Ce guide vous aide à décider et à prévenir; il ne remplace pas l'examen du vétérinaire. Un animal qui est resté dehors et qui ne va pas bien ne s'observe pas : appelez-nous au 514 223-1197.
Appelez-nous maintenant si vous voyez un seul de ces signes
Un seul suffit : vous n'avez pas à décider lequel est le plus grave, ni à attendre d'en cocher un deuxième.
- Il tremblait, et il ne tremble plus alors qu'il est encore froid. Il est mou, lent, difficile à réveiller, il ne réagit plus comme d'habitude.
- Il est froid au toucher sur le corps, pas seulement aux oreilles et aux pattes. Ses gencives sont pâles ou grisâtres, sa respiration est lente.
- Il titube, il s'affaisse, il n'arrive plus à se tenir debout.
- Une zone de peau est blanche, grise, bleutée ou cireuse, dure ou froide au toucher : bout des oreilles, bout de la queue, coussinets, entre les doigts, scrotum, mamelles.
- Une zone devient rouge vif, enflée et très douloureuse en se réchauffant, ou elle vire au bleu ou au noir, elle cloque, elle suinte.
- Il ne pose plus du tout une patte au retour d'une sortie, un coussinet saigne, ou un doigt enfle.
- Il a lapé une flaque ou léché une tache brillante par terre, dans un garage, une entrée ou un stationnement : l'antigel tue, et il ne faut pas attendre les symptômes.
- Il est resté dehors, ou enfermé dans un garage, un cabanon, un balcon ou une voiture. Ou il est tombé à l'eau, ou passé à travers la glace.
- C'est un chiot, un chaton, un très petit chien, un animal âgé, maigre, malade ou opéré récemment, et il est resté dehors ou il est ralenti : on n'observe pas, on appelle.
- Vous avez démarré votre voiture et vous avez entendu un chat. Coupez le moteur avant tout le reste.
En dehors de nos heures d'ouverture, nous n'avons pas de service d'urgence : rendez-vous dans un centre vétérinaire d'urgence.
Et en attendant
Rentrez-le, séchez-le, enveloppez-le dans une couverture sèche, et mettez-le dans une pièce chaude. Ne frottez pas. Ne massez jamais avec de la neige. N'approchez ni séchoir, ni coussin chauffant, ni bouillotte, ni radiateur, ni eau chaude. Si c'est tout le corps qui est froid, vous réchauffez la pièce, pas la peau. Si c'est une zone précise qui est gelée, la section sur les gelures dit quoi faire une fois que vous êtes rentré pour de bon.
Combien de froid, c'est trop ?
C'est la question que tout le monde tape, et la réponse honnête est qu'il n'y a pas de chiffre. Pas parce que personne ne l'a cherché, mais parce qu'un même moins quinze n'est pas la même chose pour un chihuahua de 3 kg à quinze centimètres du sol, pour un husky de six ans, pour un chiot de dix semaines et pour un chien opéré la semaine dernière. Publier une température, ce serait autoriser d'avance toutes les sorties au-dessus, et c'est exactement là que les problèmes arrivent. Alors voici l'autre réponse, celle qui marche.
La règle de base, et sa seule limite
Commencez par celle que nous publions déjà dans notre guide de propreté du chiot : s'il fait trop froid pour vous, il fait trop froid pour lui. C'est un bon plancher, et il est valide. Sa limite, c'est qu'elle ne fonctionne pas dans l'autre sens. Si vous êtes confortable en manteau d'hiver, en tuque et en bottes, cela ne dit rien de ce que vit un petit chien à poil ras, à quinze centimètres du sol, dans une rue où le vent s'engouffre entre deux immeubles. Vous jugez la température; lui, il vit le vent, l'humidité, le sol et la durée.
Six choses qui changent la réponse
- Le format. Un petit animal perd sa chaleur beaucoup plus vite qu'un gros, parce qu'il a beaucoup de surface pour peu de volume. C'est le facteur le plus sous-estimé, et il ne se rattrape pas avec de la bonne volonté.
- Le pelage. Un double pelage épais n'a rien à voir avec un poil ras et unique. Et surtout : un pelage mouillé n'isole presque plus. Neige mouillée, pluie verglaçante, gadoue, ou simplement un bain la veille, et l'isolation disparaît.
- L'âge. Un chiot ou un chaton régule mal sa température et n'a pratiquement pas de réserves de gras. Un animal âgé régule moins bien qu'avant, bouge moins, et se refroidit plus vite en restant immobile.
- La santé et le poids. Un animal maigre, malade, cardiaque, diabétique, hypothyroïdien, ou rasé et opéré récemment, a moins de marge. Un chien hypothyroïdien mal contrôlé, en particulier, supporte souvent mal le froid : c'est un signe, pas une fatalité.
- Le vent et l'humidité. Le refroidissement éolien affiché avec la météo est calculé pour un visage humain découvert : ce n'est pas le chiffre de votre animal, et ce n'est pas non plus une vraie température. Ce qu'il vous dit quand même, c'est que le vent vide la chaleur bien plus vite que la température de l'air ne le laisse croire, et cela vaut aussi pour lui. L'humidité et la gadoue accélèrent encore les choses, parce qu'elles mouillent le pelage.
- La durée et le mouvement. Un chien qui trotte n'est pas un chien qui attend, assis sur la glace, pendant que vous parlez au voisin. Une sortie de dix minutes qui devient une sortie de quarante n'est pas la même sortie, et le trajet du retour compte aussi.
L'habitude du froid, ça compte
Un chien qui vit son hiver dehors n'est pas votre chien qui passe d'un appartement à 21 °C au trottoir en trente secondes. Un animal mal habitué au froid y est plus vulnérable, et c'est une des conditions qui reviennent quand une gelure arrive. Un chien qui n'est pas sorti depuis une semaine, ou qui revient de deux semaines en Floride, n'a plus l'habitude qu'il avait en partant : les premières sorties se raccourcissent, et on regarde comment il les prend.
Le bon instrument, c'est lui
Arrêtez de regarder le thermomètre et regardez-le, lui. Il vous le dit, et généralement bien avant que ce soit grave ?
- Il lève une patte, puis une autre, sans raison apparente.
- Il se recroqueville, il rentre la queue, il se fait petit.
- Il ralentit, il s'arrête, il se tourne vers la maison, il tire dans l'autre sens.
- Il tremble.
- Il gémit, il vient se coller, il demande à être pris.
- Chez le chat : il se cache, il cherche une source de chaleur, il refuse de sortir alors qu'il sortait hier.
Un animal qui veut rentrer vous demande de rentrer. Ce n'est pas du caprice, et il n'y a rien à gagner à finir le tour du bloc.
Le piège : le tremblement qui s'arrête
Retenez celui-là, parce qu'il se lit à l'envers. Trembler est une défense : c'est le corps qui produit de la chaleur, et c'est plutôt bon signe. Quand le tremblement s'arrête alors que l'animal est toujours froid, ce n'est pas qu'il va mieux, c'est que la défense lâche. Un animal qui a arrêté de trembler, qui devient mou, lent et somnolent, ce n'est plus de l'inconfort : appelez-nous.
Traduire tout ça en promenade
Par grand froid, séparez les deux fonctions de la sortie. Faire ses besoins : court, ciblé, un coin dégagé et déneigé, et on rentre. Se dépenser : plus court dehors, plus souvent, et la vraie dépense passe à l'intérieur, en jeu, en recherche de nourriture cachée et en exercices mentaux. Deux ou trois sorties courtes valent mieux qu'une longue, pour le même total de minutes.
Sous les pattes : glace, sel, coussinets
Sous les pattes, l'hiver montréalais met deux problèmes différents, et ils ne se déclarent pas au même moment. La glace, ça commence en pleine promenade. Le sel, ça se voit à la maison, au retour, et souvent le lendemain.
Les boules de glace : ça se prévient, ça ne s'arrache pas
Ce qui se passe est simple. La neige s'accumule dans les poils qui poussent entre les coussinets et entre les doigts. La chaleur du pied la fait fondre un peu, le froid la reprend, et en quelques minutes il s'est formé une bille de glace dure, soudée aux poils et collée à la peau. Elle écarte les doigts, elle appuie, et ça fait mal. C'est une cause fréquente de boiterie qui commence au milieu d'une promenade d'hiver, et elle disparaît complètement une fois la glace fondue.
Prévenir, c'est là que tout se joue
- Gardez les poils entre les coussinets et entre les doigts taillés au ras du coussinet. C'est de loin le geste le plus efficace, et c'est un détail de toilettage auquel presque personne ne pense. Sans poils, la neige n'a rien à quoi s'accrocher. Demandez-le à votre toiletteur, ou parlez-nous-en à la prochaine visite, et faites-le refaire pendant tout l'hiver.
- Les bottes, si votre chien les accepte. Bien ajustées, elles règlent la glace et le sel d'un coup. Mal ajustées, elles tournent, elles glissent, et elles deviennent le problème. Comptez plusieurs jours d'essais courts à l'intérieur avant la première vraie sortie, et retirez-les au retour : une botte gardée mouillée entretient exactement l'humidité qu'on cherche à éviter.
- Une cire ou un baume de barrière appliqué avant de sortir. Ça peut réduire l'accumulation, sans que ce soit démontré. Ça ne rend pas le sel inoffensif et ça ne remplace pas le rinçage du retour : c'est une aide, pas une protection.
- Évitez la neige la plus profonde et la plus piétinée quand vous avez le choix. C'est là que les boules se forment le plus vite.
Et si la boule est déjà formée
- Ne tirez pas, ne grattez pas avec vos ongles, ne coupez pas aux ciseaux entre les doigts. La glace est soudée aux poils et à la peau : ce que vous arrachez, ce sont des poils et parfois de la peau, et les ciseaux entre les doigts d'un animal qui a mal finissent en coupure.
- Faites-la fondre. De l'eau tiède, jamais chaude : un petit bac où poser le pied, ou une débarbouillette tiède maintenue en place jusqu'à ce que ça lâche tout seul.
- S'il refuse encore que vous touchiez ce pied une fois la glace partie, ce n'est pas de l'entêtement : quelque chose fait mal. Regardez le dessous, et appelez-nous.
Le sel et les fondants : une brûlure chimique, pas juste une irritation
À Montréal, les trottoirs, les escaliers, les entrées d'immeuble et les stationnements sont traités tout l'hiver, et ce n'est pas ce que vous mettez chez vous qui compte : c'est ce que le voisin a mis devant sa porte.
Le sel de table, le chlorure de sodium, tire l'eau hors de la peau et l'assèche. Le chlorure de calcium, le chlorure de potassium et le chlorure de magnésium irritent davantage encore, la peau comme le tube digestif. Le chlorure de calcium a en plus une particularité : il dégage de la chaleur en rencontrant l'humidité, et c'est lui qui peut laisser une vraie brûlure chimique sur un coussinet, dans le repli entre deux doigts, et sur le ventre.
Un sac marqué « sans danger pour les animaux » ne répond à aucune norme : rien n'encadre cette mention. En pratique, ces produits sont souvent à base d'urée ou de chlorure de magnésium, et ils causent moins souvent des signes sévères. Ils ne sont pas sans effet, et ils ne dispensent de rien : le rinçage du retour reste le même.
Ce que vous voyez, et à quel moment
- Il se lèche les pattes de façon insistante une fois rentré, souvent toujours la même.
- La peau entre les doigts est rouge, parfois luisante ou à vif.
- Le coussinet a l'air décapé, sec, terne, ou au contraire anormalement lisse par endroits.
- De petites fissures s'ouvrent quand il plie le pied.
- Il marchait bien dehors et il boite à la maison. C'est très caractéristique du sel : le froid engourdit pendant la sortie, la douleur arrive au réchauffement.
Les coussinets fendillés
L'hiver assèche : le froid, le sel, l'air intérieur sec du chauffage, et le cycle mouillé, sec, mouillé de chaque sortie. Un coussinet sec devient un coussinet fendillé, et une fissure peut descendre assez profond pour saigner et pour s'infecter.
Une boiterie qui apparaît l'hiver
elle mérite le même tri que les autres. Voir notre guide de la boiterie du chien pour le reste des signaux. Un ongle cassé sur une plaque de glace, c'est notre guide d'arrêt du saignement d'ongle.
Aucun médicament maison
Une patte qui fait mal au retour d'une promenade, une fissure qui saigne, un bout d'oreille qui devient douloureux en se réchauffant : à chacun de ces moments, la tentation est de le soulager avec ce qu'il y a dans la pharmacie. C'est le geste qui transforme un inconfort d'hiver en urgence, et il vaut pour les deux espèces.
Acétaminophène (Tylenol)
Mortel pour le chat, même un seul comprimé. Il n'existe aucune dose sécuritaire. Chez le chien, c'est dangereux aussi, et ce n'est pas un antidouleur pour lui. Si votre animal en a avalé, c'est une urgence immédiate.
Ibuprofène (Advil), naproxène (Aleve), aspirine
Toxiques pour le chien comme pour le chat : ulcères digestifs, atteinte des reins. Le chat y est encore plus sensible que le chien. Jamais d'anti-inflammatoire humain, quelle que soit la raison, et surtout pas « juste pour ce soir » parce qu'il boite.
Les crèmes et les produits humains sur la peau
Crème pour les mains, baume à lèvres, antiseptique choisi au hasard, lingette à l'alcool : sur un coussinet fendillé ou une peau abîmée par le sel, ça brûle, ça retarde, et ça se lèche. Une patte qui fait mal ne se traite pas à l'aveugle.
Les restes d'ordonnance et le médicament d'un autre animal
Même problème apparent, même poids, même maison : ça ne suffit jamais. Ce qui soulage un chien peut tuer un chat, et une dose calculée pour un autre patient n'est pas une dose. Un animal qu'on « calme » à l'aveugle, c'est une cause qui continue d'avancer pendant qu'on se rassure.
S'il a mal, ne le soulagez pas vous-même
Appelez-nous : on vous dira quoi faire ce soir, et si ça peut attendre demain. Une patte qui fait mal se règle bien mieux avec un avis qu'avec une pharmacie.
Le rituel du retour
Une minute à la porte, à chaque sortie, tout l'hiver. C'est le seul contenu de cette page qui, à lui seul, prévient la plus grande partie de tout ce qui précède. Ce n'est pas un conseil de confort : c'est du sel qu'on enlève avant qu'il brûle, et qu'on enlève avant qu'il soit avalé.
Rincez, plutôt que d'essuyer
Essuyer étale le sel; rincer l'enlève. De l'eau tiède, jamais chaude. Un petit bac d'eau tiède posé à côté de la porte suffit : un pied à la fois, quelques secondes chacun. Si le rinçage est vraiment impossible, une débarbouillette bien mouillée et tiède vaut mieux qu'un essuyage à sec.
N'oubliez pas le ventre, la poitrine, l'aine et l'intérieur des cuisses
C'est la partie que presque tout le monde saute, et c'est celle qui compte le plus après les pattes.
Séchez pour de vrai
Et surtout entre les doigts. Un pied qui reste humide fendille et macère. Une serviette, sans frotter fort.
Regardez pendant que vous séchez
Entre chaque paire de doigts, sous les coussinets, autour des ongles, dans le repli de peau. Dix secondes. C'est comme ça qu'on trouve la fissure, la coupure, la rougeur, la boule de glace oubliée. Comparez toujours avec la patte de l'autre côté.
Pourquoi le ventre, vraiment
Trois raisons, et elles s'additionnent.
- C'est là que la gadoue atterrit. Le sel et la saumure éclaboussent vers le haut à chaque pas, et un petit chien ou un chien bas sur pattes traverse littéralement la sloche avec le ventre.
- C'est la peau la moins protégée du corps. Peu de poils, une peau fine : le sel y agit directement, sans barrière, alors que sur le dos il ne touche presque que du pelage.
- C'est ce qu'il lèche le plus facilement. Un problème de peau devient alors un problème d'ingestion, et c'est par là que le sel de déglaçage passe de l'irritation à l'intoxication.
Nous traitons le sel avalé dans notre guide des aliments et produits toxiques.
Le chat aussi, et même plus
Un chat qui sort sur le balcon, dans la ruelle, ou qui traverse simplement un palier salé, ramène tout ça sur ses pattes. Et un chat se toilette beaucoup plus complètement qu'un chien ne se lèche : en quelques minutes, ce qu'il avait sous les pattes est dans sa bouche. Le rinçage compte donc davantage pour lui, pas moins. En pratique, on ne trempe pas les pattes d'un chat. Une débarbouillette tiède, un pied à la fois, calmement, pendant qu'il est posé sur vos genoux ou sur son coin habituel. Et le ventre, avec la même débarbouillette, s'il a marché dans la gadoue.
Ce qu'on ne fait pas au retour
- Pas d'eau chaude. Un pied engourdi par le froid ne sent pas bien la chaleur : on brûle sans que l'animal réagisse. Et l'eau chaude sur un coussinet fendillé fait mal.
- Pas de séchoir à cheveux de près, pas de radiateur, pas de coussin chauffant pour accélérer les choses.
- Pas de frottage énergique, en particulier sur une zone qui est restée froide.
- Pas de lingettes à l'alcool, pas d'antiseptique humain, pas de savon parfumé. Le rinçage à l'eau tiède est ce qui enlève le mieux le sel, et c'est tout ce qu'il faut.
Et si vous ne pouvez pas rincer
Un cinquième étage, un ascenseur, un chien qui déteste ça, un matin pressé : la version imparfaite faite tous les jours vaut infiniment mieux que la version parfaite faite le samedi. Gardez un bac, une bouteille d'eau tiède et une serviette près de la porte, et faites au moins les quatre pattes et le ventre à la débarbouillette. L'objectif n'est pas la propreté, c'est d'enlever le sel avant qu'il travaille et avant qu'il soit léché.
Gelures et hypothermie : ce qui ne se voit pas le soir même
Deux blessures différentes, souvent présentes ensemble, et elles ne se traitent pas de la même façon. L'hypothermie touche tout le corps : la chaleur générale descend. La gelure touche un endroit précis : un bout d'oreille, un bout de queue, un coussinet. Les deux ont le même défaut, celui qui rend cette section nécessaire : elles se cachent, et elles ne font pas crier au moment où elles s'installent.
L'hypothermie : le tremblement qui s'arrête
Ce que vous voyez, dans l'ordre :
- Il tremble, il cherche un abri, il se recroqueville, il rentre les pattes sous lui. À ce stade, rentrer et sécher suffit presque toujours.
- Il arrête de trembler alors qu'il est toujours froid. Il devient raide, lent, somnolent. Il répond mal quand vous lui parlez. Sa respiration et son coeur ralentissent.
- Il ne répond plus.
Le passage du premier au deuxième point est le seul que vous devez retenir, parce qu'il se lit à l'envers de l'intuition. Le tremblement qui cesse n'est pas une amélioration.
Ce que vous faites
Rentrez-le. Enlevez le manteau, le harnais, les bottes, tout ce qui est mouillé. Séchez-le. Enveloppez-le dans des couvertures sèches, et mettez-le dans une pièce chaude, à l'abri des courants d'air. Votre propre chaleur, à côté de lui, aide. Puis appelez-nous. Vous réchauffez la pièce et l'air autour de lui, pas la peau directement.
Ce que vous ne faites pas
Pas de séchoir, pas de coussin chauffant contre la peau, pas de bouillotte en contact direct, pas de radiateur, pas de bain chaud, pas d'alcool. Et rien à manger ni à boire tant qu'il n'est pas parfaitement réveillé et alerte. Deux raisons. Une peau refroidie ne sent pas la brûlure, et une source de chaleur directe brûle sans que l'animal se retire. Et réchauffer brutalement la surface fait revenir vers le centre du corps un sang encore froid, ce qui aggrave la situation au lieu de l'améliorer.
Qui a le moins de marge
Les chiots et les chatons, les très petits formats, les animaux âgés, maigres, malades, opérés récemment ou rasés à un endroit, et les animaux sédatés ou qui viennent de recevoir une anesthésie. Pour eux, on n'attend pas de voir : on appelle plus tôt.
La gelure : elle se déclare sur des jours
Autrement dit : « ça a l'air correct » le soir de l'exposition n'est pas une bonne nouvelle. Ce n'est pas une information. C'est trop tôt pour en avoir une, et c'est précisément pour ça qu'on regarde une gelure suspectée même quand elle ne dérange visiblement pas.
Ce que vous faites
Rentrez, et rentrez pour de bon. Séchez délicatement en tamponnant. Une fois à l'intérieur, vous pouvez réchauffer doucement la zone à l'eau tiède, jamais chaude : un petit bac où poser la patte, ou une débarbouillette tiède maintenue en place, jusqu'à ce que la peau redevienne souple. De l'eau à peine plus chaude que la main, pas davantage. Protégez ensuite la zone du frottement et du léchage, enveloppez sans serrer, et appelez-nous.
La condition, et elle ne se négocie pas
Seulement si vous êtes rentré pour de bon. Un tissu dégelé puis regelé est plus abîmé qu'un tissu resté gelé. S'il vous reste du chemin à faire dehors, ne réchauffez rien : protégez la zone, et attendez d'être à l'intérieur. Si vous êtes encore à quinze minutes de la maison en plein janvier, rentrez d'abord.
Ce que vous ne faites jamais
- Ne frottez pas. Ne massez surtout pas avec de la neige. C'est le vieux réflexe qui traîne encore partout, et c'est exactement l'inverse de ce qu'il faut faire : frotter un tissu gelé le déchire de l'intérieur.
- Rien de chaud et rien de sec : ni séchoir, ni coussin chauffant, ni bouillotte, ni radiateur, ni bain chaud, ni eau chaude. De l'eau tiède, et rien de plus fort. Une peau engourdie ne sent pas la brûlure et ne se retirera pas.
- Ne percez pas les cloques, ne coupez pas et ne tirez sur rien qui a l'air mort.
- Ne réchauffez pas une zone gelée pour repartir dehors ensuite.
Attention : ce n'est pas la même consigne pour tout le corps
Une zone gelée se réchauffe doucement à l'eau tiède, une fois rentré pour de bon. Un animal froid sur tout le corps, lui, ne se réchauffe pas comme ça : on l'enveloppe et on réchauffe la pièce, parce que réchauffer la surface trop vite ramène vers le coeur un sang encore froid. Dans le doute, faites le geste le plus prudent des deux, enveloppez, et appelez-nous : c'est justement le genre de question à laquelle on répond au téléphone.
Remettons ça à sa place
La gelure n'est pas la blessure ordinaire du chien qu'on promène. Elle apparaît surtout chez les animaux restés dehors, mouillés, immobiles, coincés, ou déjà fragilisés par autre chose. Le vrai contenu quotidien de l'hiver montréalais, c'est le trottoir, le sel et la glace entre les doigts. Cette section existe pour que vous sachiez la reconnaître, pas pour transformer chaque sortie de février en inquiétude.
L'hiver du chat, dedans comme dehors
Le chat annonce rarement qu'il a un problème d'hiver. Et le danger hivernal le plus spécifiquement montréalais, pour lui, n'a rien à voir avec les promenades : il se joue dans les stationnements et les ruelles, entre novembre et le dégel.
Sous le capot
Un moteur qui vient de tourner reste chaud longtemps après l'arrêt. Le compartiment moteur est chaud, sec, sombre et abrité : pour un chat de ruelle, un chat du quartier, ou un chat d'intérieur qui vient de sortir par la porte du sous-sol, c'est le meilleur endroit à des rues à la ronde. Ils montent par le dessous, s'installent contre le bloc moteur ou dans le passage de roue, et s'endorment. Quand la clé tourne, la courroie, le ventilateur et les poulies se mettent en marche autour d'eux.
Le geste, trois secondes, chaque fois, tout l'hiver
- Cognez deux ou trois fois sur le capot, à plat, avec la main. Ou donnez un coup de klaxon.
- Attendez deux ou trois secondes avant de tourner la clé.
- Dans un stationnement extérieur ou une ruelle, regardez aussi sous la voiture et dans les passages de roue.
Si vous entendez un chat après avoir démarré
Coupez le moteur immédiatement, avant tout le reste. N'essayez pas de le tirer par ce que vous arrivez à attraper. Ouvrez le capot, et appelez-nous ou un centre d'urgence 24/7. Les blessures de ce type sont graves, et elles sont souvent bien plus étendues que ce qui se voit de l'extérieur.
Et le chat du quartier n'est pas forcément un chat perdu. Beaucoup de chats de ruelle vivent là depuis des années, et beaucoup de chats visiblement en forme ont une maison à deux portes de chez vous. Si vous en trouvez un et que vous vous demandez à qui il est, une micropuce se lit en quelques secondes : c'est notre service de micropuce.
Les chats qui sortent, et ceux qui sortent par accident
- La marge est plus courte qu'on le pense. Un chat sorti l'hiver se retrouve vite derrière une porte qui s'est refermée : cabanon, garage, remise, balcon, cage d'escalier extérieure. Il n'appelle pas, il se cache, et il attend.
- Le garage, c'est l'antigel. Une flaque brillante sur le béton tue un chat en très petite quantité. Nous ne le réexpliquons pas ici : tout est dans nos guides des produits toxiques et de la maison sécuritaire.
- Il ne porte pas de bottes, et il se toilette. Le sel du palier, des marches et de l'entrée d'immeuble finit dans sa bouche en quelques minutes. Voir le rituel du retour, section 4.
- Le bout des oreilles et de la queue sont les endroits classiques de gelure chez le chat. Un chat à poil très court ou à poil fin en a encore moins pour se protéger.
- S'il ne rentre pas un soir de grand froid, cherchez proche et bas, pas loin et haut. Sous le balcon, sous la galerie, sous le cabanon, sous les voitures, dans l'abri à recyclage.
Le chat d'intérieur : l'hiver le concerne aussi
- Les courants d'air et les planchers froids. Un chat arthrosique cesse d'utiliser ses places habituelles quand elles deviennent froides ou glissantes, et on lit ce changement comme « il vieillit ».
- Moins de lumière, moins de mouvement. Les chats mangent davantage l'hiver que l'été, et tout le monde bouge moins de novembre à mars : le poids monte sans qu'on s'en aperçoive. Un chat qui a engraissé pendant l'hiver, c'est un chat qu'on pèse.
- L'air intérieur sec. Chauffage à fond, humidité basse : peau sèche, pellicules, et parfois plus de grattage. Si le grattage devient important, ce n'est plus l'air sec, et notre guide des démangeaisons prend le relais.
- Les sources de chaleur. Un chat se colle contre une plinthe chauffante, monte sur un radiateur, se couche devant un chauffage d'appoint. Poils roussis et brûlures de contact arrivent, surtout chez les chats âgés qui bougent moins.
- L'eau. Dehors, un bol gèle. Dedans, le bol d'eau se retrouve souvent poussé dans le coin le plus froid de la maison en hiver. Gardez-le accessible et à température de la pièce, en particulier si votre chat est suivi pour ses reins ou ses voies urinaires.
Installer la routine d'hiver
Rien de tout ça n'est compliqué. C'est un petit ensemble d'habitudes qu'on installe une fois en novembre et auxquelles on ne repense plus jusqu'au dégel.
Avant de sortir
- Les poils entre les coussinets, taillés au ras. Le geste numéro un contre les boules de glace, et il tient tout l'hiver s'il est refait régulièrement.
- Le manteau : pour qui, et comment il doit tomber. Il sert vraiment aux petits formats, aux poils ras ou fins, aux chiots, aux animaux âgés, maigres, malades, rasés ou opérés récemment, et à tout chien qui reste immobile pendant que vous pelletez. La coupe compte plus que le tissu : il doit couvrir la poitrine et le ventre, ne pas glisser vers l'arrière, ne pas frotter sous les aisselles. Et il doit être sec. Un manteau mouillé est pire que pas de manteau.
- Les bottes, si elles tiennent. C'est la protection la plus complète contre le sel et la glace quand elles restent en place, et c'est aussi ce qui échoue le plus souvent. Elles doivent rester en place sans serrer, on les travaille à l'intérieur avant de s'en servir dehors, et on les enlève dès le retour.
- Une cire ou un baume de barrière, appliqué avant la sortie. Une aide possible contre l'accumulation de neige, qui ne remplace pas le rinçage.
- De la visibilité. Il fait nuit en fin d'après-midi, les bancs de neige cachent un petit chien, et les rues sont étroites. Un collier ou un harnais réfléchissant, et une laisse courte plutôt qu'une laisse rétractable sur la glace.
Pendant la sortie
- Regardez l'animal, pas le thermomètre. Section 1.
- Évitez les entrées d'immeuble, les escaliers et les tronçons visiblement blancs de sel quand un autre trajet existe.
- Ne le laissez pas boire dans les flaques ni manger la neige sale, la neige colorée ou la neige de bord de rue. C'est là que l'antigel et le sel se trouvent.
- Les cours d'eau gelés, le fleuve et le canal ne sont pas une surface. Un chien passe à travers, et la personne qui va le chercher aussi.
- Jamais seul dans la voiture, l'hiver comme l'été. Notre guide du voyage avec son animal explique pourquoi l'habitacle est un piège dans les deux sens.
Au retour
Le rituel de la section 4, chaque fois. Un bac, une serviette, une minute.
L'hiver et les articulations
C'est la conversation qui revient chaque janvier, alors mettons-la au clair.
Ce qui est certain, c'est que l'hiver change la façon dont un animal arthrosique bouge. La glace enlève l'adhérence, donc chaque pas devient un effort de stabilisation. Les promenades raccourcissent, donc le muscle fond et le poids monte, et les deux aggravent l'arthrose. Les pattes mouillées rendent le plancher de l'entrée glissant. Les journées raccourcissent, donc on sort moins. Cela fait quatre mécanismes, et aucun ne demande de débat.
Ce qui se dit beaucoup et qui est moins tranché, c'est que le froid et l'humidité augmentent en eux-mêmes la douleur articulaire. Les propriétaires le rapportent constamment, nous l'entendons tous les hivers, et notre guide de l'animal senior recommande déjà un couchage chaud et à l'abri des courants d'air. Que ce soit le froid lui-même ou la baisse de mouvement qu'il entraîne, la conduite à tenir est la même : on n'a donc pas besoin de trancher pour agir.
Ce que vous faites
- Le garder en mouvement, plus court et plus souvent, plutôt que de suspendre les sorties.
- Un harnais à poignée pour les escaliers glacés, et un coup de main dans les marches.
- Des tapis antidérapants là où les pattes mouillées atterrissent, à la porte et dans le corridor.
- Une rampe ou une marche pour le divan, le lit et l'auto.
- Un couchage chaud, épais, posé au sol et à l'écart des courants d'air.
- Et nous le dire en janvier. Un plan de gestion construit en juillet ne tient pas nécessairement en janvier : c'est le bon moment pour le rouvrir, pas le printemps suivant.
Voir nos fiches sur l'arthrose du chien et l'arthrite du chat, notre guide pour aider un animal à se lever et nos exercices d'amplitude.
Trois choses à installer cette semaine
- Un bac, une bouteille d'eau tiède et une serviette près de la porte d'entrée.
- Un rendez-vous de toilettage, ou une demande à la prochaine visite, pour la ligne de coupe entre les coussinets.
- Le réflexe du capot, avant chaque démarrage, jusqu'au dégel.
Vos questions, nos réponses
Ce que les propriétaires nous demandent le plus souvent quand l'hiver s'installe.
À partir de quelle température est-ce que je ne devrais plus sortir mon chien ?
Je l'ai sorti par grand froid et il a boité toute la soirée. Est-ce que je lui ai fait du mal ?
En pleine promenade, il lève une patte et refuse d'avancer. Qu'est-ce que je fais tout de suite ?
Faut-il vraiment rincer les pattes à chaque retour ? Et pourquoi le ventre ?
Il s'est léché les pattes pleines de sel, ou il a mangé de la neige sale. Est-ce dangereux ?
Le bout de son oreille est pâle et dur, mais il n'a pas l'air de souffrir. Est-ce que je peux attendre ?
Mon chat ne sort jamais. Est-ce que l'hiver le concerne quand même ?
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Regarder l'animal, rincer au retour, cogner sur le capot
Il n'y a pas de température à partir de laquelle on ne sort plus : il y a un animal qui vous dit qu'il a froid, et il faut le regarder plutôt que le thermomètre. Il y a une minute à la porte, au retour, qui enlève le sel avant qu'il brûle et avant qu'il soit léché, sur les pattes et sur le ventre. Il y a une gelure qui ne se déclare pas le soir même, et qui se fait donc regarder même quand elle a l'air de rien. Et il y a trois secondes sur un capot de voiture, entre novembre et le dégel. Le reste de l'hiver, il le passera très bien.
Des coussinets abîmés, ou un doute après une sortie par grand froid ?
Une fissure qui ne guérit pas, une patte qu'il lèche sans arrêt, un bout d'oreille qui a changé de couleur : ça se regarde, et ça se règle beaucoup mieux tôt. Notre équipe est là.