Symptômes : quoi faire
Guide client · Symptômes et triage

Mon chat ne mange plus

chez le chat, ça se compte en heures

Un chien peut sauter un repas. Un chat, non : chez lui, ne pas manger devient vite une maladie en soi, parce que son foie encaisse le jeûne très mal. Cette page dit franchement ce qui commande de partir maintenant, ce qui commande d'appeler, et ce qui aide en attendant le rendez-vous. Ce qu'elle ne dira jamais : attendez de voir.

Partez maintenant Le compte des heures Questions fréquentes

Ce guide vous aide à trier; il ne remplace pas l'examen du vétérinaire. Au moindre doute, appelez-nous au 514 223-1197.

Urgence

Partez maintenant : ces signes annulent le compte des heures

Le délai dont parle le reste de cette page ne s'applique pas ici. Un seul de ces tableaux suffit : vous n'avez pas à en cocher plusieurs, ni à décider lequel est le plus grave. Déposez votre chat dans sa cage de transport, partez, et appelez en route.

  • Il va et vient à la litière, il pousse, il miaule, et rien ne sort ou seulement quelques gouttes. Beaucoup de gens pensent à de la constipation : chez un chat qui pousse, on présume d'abord un blocage urinaire, et un blocage ne passe pas la nuit. On ne décide pas d'après le sexe du chat : c'est beaucoup plus fréquent chez le mâle, mais une femelle peut se bloquer aussi.
  • Il respire la gueule ouverte, ou vite alors qu'il est couché tranquille, ou avec le ventre qui pousse à chaque souffle, ou le cou étiré vers l'avant. Le chat ne halète pas comme un chien. Manipulez-le le moins possible et laissez-le dans la position qu'il a choisie.
  • Du jaune apparaît sur ses gencives, sur le blanc de ses yeux ou à l'intérieur de ses oreilles. C'est un signe tardif, et il se cache sur un chat aux gencives foncées : ne cherchez pas le jaune pour décider, et ne pas le voir ne prouve rien.
  • Il est froid au toucher, oreilles et pattes, alors qu'il fait chaud chez vous. Ses gencives sont pâles. Il titube, il s'affaisse ou il n'arrive plus à se relever. Ces signes arrivent tard : n'attendez surtout pas de les voir pour nous appeler.
  • Ses pattes arrière ne le portent plus, il les traîne, il crie, ses coussinets sont froids ou bleutés. Ce n'est pas une entorse, même si vous l'avez vu sauter juste avant.
  • Un fil, une ficelle, un ruban, de la soie dentaire ou un élastique dépasse de sa gueule ou de son anus : NE TIREZ JAMAIS, même doucement, même si ça vient tout seul, et ne coupez rien. Partez tel quel.
  • Il a pu lécher, mâchouiller ou marcher dans quelque chose : un lys (fleur, feuille, pollen resté sur le pelage, eau du vase), un médicament humain contre la douleur, de l'antigel, un antipuces pour chien. Avec le lys, la perte d'appétit est parfois l'un des tout premiers signes visibles. Ne le faites pas vomir, et apportez l'emballage ou un morceau de la plante.
  • Il bave, il se frotte la gueule avec la patte, il laisse tomber ses bouchées. N'essayez pas d'ouvrir vous-même la gueule d'un chat qui a mal : vous risquez une morsure, et ne rien voir ne prouverait rien.
  • C'est un chaton. Un chaton n'est pas un petit chat adulte, et le délai dont parle cette page ne s'applique pas à lui : on appelle maintenant, sans compter les heures.
  • C'est une chatte gestante ou qui allaite : elle nourrit deux fois et n'a aucune marge. On ne compte pas les heures avec elle.
  • C'est une chatte non stérilisée dont les chaleurs remontent à quelques semaines : le pyomètre, une infection de l'utérus, commence souvent par un chat abattu qui cesse de manger.
  • Il est diabétique et reçoit de l'insuline : appelez-nous avant la prochaine injection, même le soir, même si c'est dans une heure. Ne décidez pas seul de donner la dose ni de la sauter. S'il est en plus faible, désorienté, s'il vomit, s'il respire vite ou si son haleine sent bizarrement sucré : partez tout de suite.

Un seul suffit

Vous n'avez pas à décider lequel de ces signes compte le plus. Si un seul vous parle, partez. Si vous hésitez, appelez quand même : trier, c'est notre travail, pas le vôtre. En dehors de nos heures, un centre d'urgence 24/7 répond, et décrire la situation au téléphone ne coûte rien.

Le chat qui force à la litière est si souvent pris pour un chat constipé que nous lui consacrons une fiche entière : maladie des voies urinaires inférieures.

Pour les poisons, les premiers gestes selon le produit :

Le bon réflexe

Ce que « 24 à 48 heures » veut dire, et ce que ça ne veut pas dire

C'est le repère qu'on publie et qu'on utilise : chez un chat adulte, on ne laisse jamais passer plus de 24 à 48 heures sans manger. Mais lisez-le à l'endroit. Ce n'est pas une réserve de temps qu'on aurait le droit de dépenser : c'est la limite à ne pas atteindre. Vous n'avez pas besoin d'attendre d'y arriver. Au premier vrai repas refusé, appelez-nous : on trie ensemble, et bien souvent la réponse est rassurante.

Compter honnêtement

  • Comptez depuis son dernier VRAI repas, pas depuis le moment où vous avez commencé à vous inquiéter.
  • Une gâterie, deux léchées de sauce, trois bouchées pour vous faire plaisir : ça ne remet pas le compteur à zéro.
  • Manger nettement moins que d'habitude, c'est déjà ne pas manger. C'est le même signal, en plus discret, et il se compte sur la même horloge.
  • Le moindre signe qui s'ajoute annule le compte : il vomit, il se cache, il pousse à la litière, il ne boit plus, il a maigri. Vous n'attendez plus, vous appelez.

Les chats qui n'ont pas cette marge

  • Le chaton, et la chatte gestante ou qui allaite.
  • Le chat âgé.
  • Le chat en surpoids, et le chat déjà maigre ou qui a fondu ces dernières semaines.
  • Le chat suivi pour une maladie (reins, thyroïde, diabète, pancréas, intestin) ou sous médication.
  • Le chat qui suit une diète d'amaigrissement.

Pour eux, on n'attend pas le plafond : on appelle dès le premier repas refusé. Et si votre chat suit une diète et qu'il arrête de manger, ce n'est pas la diète qui fonctionne : c'est un signal d'alarme, et on veut le savoir.

Un vendredi soir n'est pas une salle d'attente

Entre vendredi soir et lundi matin, il s'écoule plus de soixante heures. Un chat qui ne mange pas n'a aucune raison d'attendre que la semaine recommence. Si nous sommes fermés, appelez un centre d'urgence 24/7 : on vous dira si c'est maintenant, aujourd'hui, ou un rendez-vous. Vous n'avez pas à trancher seul.

Pourquoi c'est urgent

Chez le chat, ne pas manger devient une maladie en soi

C'est ce qui sépare le chat du chien, et c'est toute la raison d'être de cette page. Le jeûne n'est pas seulement le symptôme d'un problème : chez le chat, il en crée un deuxième.

Ce qui se passe dans son foie

Privé de nourriture, son corps fait exactement ce qu'il faut : il sort le gras de ses réserves et l'envoie au foie pour en tirer de l'énergie. Le problème, c'est qu'il en envoie plus que le foie d'un chat n'est capable d'en traiter. Le gras s'accumule alors dans les cellules du foie, et le foie se met à mal fonctionner : c'est la lipidose hépatique. Personne ne peut vous dire à quelle heure précise ça bascule chez votre chat, et c'est exactement pour ça qu'on agit avant. Maladies du foie du chat.

Le cercle qui se referme

Un foie engorgé donne la nausée. Un chat nauséeux mange encore moins. Plus il ne mange pas, moins il peut manger. Et ce qu'on observe en clinique, c'est qu'une fois ce cercle installé, un chat ne se remet presque jamais à manger tout seul. « On attend que la faim revienne » n'est donc pas un plan : c'est le mécanisme même qui aggrave la situation. Quand il le faut, c'est nous qui nourrissons le chat, et c'est souvent ce qui le sort d'affaire.

Un chat rond n'a pas de coussin de sécurité

L'intuition dit exactement l'inverse, alors disons-le franchement : c'est chez le chat en surpoids que le foie encaisse le plus vite, parce que ce sont justement ses réserves qui l'engorgent. Et un chat mince n'est pas à l'abri pour autant : le déclencheur, c'est l'arrêt alimentaire, pas la silhouette.

Il ne perd pas que du gras

Un chat qui ne mange pas perd aussi du muscle, et le muscle ne se reconstruit pas en quelques repas. Il arrive donc affaibli pour se battre contre ce qui l'a rendu malade au départ. C'est une deuxième raison de ne pas laisser courir, même chez un chat qui garde bonne allure.

Un chien peut sauter un repas. Un chat, non.

« Il mangera quand il aura assez faim » vient du monde du chien, et même là, on nourrit tôt plutôt que de faire jeûner. Chez le chat, cette phrase est dangereuse : il ne boude pas, il est empêché, et attendre ne règle pas ce qui l'empêche de manger. Ne faites donc jamais jeûner un chat à la maison pour voir si l'appétit revient. Il existe de courtes périodes sans nourriture décidées par un vétérinaire, avant une anesthésie prévue par exemple : elles suivent un examen, elles se comptent en heures et elles sont surveillées. Il n'en existe aucune version maison.

Bien observer

Il mange ses gâteries mais pas ses croquettes : trier honnêtement

C'est la situation la plus fréquente au téléphone, et la plus trompeuse : il mange « un peu », alors on se dit que ça va. Voici comment nous, on compte.

Avalé, pas approché

S'il mâchouille et laisse tomber, s'il se lèche les babines devant son bol, s'il a des haut-le-cœur à l'odeur, s'il s'approche puis se détourne : ce repas-là n'a pas eu lieu. Comptez ce qui est avalé, pas ce qui est approché.

La sauce n'est pas un repas

Lécher la sauce et laisser la viande, c'est boire de l'eau parfumée : l'essentiel de ce qu'il devait manger est resté dans le bol, et ce repas se compte comme sauté. Même chose pour les gâteries : c'est un appoint, jamais un repas. Un chat qui vit sur des gâteries n'est pas nourri.

Le libre-service vous aveugle

Si les croquettes restent dans le bol toute la journée, vous ne pouvez pas savoir ce qu'il a mangé, et personne ne le pourrait. Pesez sa ration, donnez-la en repas, pesez ce qui reste. Faites-le pendant que vous nous appelez, pas à la place de nous appeler.

Plusieurs chats à la maison ?

« Je ne sais pas lequel a mangé » ne veut pas dire « ça va » : ça veut dire que vous ne savez pas s'il a mangé. Si c'est faisable, nourrissez-le seul dans une pièce fermée avec une portion pesée, ça nous donne une vraie information. Mais appelez d'abord.

Une observation qui nous aide énormément

Est-ce qu'il VEUT manger sans y arriver, ou est-ce que la nourriture ne l'intéresse plus du tout ? Le premier vient au bol, renifle, tourne autour, prend une bouchée et la laisse tomber, mâche d'un seul côté, avale de travers ou miaule en mangeant : ce n'est pas un chat difficile, c'est souvent un chat qui a mal quelque part dans la bouche ou la gorge. Le second détourne la tête et ne se lève même pas. Notez ce que vous voyez et dites-le-nous. Si vous n'arrivez pas à trancher, dites-le aussi : les deux réponses mènent au même appel, elles changent seulement ce qu'on cherchera en premier.

Le poids n'est pas l'instrument de ce soir

« On va surveiller son poids quelques jours » n'est pas un plan, c'est un délai. Une balance de maison ne peut pas voir en quarante-huit heures la différence qui compterait, et quand elle finit par bouger assez pour se remarquer, ça fait des jours que le chat est en déficit. Peser son chat régulièrement quand il va bien, en revanche, c'est très utile : un amaigrissement lent, étalé sur des mois, précède souvent le diagnostic d'une maladie chronique. Mais ce soir, la seule mesure qui compte, c'est ce qu'il a avalé aujourd'hui.

Chercher la cause

Pourquoi un chat cesse de manger

Un chat ne décide pas d'arrêter de manger. Quand il arrête, c'est que quelque chose l'en empêche, et c'est exactement ce qu'on va chercher. Voici les pistes, rangées selon ce que vous, vous pouvez observer.

Ce qui a changé d'un coup

  • La nausée et la douleur au ventre. Chez le chat, le ventre peut faire très mal sans un seul vomissement : beaucoup de chats ne font que deux choses, ils s'éteignent et ils arrêtent de manger. Et ça ne se lit pas à l'envers : qu'il ne vomisse pas ne veut pas dire que le problème n'est pas digestif.
  • Une bouche qui fait mal. Il mâche d'un seul côté, il laisse tomber ses croquettes, il vient au bol puis recule, il bave, son haleine a changé. Attention au raisonnement inverse : beaucoup de chats à la bouche très douloureuse continuent de manger sans rien montrer, et un chat aux dents abîmées qui a complètement arrêté n'a pas forcément arrêté à cause de ses dents. On examine.
  • Un nez bouché. Un chat qui ne sent plus sa nourriture mange moins, c'est vrai. Mais un chat enrhumé qui a TOUT arrêté a rarement seulement le nez : il a souvent de la fièvre, des ulcères dans la bouche qui font très mal, et il se déshydrate. Le nez bouché n'ajoute pas de temps au compteur.

Cette piste explique peut-être pourquoi. Elle ne change pas quand appeler.

Ce qui couvait depuis des semaines

  • Les reins. Chez un chat qui vieillit, cherchez ce qui a changé avant l'arrêt : boit-il autrement, les mottes de litière sont-elles plus grosses, a-t-il fondu sans que vous vous en aperceviez, son haleine a-t-elle changé ? Un chat nauséeux s'assoit devant son bol, se lèche les babines, salive, puis se détourne.
  • La thyroïde. Une thyroïde emballée fait habituellement l'inverse : le chat mange beaucoup et maigrit quand même. Mais il existe une forme plus discrète où le chat s'éteint et perd l'appétit. Donc si votre chat âgé a maigri ces derniers mois et qu'il ne mange plus aujourd'hui, on veut le voir : on ne met pas ça sur le compte de l'âge.
  • L'intestin. Un appétit qui devient capricieux sur des semaines, un poids qui baisse, des selles molles ou des vomissements de temps en temps. Cette histoire-là explique le passé, elle n'excuse pas la soirée : un chat qui décline depuis des semaines et qui aujourd'hui ne mange plus du tout est justement celui qu'on veut voir vite, parce que ses réserves sont déjà entamées.
  • La douleur ailleurs. Chez un chat âgé, regardez ce qui a changé depuis des mois : hésite-t-il avant de sauter, dort-il maintenant en bas, se lave-t-il moins bien, rate-t-il le bac à rebords hauts ? Ça explique un déclin lent. Ça n'explique pas un chat qui n'a rien mangé depuis hier, et une arthrose déjà connue ne fait pas baisser l'urgence d'un cran.

Cette piste explique peut-être pourquoi. Elle ne change pas quand appeler.

Ce qu'il a pu avaler ou recevoir

  • Un fil, une ficelle, un ruban, de la soie dentaire, une guirlande, un élastique à cheveux. C'est une urgence chirurgicale chez le chat, et la plupart des propriétaires n'ont jamais vu leur chat en avaler. Si vous en avez à la maison, dites-le-nous même sans certitude : ça change complètement l'urgence.
  • Une plante, un produit ménager, un médicament tombé au sol, une pipette antipuces, la sienne ou celle d'un chien de la maison qu'il aurait léché.
  • Un médicament commencé ces derniers jours. Notez la date, appelez-nous avant la dose suivante, et n'arrêtez rien de vous-même. Deux choses différentes peuvent se passer : le médicament donne la nausée, ou le comprimé lui-même a irrité son œsophage. Chez le chat, un comprimé avalé à sec peut rester coincé en chemin, d'où la règle de toujours le faire suivre d'un peu d'eau ou d'une bouchée molle.
  • Une anesthésie ou un détartrage récents. Dans ce cas, suivez la feuille de congé qu'on vous a remise et appelez-nous plutôt que de vous fier à cette page : c'est nous qui l'avons endormi, c'est à nous de vous dire ce qui est attendu et ce qui ne l'est pas.

Cette piste explique peut-être pourquoi. Elle ne change pas quand appeler.

Ce qui a changé autour de lui

  • Le stress : un déménagement, des travaux, un nouvel animal, un départ dans la famille, une pension, un bac ou un bol déplacé. Oui, le stress coupe vraiment l'appétit d'un chat, parfois complètement. Mais deux choses. Un : un chat malade se cache et boude son bol exactement comme un chat stressé, et de l'extérieur c'est le même chat. Deux : le foie ne fait pas la différence entre un jeûne causé par la peur et un jeûne causé par la maladie. Trouver l'explication ne remplace pas l'appel.
  • Un changement de nourriture récent. On ne laisse jamais un chat sauter des repas en attendant qu'il cède.
  • Allez vérifier maintenant le sous-sol, le garage, le cabanon, les placards et la sécheuse. Un chat enfermé par accident est une cause connue de jeûne prolongé, et il ne peut pas vous appeler. Si vous le retrouvez après plusieurs jours, ne le laissez pas manger à volonté : amenez-le, la reprise alimentaire se surveille.
  • Un chat qui sort. Vous ne pouvez pas savoir depuis quand il n'a rien mangé, et cette incertitude est une raison d'appeler plus tôt, pas d'attendre plus longtemps.

Cette piste explique peut-être pourquoi. Elle ne change pas quand appeler.

Et s'il n'a aucun autre signe ?

C'est l'état par défaut, pas une bonne nouvelle. Un chat qui va mal ne le montre pas : il devient silencieux, il se met en boule dans un coin, il arrête de se laver, et c'est tout. Pas de fièvre visible, pas de vomissement, pas de plainte : c'est ainsi que les chats sont malades. Un chat qui ronronne n'est pas non plus un chat qui va bien, le chat ronronne aussi quand il a mal. Et un chat qui boit encore n'est pas un chat rassuré : s'il ne mange pas et ne boit pas non plus, c'est plus urgent, pas moins. C'est exactement pour ça qu'on ne vous donne pas de liste à cocher avant d'appeler.

En attendant

Pendant que vous attendez le rendez-vous

Ces gestes servent à passer les prochaines heures, pas à remplacer l'examen. Aucun d'eux n'est un test : s'ils fonctionnent, tant mieux, on le saura demain; s'ils ne fonctionnent pas, ça ne change rien, le rendez-vous tient.

Ce qui peut aider

  • Offrez-lui sa nourriture habituelle, en petite portion, puis retirez le bol après quelques minutes. On n'insiste pas, et on ne laisse pas un bol planté devant un chat qui a mal au cœur.
  • Réchauffez sa pâtée à peine tiède, à la température du corps : ça libère l'odeur. Testez toujours sur votre poignet avant de servir, le micro-ondes crée des points brûlants.
  • Servez dans un endroit calme, loin de la litière, loin des autres chats, loin du passage.
  • Vous venez de changer sa nourriture ? Ressortez l'ancienne, une seule fois, si vous l'avez sous la main. S'il refuse même celle-là, ce n'est pas la nourriture.
  • De l'eau fraîche disponible, sans jamais forcer.
  • Notez l'heure de son dernier vrai repas : c'est la première chose qu'on vous demandera.

Ce qui nuit

  • N'introduisez pas un aliment nouveau, et ne sortez pas son préféré pour le tenter. Un chat qui se sent mal associe très vite un aliment au malaise et peut le refuser longtemps après avoir guéri : on brûle justement l'aliment dont on aura besoin pour le remettre sur pied.
  • Pas de bouillon, pas de soupe, pas de petit pot pour bébé : plusieurs contiennent de l'oignon ou de l'ail, toxiques pour le chat, et une petite quantité suffit. Le jus de sa propre pâtée, lui, ne pose aucun problème.
  • Ne le faites pas jeûner, sous aucun prétexte, même si vous pensez qu'il a mal digéré.
  • N'arrêtez et ne modifiez aucun traitement en cours sans nous en parler.

Nourrir de force : une décision vétérinaire, pas un geste maison

Ne gavez pas votre chat et ne lui donnez pas de nourriture à la seringue. Un chat qu'on force peut inhaler la nourriture et faire une pneumonie, et ce sont justement les chats qu'on est le plus tenté de gaver, ceux qui ont mal au cœur, mal à la bouche ou du mal à avaler, qui risquent le plus d'inhaler. Il se débat, il est stressé, et la quantité qui passe vraiment est presque toujours trop petite pour compter. Surtout, il apprend à associer la nourriture au malaise, ce qui rend la suite plus difficile. Et il y a une raison de plus, à laquelle on ne pense jamais : ce que votre chat mange de lui-même, c'est l'information qu'on utilise pour juger s'il va mieux ou moins bien. Si on le gave, on efface ce signe. S'il lèche de lui-même un peu de nourriture sur votre doigt, laissez-le faire et notez-le, mais lécher n'est pas manger. S'il faut le tenir pour lui en mettre dans la bouche, arrêtez. Si un jour on vous demande de nourrir votre chat vous-même, ce sera après l'avoir examiné, avec des consignes écrites pour lui en particulier.

Vous l'avez déjà fait ce soir ? Lisez ceci

Aucun reproche : c'est le réflexe de quelqu'un qui veut bien faire, et beaucoup de gens le font. Mais surveillez-le de près dans les heures qui suivent. S'il tousse, si sa respiration devient bruyante ou rapide, s'il respire la gueule ouverte ou avec le ventre, s'il bave, s'il a des haut-le-cœur ou s'il s'affaisse après une tentative : ce n'est plus un rendez-vous, on part maintenant.

Et les stimulants d'appétit ?

Oui, il existe des médicaments qui soutiennent l'appétit et qui coupent la nausée, et on les utilise souvent. Mais ils se prescrivent après l'examen : ils rendent le chat assez confortable pour qu'on trouve la cause, ils ne traitent pas la cause, et ils fonctionnent mal tant que la douleur, la nausée ou la déshydratation ne sont pas prises en charge. Un chat qui ne mange plus ne se règle pas avec un truc pour lui ouvrir l'appétit.

Préparez votre appel (2 minutes)

  • Quand a-t-il pris son dernier VRAI repas ? Pas la dernière gâterie.
  • Ne mange-t-il plus du tout, ou nettement moins ? Boit-il ?
  • Veut-il manger sans y arriver, ou la nourriture ne l'intéresse plus ?
  • Qu'est-ce qui a changé : nourriture, déménagement, nouvel animal, médicament, anesthésie récente ?
  • A-t-il vomi, poussé à la litière, maigri ? Y a-t-il encore des selles dans le bac ?
  • Ses maladies connues, ses médicaments en cours, et l'heure de la dernière dose.
514 223-1197
La carte signature

Ne donnez aucun médicament maison

Face à un chat qui ne mange pas, la tentation est de lui donner quelque chose « pour lui ouvrir l'appétit » ou « pour le soulager en attendant ». Le chat est une espèce à part : son foie ne détoxifie pas comme le nôtre, ni comme celui du chien, et plusieurs produits parfaitement banals le tuent.

Acétaminophène (Tylenol)

Mortel pour le chat, même un seul comprimé. Il n'existe aucune dose sécuritaire. Si votre chat en a avalé, c'est une urgence immédiate.

Ibuprofène (Advil), naproxène (Aleve), aspirine

Toxiques : ulcères digestifs, atteinte des reins. Jamais d'anti-inflammatoire humain, quelle que soit la raison, et surtout pas pour « calmer » un chat qui ne mange pas.

Les antipuces pour chien

Plusieurs contiennent de la perméthrine, un poison violent pour le chat (tremblements, convulsions). Jamais un produit « pour chien » sur un chat, même en petite quantité, et attention au chat qui se frotte à un chien fraîchement traité.

Gravol, Benadryl, antiacides, restes d'ordonnance

Jamais sans directive. Un chat qu'on « calme » à l'aveugle, c'est une cause qui continue d'avancer pendant qu'on se rassure.

Un médicament prescrit à un autre animal

Même diagnostic apparent, même poids, même famille : ça ne suffit jamais. Ce qui soulage un chien peut tuer un chat, et une dose calculée pour un autre patient n'est pas une dose.

Et le faire vomir ?

Chez le chat, il n'existe aucun moyen sûr de faire vomir à la maison : le peroxyde peut lui être fatal. C'est un geste de clinique, sous sédation au besoin. Si votre chat a avalé un toxique, appelez-nous ou rendez-vous directement : les premiers gestes selon le produit sont dans notre guide sur les poisons. Aliments toxiques et plantes dangereuses

FAQ

Questions fréquentes

Les questions qui reviennent le plus au téléphone, et une qu'on n'ose pas toujours poser.

Il a mangé une gâterie ce matin. Est-ce que ça compte ?
Non, et c'est important de le savoir : la ration de gâteries recommandée pour une journée entière représente une petite fraction de ce qu'un chat doit manger. Une gâterie, un peu de sauce léchée dans le fond du bol, deux bouchées pour vous faire plaisir : ça ne remet pas le compteur à zéro. Comptez depuis son dernier vrai repas. Ce n'est pas un reproche : c'est simplement une information que personne ne vous avait donnée.
C'est le soir et vous êtes fermés. J'attends demain matin ?
Ça dépend du tableau, pas de l'heure. S'il pousse à la litière sans produire, s'il respire la gueule ouverte, s'il est jaune, froid ou effondré, s'il a pu mâchouiller un lys, s'il est diabétique, s'il y a un fil quelque part, ou si c'est un chaton : centre d'urgence 24/7 maintenant. Dans les autres cas, appelez quand même un centre 24/7 et décrivez la situation : ça ne coûte rien, et on ne vous laissera pas décider seul. Ce qu'il ne faut pas faire, c'est laisser passer la nuit en se disant qu'on verra au matin.
On vient de déménager et il boude sa gamelle. C'est sûrement le stress, non ?
Le stress coupe vraiment l'appétit d'un chat, parfois complètement : déménagement, travaux, nouvel animal, un départ dans la famille. Mais c'est justement pour ça qu'il ne vous renseigne pas. À la maison, personne ne peut distinguer un chat qui ne mange plus de peur d'un chat qui ne mange plus de douleur, et son foie ne fait pas la différence non plus. Vous appelez dans les mêmes délais. En attendant, rendez son environnement plus calme et offrez-lui sa nourriture habituelle à l'écart : ça, ça aide vraiment.
Mon chat est vieux. À son âge, ce n'est pas normal de manger moins ?
Non. En vieillissant, un chat a besoin d'au moins autant de calories et de protéines qu'avant, pas moins. « Il est vieux, il mange moins » est une raison de le faire examiner, jamais une raison d'attendre. Chez le chat âgé, une baisse d'appétit avec une perte de poids pointe très souvent vers quelque chose de précis et de gérable : les reins, la thyroïde, le diabète, une bouche douloureuse. Ce sont des choses qu'on cherche simplement et qu'on prend bien en charge quand on les nomme tôt.
Je lui ai donné de la nourriture à la seringue hier soir. Est-ce que j'ai mal fait ?
Vous avez fait ce que fait quelqu'un qui veut aider, et on ne va pas vous le reprocher. Mais ne recommencez pas, et surveillez-le de près : le risque, c'est qu'une partie de la nourriture parte vers les poumons. S'il tousse, si sa respiration devient rapide ou bruyante, s'il respire la gueule ouverte ou avec le ventre, s'il bave ou s'il s'affaisse après une tentative, ce n'est plus un rendez-vous, c'est maintenant. Et dites-nous que vous avez essayé : ça ne nous choque pas du tout, ça nous aide à interpréter ce qu'on voit.
Il a recommencé à manger un peu. J'annule le rendez-vous ?
Non, et voici pourquoi. D'abord, manger un peu n'est pas manger assez : deux bouchées ou un peu de jus de pâtée ne couvrent pas ses besoins. Ensuite et surtout, ce qui l'a fait arrêter est toujours là. Un chat qui recommence à manger après un ou deux jours a quand même eu une raison de s'arrêter, et c'est cette raison qu'on veut nommer pendant qu'elle est encore simple à traiter. Gardez le rendez-vous, dites-nous exactement ce qu'il a mangé et quand : c'est une bonne nouvelle qu'on veut connaître, pas une raison de refermer le dossier.
Est-ce qu'il a arrêté de manger parce qu'il est en train de mourir ?
C'est la question que beaucoup de gens n'osent pas poser au téléphone, alors répondons-la franchement. Oui, chez un animal en fin de vie, l'appétit qui s'éteint fait partie du tableau, et si c'est là que vous en êtes, on en parlera avec vous sans détour et sans jugement : notre outil sur la qualité de vie et notre guide sur la fin de vie existent exactement pour ces moments-là. Mais ce n'est pas l'explication la plus fréquente, loin de là. Le plus souvent, un chat qui cesse de manger a quelque chose qu'on peut nommer et traiter : une bouche douloureuse, une nausée, des reins fatigués, une thyroïde emballée, un problème de pancréas. La seule façon de savoir laquelle des deux histoires est la vôtre, c'est de le faire examiner. Et si c'est la première, vous ne serez pas seul pour la traverser.

À lire aussi

Le tri honnête, en une phrase

Chat qui pousse à la litière, gueule ouverte, jaune, froid, fil qui dépasse, lys mâchouillé, chaton, chat diabétique : partez maintenant, le compte des heures ne s'applique pas. Pour tous les autres, on n'attend jamais plus de 24 à 48 heures sans manger, et vous n'avez pas à attendre d'y arriver : au premier vrai repas refusé, appelez. Et retenez la phrase qui résume la page : un chien peut sauter un repas, un chat, non.

Votre chat ne mange plus et vous hésitez à déranger ?

N'hésitez plus : hésiter à appeler est déjà une raison d'appeler. On trie ensemble, et si un rendez-vous suffit, on vous le dit tout de suite.