nous.
Un signe de peur ou de défense
Si votre animal grogne, se raidit, retrousse les babines, protège sa patte ou cherche à mordre ou à griffer : arrêtez la séance, ne le grondez pas et ne forcez pas le membre, puis appelez-nous. C'est de la douleur ou de la peur, jamais de l'entêtement, et il faut peut-être ajuster le plan ou le contrôle de la douleur.
Un claquement ou un relâchement soudain
Si, pendant un mouvement, vous sentez ou entendez un claquement, ou que l'articulation cède d'un coup, arrêtez tout de suite et appelez-nous : cela peut signaler un problème de réparation ou d'implant.
La plaie chirurgicale change d'allure
Enflure, rougeur, chaleur, écoulement, ou une incision qui s'ouvre : ne faites jamais d'exercices par-dessus une plaie irritée, et contactez-nous.
Une articulation qui se bloque
Si une articulation ne bouge plus dans son amplitude habituelle, ou si vous n'arrivez plus à compléter un mouvement que vous faisiez avant, n'insistez pas : parlons-en.
En cas de doute, appelez-nous au 514 223-1197.
Vos questions, nos réponses
Les questions qui reviennent le plus souvent au moment de se lancer.
Mon animal n'a pas l'air d'aimer ça. Dois-je continuer ?
Je ne peux pas le faire 3 fois par jour. Est-ce que moins, c'est mieux que rien ?
Faut-il réchauffer les muscles avant ?
Mon animal vient d'être opéré, puis-je commencer tout de suite ?
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Un peu chaque jour, tout en douceur
Quelques minutes de mouvements doux, répétés chaque jour, aident votre compagnon à garder des articulations souples et des muscles détendus pendant la convalescence. Allez à son rythme, restez attentif à son confort, et gardez le contact avec votre vétérinaire : c'est ce qui mène à une belle récupération. Ces mobilisations gardent l'articulation souple et aident à prévenir la raideur, mais elles ne reconstruisent pas à elles seules la force musculaire : le passage à des exercices actifs ou de renforcement viendra plus tard, au moment que votre vétérinaire jugera opportun.
Une question sur les exercices ?
Vous hésitez sur un geste, ou vous remarquez de la douleur, une enflure ou une boiterie qui empire ? Notre équipe peut vous guider et revoir les exercices avec vous.