Gestes et soins à domicile
Guide client · Urgences et premiers soins

Mon chien a avalé un objet

corps étranger digestif chez le chien et le chat : quoi faire, et surtout quoi ne pas faire

Une chaussette qui manque, un jouet déchiqueté, un os volé sur le comptoir, une ficelle de rôti disparue pendant que le chat jouait avec. Le plus troublant, c'est que dans l'heure qui suit, presque tous ces animaux ont l'air parfaitement normaux. Cette page vous donne les quelques minutes qui comptent : ce qu'il ne faut surtout pas faire, en commençant par le faire vomir, quels objets n'attendent jamais, et ce qui va se passer quand vous arriverez.

Quoi faire tout de suite Ne le faites pas vomir Questions fréquentes

Ce guide est un outil d'accompagnement à domicile. Il ne remplace pas les conseils personnalisés de votre vétérinaire. Si vous pensez que votre animal a avalé un objet, appelez-nous sans attendre au 514 223-1197.

Dans les prochaines minutes

Quoi faire tout de suite

Vous pensez que votre animal a avalé quelque chose. Peut-être que vous l'avez vu faire, peut-être que vous déduisez, et peut-être que vous n'êtes pas certain du tout. Vous faites déjà la bonne chose en cherchant maintenant plutôt que demain matin, parce que la fenêtre où l'on peut agir simplement est celle qui se referme le plus vite.

Le reste de cette page se résume à une phrase : appelez avant tout geste, et ne le faites pas vomir.

S'il s'étouffe en ce moment, ce n'est pas cette page

S'il tousse violemment, s'il porte les pattes à sa gueule, si ses gencives virent au bleu ou s'il n'arrive plus à faire passer d'air, ce n'est pas cette page : c'est un étouffement, ça se joue dans les voies respiratoires, et les gestes sont différents. Cette page-ci parle de ce qui est déjà descendu.

Les six premières minutes

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    Enlevez le reste

    L'autre chaussette, le reste de l'os, le sac de jouets, la bobine de fil. Un animal qui vient d'en avaler un en avale souvent un deuxième pendant qu'on cherche quoi faire, et le deuxième est parfois celui qui bloque.

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    Notez ce que c'était

    Quoi, quelle grosseur à peu près, à quelle heure, et combien il en manque. Si vous avez l'objet jumeau, l'autre balle, l'autre chaussette, un morceau du même jouet, gardez-le : on va vouloir le voir et le mesurer.

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    Appelez tout de suite

    Nous, pendant nos heures d'ouverture, ou un centre d'urgence 24/7 si nous sommes fermés. C'est l'appel qui décide de la suite, pas la page que vous êtes en train de lire. Décrire la situation au téléphone ne dérange personne, et c'est exactement pour ça que la ligne existe.

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    Ne lui donnez plus rien à manger

    Pas de repas, pas de gâteries, pas de pain, pas d'huile. S'il faut l'endormir dans les prochaines heures, un estomac plein complique tout, et si quelque chose est déjà coincé, ce qui descend ensuite s'ajoute au bouchon. Pour l'eau, posez-nous la question au téléphone : la réponse dépend de son état.

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    S'il vomit tout seul, ne jetez rien

    Regardez si un morceau est sorti, gardez-le dans un sac fermé, et surtout, comptez : est-ce qu'il en manque encore ? Un morceau qui revient ne prouve pas que le reste est parti.

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    Si un fil dépasse, ne touchez à rien

    Ni de la gueule, ni de l'anus. Partez tel quel. C'est le point de la page qui souffre le moins d'exception, et il a sa propre explication plus bas.

Quoi apporter

L'objet jumeau ou un morceau du même objet. L'emballage, s'il y en avait un. Une photo de ce qui reste. Et le poids approximatif de votre animal, si vous le connaissez : ça nous évite une étape.

Si c'est un fil qui dépasse, vous n'apportez rien du tout : vous partez tel quel, sans y toucher, et vous nous appelez en route.

Partez maintenant : les situations qui ne peuvent pas attendre

Un seul de ces tableaux suffit. Vous n'avez pas à en cocher plusieurs, ni à décider lequel est le plus grave. N'attendez pas « de voir si ça passe », n'attendez pas le matin : rendez-vous à la clinique ou au centre d'urgence le plus proche, et appelez en route pour qu'on vous attende.

Sur cette page, il y a deux portes d'entrée dans la liste : ce qu'il a avalé, et ce qu'il vous montre. Elles comptent autant l'une que l'autre. Un animal qui a avalé la mauvaise chose et qui va parfaitement bien est déjà dans la liste.

Porte 1 : par ce qu'il a avalé

  • Un fil, une ficelle, un ruban, de la soie dentaire, une guirlande ou un élastique dépasse de sa gueule ou de son anus : NE TIREZ JAMAIS, même doucement, même si ça vient tout seul. Tirer peut couper l'intestin de l'intérieur. Ne coupez rien non plus. Partez tel quel.
  • Il a avalé du fil, de la ficelle, du ruban, une guirlande, un élastique à cheveux ou la ficelle d'un rôti, et vous ne voyez rien qui dépasse. C'est la même urgence. Chez le chat, c'est une urgence chirurgicale, et la plupart des propriétaires n'ont jamais vu leur chat en avaler. Si vous en avez à la maison, dites-le-nous même sans certitude : ça change complètement l'urgence.
  • Il a avalé un os, cuit ou cru, ou un morceau d'os, de bois de cerf, de sabot ou de nylon dur.
  • Il a avalé un épi de maïs, ou un bout d'épi.
  • Il a avalé deux aimants ou plus, ou un aimant et quelque chose en métal, même à des moments différents et même petits.
  • Il a avalé une pile, et surtout une pile bouton, celle des télécommandes, des cartes musicales et des jouets lumineux.
  • Il a avalé quelque chose de pointu ou de coupant : une aiguille, souvent avec le fil, un cure-dent, une brochette, un hameçon, un éclat d'os, un morceau de plastique dur cassé net.
  • C'est un chat, et il a avalé quelque chose. Le chat n'a pas la marge du chien, et une grande partie de ce qu'il avale, ce sont des fils, avalés en jouant. Chez lui, le fil s'ancre souvent sous la langue, et c'est là que ça devient chirurgical. Un chat qui a avalé quelque chose, ça s'appelle, toujours.
  • C'est un chiot, un chaton ou un petit chien. Chez eux, un objet qui passerait chez un grand chien ne passe pas, et tout va plus vite.
  • Il en a avalé plusieurs, ou vous ne savez pas combien il en manque. Deux chaussettes, la moitié d'un jouet, quatre roches : le compte change la décision.

Porte 2 : par ce qu'il vous montre

  • Il essaie de vomir encore et encore et ne produit presque rien. Un peu de mousse ou de bave peut sortir : ça compte quand même comme un effort à vide, surtout si son ventre gonfle ou se tend et qu'il n'arrive pas à se poser. C'est le tableau de la torsion d'estomac, et c'est une course contre la montre.
  • Son ventre est gonflé, dur ou très douloureux au toucher. Il fait les cent pas, il ne trouve aucune position, il regarde son flanc, ou il se met en « prière », les pattes avant au sol et l'arrière-train relevé.
  • Il vomit sans arrêt : les épisodes se rapprochent et rien ne reste, même pas l'eau.
  • Il vomit du sang : rouge vif en quantité, ou des grains bruns-noirs qui ressemblent à du marc de café (du sang digéré). Des selles noires et goudronneuses comptent pareil.
  • Il est très abattu : il ne tient plus debout, il est faible, il ne réagit presque plus. Des gencives pâles, grises ou bleutées confirment l'urgence, mais c'est un signe tardif : n'attendez pas de le voir pour partir.
  • Il bave beaucoup, il déglutit dans le vide, il approche sa gamelle et recrache aussitôt, ou il tient le cou tendu et raide. Un objet peut être resté coincé plus haut, dans l'œsophage, et celui-là ne descendra pas tout seul.
  • Il respire vite au repos, avec effort, le ventre qui pousse à chaque souffle, ou le cou étiré vers l'avant. Un chien qui halète après l'effort ou par temps chaud, c'est autre chose; celui-ci est couché tranquille et respire mal quand même.
  • Il n'a rien produit depuis hier, ou il pousse et il ne sort que du mucus ou un peu de sang. Et l'inverse compte aussi : le fait que quelque chose sorte ne veut pas dire que la voie est libre.
  • Il tremble, titube, s'effondre ou convulse.

Un seul suffit

Vous n'avez pas à décider lequel de ces signes compte le plus. Si un seul vous parle, partez. Si vous hésitez, appelez quand même : trier, c'est notre travail, pas le vôtre. En dehors de nos heures, un centre d'urgence 24/7 répond, et décrire la situation au téléphone ne dérange personne.

Et si vous ne voyez rien du tout

C'est la situation la plus fréquente, et ça ne change pas la consigne. Un objet avalé ne se juge pas à l'allure de l'animal. Il se juge à ce qu'il est et à où il est rendu, et ça, ça se regarde à la radiographie, pas dans le salon.

Le ventre qui gonfle et les efforts de vomissement à vide

Ils ont leur propre page, parce que c'est le tableau où chaque heure compte.

Si c'était un poison plutôt qu'un objet

Les premiers gestes changent selon le produit.

Le cœur de la page

Les quatre gestes à ne jamais faire

Si vous ne lisez qu'une section, lisez celle-là. Les quatre gestes qui suivent sont ceux qu'on vous conseillera dans un groupe Facebook ce soir, et ce sont les quatre qui transforment le plus souvent une visite simple en chirurgie compliquée. Aucun n'est un geste de mauvais parent : ce sont tous des gestes de quelqu'un qui veut aider tout de suite. C'est précisément pour ça qu'ils sont si répandus.

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Ne le faites pas vomir

C'est la première chose qu'on lit en français quand on cherche, et c'est la mauvaise réponse dans presque tous les cas d'objet avalé. Pas parce que le vomissement est mauvais en soi, mais parce que vous n'avez, chez vous, aucune des trois informations qui décident.

  • Vous ne savez pas ce que c'est vraiment

    Un objet pointu, un éclat d'os, une aiguille, un morceau de plastique cassé net font autant de dégâts en remontant qu'en descendant, et cette fois ils remontent dans un œsophage, qui est beaucoup plus fragile qu'un estomac.

  • Vous ne savez pas où il est rendu

    Une fois l'objet passé dans l'intestin, le faire vomir ne peut plus le ramener. Ça ne fait que perdre du temps et fatiguer un animal qu'on devra peut-être endormir dans une heure.

  • Vous ne savez pas s'il est en état

    Faire vomir un animal abattu, qui respire mal ou qui a déjà du mal à avaler, c'est risquer que tout parte dans les poumons. Une pneumonie par fausse route transforme une soirée désagréable en hospitalisation.

La règle de la maison, la même sur toutes nos pages

Jamais de votre propre initiative. Faire vomir au mauvais moment, produit corrosif, objet pointu, fil ou ficelle, animal abattu, peut aggraver les choses. Chez le chien, seul le vétérinaire ou une ligne antipoison animale peut vous guider, dans certains cas précis. Chez le chat, il n'existe aucun moyen sûr de faire vomir à la maison.

Et les méthodes maison ?

Le sel, le sirop d'ipéca, un doigt dans la gorge, l'huile, la moutarde : c'est dangereux et inefficace. Et le peroxyde d'hydrogène, celui dont parlent tous les résultats de recherche : jamais de votre propre initiative, et jamais pour un objet. Chez le chat, il peut être fatal.

Le sel est lui-même un poison, il provoque des convulsions. Le lait ne neutralise rien et donne la diarrhée. Le charbon activé est un traitement de clinique, risqué s'il est mal administré, et non seulement il ne sert à rien contre un objet, mais il noircit tout l'intérieur de l'estomac et complique ce qu'on aura à y faire ensuite.

Et pour un poison, alors ?

C'est une autre situation et c'est une autre page. Dans certains cas précis, chez le chien seulement, un vétérinaire ou une ligne antipoison animale peut vous guider pour faire vomir. Pour un objet, cette porte n'existe pas : c'est une radiographie qui décide de ce qui sort, quand et comment.

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Ne tirez jamais sur un fil

Un fil, une ficelle, un ruban, de la soie dentaire, une guirlande, un élastique à cheveux, la ficelle d'un rôti. S'il en dépasse un bout de la gueule ou de l'anus, le réflexe est de tirer doucement pour voir si ça vient. Ne le faites pas.

Voici pourquoi, en deux phrases. Une extrémité du fil s'ancre quelque part, souvent sous la langue ou dans l'estomac, pendant que l'intestin, lui, continue de pousser. Le fil se tend, l'intestin se plisse dessus comme un rideau sur sa tringle, et le fil peut scier la paroi de l'intérieur.

La règle absolue

Ne tirez JAMAIS sur un fil qui dépasse, ni de la gueule ni de l'anus, même s'il vient « facilement ». La traction peut déchirer l'intestin. Ne coupez rien pour « le libérer » sans directive. Partez tel quel : c'est au vétérinaire de décider comment le retirer.

Et si vous avez déjà tiré, avant de lire ceci : dites-le-nous simplement, sans détour. Ce n'est pas un reproche, c'est une information dont on a besoin, et elle change ce qu'on va regarder en premier. Le détail de cette urgence, chez le chat, est dans notre guide du chat qui vomit.

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N'essayez pas de « l'aider à passer »

C'est le conseil le plus gentil de la liste et c'est celui qui fait perdre le plus de temps.

  • Pas d'huile, pas d'huile minérale, pas de laxatif

    L'huile minérale n'a pas de goût, ce qui veut dire que l'animal ne tousse pas quand elle prend le mauvais chemin : elle descend tranquillement dans les poumons. Un laxatif, lui, pousse plus fort sur un intestin qui est peut-être déjà en train de souffrir contre un objet coincé. On pousse dans la mauvaise direction.

  • Pas de pain, pas de riz, pas de purée « pour envelopper »

    Rien n'enveloppe un éclat d'os. Le pain ne l'entoure pas, il l'accompagne, et il remplit un estomac qu'on devra peut-être vider sous anesthésie.

  • Pas de course, pas de sauts, pas de massage du ventre

    Faire bouger un animal pour « faire descendre » ne déplace pas un objet vers la sortie de façon fiable, et masser un abdomen douloureux ne fait que le blesser davantage.

  • Et pas de médicament de la pharmacie familiale

    Ni antinauséeux, ni antiacide, ni antidiarrhéique. Ils ne règlent rien et ils font pire que rien : ils peuvent cacher une obstruction qui continue de s'aggraver. Un animal qui a l'air mieux pendant six heures grâce à un comprimé, c'est six heures perdues.

Et surtout, aucun antidouleur humain

Ni acétaminophène ou Tylenol, ni ibuprofène ou Advil, ni aspirine. L'acétaminophène est mortel pour le chat, même un seul comprimé, et ces produits abîment l'estomac et les reins chez le chien comme chez le chat. Un ventre douloureux fait tendre la main vers la pharmacie : c'est le geste de cette page qui a le plus de conséquences, et le seul antidouleur sûr est celui qu'on prescrit après avoir regardé.

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N'attendez pas « que ça passe »

Beaucoup d'objets finissent par sortir tout seuls. C'est vrai, et ce n'est pas la question. La question, c'est que personne ne peut savoir, de la maison, lequel va passer, et que le temps qu'on passe à le découvrir est exactement le temps qu'on n'a plus.

Précisons ce qu'on vous demande de ne pas faire, parce que ce n'est pas la même chose que de ne jamais surveiller. Ce qu'on ne fait jamais, c'est attendre avant d'appeler. Il arrive très bien qu'après l'appel et l'examen, la conduite retenue soit de surveiller à la maison, avec une liste de signes et une durée. La différence entre les deux, c'est que dans un cas quelqu'un a regardé.

Et pour six choses, la réponse n'est pas « probablement », c'est « on appelle, tout de suite »

  • Un fil, une ficelle, une guirlande

    Ça ne passe pas, ça scie. Chez le chat, c'est l'urgence chirurgicale classique.

  • Un os

    Cuit, il éclate en fragments coupants; cru, il reste dur et il coince. Dans les deux cas il peut rester bloqué dans l'œsophage, l'endroit du tube digestif qui pardonne le moins.

  • Un épi de maïs

    Il ne se digère pas, il ne se ramollit pas, et il a précisément la forme et le calibre pour se planter dans l'intestin grêle. C'est un classique des barbecues et des épluchettes au Québec, et c'est une chirurgie plus souvent qu'autrement.

  • Des aimants

    Dès qu'il y en a deux, ou un aimant plus n'importe quoi en métal. Séparés par des replis d'intestin, ils s'attirent à travers la paroi et la pincent entre eux. Ce n'est plus une obstruction, c'est une perforation qui se prépare, et un seul aimant ne fait pas ça.

  • Une pile, surtout une pile bouton

    Coincée dans l'œsophage, elle ne se contente pas de bloquer : le courant décompose les tissus autour d'elle, et ça se compte en heures.

  • Quelque chose de pointu

    Aiguille, cure-dent, brochette, hameçon, éclat d'os. Ça ne « passe » pas, ça traverse.

Et deux animaux pour qui la même règle s'applique quel que soit l'objet : le chat, qui avale surtout des fils et chez qui le fil s'ancre sous la langue, et le très jeune ou le très petit, chez qui un objet ordinaire devient un gros objet.

Le garde-fou

Ne donnez aucun médicament maison

Cette page est lue par quelqu'un dont l'animal a peut-être le ventre douloureux, qui vomit, ou qui n'arrive pas à se poser, et la pharmacie de la maison est à trois mètres. C'est le moment d'être très clair : ici, le geste qui part de la meilleure intention du monde est aussi celui qui tue.

Acétaminophène (Tylenol)

Mortel pour le chat, même un seul comprimé. Il n'existe aucune dose sécuritaire. Si votre chat en a avalé, c'est une urgence immédiate.

Ibuprofène (Advil), naproxène (Aleve), aspirine

Ulcères digestifs et atteinte des reins, chez le chien comme chez le chat, et le chat est touché à des quantités plus petites que le chien. Jamais d'anti-inflammatoire humain, quelle que soit la raison. Chez un petit animal, un seul comprimé peut suffire.

Les restes d'ordonnance

L'antidouleur prescrit à l'autre animal de la maison, ou celui d'un épisode d'il y a six mois. Une ordonnance est calculée pour un animal, pour un problème et pour un poids : elle ne se transfère pas, et un comprimé de chien donné à un chat est une des intoxications les plus fréquentes.

Les antinauséeux, les antiacides et les antidiarrhéiques

Ceux qui restent d'une gastro de l'an dernier, les vôtres, ou ceux du chien du voisin. Sur un objet avalé, ils ne règlent rien et ils font pire que rien : ils calment un animal dont l'intestin continue de s'abîmer, et ils repoussent le moment où quelqu'un regarde.

Rien par la bouche, et voici pourquoi au juste

Ce n'est pas que tout soit du poison. C'est qu'un animal soulagé arrête de vomir et arrête de réagir quand on touche son ventre : vous perdriez les deux seuls signes que vous aviez, juste avant la visite où ils comptent. Et soulager la douleur d'un animal est une vraie priorité, pas un luxe : c'est un geste de clinique, qui se décide une fois qu'on sait ce qu'on traite. Si votre animal a mal, ce n'est pas un comprimé qu'il lui faut, c'est un appel.

Objet par objet

Ce qu'il a avalé, et ce que ça change

Tous les objets avalés ne se valent pas. Ce qui change la décision, ce n'est pas la taille toute seule : c'est la forme, le matériau, ce que l'objet fait quand il rencontre un intestin qui pousse, et l'espèce de celui qui l'a avalé. Voici les cas qu'on voit le plus souvent, en commençant par les six qui n'attendent pas.

Dans tous les cas, la marche à suivre est la même : vous appelez, et vous ne faites rien d'autre. Ce qui suit sert à savoir quoi nous dire, et à comprendre ce qui va être décidé.

Un fil, une ficelle, une guirlande, un élastique

Le plus dangereux de la liste, et de loin le plus fréquent chez le chat. Ficelle, fil à coudre, parfois avec l'aiguille encore au bout, ruban de cadeau, guirlande de Noël, élastique à cheveux, soie dentaire, ficelle de rôti et filet de viande.

Le corps étranger linéaire ne bloque pas comme un bouchon : une extrémité s'ancre, l'intestin continue de pousser, le fil se tend et il coupe de l'intérieur. C'est pour ça que la règle est aussi catégorique : ne tirez jamais, ni de la gueule ni de l'anus, même si ça vient tout seul, et ne coupez rien.

Et pour la même raison, ne le faites pas vomir. Une extrémité est ancrée quelque part : vomir tend le fil au lieu de le libérer, et c'est exactement ce qu'on cherche à éviter.

Ce qui rend ce cas particulier : souvent, il n'y a rien à voir. Un chat qui vomit, qui ne mange plus et qui a mal au ventre après avoir joué avec de la ficelle, c'est déjà le tableau. Si vous avez des fils, des rubans ou des élastiques à la maison, dites-le-nous même sans certitude : ça change complètement l'urgence.

Chez le chien aussi, ça arrive, et c'est aussi grave. La ficelle du rôti et le filet de viande sont trempés dans le jus : le chien ne les avale pas par erreur, il les avale parce que c'est bon.

Ce qu'on vous demandera : La longueur approximative, s'il y avait une aiguille, et si un bout est encore visible quelque part.

Un os, un bois de cerf, un sabot, un jouet à mâcher très dur

Un os cuit se casse en fragments coupants et il peut rester coincé n'importe où entre la gueule et le rectum. Un os cru ne s'éclate pas de la même façon, mais il ne se ramollit pas non plus, et un morceau rond de la mauvaise taille coince aussi bien.

Deux endroits inquiètent particulièrement. L'œsophage d'abord : un os bloqué là, entre la gorge et l'estomac, cause de la bave, des déglutitions à vide et des tentatives de manger suivies d'un recrachage immédiat. Ça ne descend pas tout seul et l'attente abîme la paroi. Et le piège est le même que dans le reste de la page : les signes peuvent s'atténuer au bout de quelques heures alors que la paroi, elle, continue de s'abîmer en silence. Un animal qui bavait ce matin et qui semble mieux ce soir n'est pas un animal qui va mieux.

Le rectum ensuite, où des fragments d'os compactés forment un bouchon dur, très douloureux, qui n'est pas une constipation ordinaire et qui ne se règle pas avec de l'huile.

Les os à mâcher, les bois de cerf, les sabots et les os de nylon très durs entrent dans la même carte pour une autre raison : ils cassent des dents. C'est la grosse dent du fond qui casse le plus souvent. Une prémolaire fracturée ne se voit pas de l'extérieur, ne fait pas arrêter de manger, et fait mal pendant des mois.

Et l'os de poulet du souper ? Appelez-nous tout de suite pour qu'on vous guide, et ne le faites pas vomir : un fragment tranchant peut se coincer ou déchirer à la remontée. Si la conduite retenue après cet appel est de surveiller, la surveillance dure environ 72 heures, et voici la liste : bave soudaine, haut-le-cœur, tentatives répétées d'avaler, vomissements, ventre douloureux ou gonflé, selles noires, abattement. Au moindre de ces signes, rappelez sans attendre.

Ce qu'on vous demandera : Cuit ou cru, quelle taille, combien de temps il l'a eu, et s'il a bavé ou toussé après.

Un épi de maïs

Le classique de l'été québécois : épluchette, barbecue, poubelle de cour, compost accessible. Le chien avale un bout d'épi ou l'épi au complet, et l'épi ne fait rien de ce qu'on espère. Il ne se digère pas, il ne se ramollit pas, il ne se casse pas en morceaux plus petits. Il a exactement le calibre pour arriver dans l'intestin grêle et s'y arrêter net.

C'est un des rares objets où la conversation à la clinique va vite vers la chirurgie, et c'est aussi un des rares où l'animal a l'air parfaitement bien pendant un jour ou deux. Un chien qui a mangé un épi hier soir et qui vomit ce matin n'a pas une gastro.

Ce qu'on vous demandera : La taille du chien, la taille du bout, et à quelle heure.

Des aimants

Un seul aimant avalé, c'est un objet comme un autre. Deux aimants, ou un aimant et n'importe quoi en métal, c'est un autre problème et il vaut la peine d'être expliqué, parce que ce n'est pas intuitif.

Les deux aimants voyagent dans le tube digestif, mais pas au même rythme et pas dans le même repli. Quand ils se retrouvent côte à côte séparés par deux épaisseurs de paroi, ils s'attirent et pincent l'intestin entre eux. La paroi coincée n'est plus irriguée. Ce n'est plus une obstruction, c'est un trou en préparation, et ça peut se produire même quand l'animal a l'air bien.

Les sources habituelles à la maison : les petites billes magnétiques, les jouets de construction aimantés, les fermetures de sacs et de boîtes, les aimants du frigo, certains bijoux fantaisie.

Ce qu'on vous demandera : Combien, quelle taille, et s'il aurait pu en avaler un autre à un autre moment. Ce dernier point est celui qu'on oublie, et c'est le plus important.

Une pile, surtout une pile bouton

Une pile bouton coincée dans l'œsophage ne se comporte pas comme un objet inerte. Le contact avec les tissus humides referme le circuit, et la réaction électrique abîme la paroi autour d'elle. La vitesse est le point : ça se compte en heures, pas en jours, et l'animal peut avoir l'air correct pendant que ça se produit.

Une pile qui a atteint l'estomac est moins pressante qu'une pile coincée plus haut, mais ce n'est pas à l'œil qu'on fait la différence : c'est à la radiographie, et c'est pour ça qu'on ne remet pas ça à demain matin.

Les piles cylindriques ordinaires, AA et AAA, comptent aussi : mâchées et percées, elles libèrent un contenu irritant.

Ce qu'on vous demandera : Le format, l'heure, et si elle est intacte ou mâchée. Apportez l'appareil dont elle vient, ou l'emballage.

Quelque chose de pointu ou de coupant

Aiguille, souvent avec le fil encore attaché, ce qui en fait deux problèmes en un. Cure-dent en bois, brochette de bambou, hameçon, éclat d'os, morceau de plastique dur cassé net, agrafe, punaise, capsule de bouteille.

Ces objets ne bouchent pas, ils traversent. Et c'est exactement le groupe pour lequel faire vomir est le plus dangereux : ce qui est descendu sans faire de dégât peut en faire beaucoup en remontant.

Un hameçon a sa propre règle : s'il y a un fil de pêche attaché, on ne tire pas dessus, jamais, exactement comme pour une ficelle.

Ce qu'on vous demandera : Quoi exactement, et si possible le même objet à nous montrer. Un cure-dent de bois ne se voit pas toujours à la radiographie, et le savoir change la façon dont on cherche.

Une chaussette, un sous-vêtement, une débarbouillette, un morceau de doudou

Le grand classique canin. Le tissu est souple, ce qui rassure, et c'est trompeur : une chaussette passe parfois sans histoire et parfois se met en boule dans l'intestin grêle où elle bloque tout. Le facteur qui décide n'est pas la souplesse, c'est le rapport entre la taille de l'objet et le calibre de l'intestin, et ce rapport, vous ne l'avez pas.

Deux détails à nous donner qui changent la lecture : combien il en a avalé, parce qu'une chaussette et trois chaussettes ne sont pas la même conversation, et si c'est déjà arrivé, parce qu'un chien qui mange du tissu recommence, et qu'un chien qui recommence a parfois un intestin déjà cicatriciel.

Ce qu'on vous demandera : Quelle taille, combien, quand, et si vous avez retrouvé des morceaux dans ses selles depuis.

Une balle, un morceau de jouet, un capuchon, un bouchon

Les objets lisses sont ceux qui font le plus mentir la montre. Une balle ou un morceau de caoutchouc peut rester dans l'estomac des semaines sans provoquer le moindre signe, puis bouger un mardi ordinaire et bloquer.

C'est pour ça que « ça fait trois jours et il va très bien » n'est pas une conclusion. Ce n'est pas non plus une raison de paniquer : c'est une raison de faire une radiographie plutôt que de se fier à l'allure.

Attention particulière aux balles pleines de la bonne taille pour se loger à l'entrée de l'estomac, et aux jouets qui viennent de commencer à se déchirer : ce n'est jamais le jouet complet qu'on retrouve, c'est le morceau.

Ce qu'on vous demandera : Le jouet jumeau si vous l'avez, et ce qu'il manque au jouet d'origine.

Un noyau, un caillou, un gland, une châtaigne

Noyau d'avocat, de pêche, de mangue, de datte; roche de jardin; gland de chêne; marron. Durs, indigestes, souvent parfaitement ronds, et parfois avalés par poignées : le chien qui mange des roches en mange rarement une seule.

Le noyau d'avocat mérite une note. L'avocat n'est pas un poison important pour le chien et le chat, contrairement à ce qui se dit; le vrai risque, c'est le gras et c'est le noyau, qui a précisément le format pour bloquer.

Ce qu'on vous demandera : Combien, et depuis quand ça dure si c'est une habitude.

Un sac, une pellicule, un emballage de viande

Ce sont les emballages qui sentent bon qui posent problème : la barquette de poulet, la pellicule qui a enveloppé le rôti, le sac de croquettes déchiré, le papier ciré du beurre. L'animal ne mange pas le plastique, il mange l'odeur, et le plastique suit.

Une pellicule fine peut se compacter en une masse étonnamment solide. Un sac entier peut aussi représenter un risque d'étouffement, et là ce n'est plus cette page.

Ce qu'on vous demandera : Combien de surface manque, à peu près, et si l'emballage contenait autre chose, comme des os de poulet ou une ficelle.

Je ne sais pas ce que c'était

C'est la situation la plus fréquente et la plus inconfortable, et elle n'est pas un problème. Vous n'avez pas à identifier l'objet pour nous appeler, et nous n'allons pas vous demander de deviner.

Ce qui aide vraiment : ce qui a changé dans la maison depuis hier, ce qui traîne d'habitude à sa portée, ce qui manque, et à quel moment il a été seul. On travaille très bien avec « il était seul vingt minutes dans le sous-sol et le jouet est en deux morceaux ».

Le piège

« Il a l'air correct » n'est pas une bonne nouvelle

C'est le réflexe le plus dommageable de toute la page : votre animal a avalé quelque chose, il court, il quête, il joue, alors vous attendez. C'est humain et c'est logique. C'est aussi, pour un objet avalé, à peu près sans valeur, et il vaut la peine d'expliquer pourquoi plutôt que de simplement le décréter.

Pourquoi il a l'air bien

Un objet qui vient d'être avalé est, la plupart du temps, dans l'estomac. L'estomac est un sac souple : il tolère beaucoup, il ne fait pas mal tout de suite, et il ne donne aucun signe tant que l'objet y reste tranquille. Les signes n'apparaissent pas au moment de l'ingestion, ils apparaissent au moment où l'objet bouge et se coince plus bas, dans un tuyau beaucoup plus étroit.

Ce moment-là peut arriver dans deux heures. Il peut arriver dans trois semaines. Rien de ce que vous observez ce soir ne vous dit lequel des deux.

L'obstruction partielle, celle qui trompe le plus

On imagine un blocage comme un bouchon complet : plus rien ne passe, l'animal vomit tout, c'est évident. En pratique, un blocage peut être partiel, et c'est cette forme-là qui trompe le plus : elle ressemble à une petite gastro qui traîne. C'est le cas typique d'un fil ou d'un petit objet.

  • Il vomit, mais pas toujours, et pas à chaque repas.
  • Il mange encore un peu, et il boit.
  • Il fait encore des selles, parfois molles, parfois peu.
  • Il est un peu plus tranquille que d'habitude, sans plus.

C'est ce tableau-là qui envoie les gens attendre trois jours, et c'est celui qui abîme le plus d'intestin. Le fait que quelque chose sorte ne veut pas dire que la voie est libre.

Ce qui doit vous faire partir immédiatement, même trois jours plus tard

Le mur d'urgence du haut de la page reste valable tout le temps que dure l'histoire. Trois tableaux méritent d'être répétés ici parce qu'ils apparaissent souvent en différé :

  • Il vomit et rien ne reste, même pas l'eau.
  • Son ventre devient dur, gonflé ou douloureux, ou il ne veut plus se coucher normalement.
  • Il devient franchement abattu, ou ses gencives pâlissent. Rappel : des gencives pâles sont un signe tardif, pas un signal d'alarme précoce.

La règle à retenir

Après une ingestion connue ou même seulement soupçonnée, appelez même si votre animal va bien. Il vaut toujours mieux nous appeler pour rien que de laisser passer les premières heures, souvent les seules où l'on peut agir simplement.

Et si vous êtes déjà à jour trois, que vous venez de comprendre, et que vous vous en voulez : appelez pareil. Il n'est pas trop tard pour que ça change quelque chose, et personne ici ne va vous faire la leçon. Vous avez fait ce que fait quelqu'un qui ne savait pas encore.

La suite

Ce qu'on va faire, et comment la décision se prend

Une des raisons pour lesquelles les gens attendent, c'est qu'ils ne savent pas à quoi ils s'engagent en appelant. Voici la vraie séquence, sans mystère, pour que la décision de partir soit plus facile à prendre.

L'appel

On va vous poser cinq ou six questions, toujours à peu près les mêmes : quoi, quand, quelle grosseur, combien, quelle espèce et quel poids, et comment il va en ce moment. C'est ce qui décide si c'est un rendez-vous, une arrivée immédiate ou une orientation vers un centre 24/7 parce que nous sommes fermés.

Nous sommes une clinique d'urgence de jour. Notre rôle est l'évaluation immédiate et la stabilisation. En dehors de nos heures, ou si votre animal a besoin d'une surveillance de nuit, c'est un centre 24/7 qui prend le relais, et notre page urgence suit l'heure réelle de la clinique pour vous diriger au bon endroit.

L'examen

On regarde d'abord ce que la radiographie ne montre pas : les gencives et leur couleur, l'hydratation, la douleur, la façon dont il respire. Puis on palpe l'abdomen, doucement, parce qu'on cherche à la fois une masse, une anse d'intestin anormalement tendue, et surtout une réaction de douleur.

Chez le chat, il y a une étape de plus, et elle est spécifique : on regarde sous la langue. C'est là qu'un fil s'ancre le plus souvent, et c'est parfois toute l'histoire, trouvée en dix secondes.

L'imagerie

C'est l'étape qui tranche, et c'est celle qui se fait ici. La radiographie numérique se fait ici, pendant la visite, et pour une urgence d'objet avalé c'est elle qui mène.

Ce que la radiographie voit très bien

Le métal, les piles, les aimants, les cailloux, la plupart des os.

Ce qu'elle voit moins bien

Le tissu et le plastique souple, qui ressemblent à ce qu'il y a normalement dans un intestin. Et elle ne voit à peu près pas le bois, un cure-dent, une brochette.

Dans ces cas-là, on ne cherche plus l'objet : on lit ce que l'intestin fait autour de lui, la forme des anses, la distribution du gaz, un plissement anormal. C'est un raisonnement d'ensemble, pas une photo de la chaussette.

C'est aussi pour ça qu'on refait parfois des images quelques heures plus tard. Une deuxième série qui montre que rien n'a bougé dit quelque chose qu'une seule série ne pouvait pas dire.

L'échographie, et ce qu'elle ajoute

Chez nous, l'échographie sert à deux choses bien différentes. Pendant nos heures d'ouverture, notre équipe peut faire sur place un coup d'œil ciblé qui répond à une seule question, par exemple s'il y a du liquide libre dans le ventre, et ce liquide peut être ponctionné ou drainé ici même si c'est indiqué. L'examen complet, organe par organe, est autre chose : c'est un rendez-vous distinct qui se planifie, et il se fait ici, soit par notre équipe, soit par une équipe spécialisée en imagerie qui se déplace jusqu'à nous.

Selon le cas, l'examen se fait ici, ou par l'équipe d'imagerie mobile qui se déplace jusqu'à nous. Les images peuvent ensuite partir en lecture chez un radiologiste, et le délai dépend alors du cas.

Les analyses

Si votre animal vomit déjà, s'il est déshydraté, ou si une anesthésie se profile, on fait un bilan sanguin.

Certaines analyses se font ici, dans notre laboratoire, et le résultat revient parfois pendant la visite même. D'autres échantillons partent dans un laboratoire externe. Le délai dépend de l'analyse et de sa destination : demandez à votre vétérinaire laquelle des deux s'applique et le temps à prévoir, c'est la bonne question à poser au moment du prélèvement.

La décision, et ses quatre chemins

Ce que nous pouvons faire, et que vous ne pouvez pas faire chez vous

Ne le faites jamais vomir de votre propre initiative : selon l'objet, le faire remonter abîme parfois plus que de le laisser descendre. Appelez d'abord, nous pendant nos heures d'ouverture ou un centre d'urgence 24/7 si nous sommes fermés, et le plus tôt possible : dans ces cas, le délai compte. Faire vomir est un geste de clinique, et c'est un geste que nous posons ici quand le cas s'y prête, une fois qu'on a évalué ce qui a été avalé et depuis quand. Et quand un objet peut sortir sans ouvrir l'abdomen, l'endoscopie fait partie de ce que nous pratiquons ici : votre vétérinaire vous dira si cette voie convient à votre animal.

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    Le faire vomir, ici

    Oui, c'est parfois ce qu'on fait, et c'est précisément pour ça qu'on vous demande de ne pas le faire chez vous. La différence tient en trois choses : on sait ce que c'est, on sait où c'est rendu parce qu'on l'a vu à la radiographie, et on peut arrêter ce qui tourne mal. Cette porte-là se referme vite, souvent en quelques heures, et c'est la meilleure raison d'appeler tôt plutôt que d'attendre demain matin.

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    Surveiller, sous notre surveillance

    Quand l'objet est petit, lisse, non toxique, déjà bien engagé, et que l'animal va bien, la décision peut être d'observer et de refaire des images. Ce n'est pas la même chose que d'attendre à la maison : la différence, c'est qu'on regarde, avec un point de comparaison et une heure limite.

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    Le retirer sans ouvrir

    Selon l'objet, sa position et l'état de votre animal, votre vétérinaire vous dira si l'endoscopie convient à votre cas. Il vous dira aussi franchement quand ce n'est pas envisageable : au-delà de l'estomac, cette voie n'est en général plus praticable, et c'est la chirurgie qui prend le relais.

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    Opérer

    La chirurgie des tissus mous se fait ici, pendant nos heures d'ouverture : une plaie ou une morsure à nettoyer, à explorer, à drainer, à suturer ou à laisser ouverte; un abcès à ouvrir; un hématome de l'oreille à drainer; une masse dans la peau ou sous la peau à retirer; un abdomen à ouvrir pour un objet avalé ou un utérus infecté. Selon le cas, cela se fait sous sédation ou sous anesthésie générale. Le moment dépend de l'urgence et de l'horaire de la journée : appelez-nous, on vous dira quoi faire et quand venir. Quand un tissu retiré doit être analysé, il part dans un laboratoire externe.

Autour de l'anesthésie

Avant : un examen complet, un bilan sanguin, et son risque anesthésique évalué pour lui. Pendant l'anesthésie, une personne de l'équipe ne fait que surveiller votre animal, avec les appareils que son cas demande. Après : une surveillance jusqu'au réveil complet et une gestion de la douleur qui commence avant qu'il n'ait mal.

Ce qu'il faut savoir avant d'appeler, pour ne pas être surpris

Une chirurgie d'urgence le jour même est possible ici, et elle demande trois conditions que nous publions ouvertement :

  • Une arrivée tôt dans la journée.
  • Un patient stable pour l'anesthésie.
  • Une place confirmée en soins intensifs 24/7 pour la période après l'opération.

Concrètement : plus tôt vous appelez dans la journée, plus il y a de chemins possibles. Et si vous arrivez peu de temps avant la fermeture avec un cas qui va demander une hospitalisation, un transfert vers un centre 24/7 peut être nécessaire pour assurer la continuité des soins. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle, c'est la façon dont le réseau fonctionne, et on organise le transfert avec le dossier complet.

L'hospitalisation, pour être précis

Chez nous, l'hospitalisation est une hospitalisation de jour : votre animal est admis, traité et réévalué sur place pendant nos heures d'ouverture, et un séjour peut se prolonger sur plusieurs jours, avec une réévaluation chaque jour. Nous n'assurons pas de surveillance médicale continue la nuit. Quand un animal doit être veillé sans interruption, nous le stabilisons d'abord, puis nous organisons son transfert vers un centre 24/7, avec le dossier complet. Dans tous les cas, nous vous disons à l'admission ce qui est prévu pour la nuit.

Et si on ne trouve rien ?

Ça arrive, et c'est un bon résultat, pas une visite gaspillée. On repart avec une radiographie normale, un examen normal, un point de départ daté, et surtout une liste précise de ce qui doit vous faire revenir. C'est exactement l'information qui vous manquait il y a une heure.

Après

Ce qui change à la maison

Un animal qui a avalé un objet une fois est un animal qui va essayer une deuxième fois. Ce n'est pas de l'entêtement et ce n'est pas un défaut d'éducation : pour beaucoup de chiens, c'est simplement comme ça qu'ils explorent, et pour beaucoup de chats, un fil qui bouge est une proie. On change donc la maison, pas l'animal.

Les fils, en premier

Le nécessaire à couture sous clé. Les ficelles, rubans et élastiques ramassés après chaque jeu supervisé. La ficelle du rôti et le filet de viande directement dans une poubelle fermée, pas dans le sac ouvert sous l'évier. Les guirlandes hors de portée pendant le temps des fêtes, et les rubans de cadeau ramassés le soir même plutôt que le lendemain matin.

La cuisine et la poubelle

Les os cuits, jamais. Les épis de maïs dans une poubelle fermée, jamais dans le compost de cour accessible, et ramassés tout de suite après un repas dehors. Les barquettes de viande rincées ou mises hors d'atteinte, parce que ce n'est pas la barquette qui l'intéresse, c'est ce qu'elle sentait.

Les jouets

Une règle simple qui remplace toutes les autres : si l'objet entre en entier dans sa gueule, il peut descendre. Les jouets se vérifient une fois par semaine, et un jouet qui commence à se déchirer se jette ce jour-là, pas quand il sera « vraiment fini ». Ce n'est jamais le jouet complet qu'on retrouve à la radiographie, c'est le morceau. Et le jeu de balle mérite une pensée : une balle du bon calibre pour la gueule d'un grand chien est aussi du bon calibre pour se loger là où on ne veut pas.

Le panier à linge

C'est la carte qui manque dans presque tous les guides, et c'est la source numéro un des chaussettes. Un panier avec un couvercle, et le linge sale qui ne dort pas par terre. Pour un chien qui en est à sa deuxième chaussette, ce n'est plus une précaution, c'est un changement permanent.

Le chien qui mange du tissu ou des cailloux exprès

Manger des choses qui ne sont pas de la nourriture, de façon répétée, ça porte un nom, le pica, et ce n'est pas une question de discipline. Ça peut accompagner une anxiété, un ennui, un inconfort digestif, parfois autre chose. Ça vaut une vraie conversation à un rendez-vous, pas une punition, et certainement pas une muselière laissée seule à la maison.

Le chiot

Tout ce qui précède, en plus serré, et le guide complet est déjà écrit.

Questions fréquentes

Ce que les gens nous demandent au téléphone

Il vient d'avaler quelque chose et il a l'air parfaitement normal. Est-ce que je peux attendre de voir ?
Non, et comme c'est la question de la page, voici la réponse au complet plutôt qu'un « non » sec. Un objet qui vient d'être avalé est presque toujours encore dans l'estomac, et l'estomac est un sac souple qui tolère beaucoup et qui ne fait pas mal. Les signes n'apparaissent pas au moment où l'objet entre : ils apparaissent au moment où il bouge et se coince plus bas, dans un tuyau beaucoup plus étroit. Autrement dit, un animal parfaitement normal ce soir, c'est exactement à quoi ressemble un animal qui a un épi de maïs dans l'estomac. Ce que vous observez ne vous renseigne pas sur ce qui s'en vient, et la fenêtre où tout reste simple est la première à se refermer. Appelez, décrivez, et laissez-nous trier : c'est notre travail, pas le vôtre.
J'ai lu qu'il fallait le faire vomir, avec du peroxyde. C'est vrai ?
Non, pas de votre propre initiative, et pas pour un objet. Le peroxyde d'hydrogène est un médicament, pas un remède maison : chez le chien il ne s'emploie que sur la directive d'un vétérinaire ou d'une ligne antipoison animale, et chez le chat il peut être fatal. Vous ne trouverez sur cette page aucune méthode et aucune quantité, et c'est délibéré. Trois raisons, chacune suffisante. Un objet pointu ou coupant abîme autant en remontant qu'en descendant, et cette fois il remonte dans l'œsophage, qui est beaucoup plus fragile qu'un estomac. Si l'objet a déjà quitté l'estomac, le faire vomir ne peut plus le ramener : ça ne fait que perdre du temps et fatiguer un animal qu'on devra peut-être endormir dans l'heure. Et faire vomir un animal abattu, ou qui respire mal, ou qui a déjà de la difficulté à avaler, risque d'envoyer le contenu dans les poumons. Chez le chat, en plus, il n'existe aucun moyen sûr de faire vomir à la maison. Pour un poison, c'est une autre situation : chez le chien seulement, dans certains cas précis, un vétérinaire ou une ligne antipoison animale peut vous guider, et c'est expliqué sur notre page des aliments et plantes toxiques. Pour un objet, cette porte-là n'existe pas.
Le fil dépasse de son anus. Je peux tirer doucement, juste pour voir ?
Non. C'est le point de cette page qui ne souffre aucune exception. L'autre extrémité du fil est ancrée plus haut, souvent sous la langue ou dans l'estomac, et l'intestin s'est plissé dessus sur toute sa longueur. Tirer, même très doucement, même si ça vient, peut couper l'intestin de l'intérieur. Ne coupez rien non plus pour « le libérer ». Partez tel quel : c'est au vétérinaire de décider comment le retirer. Et si vous avez déjà tiré avant de lire ceci, dites-le-nous simplement, sans détour. Ce n'est pas un reproche, c'est une information dont on a besoin, et elle change ce qu'on va regarder en premier.
Est-ce que ça peut passer tout seul ? Et si oui, en combien de temps ?
Beaucoup d'objets sortent effectivement tout seuls. Ce n'est pas la bonne question. La bonne question, c'est : pouvez-vous savoir, de votre cuisine, si celui-ci en fait partie ? Non, et personne ne le peut, parce que ça dépend de la forme, de la matière, du rapport entre la taille de l'objet et le calibre de l'intestin, et de l'endroit exact où l'objet est rendu. C'est pour ça que cette page ne vous donne aucun délai à vous fixer vous-même : un délai qu'on se donne tout seul devient une permission d'attendre, et c'est exactement comme ça qu'on perd de l'intestin. La seule durée de surveillance qui vaille est celle qu'on vous donne au téléphone, pour votre animal. Ce qu'on peut dire clairement : pour un fil, un os, un épi de maïs, des aimants, une pile ou quelque chose de pointu, on n'attend jamais pour appeler. Et si, après cet appel et l'examen, la conduite retenue est de surveiller à la maison, alors vous aurez une durée et une liste de signes précise, données pour votre animal et pas pour un animal en général.
Il a vomi l'objet tout seul. C'est réglé ?
Peut-être, et il faut quand même nous appeler, pour deux raisons. La première, c'est le compte : est-ce que tout est ressorti ? Une chaussette sur deux, la moitié d'un jouet, deux billes sur quatre, ça ne referme pas le dossier. La deuxième, c'est ce que l'objet a pu laisser derrière lui : quelque chose de coupant, ou une pile, peut avoir abîmé la paroi en passant, et cette partie-là ne se voit pas dans le vomi. Gardez ce qui est sorti dans un sac fermé, et appelez. Si c'était un fil, appelez même s'il vous semble entièrement ressorti.
Je ne suis même pas certain qu'il l'a avalé. Je vais avoir l'air de quoi ?
De quelqu'un qui a bien fait. C'est de loin la situation la plus fréquente, et « je pense qu'il a peut-être avalé un bout du jouet, mais je ne suis pas sûr » est une phrase parfaitement normale au téléphone. Il vaut toujours mieux nous appeler pour rien que de laisser passer les premières heures. Et vous n'avez pas à identifier l'objet pour appeler : ce qui manque, ce qui a changé dans la maison depuis hier, et à quel moment il a été seul, c'est déjà beaucoup. On travaille très bien avec « il était seul vingt minutes dans le sous-sol et le jouet est en deux morceaux ».
C'est le soir, ou c'est la fin de semaine, et vous êtes fermés.
Alors c'est un centre d'urgence 24/7, et pour un objet avalé ça ne se remet pas au lendemain. Appelez-les, décrivez la situation, et laissez-les trier : décrire au téléphone ne dérange personne. Notre page urgence suit l'heure réelle de la clinique et vous dirige au bon endroit, et la liste des adresses est sur la page des centres 24/7. Et si c'est le matin : appelez tôt. Nous sommes une clinique d'urgence de jour et nous n'hospitalisons pas la nuit, alors plus tôt vous appelez dans la journée, plus il reste de chemins possibles.

À lire aussi

Ce qui compte vraiment

Si vous ne retenez que quatre choses de cette page : ne le faites pas vomir, ne tirez jamais sur un fil, n'attendez pas de voir, et appelez même s'il a l'air parfaitement bien. Le reste, l'objet, la position, la décision, ce n'est pas à vous de le trancher, et c'est une bonne nouvelle. Vous avez déjà fait la partie difficile en cherchant maintenant plutôt que demain matin.

Votre animal a avalé quelque chose ?

Appelez-nous pendant nos heures d'ouverture, ou un centre d'urgence 24/7 si nous sommes fermés. Décrire la situation au téléphone ne dérange personne et ne vous engage à rien.